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vendredi 4 février 2011

Une enseignante victime de lesbophobie à Strasbourg


Trois associations ont lancé une pétition de soutien à Cathy, une enseignante victime selon elles de discrimination lesbophobe. Cathy, qui enseigne l'allemand depuis 25 ans, a croisé en 2003 certains de ses élèves à la Marche des fiertés LGBT de Strasbourg.

"Les élèves en parlent à leurs parents, le directeur est interpellé. Des échanges entre parents d’élèves et le directeur désignent le professeur comme une enseignante "particulière". Le directeur ira même jusqu’à écrire que Cathy était une "insulte aux valeurs de la communauté scolaire"", racontent les trois associations -le Collectif Festigays, que préside Cathy, La Lune, Le Nouveau Phare- dans un communiqué commun.

Les pressions se multiplient alors sur l'enseignante, ainsi que les inspections. Finalement, elle est "brusquement licenciée sans indemnités et sur des motifs peu crédibles". Cathy, présidente de Festigays, le collectif organisateur de la Marche des Visibilités de Strasbourg, se retrouve aujourd'hui sans emploi.

"Solidaires", les associations LGBTI de Strasbourg se disent prêtes à se constituer partie civile. Le procès devrait se tenir en mai à Nancy.

vendredi 20 août 2010

Ecole: l'homophobie se banalise


Loin de reculer, les discriminations et préjugés de toutes sortes, et notamment l'homophobie, se banalisent à l'école. C'est la conclusion inquiétante d'un rapport qui doit être remis en septembre au ministre de l'Education Luc Chatel, et que Le Monde a dévoilé cette semaine.

"Les manifestations homophobes ont tendance à se banaliser", soulignent les auteurs, qui jugent les réactions et les sanctions de l'école face à ce phénomène "insuffisantes". A tel point que cela conduit à "légitimer des attitudes, des propos et des violences".

Pourtant, les conséquences sont graves pour les victimes: "décrochage scolaire et marginalisation peuvent, très rapidement, être des conséquences directes de l'homophobie ou de la manière problématique de vivre son homosexualité". Par ailleurs, "la première cause de mortalité chez les collégiens est le suicide, Et la première raison en est l'orientation sexuelle", a-t-on souligné au Monde dans l'entourage de Chatel.

Le rapport s'alarme également d'une "banalisation des injures et des actes" racistes et antisémites. Les handicapés, quant à eux, font "peur", alors que restent tenaces les préjugés sexistes, parfois intériorisés par les enseignants: trop souvent, les filles sont encore jugées "par nature, plus dociles, plus tournées vers la littérature et la communication".

Globalement, cette "détérioration du vivre ensemble (...) amènerait de plus en plus de situations de violences à caractère raciste, sexiste, homophobe", s'inquiète le rapport. L'entourage de Luc Chatel a promis de nouvelles mesures contre les discriminations.