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lundi 22 novembre 2010

Homoparentalité et clichés chez des lycéens

Capture d'écran par SOS Homophobie

On se croirait dans les années 1970, quand Ménie Grégoire évoquait "l'homosexualité, ce douloureux problème". Sauf qu'il s'agit d'homoparentalité, et qu'en 2010 ce sont des lycéens qui alignent les clichés: "l'enfant ne saura pas qui appeler papa ou maman", les parents homos "ne sauront pas éduquer leurs enfants", et même, horreur suprême, l'enfant "peut devenir homosexuel".

Le sang de SOS Homophobie n'a fait qu'un tour, et l'association a interpellé les responsables du lycée Robert-Schuman du Havre sur leur responsabilité de contrôle des publications du journal Web de l'établissement, en proposant d'intervenir "auprès du corps éducatif et des élèves" pour remédier à leur méconnaissance de l'homoparentalité.

L'article publié le 19 novembre (voir copie d'écran) était accompagné d'une mention selon laquelle il s'agissait d'un "exercice argumentatif qui n'engage pas l'opinion des élèves". Il a été rapidement retiré du site, remplacé par un message d'excuses invoquant un "incident technique" qui "n'a pas permis de mettre en ligne l'intégralité d'un article contradictoire sur la lutte contre l'homophobie". Ce n'est que "l'édition partielle d'un travail d'élèves sur les discriminations", insiste l'équipe de direction, qui n'a pas pu être jointe par téléphone lundi.

On veut bien croire à un incident technique de publication -que celle qui n'a jamais "balancé" un bout d'article par erreur jette la première pierre- et que les arguments positifs allaient suivre, mais SOS Homophobie estime que la vigilance aurait probablement été plus grande si l'"exercice argumentatif" avait porté sur un autre motif de discrimination que l'homosexualité, comme l'égalité homme-femme ou le racisme.

Pour l'association, qui a été alertée par une enseignante sur sa ligne d'écoute, "cette affaire montre, une fois de plus, la nécessité que l'Education nationale se saisisse pleinement du sujet et mette les moyens nécessaires à la lutte contre l'homophobie dans les établissements, et plus globalement à quel point il est urgent que l'Etat et la société française reconnaissent l'homoparentalité comme une réalité familiale semblable aux autres".

Le président de SOS Homophobie, Bartholomé Girard, a déclaré à LToutes qu'à la suite de l'incident Robert-Schuman, des enseignants avaient contacté l'association pour témoigner "du problème qu'ils rencontrent du fait du manque de moyens pour informer sur les sujets LGBT" au collège et au lycée.

- Ligne d'écoute Azur de SOS Homophobie: 0810.108.135
- Ligne Azur pour les ados qui s'interrogent sur leur orientation sexuelle: 0810.20.30.40
- Page Web du ministère de l'Education nationale sur la lutte contre l'homophobie en milieu scolaire:
- Brochure "L'homophobie, savoir et réagir".

lundi 2 mars 2009

Enquête sur l'homophobie à l'école

Skins (sur Virgin 17, le mercredi a 20h35)

Homophobie: l'école a du chemin à faire. La plupart (plus de 85%) des jeunes lesbiennes, gays et bis ont déclaré leur homosexualité dans leur établissement scolaire, mais plus d'un sur quatre (27%) a déjà été victime d'homophobie, 20% ont déjà fait une tentative de suicide et 70% ne connaissent pas la Ligne Azur (0810.20.30.40) d'écoute téléphonique pour les personnes se posant des questions sur leur identité ou leur orientation sexuelles.

C'est ce qui ressort d'une enquête déclarative sur les LGB-phobies en milieu scolaire réalisée par l'association Le MAG-Jeunes Gais, Lesbiennes, Bi et Trans. La plupart des 265 personnes ayant répondu en quelques mois à ce questionnaire sur Internet sont des filles (27,5% de garçons) homosexuel(le)s (29,4% de bisexuel(le)s) et lycéen(ne)s (65,5%, 21% d'étudiant(e)s), âgé(e)s de moins de 18 ans et vivant en province (65%).

"Il y a certes des progrès (mais) la lutte contre les LGB-phobies à l'école a donc encore énormément de progrès à faire pour devenir véritablement efficace", en conclut le MAG, qui note qu'"information et éducation sont loin d'être au point" pour que "l'école ne soit pas un lieu qui engendre des préjugés et banalise la discrimination, mais devienne au contraire un espace pleinement accueillant pour tout le monde et un lieu d'apprentissage du respect des différences, toutes les différences". Le MAG mène aussi des enquêtes sur les jeunes transsexuel(le)s et le milieu scolaire (questionnaires en ligne ici et ), et les appréhensions des jeunes LGBT par rapport au monde du travail.

La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) a recommandé récemment au ministère de l'Education nationale d'améliorer la sensibilisation, la prévention et la lutte contre l'homophobie au collège et au lycée (directive n° 2009 du 12 janvier 2009). La HALDE le rappelle: "la lutte contre les discriminations relève de la loi".