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samedi 21 août 2010

Les lesbiennes gagnent plus que les femmes hétéros


Dans le secteur privé, les lesbiennes gagneraient en moyenne 2,16% de plus que les femmes hétéros, selon une étude dévoilée samedi dans Libération. En revanche, les gays subissent de plein fouet les discriminations: leurs salaires sont en moyenne 6,5% moins élevés que leurs collègues hétérosexuels.

"Il existe bien une discrimination salariale marquée à l'encontre des gays", écrivent les auteurs du rapport. Et le chiffre de 6,5% n'est qu'une moyenne: l'échantillon étudié comprenant des homos qui ne sont pas identifiés comme tels par leur employeur, cela signifie que les gays "visibles" sont victimes d'une discrimination encore plus importante.

Les lesbiennes, elles, ne subiraient aucune différence de traitement par rapport aux hétérotes, et bénéficieraient même d'une "prime", qui tient surtout au fait qu'elles "sont en moyenne plus diplômées, occupent des emplois plus qualifiées, sont plus rarement à temps partiel, résident souvent en milieu urbain et élèvent moins fréquemment des enfants".

Rappelons toutefois, et ce n'est pas un détail, que la base de départ n'est pas la même, puisque les femmes gagnent en moyenne 18% de moins que les hommes dans le privé et le semi-public (INSEE)...

Les auteurs, Thierry Laurent et Ferhat Mihoubi, économistes au centre d'Etudes des politiques économiques (Epee) de l'université d'Evry, ont étudié la situation de 904 homos en couple représentatifs, dont 788 salariés. Ils se sont aussi basés sur douze années d'enquête emploi (de 1996 à 2007) de l'Insee.

vendredi 20 août 2010

Ecole: l'homophobie se banalise


Loin de reculer, les discriminations et préjugés de toutes sortes, et notamment l'homophobie, se banalisent à l'école. C'est la conclusion inquiétante d'un rapport qui doit être remis en septembre au ministre de l'Education Luc Chatel, et que Le Monde a dévoilé cette semaine.

"Les manifestations homophobes ont tendance à se banaliser", soulignent les auteurs, qui jugent les réactions et les sanctions de l'école face à ce phénomène "insuffisantes". A tel point que cela conduit à "légitimer des attitudes, des propos et des violences".

Pourtant, les conséquences sont graves pour les victimes: "décrochage scolaire et marginalisation peuvent, très rapidement, être des conséquences directes de l'homophobie ou de la manière problématique de vivre son homosexualité". Par ailleurs, "la première cause de mortalité chez les collégiens est le suicide, Et la première raison en est l'orientation sexuelle", a-t-on souligné au Monde dans l'entourage de Chatel.

Le rapport s'alarme également d'une "banalisation des injures et des actes" racistes et antisémites. Les handicapés, quant à eux, font "peur", alors que restent tenaces les préjugés sexistes, parfois intériorisés par les enseignants: trop souvent, les filles sont encore jugées "par nature, plus dociles, plus tournées vers la littérature et la communication".

Globalement, cette "détérioration du vivre ensemble (...) amènerait de plus en plus de situations de violences à caractère raciste, sexiste, homophobe", s'inquiète le rapport. L'entourage de Luc Chatel a promis de nouvelles mesures contre les discriminations.

mardi 17 août 2010

Mariage homo en Californie: un pas en avant, un pas en arrière


La valse-hésitation du mariage homosexuel continue en Californie. A la veille de la reprise des cérémonies prévues pour le 18 août, la cour d'appel fédérale a ordonné un nouveau gel, le temps d'examiner la constitutionnalité de la Proposition 8 les interdisant.

"Nous appelons les médias (américains) à mettre en avant les difficultés rencontrées par les couples (gays et lesbiens) de Californie faute de jouir de l'égalité de la protection de la loi", a déclaré Jarrett Barrios, président de l'Alliance gay et lesbienne contre la diffamation (GLAAD).

Environ 18.000 couples homosexuels, dont l'animatrice et humoriste Ellen DeGeneres et l'actrice Portia De Rossi, sont mariés depuis la légalisation de ces unions pendant quelques mois en 2008. Les contrats ont été validés malgré l'interdiction des mariages par référendum constitutionnel en novembre de la même année.

Au début du mois, la cour fédérale a déclaré illégale la Proposition 8 définissant le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme dans la Constitution de Californie, mais les opposants au mariage homo ont contesté et obtenu la suspension pendant l'examen du dossier en appel.

En cas de validation de la Proposition 8, les associations LGBT devraient porter l'affaire devant la Cour suprême fédérale, dont les décisions sont sans appel et s'appliquent sur tout le territoire des Etats-Unis.

Actuellement, le mariage homosexuel est légal dans cinq Etats américains (Massachusetts, Iowa, Connecticut, Vermont, New Hampshire) et dans la capitale fédérale, Washington D.C.

Pendant ce temps, au Mexique, la Cour suprême a validé le droit à l'adoption pour les couples homosexuels à Mexico, après avoir déjà confirmé la légalisation du mariage des couples lesbiens et gays, décidée par la capitale en décembre 2009.

L'Argentine était quant à elle devenue le premier pays d'Amérique latine à légaliser le mariage homosexuel en juillet 2010.

jeudi 5 août 2010

Californie: une victoire pour le mariage homo


La Proposition 8 interdisant aux couples de lesbiennes et de gays californiens de se marier est inconstitutionnelle.

Ainsi en a décidé la cour fédérale, mais les opposants au mariage homosexuel devraient porter l'affaire devant la Cour suprême des Etats-Unis. L'enjeu deviendra alors national, puisque les décisions de cette instance s'imposent dans tout le pays.

Le mariage homosexuel est une véritable saga en Californie. Les derniers rebondissements avaient vu le mariage légalisé pendant quelques mois avant que l'adoption de la Proposition 8 par référendum en novembre 2008 n'y mette fin. La justice avait cependant validé les quelque 18.000 unions contractées dans l'intervalle, dont celle de la présentatrice et humoriste Ellen DeGeneres et de l'actrice Portia De Rossi.

On notera que même le gouverneur de l'Etat, Arnold Schwarzenegger (si, si, c'est bien lui) avait refusé de défendre la Proposition 8. Evoquant "les centaines de milliers de Californiens des foyers gays et lesbiens", il a qualifié l'invalidation de "jalon (...) sur la route de l'Amérique vers l'égalité et la liberté pour tous".

Le juge fédéral Vaughn Walker estime en effet dans sa décision du 5 août 2010 qu'interdire aux lesbiennes ou aux gays de se marier est inconstitutionnel, notamment parce que la Constitution californienne garantit à tous la même protection des lois.

Les associations des lesbiennes et gays ont immédiatement manifesté leur joie, dans les rues de Los Angeles notamment.

Dans sa décision, le magistrat démonte un à un les arguments des opposants au mariage homo -mormons et chrétiens radicaux au premier rang.

"La Proposition 8 échoue à avancer tout fondement rationnel au fait de distinguer les gays et les lesbiennes pour leur refuser le droit à se marier", écrit le juge Walker.

"En réalité, les éléments démontrent que la Proposition 8 ne fait rien d'autre que de graver dans la Constitution de Californie la notion selon laquelle les couples de sexe opposé sont supérieurs aux couples de même sexe", assène-t-il encore, or "la Californie n'a aucun intérêt à exercer une discrimination à l'encontre des gays et des lesbiennes".

Au fil du jugement, le magistrat aura également estimé qu'"autoriser les couples de même sexe à se marier a un effet au moins neutre, sinon positif, sur l'institution du mariage", et que "le genre des parents n'a aucune pertinence quant au développement des enfants".

Le juge Walker devrait se prononcer dans les tous prochains jours sur la reprise des mariages homosexuels. De leur côté, les opposants font appel et l'affaire pourrait aller jusqu'à la Cour suprême.

lundi 2 août 2010

Emmanuelle B et Laurence: "on a perdu 12 ans" pour l'adoption

Après 12 années de combat pour obtenir l'agrément du département du Jura, Emmanuelle B. et sa compagne Laurence vont peut-être devoir renoncer à l'adoption. En novembre dernier, elles ont pourtant finalement obtenu satisfaction, après une longue procédure judiciaire.

"On fait les démarches parce qu'il faut qu'on aille au bout", mais "si on obtient un enfant dans quatre ans c'est sûr que ce sera trop tard" et "on renoncera peut-être à ce projet", a expliqué Laurence hier sur France-info. "C'est profondément scandaleux qu'on ait perdu 12 ans (...) Les démarches, on les avait entreprises à 34 ans, maintenant on en a 46 ans..." Le Conseil général du Jura en était bien conscient en jouant la montre.

- Lire aussi sur LToutes: "Emmanuelle B., lesbienne, peut adopter" (10/11/2009).