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mardi 29 janvier 2013

Taubira défend le mariage pour tous avec panache


 Christiane Taubira a mouillé sa chemise ce 29 janvier 2013 pour défendre le projet de loi du gouvernement sur le mariage pour tous, qui devrait être adopté par la majorité de gauche malgré les plus de 5.000 amendements parfois loufoques déposés par l'opposition. "Enfin le mariage devient une institution universelle", a lancé la garde des Sceaux à l'Assemblée nationale, dénonçant les "mensonges", l'"hypocrisie" ou l'"égoïsme" de l'opposition.

Chahutée par une partie des députés, applaudie par l'autre, Taubira a longuement rappelé l'histoire du mariage civil, issu de la Révolution, soulignant qu'avant cela, comme les couples homosexuels aujourd'hui, les comédiens, protestants ou juifs ont été exclus du mariage religieux -catholique.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a également interpellé l'opposition en prenant le pari qu'une fois la loi votée, "beaucoup d'entre vous viendront me dire: Oui, c'est une avancée, vous avez bien fait de le faire".


Ouvrir le mariage aux couples de lesbiennes et de gays, "c'est un acte d'égalité", a insisté Taubira, assurant qu'"il ne s'agit pas d'un mariage au rabais (...) C'est bien le mariage, avec toute sa charge symbolique". "Nous proclamons par ce texte l'égalité de tous les couples, l'égalité de toutes les familles", a-t-elle lancé sous les huées de l'opposition. Et la majorité d'applaudir debout quand elle ajoute: "Nous sommes fiers de ce que nous faisons."

La ministre des Familles, Dominique Bertinotti, a pour sa part rappelé qu'"il n'y a plus de modèle familial unique". "Cette loi nous oblige à regarder droit dans les yeux la réalité des familles d'aujourd'hui", a-t-elle poursuivi, "refusons les peurs" avec "une vision généreuse de la famille, qui inclut et non qui exclut".

La ministre a cité le président américain Barack Obama, qui a déclaré il y a quelques jours dans son discours de ré-investiture que sa tâche ne serait pas finie "tant que nos frères et nos soeurs gays ne sont pas traités de la même façon par la loi". "Plus personne ne doit être clandestin dans sa famille, dans la société, dans la République", a lancé Bertinotti.

Quant au rapporteur du texte, Erwann Binet, il a affirmé qu'"aucune étude sérieuse" ne constatait de différence entre les enfants de familles hétéro et homoparentales.

L'opposition, notamment Hervé Mariton et Henri Guaino, est tout de suite montée au créneau contre le mariage pour tous, s'enflammant et s'attirant des rappels au règlement.

Le débat sur le mariage et l'adoption pour tous doit s'achever au plus tard le 10 février. La procréation médicalement assistée (PMA), initialement prévue dans le texte, a été renvoyée à un autre projet de loi sur la famille, en mars. "Cette loi est historique car elle fait tomber un bastion de la stigmatisation", a estimé la rapporteuse Marie-Françoise Clergeau. "Les arguments d'hier contre le PACS sont les mêmes que ceux d'aujourd'hui contre le mariage."

- Le projet de loi sur le mariage pour tous

samedi 26 janvier 2013

Une manif pour l'égalité des droits: mariage, adoption, filiation, PMA

Un défilé d'amour contre le déferlement de haine et d'homophobie. Les organisateurs de la manifestation nationale de ce dimanche 27 janvier veulent rassembler plus que les 150.000 personnes du 16 décembre 2012 sur le pavé parisien pour dire un grand "oui" à l'égalité des couples homos et hétéros devant le mariage, l'adoption, la filiation et la PMA (procréation médicalement assistée).

Plus de 5.000 amendements de l'opposition

Tous les soutiens comptent à deux jours de l'ouverture le 29 janvier à l'Assemblée nationale de l'examen du projet de loi du gouvernement sur le mariage pour tous, contre lequel l'opposition de droite a déposé plus de 5.000 amendements et a multiplié les propos homophobes.

"Normalement, on ne devrait pas avoir à descendre dans la rue pour soutenir un texte du gouvernement mais il faut pousser le législateur et le gouvernement à aller jusqu'au bout" des promesses électorales, souligne Nicolas Gougain, porte-parole de l'Inter-LGBT.



La PMA en suspens

Si le mariage pour tous semble acquis, l'accès des couples lesbiens à la PMA n'est pas gagné, car il n'a pas été inclus dans le projet mais renvoyé à une loi sur la famille attendue en mars. Pour rappeler l'importance de cette mesure pour les femmes, l'association Gouine comme un camion (GCC) procédera dimanche sur le pont Sully, pendant la marche, à un lâcher de ballons sur lesquels sera inscrit "PMA" et "Gouine comme une famille". La PMA n'est ni une question d'éthique, ni de biothique, mais de sécurisation de la famille, de l'enfant, et de santé des femmes qui y recourent", insiste Aurélia Zambon.

Flambée d'homophobie

A la tête de SOS Homophobie, Elisabeth Ronzier constate que le débat sur l'ouverture du mariage aux couples homosexuels a ouvert la porte à "une certaine homophobie décomplexée" qui sa traduit par une brusque augmentation des témoignages de propos homophobes auprès de l'association: plus 30% en décembre 2012, et janvier 2013 est en passe de battre un nouveau record. "La libération de la parole homophobe ne va pas s'arrêter au lendemain du vote de la loi", prévient-elle, s'inquiétant également des risques de passage de l'agression verbale à l'agression physique car "la frange homophobe s'est radicalisée". De son côté, Le Refuge, qui accueille des jeunes LGBT en rupture familiale, a également vu flamber les demandes ces derniers mois.

Mobilisation politique

De nombreux politiques et personnalités ont apporté leur soutien à l'égalité des droits des couples homosexuels et certains ont annoncé qu'ils marcheraient le 27 janvier: Bertrand Delaonë, maire socialiste de Paris, sa première adjointe pressentie à sa succession, Anne Hidalgo, le patron du PS, Harlem Désir, l'UMP Roselyne Bachelot, qui précise sur Twitter qu'elle viendra avec ses enfants, Jean-Luc Mélenchon, du Front de gauche, l'homme d'affaires et ex-compagnon d'Yves Saint Laurent, Pierre Bergé. La ministre écologiste du Logement, Cécile Duflot, présente le 16 décembre en dépit de la consigne donnée aux membres du gouvernement, pourrait bien y participer aussi.

De Denfert à la Bastille

La manifestation partira à 14h de Denfert-Rochereau pour rejoindre la Bastille. Venez nombreux, et amenez vos hétéros

vendredi 25 janvier 2013

Mariage pour tous: plus de 5.000 amendements déposés

La bataille parlementaire qui s'ouvrira mardi autour du projet de loi sur le "mariage pour tous" s'annonce longue.

A l'heure de de la clôture du délai pour le dépôt des amendements sur ce texte, vendredi à 17h, plus de 5.000 avaient été enregistrés: 5.362 amendements exactement, selon Martin Paugam, collaborateur parlementaire socialiste, dont... 5.166 déposés par la seule UMP.

Plus que jamais, l'opposition entend donc s'engager dans une guerre de tranchées contre ce texte emblématique, alors que les anti-mariage sont reçus ce vendredi à 18h30 à l'Elysée, leur porte-parole Frigide Barjot en tête

"La semaine prochaine va être longue!", a lancé le député UMP Hervé Mariton sur twitter. "L'UMP prépare son obstruction parlementaire", a déploré en revanche le socialiste Jean-Jacques Urvoas. Selon le député PS du Nord Bernard Roman, le débat devrait durer "deux semaines, jour et nuit, samedi et dimanche compris (...) Nous sommes prêts!".

En attendant, les pro-mariage ont rendez-vous dimanche à 14h, place Denfert Rochereau à Paris, pour une ultime grande manifestation nationale avant l'ouverture des débats parlementaires.

lundi 21 janvier 2013

Les anti-mariage reçus par François Hollande

Un point pour les anti-"mariage pour tous". Forts du succès de la manifestation du 13 janvier hostile à l'ouverture du droit au mariage et à l'adoption aux homosexuels (340.000 personnes selon la police, 800.000 selon les organisateurs), les représentants de la "manif pour tous" seront finalement reçus à l'Elysée par François Hollande, a révélé France Inter lundi matin.

La date de vendredi prochain a été évoquée, a confirmé la porte-parole du collectif Frigide Barjot (photo), qui a toutefois précisé lors d'une conférence de presse à Paris qu'elle attendait encore une "confirmation par texto sur (s)on 06".

François Hollande "ne peut plus ignorer notre mouvement. C'est le sens politique de ce rendez-vous (...) Maintenant on va pouvoir dialoguer face à face", s'est félicité Tugdual Derville, membre du collectif et délégué général d' "Alliance Vita". L'entretien devrait donc avoir lieu deux jours seulement avant la manifestation nationale des pro-mariage, prévue dimanche. "Première victoire!", exultait Christine Boutin lundi sur twitter. "Nous avons ouvert le débat", s'est aussi réjouie Frigide Barjot. Pour autant, a-t-elle prévenu, la mobilisation "ne faiblit pas".


Des rassemblements anti-mariage homo seront ainsi organisés dans "toutes les grandes villes de France" le 3 février prochain, selon M. Derville, ainsi que des meetings régionaux dans les prochaines semaines. Les anti-mariage promettent par ailleurs des "actions surprises". "Rigolotes", a précisé Frigide Barjot.

Une nouvelle manifestation nationale se profile aussi, même si la date n'en est pas encore fixée, l'objectif étant visiblement de maintenir la pression sur le pouvoir politique. "Cela dépend du président de la République", a affirmé Tugdual Derville. "Nous attendons de voir si le président répond ou pas à nos demandes qui sont de suspendre le projet de loi. S'il ne suspend pas, oui nous irons bien évidemment à une manifestation nationale de très grande ampleur", a prévenu Frigide Barjot.

Le débat sur le texte sur le "mariage pour tous" doit s'ouvrir le 29 janvier à l'Assemblée nationale, alors que la bagarre droite-gauche a déjà commencé en commission. Les anti-mariage ont par ailleurs lancé une pétition pour réclamer l'organisation d'un référendum. Objectif affiché par Frigide Barjot: "plus d'un million de signatures avant la fin de la discussion à l'Assemblée".

Les représentants du collectif ont également répondu lundi à la polémique autour de la remise en état du Champ-de-Mars à Paris. Bertrand Delanoë réclame aux organisateurs 100.000 euros pour réparer les dégâts provoqués sur la pelouse par la manifestation du 13 janvier. "J'applique les mêmes règles à tout le monde", a précisé le maire de Paris lundi lors du "talk Le Figaro".

"Pas un contribuable ne paiera", a promis Frigide Barjot, qui a appelé les manifestants à envoyer "un chèque entre 10 centimes et un euros" à la mairie de Paris. Un chef d'entreprise d'espaces verts de Moselle s'est aussi engagé si nécessaire à remettre lui-même la pelouse en état.