Ils s'appellent Ghaseem Bashkool, Mahdi Pooran, Hamid Taghi, Ebrahim Hamidi, Mehdi Rezaii, Hamze Chavoshi, Loghman Hamzepour, Mohsen Ghabraii, et Nemat Safavi. Tous, dont certains étaient mineurs au moment des faits, ont été condamnés à mort pour "sodomie" en Iran ces trois dernières années et tous attendent dans les geôles iraniennes leur exécution.
La Commission internationale de défense des droits des gays et lesbiennes (IGLHRC) a lancé, en partenariat avec une association iranienne (IRQO) et la principale association gay et lesbienne néerlandaise COC un appel pour tenter de sauver les vies de ces neuf Iraniens et que cessent les exécutions d'homosexuels dans ce pays. Les trois organisations en appellent en particulier au ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, mais aussi à l'Allemagne, au Canada et à l'Union européenne pour qu'ils interviennent. Ghaseem Bashkool, un étudiant de 33 ans, a été arrêté avec un autre jeune homme en 2007 pour sodomie. Tous deux ont été condamnés à mort en 2009, malgré leurs dénégations. Ghassem est actuellement détenu à la prison d'Ardebil.
Le 9 août 2008, Mahdi Pooran, 17 ans, Hamid Taghi, Ebrahim Hamidi, et Mehdi Rezaii ont également été interpellés à Tabriz, dans le nord-ouest de l'Iran, et condamnés à mort en juillet 2008, sur la base du témoignage d'un homme de 19 ans dont la famille était déjà en conflit avec les quatre accusés. Mohsen Ghabraii a quant à lui été condamné à mort par un tribunal de Shiraz pour sodomie. Malgré les efforts de son avocat, son exécution devrait intervenir prochainement.
La loi iranienne punit de mort les relations sexuelles entre deux hommes, et de 100 coups de fouet les relations entre deux femmes. En cas de quatrième condamnation, c'est la mort aussi pour les lesbiennes. Les condamnations sont fréquemment obtenues sur la base d'aveux forcés, arrachés par des pressions psychologiques ou la torture.
La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno n'est "pas totalement hostile à l'adoption pour des couples homosexuels". "Il faut arrêter l’hypocrisie sur l’adoption. Un célibataire peut adopter un enfant", a-t-elle rappelé jeudi lors de l'émission "Face aux chrétiens" de Radio Notre-Dame, RCF et La Croix. Et d'ajouter: "au risque de vous choquer, je ne serais pas totalement hostile à l'adoption par des couples homosexuels. Ce qui compte, c’est l’équilibre du couple". Chantal Jouanno contredit donc le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, qui a réaffirmé son opposition à l'adoption par les couples homosexuels, parce qu'il y a selon lui "un repère nécessaire, c'est d'avoir un père et une mère". A l'UMP, "il y a comme dans toute famille des personnalités différentes, des avis différents, mais le secrétaire général, le patron de l'UMP que je suis vous indique aussi très clairement quelle est la position du Mouvement populaire", avait-il expliqué sur Canal +.
La secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, s'était quant à elle prononcée en faveur d'"un débat" sur le sujet, quand le président du Nouveau Centre et ministre de la Défense Hervé Morin est "favorable" à la possibilité d'adopter pour les couples homosexuels.
Le débat a été relancé par la décision du Tribunal administratif de Besançon, qui a ordonné le 10 novembre dernier que le conseil général du Jura accorde à Emmanuelle B. l'agrément pour l'adoption d'un enfant. En couple depuis 20 ans avec sa compagne, elle s'est battue pendant 10 ans pour avoir le droit d'adopter.
La Première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry s'est prononcée dimanche en faveur du mariage et du droit à l'adoption pourles homosexuels. Quelques jours auparavant, elle signait l'appel de Montpellier en faveur du mariage gay. "Nous voulons qu’on puisse aimer qui on veut. L’Etat ne doit pas nous dire avec qui nous marier", a-t-elle lancé à Grenoble devant les militants du Mouvement des jeunes socialistes (MJS).
Dans un communiqué, la maire de Montpellier Hélène Mandroux s'est réjouie lundi "que Martine Aubry n’ait pas tardé à relayer à la tribune le message de l’Appel des maires en faveur de l’ouverture du mariage aux couples homosexuels" lancé le 14 novembre. "Cette intervention de Grenoble donne encore davantage de poids et de sens à l’Appel de Montpellier et place le gouvernement de droite face à ses responsabilités", estime-t-elle.
Lesbiennes de tous pays, réjouissez-vous: Jennifer Beals et Pam Grier font leur apparition dans la cinquieme saison de L Word... selon le catalogue de Noël de la FNAC, visiblement pas rédigé par une homote.
Beals y hérite d'un "Jeniffer" avec un "n" et deux "ff" et le fameux "mot en L" ne figure même pas dans ce paragraphe, qui mentionne juste un univers "délicieusement gay". Et pour couronner le tout, une lectrice attentive a remarqué que le nom même de la série était devenu "The L WorLd", au lieu de "L Word". Tous les outrages, on vous dit.
Pour la bonne bouche, on lit aussi dans le catalogue que les ados trash de l'excellente série Skins sont confrontés "aux problèmes de leur age: sexe, drogue, anorexie", et le livre "Paroles de l'ombre" est annoncé sous un tonitruant "L'occupation comme si vous y étiez". Les plus de 65 ans apprécieront...
"Etre lesbienne aujourd'hui", micro-trottoir réalisé par Stéphanie Arc et Quinn Huguet, en partenariat avec SOS Homophobie
Etre lesbienne aujourd'hui, qu'est-ce que ça signifie? Stéphanie Arc et Quinn Huguet sont allés interroger des femmes et hommes, jeunes et vieux à Paris à l'été 2009. On y parle d'homosexualité, d'homophobie, de vie quotidienne, de définition, de génétique et d'éducation, de médias et de mariage... Attention, certains clichés peuvent heurter les âmes sensibles.
"Vous vous aimez, mariez-vous! Invitez-moi, c'est tout ce que je demande", répond une femme d'une vingtaine d'années. Etre lesbienne, "c'est quand deux femmes s'aiment, et leur amour c'est la sexualité aussi", dit une autre d'une cinquantaine d'années. "Peut-être a-t-elle été abusée avant et finalement elle a un dégoût des hommes, elle se tourne vers les femmes", analyse un homme costume-cravate d'une vingtaine d'années, qui recommande de s'en remettre à Dieu. Une femme d'une cinquantaine d'années pense quant à elle que pour les lesbiennes, "l'autre sexe c'est l'horreur, c'est Satan ou c'est le danger". "Moi, j'ai élevé seule mon fils, je ne lui achetais pas des poupées, je lui achetais des couteaux. S'il était devenu homosexuel, c'est pas parce que moi j'aurais favorisé cette tournure du futur", s'esclaffe une femme d'une soixantaine d'années, quand une jeune fille trouve "un peu réducteur de donner une cause" parce que "ça voudrait dire que ce serait une maladie qu'il faudrait guérir".
L'homosexualité féminine? "On n'en parle pas, c'est difficile d'accepter quelque chose dont on ne parle pas", souligne la copine de celle qui voulait s'incruster aux mariages homos. Mais ce reportage réalisé avec SOS Homophobie, lui, il en parle, alors diffusez-le!
Si le gouvernement est toujours hostile au droit à l'adoption et au mariage pour les homos, les Français, eux, sont prêts, à en croire un sondage BVA réalisé pour Canal+. Pour la première fois, une majorité d'entre eux -57%- s'y disent favorables à ce que les couples de gays et de lesbiennes aient le droit d'adopter un enfant.
Mardi,le tribunal administratif de Besançon a donné son feu vert à l’adoption d’un enfant par un couple d’homosexuelles. Une première en France, arrachée après des années de lutte. En 2006, les Français étaient encore très partagés sur la question: la majorité (50%) y était hostile. L'idée faisait toutefois déjà son chemin. En 1998, plus des deux-tiers des personnes interrogées (68%) refusaient encore qu'un couple homo puisse adopter. Sans surprise, les femmes y sont aujourd'hui plus favorables (64%) que les hommes (49%), et les moins de 25 ans (68%) que les plus de 50 ans (51%). Les sympathisants de droite sont encore hostiles à 62% au droit à l'adoption pour les gays et les lesbiennes, alors que, à gauche, 71% sont pour.
Le phénomène est le même pour le mariage homo: 75% des sympathisants de gauche y sont favorables, alors que 58% de ceux de droite sont contre. Cette attitude de leur socle électoral explique sans doute pourquoi le gouvernement et Nicolas Sarkozy rejettent toujours, pour l'heure, l'ouverture du mariage et de l'adoption aux homos.
Pourtant, les deux-tiers des Français verraient bien des couples de même sexe passer devant M. le maire, selon ce même sondage: 64% sont favorables à ce que les homos aient le droit de se marier en France (36% y sont opposés). Là aussi, ce chiffre n'a cessé de progresser: ils étaient seulement 48% à être ouverts au mariage gay en 2000. Et contrairement à une idée répandue, on n’est pas plus ouvert au mariage homosexuel en région parisienne qu’ailleurs en France, au contraire: seuls 55% des habitants d’Ile-de-France y sont favorables.
Ce sondage a été réalisé par internet du 10 au 12 novembre auprès d’un échantillon représentatif de 1.009 personne, selon la méthode des quotas.
- actualisé le 22/11/2009: Emmanuelle B. a reçu l'agrément d'adoption. - actualisé: le conseil général du Jura ne fait pas appel)
Emmanuelle B. peut adopter un enfant avec sa compagne. Le tribunal administratif de Besançon (Doubs) a annulé mardi 10 novembre 2009 le refus du président du Conseil général du Jura et a donné 15 jours à ce dernier pour délivrer l'agrément à cette institutrice homosexuelle de 48 ans, qui se bat depuis dix ans. Emmanuelle B. a reçu l'agrément quelques jours plus tard.
"J'aimerais bien que ce jugement vienne clore le dossier d'Emmanuelle, mais aussi qu'il permette de clore ce débat sur la possibilité d'adoption par une personne célibataire homosexuelle", a déclaré à LToutes son avocate, Me Caroline Mécary, saluant "une victoire du droit contre une décision politique homophobe". Emmanuelle B. vit en couple depuis vingt ans avec Laurence R., psychologue, mais la France n'autorise l'adoption que par les célibataires et couples mariés. Le tribunal administratif a suivi les recommandations du rapporteur public et s'est appuyé sur le dossier des services sociaux favorables à l'agrément.
Le président divers droite du Conseil général du Jura, Jean Raquin a annoncé qu'il ne ferait pas appel de la décision du tribunal administratif. Son prédécesseur UMP Gérard Bailly puis lui avaient refusé l'agrément en 1998 et en janvier dernier.
En 2005, Gérard Bailly déclarait au Sénat, au sujet de l'adoption par des couples homosexuels: "le président de Conseil général que je suis ne peut accepter une telle demande". Le Conseil d'Etat lui avait donné raison en 2002. Le président Nicolas Sarkozy s'est lui aussi déclaré contre l'adoption par des homosexuels.
La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH, 22/01/2008), la Haute autorité de lutte contre les discriminations (HALDE, 5/10/2009), le rapporteur public (13/10/2009) et enfin le tribunal administratif de Besançon avaient condamné le caractère discriminatoire du refus d'agrément à Emmanuelle B.
Eva Brunne est la première lesbienne ordonnée évêque par l'Eglise luthérienne de Suède, qui lui confie le diocèse de Stockholm, la capitale, deux semaines après avoir autorisé les prêtres à marier des couples homosexuels.
Agée de 55 ans, Eva Brunne vit en partenariat enregistré avec une femme et a deux enfants adultes, d'après le site de l'Eglise luthérienne. Sa devise: "L'amour parfait bannit la crainte" (Jean, 4:18). L'Eglise luthérienne est largement majoritaire en Suède, même si nombre de Suédois ne sont pas pratiquants.
Eva Brunne et sa compagne pourraient se marier désormais si elles le voulaient car le mariage civil et religieux entre lesbiennes ou gays est légal en Suède depuis mai 2009. Les couples homosexuels peuvent également adopter un enfant, depuis 2003. Le mariage homosexuel est légal aussi aux Pays-Bas (2000), en Belgique (2003), en Espagne (2005), au Canada (2005), en Afrique du Sud (2006) et en Norvège (2008). Et il a été légalisé dans cinq Etats des Etats-Unis (Massachusetts, Vermont, New Hampshire, Connecticut et Iowa).
Les électeurs du Maine (nord-est des Etats-Unis) rejettent le mariage homosexuel. Consultés par référendum à l'initiative des républicains, ils ont dit non à 53% le 4 novembre. Un rude coup pour les défenseurs de la légalisation, qui n'arrivent toujours pas à la faire passer par les urnes.
Pour Evan Wolfson, de l'organisation nationale "Freedom to Marry", c'est une question de pédagogie. "Nous allons travailler encore plus dur, et apprendre à mieux dissiper les peurs qui empêchent une part de moins en moins importante des Américains de traiter les autres de façon équitable", a-t-il dit, reprochant aussi au président Obama de s'être montré trop discret sur la question. "Il s'oppose à ce genre de mesures discriminatoires (comme le mariage réservé aux couples hétérosexuels). Ca aurait aidé, je pense, s'il avait parlé plus clairement", a estimé Evan Wolfson sur CNN.
Cinq Etats (Massachusetts, Vermont, New Hampshire, Connecticut et Iowa) ont légalisé le mariage entre lesbiennes ou gays depuis 2004, mais la décision a chaque fois été prise par la justice. Dans le Maine, elle émanait du Parlement régional.