David Cameron veut que les homos britanniques puissent voter conservateur. Alerté par le site militant PinkNews sur les propos homophobes d'un candidat écossais, le favori des sondages au poste de Premier ministre lui a immédiatement retiré l'investiture du parti.
"Le Parti conservateur a fait du chemin. Est-il allé suffisamment loin? Peut-être pas, mais il est allé beaucoup plus loin que bien d'autres partis dans le monde", a déclaré Cameron, décidé à rajeunir l'image des Tories. "Je pense que les gens de la communauté gay savent qu'il est plus facile que jamais (...) pour les gays de voter conservateur".
Le candidat privé d'élection et suspendu du parti, lui, ne décolère pas, criant à la censure "politiquement correcte". "En me suspendant, David Cameron semble dire qu'il n'y a pas de place dans le parti pour ceux qui ont des convictions chrétiennes", a lancé Philip Lardner sur la chaîne écossaise STV. Il reste candidat, en tant qu'indépendant.
PinkNews avait attiré l'attention sur le site Web de Lardner, où le candidat se déclarait favorable au retour de la "section 28", une loi de l'ère Thatcher interdisant de "promouvoir" l'homosexualité dans les établissements scolaires. Pour lui, "les chrétiens (et la majeure partie de la population) situent l'homosexualité entre 'pas de chance' et tout simplement 'mal' et ils ne devraient pas être sanctionnés parce qu'ils disent poliment non -les bonnes manières comptent aussi, bien sûr"...
David Cameron a réagi promptement, alors qu'il avait laissé passer les propos douteux de deux autres responsables conservateurs, rappelle PinkNews. L'un avait estimé que les hôtels devraient avoir le droit de refuser les couples homos, et l'autre avait regretté l'alignement depuis 2000 de l'âge du consentement sexuel pour les jeunes gays sur celui des hétéros, à 16 ans.
Les partis traditionnels ont une piètre image auprès des gays et lesbiennes, puisque selon un sondage de PinkNews, 58% des homos comptent voter Libéral démocrate (centre-gauche), contre 21% travailliste et 9% conservateur.
Le chef des Conservateurs britanniques a donc encore pas mal de pain sur la planche pour débarrasser le parti de son image homophobe, mais certains, de l'autre côté de la Manche, pourraient s'en inspirer: à quand une sanction contre les Vanneste et autres valeurs sûres de l'UMP de Sarkozy?
Les hommages se sont multipliés après la mort cette semaine de Jean Le Bitoux, militant des droits des homosexuels. Membre du Front homosexuel d'action révolutionnaire dans les années 70, il avait cofondé le magazine Gai Pied en 1979.
Journaliste, militant de la lutte contre le sida, "Jean Le Bitoux a été un acteur central du militantisme LGBT pendant près de quatre décennies", souligne l'InterLGBT dans un communiqué. Il s'est aussi battu pour la reconnaissance de la déportation des homosexuels par les nazis. Pour le maire de Paris Bertrand Delanoë, la mort de ce "militant de l’égalité et du respect", "témoin des années radicales, qui ont vu de courageux pionniers défier une société figée", est l'occasion de constater que "beaucoup reste à faire".
En France, "on peut se demander si nous ne sommes pas entrés dans une triste période de régression silencieuse", s'inquiète-t-il sur son blog. "Il y a quelques semaines, de jeunes homosexuels ont été frappés, en pleine rue, au coeur du quartier du Marais, à Paris. Voici quelques jours, sur le parvis de Notre-Dame, des couples ont été violemment pris à partie parce qu’ils avaient osé s’embrasser", rappelle Bertrand Delanoë. "Tout se passe comme si une nouvelle chape de plomb descendait, lentement, inexorablement, avec la morgue des intolérances sûres d’elles-mêmes et de leur histoire".
Tout comme la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet, Jean-Luc Romero, président d'Elus Locaux Contre le Sida a fait part de sa "profonde tristesse". "Pour beaucoup d’entre nous, un ami fidèle et important nous a quittés", ont aussi réagi les Verts. "Il nous manque déjà. Nous ne l’oublierons pas".
Le couple homo du Cher disparu mystérieusement en mars et retrouvé mort en juin dernier à la Charité-sur-Loire (Nièvre) a été enterré vivant.
C'est ce qu'a révélé jeudi 22 avril la reconstitution du calvaire enduré par Luc A, 56 ans, et Guy B, 39 ans. Ils ont été retrouvés dans un trou d’un mètre cinquante, assis face à face, ligotés et bâillonnés. "Selon toute vraisemblance, et c'est ce que nous dit un des deux mis examen, les deux victimes auraient été ensevelies vivantes et seraient décédées étouffées", a expliqué le procureur de la République Eric Mathais sur France3-Centre."Ces éléments-là (...) sont confirmés au moins en partie par l'autopsie".
Deux hommes ont été mis examen en avril 2009 et écroués pour "enlèvement, séquestration, suivis de mort". Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Il ne s'agirait pas d'un crime homophobe: il serait lié à la haine nourrie à l'égard d'une des deux victimes.
Du 17 avril au 17 juin, la FIDL se mobilise contre l'homophobie dans les lycées. Car pour la Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne, "il est nécessaire d'ouvrir les yeux aux jeunes, à la société et au gouvernement sur les dérives de l'homophobie", face à une "recrudescence des actes, insultes et violences homophobes autour et à l’intérieur de nos lycées".
"Un jeune homo a 3 à 7 fois plus de risque de se suicider qu’un jeune hétéro du même âge", rappelle l'organisation lycéenne, pour qui "un lycée doit être un lieu de respect, d’égalité et de partage". partage". Parallèlement à la diffusion de six affiches différentes et de spots radio, la FIDL organise un sondage sur un site internet dédié , dont les résultats seront rendus publics le 17 mai à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l'homophobie.
Objectif: "démontrer que l’homophobie est présente dans nos lycées et aux alentours pour prouver que les institutions publiques ferment les yeux sur ces actes intolérables, alors qu’ils devraient être traités au même titre que le racisme et toutes sortes de discriminations". Des débats et tables-rondes seront aussi organisés dans la rue et dans les lycées.
La campagne, parrainée par Michael Youn, a reçu le soutien de l’international Day Against Homophobia (IDAHO), Le Refuge, Pote à Pote, SOS Racisme, mais aussi les magazines VOX et Têtu ou encore la radio Beur FM.
Le président polonais Lech Kaczynski est mort dans un accident d'avion près de Smolensk. Avec sa femme et une importante délégation polonaise, il se rendait à Katyn, dans l'ouest de la Russie, pour se recueillir sur les tombes de 22.000 officiers polonais, exécutés par la police de Staline lors de la seconde guerre mondiale. Il n'y a pas eu de survivant.
Avec lui, c'est un dirigeant ouvertement homophobe, déterminé à empêcher les droits des gays et lesbiennes de progresser en Europe, qui disparaît. Critiqué pour avoir à plusieurs reprises, en tant que maire de Varsovie, interdit l'organisation d'une gay pride dans sa ville, il avait alors rétorqué: "si ce type de vie sexuelle était promu à une large échelle, la race humaine disparaîtrait". Lech Kaczynski avait été élu président de la Pologne en 2005 et s'apprêtait à briguer un deuxième mandat. Avec son frère jumeau, l'ancien Premier ministre Jaroslaw Kaczynski, il était le leader de la droite polonaise, conservatrice et violemment homophobe, avec le soutien de l'Eglise.
En 2007, le duo avait d'ailleurs tenté d'instaurer une loi interdisant "la propagande homosexuelle dans les écoles", ce qui leur avait valu un ferme rappel à l'ordre du Parlement européen.
Il a suffi qu'Anna Paquin, l'héroïne de 27 ans de la série à vampires "TrueBlood" déclare "Je suis bisexuelle" pour faire sauter le site Web sur lequel était diffusé un spot pour la défense des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenre (LGBT).
Le True Colors Fund de la chanteuse et militante LGBT Cyndi Lauper expliquait vendredi sur son compte Twitter qu'il fallait installer des serveurs supplémentaires pour que le plus grand nombre puisse à nouveau avoir accès au spot, victime du succès de la déclaration d'Anna Paquin.
D'autres vedettes homos, bi ou hétéros, apparaissent dans ce clip, comme Cyndi Lauper, évidemment, mais aussi Elton John, Whoopi Goldberg, Jason Mraz, l'humoriste Wanda Sykes et l'actrice Cynthia Nixon ("Sex and the City"), toutes deux ouvertement lesbiennes, Judith Light (de la série "Madame est servie"). Ces célébrités évoquent les discriminations et violences dont sont victimes les LGBT et lancent le slogan de la campagne: "We give a damn" -"Ca nous concerne".