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mercredi 23 juin 2010

Toutes à la Marche des Fiertés à Paris


Des dizaines de milliers de lesbiennes, gays, bi et transgenre sont attendus à Paris le samedi 26 juin pour la Marche des fiertés LGBT 2010. Le mot d'ordre: "Violences, discriminations: ASSEZ! Liberté et égalité, partout et toujours".

Les chars partiront à 14h de Montparnasse et finiront leur parade place de la Bastille, où l'Inter-LGBT organise un grand concert gratuit à partir de 16h. Des DJ donneront le ton et des personnalités s'exprimeront sur la lutte contre les discriminations. Les organisateurs de l'ex-Gay Pride revendiquent plus de 700.000 participants à Paris en 2009, qui ferme traditionnellement toute une série de Marches à Lille, Bordeaux, Rennes, Caen, Strasbourg, Biarritz, Toulouse...

Pour celles qui ne voient pas l'intérêt d'y aller, rappelons qu'être lesbienne en France aujourd'hui c'est aussi ne pas avoir le droit de se marier, d'adopter un enfant en couple ou d'avoir accès à la procréation médicalement assistée (PMA). C'est encore trop souvent la dissimulation et le mensonge, la peur et la solitude.

La Lesbienne invisible a dressé une liste d'arguments plus que convaincants pour le fanzine Barbieturix: il y est question de droits, de rencontres, de coming-out et d'éclate. De notre vie, quoi.

jeudi 13 mai 2010

Lesbophobie: l'homophobie plus le sexisme


La lesbophobie, c'est l'homophobie plus le sexisme. A l'approche de la Journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie (Idaho, 17 mai), le rapport 2010 de SOS Homophobie met en lumière cette double peine dans les agressions verbales ou physiques recensées en 2009, qui représentent 13% des 1.260 témoignages reçus par l'association l'an dernier.

Le premier contexte de lesbophobie est celui de la famille et de l'entourage, devant les lieux publics et le travail, mais Internet est devenu l'un des bastions de la haine des gouines et autres pédés. La manifestation la plus fréquente de la lesbophobie est l'insulte (35%), mais il y a aussi les menaces, le harcèlement, le chantage, le rejet ou l'ignorance, et la violence, dans 8% des cas, selon SOS Homophobie.

Certains cas de lesbophobie ont été médiatisés récemment, comme celui de l'agression d'un couple de lesbiennes à Albi, ou du harcèlement et de l'agression de Cynthia et Priscilla en région parisienne, dont l'un des agresseurs a été condamné, mais des faits moins spectaculaires ont également des conséquences douloureuses pour la victime, et peuvent conduire à la dépression, voire au suicide.

Il y a Magali, 24 ans, violée à l'âge de 18 ans par trois "amis" du lycée qui savaient qu'elle était lesbienne et voulaient lui apprendre "ce que c’est, un homme". Depuis, elle poursuit très péniblement ses études alors qu’elle était une excellente élève au lycée. Elle a tenté de se suicider il y a un an. Elle n’arrive plus à avoir de relation amoureuse.

Martine, 49 ans, en couple depuis 21 ans, était insultée et parfois frappée par son père qui n'acceptait pas qu'elle soit lesbienne, jusqu'à ce qu'il l'agresse si violemment il y a six ans qu'elle possède depuis le statut d'adulte handicapée et n'ose plus sortir de chez elle, songeant à "sauter par la fenêtre".

Pour Sophie, âgée d'une vingtaine d'années, "être homo prend parfois des allures de calvaire". Un voisin menace de lui "casser les reins" et de lui "exploser la gueule", la poursuit dans les
escaliers, la traite de "salope, connasse, dégénérée" et a voulu défoncer la porte de chez elle à coups de pied. Mais la police répond qu'elle ne peut rien faire tant que son agresseur ne l’a pas brutalisée physiquement ou n'a pas émis de menaces de mort "concrètes".

Un autre témoignage rapporté par SOS Homophobie est celui de Marie, mise au placard quand son homosexualité a été connue, et forcée d'accepter son licenciement après un arrêt maladie, par un patron qui ne supportait pas qu'elle ait eu une relation avec une collègue. Nombre de cas de lesbophobie restent impunis faute de preuves concrètes mais aussi de sensibilisation suffisante de la société au phénomène.