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jeudi 19 novembre 2009

Etre lesbienne aujourd'hui: paroles de rue


"Etre lesbienne aujourd'hui", micro-trottoir réalisé par Stéphanie Arc et Quinn Huguet, en partenariat avec SOS Homophobie

Etre lesbienne aujourd'hui, qu'est-ce que ça signifie? Stéphanie Arc et Quinn Huguet sont allés interroger des femmes et hommes, jeunes et vieux à Paris à l'été 2009. On y parle d'homosexualité, d'homophobie, de vie quotidienne, de définition, de génétique et d'éducation, de médias et de mariage... Attention, certains clichés peuvent heurter les âmes sensibles.

"Vous vous aimez, mariez-vous! Invitez-moi, c'est tout ce que je demande", répond une femme d'une vingtaine d'années. Etre lesbienne, "c'est quand deux femmes s'aiment, et leur amour c'est la sexualité aussi", dit une autre d'une cinquantaine d'années. "Peut-être a-t-elle été abusée avant et finalement elle a un dégoût des hommes, elle se tourne vers les femmes", analyse un homme costume-cravate d'une vingtaine d'années, qui recommande de s'en remettre à Dieu. Une femme d'une cinquantaine d'années pense quant à elle que pour les lesbiennes, "l'autre sexe c'est l'horreur, c'est Satan ou c'est le danger".

"Moi, j'ai élevé seule mon fils, je ne lui achetais pas des poupées, je lui achetais des couteaux. S'il était devenu homosexuel, c'est pas parce que moi j'aurais favorisé cette tournure du futur", s'esclaffe une femme d'une soixantaine d'années, quand une jeune fille trouve "un peu réducteur de donner une cause" parce que "ça voudrait dire que ce serait une maladie qu'il faudrait guérir".

L'homosexualité féminine? "On n'en parle pas, c'est difficile d'accepter quelque chose dont on ne parle pas", souligne la copine de celle qui voulait s'incruster aux mariages homos. Mais ce reportage réalisé avec SOS Homophobie, lui, il en parle, alors diffusez-le!

lundi 19 octobre 2009

Tollé autour d'un clip homophobe, misogyne et anti-police


Le rappeur Morsay et son groupe Truand 2 La Galère se sont attirés avec leur dernier clip les foudres de l'UMP, du gouvernement et du Collectif Contre l’Homophobie, avec à la clé une bonne campagne de pub. Ses détracteurs réclament le retrait de la vidéo de tous les sites, en plus d'éventuelles poursuites judiciaires.

Dans ce clip intitulé "J’ai 40 meufs" disponible sur internet, le rappeur "nique la police municipale" en brandissant une arme à feu et s'en prend aussi aux homos: "tous les pédés, les branleurs au cutter", lance-t-il, alors que les autres membres du groupe miment le geste de se trancher la gorge.

Le syndicat des polices municipales n'ayant guère apprécié la vidéo, l'UMP s'est indignée d'une "suite de propos répétés violents, misogynes et homophobes", et qui appellent "à des violences à l'encontre de la police". Si les paroles sont effectivement homophobes, misogynes et violentes, cette polémique intervient alors que l'électorat UMP, perturbé par les affaires Mitterrand et Jean Sarkozy, attendait justement un bon coup de barre à droite.

Le porte-parole adjoint de l'UMP Dominique Paillé s'est d'ailleurs fait menaçant à l'égard des hébergeurs et responsables de site Internet: "de nombreux sites continuent de diffuser sciemment cette vidéo profondément choquante", accuse-t-il. "L'absence de réactions des hébergeurs et autres sites de diffusion de vidéos ou clips est préoccupante et doit trouver une réponse politique", prévient-il. Parallèlement, "l'UMP appelle les internautes à continuer à utiliser les formulaires de signalement d'abus afin que ce clip soit retiré, sans délais" et réclame à la justice d'engager "si nécessaire, des poursuites".

Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a aussi dénoncé des "propos intolérables, notamment à l’encontre des forces de sécurité de notre pays". "La liberté d’expression ne doit pas être le prétexte à des dérives incitant à la haine ou à la violence", affirme-t-il dans un communiqué. Il en appelle "au sens des responsabilités des dirigeants de radios, de chaînes de télévision et de sites Internet".

Le Collectif contre l'homophobie a quant à lui saisi le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie et l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication, service dépendant du ministère de l’Intérieur. Il réclame lui aussi "le retrait de ce clip de tous les sites internet" et que soient poursuivis "par tous les moyens existants les auteurs et les diffuseurs" de cette vidéo.