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jeudi 15 octobre 2009

Le contesté Orelsan en lice aux MTV Europe Music Awards

La polémique sur ses chansons aux paroles ultra-violentes envers les femmes lui a-t-elle profité? Orelsan est désigné pour représenter la France aux MTV Europe Music Awards 2009.

Le rappeur normand a obtenu davantage de votes que David Guetta, Olivia Ruiz, Rohff et le très out Sliimy. Il affronte 21 autres artistes ou groupes représentant leur pays, pour le titre de Meilleur artiste européen. Résultat le 5 novembre.

- Participez au sondage LToutes (colonne de droite du blog): pour ou contre la nomination d'Orelsan aux MTV Europe?

Très à la mode malgré sa déprogrammation au festival de La Rochelle cet été, Orelsan est aussi en lice pour le prix Constantin des jeunes talents, qui sera décerné le 9 novembre à l'Olympia, à Paris. La présidente du jury qui a réalisé la sélection 2009 n'est autre qu'Olivia Ruiz, l'un des artistes qui avaient défendu Orelsan en plein coeur de la tourmente.

- Lire aussi sur LToutes: "Orelsan enflamme les Francofolies" (13/07/2009)

dimanche 12 juillet 2009

Orelsan enflamme les Francofolies

(actualisé le 09/08/2009 et le 16/07/2009 avec réactions)

Déprogrammé au Francofolies 2009 de La Rochelle alors qu'il devait chanter le 14 juillet, le rappeur Orelsan, critiqué pour les paroles sexistes et homophobes de certaines de ses chansons, a reçu le soutien de Cali et d'Olivia Ruiz au nom de la liberté d'expression. (voir LToutes: "Orelsan accusé de sexisme et d'homophobie", 11/04/2009)

Olivia Ruiz a dédicacé sa chanson samedi à "celui qui n'est pas là, monsieur Orelsan", et Cali a accusé les Francofolies de manquer de courage, à quoi le fondateur de la manifestation, Jean-Louis Foulquier, a répondu en accusant la présidente de la région Poitou-Charentes, la socialiste Ségolène Royal, d'être une "maître-chanteuse" à l'origine de cette censure.

L'ancien ministre socialiste de la Culture Jack Lang veut y voir une affaire "tristement symptômatique d'un certaine dérive idéologique socialiste", et l'UMP, pas toujours le premier défenseur de la license poétique, saute sur l'occasion pour dénoncer l'"attitude sournoise d'une collectivité locale" et "une atteinte a la liberté d'expression (...) du fait de Ségolène Royal".

Un mot de "censure" et des allégations contre Ségolène Royal que récuse sur France-Info le responsable des Francos, Bernard Pont, qui assure avoir seulement voulu préserver la "sérénité" du festival en annulant le concert et "ne pensait pas que ça allait faire ce bazar-là".

Ségolène Royal elle-même s'est finalement fendue d'un communiqué pour nier toute menace ou chantage à la subvention, même si la déprogrammation la satisfait et qu'elle estime que "tous ceux qui se sont déclarés solidaires de ce rappeur (...) ont perdu une occasion de se taire".

"Je me réjouis de cette déprogrammation, ne souhaitant en aucun cas cautionner un chanteur qui appelle au meurtre et à la violence contre les femmes et qui menace de les 'marie-trintigner' ou de les 'avorter à l'Opinel'", écrit-elle à LToutes.

En 1995, Ministère A.M.E.R. écope d'une amende de 250.000 francs à la suite d'une plainte du ministère de l'Intérieur contre la chanson "Sacrifice de poulet" extraite de la B.O. de "La Haine"

"On a presque oublié que l'origine de ces polémiques sont des paroles extrêmement violentes contre les femmes", rappelle aussi le Collectif national pour les droits des femmes, tandis que pour le Collectif contre l'homophobie, "la nécessaire défense de la liberté d’expression ne doit pas conduire à cautionner les messages discriminatoires".

Quant à Orelsan, il se défend inlassablement d'être mysogyne ou homophobe, répondant aux associations féministes qu'il "ne cautionne pas ce que fait ce type" dans la chanson "Sale pute", qu'il ne chante d'ailleurs plus sur scène, mais qu'il a seulement traduit le sentiment d'un jeune homme trompé, en proie à des sentiments violents. "Il s'agit d'une fiction. 'Sale pute' emploie tous les codes que l'on applique d'habitude au cinéma et à la musique pour faire comprendre que le propos est au second degré", dit-il au journal "Sud-Ouest".

C'est d'ailleurs comme cela que l'a compris la chanteuse Anaïs (voir LToutes: Anaïs déclare sa flamme", 15/11/2008), pour qui "Orelsan raconte des histoires, avec une réalité crue, mais beaucoup d'humour, et de recul et surtout d'humanité". Les textes vengeurs du rappeur passent peut-être mal du fait justement de leur allure de "réalité crue" et de l'absence apparente de distance. Une fois de plus se pose la question de la liberté de la création artistique et de l'influence des oeuvres.
- Lire aussi sur LToutes: "Orelsan accusé de sexisme et d'homophobie" (11/04/2009)

samedi 11 avril 2009

Orelsan accusé de sexisme et d'homophobie


(actualisé le 16/05/2009 avec des précisions sur "Pitbulle")

Déjà attaqué de toutes parts pour les paroles sexistes de sa chanson "sale pute" -qui lui ont déjà valu plusieurs déprogammations de festivals-, le rappeur Orelsan s'est aussi attiré cette semaine les foudres de SOS Homophobie pour son single "Changement".

"Les mecs fashion sont plus pédés que la moyenne des phoques. Pédé !", "En boîte la CC circule/les pédés gesticulent", "Les gars s'habillent comme des meufs, et les meufs comme des chiennes, elles kiffent les mecs efféminés comme si elles étaient lesbiennes", y scande notamment le rappeur.

Sa maison de disques, 3ème Bureau Wagram, se retranche derrière la liberté artistique. "On aimerait savoir si cette liberté artistique serait brandie pour les mêmes paroles en remplaçant les femmes ou les 'pédés' par Youpin, négros ou bougnoules", s'insurge SOS Homophobie. "La murder music a un nouvel adepte: il s'appelle Orelsan", accuse l'association.

Orelsan était déjà au centre de la polémique pour les paroles de "Sale pute" -retiré de son album mais visible sur Internet-, dans laquelle le chanteur parle de la "meuf" qui vient de le quitter: "on verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée, on verra comment tu suces quand j'te déboîterai la mâchoire, t'es juste une truie tu mérites ta place à l'abattoir".

Les associations féministes ont violemment dénoncé ce texte. La "meuf" visée, la rappeuse Pitbulle, pas impressionnée, a répliqué avec le soutien des Chiennes de garde, avec un autre rap: "je baise qui je veux"...

Et si personne n'avait encore jamais entendu parler de Pitbulle, c'est que celle qui s'autoproclame "espoir de la chanson française" est tout simplement "une féministe, ou des féministes: vous, moi, nous, elles", a-t-elle expliqué à LToutes. "Pitbulle, c’est toutes les femmes qui ont été insultées et menacées de mort par un macho pour avoir osé penser ou agir sans sa permission. Pitbulle, c’est une voix qui dit, aboie, ou chante: 'Ça suffit, les machos! Fermez vos grandes gueules, et laissez-nous vivre à notre guise!'"

"J’ai l’impression que le talent et la plume de cet artiste (Orelsan) sont éclipsés au profit du sensationnel", a regretté quant à elle la chanteuse Anaïs sur Europe-1. "J’ai vu Orelsan en concert, entendu 'Sale pute', et la seule chose que je me suis dit, c’était que ce morceau me touchait profondément dans la détresse du personnage".