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samedi 23 janvier 2010

Rapport Leonetti: les homos exclus de l'AMP


Pour Jean Leonetti (photo, avec Sarkozy), "la finalité du recours à l'AMP (Assistance médicale à la procréation) est d'ordre médical et la demande parentale d'un couple n'est recevable que dans ce cadre". Exit donc, les homos, un couple étant forcément formé par "un homme et une femme" pour le rapporteur UMP de la mission parlementaire sur la révision des lois de bioéthique.

Jean Leonetti préconise par ailleurs le maintien de l'interdiction des mères porteuses, la gestation pour autrui comportant un "risque de marchandisation". Son rapport a été adopté par les députés mardi, le débat législatif sur la révision des lois de bioéthique devant, lui, se tenir avant l'été.

Les couples pacsés hétérosexuels n'auront en revanche plus à justifier de deux ans de vie commune pour accéder à l'AMP. De même, le rapporteur propose "d'autoriser le transfert post mortem d’embryon à titre exceptionnel, lorsque le projet parental a été engagé mais brutalement interrompu par le décès du conjoint".

"Une occasion manquée" pour l’Association des Parents Gays et Lesbiens (APGL), qui a dénoncé dans un communiqué "le conservatisme du rapport" Leonetti. "Les parlementaires ignorent-ils que, de plus en plus de pays – Union Européenne comprise – ouvrent le mariage aux couples de même sexe, et que dans de nombreux cas, cette union permet l’adoption et l’accès aux techniques de procréation médicalement assistée (PMA) ?" Quant aux mères porteuses, "les parlementaires ignorent-ils que de nombreux couples – de même sexe et de sexes différents – se rendent dans les pays où existe un marché de la gestation pour autrui et que, en France même, un marché noir de la mère porteuse est en train d’émerger au mépris de toutes règles ?"

"Le débat a laissé une telle place aux autorités religieuses qu'il a été dominé par leurs positions", regrette de son côté HES (Homosexualités et Socialisme). Qui ne perd pas espoir néanmoins: "le débat parlementaire prévu au printemps sera l'occasion d'ouvrir la discussion sur les avancées qu'attendent les associations et l'opinion publique".

"Ce rapport propose une discrimination légale entre les couples pour l’accès à l’AMP", constate également Gaylib, déplorant une "volonté d’ériger la famille traditionnelle (Père Mère enfant) en modèle unique". Et d'espérer "que le Parlement ne se sente pas lié par les recommandations de ce rapport et puisse entendre la voix des ces milliers de couples qui vivent dans la détresse de ne pouvoir fonder une famille".

mardi 31 mars 2009

Une lesbienne dirige Zurich


"Je suis lesbienne, et alors?" A 48 ans, Corine Mauch est la première femme et première lesbienne à remporter la mairie de Zurich. Un mois avant d'accueillir la 40e Europride, la plus grande ville de Suisse rejoint le club fermé des métropoles européennes dirigées par un(e) maire homosexuel(le), après Paris et Berlin en 2001.

Ingénieure agronome mais aussi bassiste d'un groupe de punk-rock, cette socialiste a battu la candidate libérale-radicale, Kathrin Martelli, sans taire son orientation sexuelle, ni en faire un argument politique. "Je n'ai jamais voulu être élue rien que pour cela, même si je comprends que de nombreux homosexuels aient voté pour moi principalement pour cette raison", a-t-elle déclaré à la Radio Suisse romande (RSR).

L'Organisation suisse des lesbiennes (LOS) a salué "un exemple très important pour la jeunesse, susceptible de l'encourager et la soutenir tout au long de ce parcours plein de difficultés qu'est le coming-out". "L'élection de Corine Mauch est, de ce point de vue, un jalon de plus sur le chemin vers l'égalité et la pleine acceptation des femmes homosexuelles dans notre société", écrit LOS. Pink Cross cité par Homosexualité.ch a souhaité à la nouvelle dirigeante de Zurich "beaucoup de plaisir dans sa nouvelle fonction et de belles expériences positives".

L'élection de Corine Mauch tombe à point nommé, alors que Zurich se prépare à accueillir l'Europride du 2 mai au 7 juin 2009, pour la 40e édition de la Marche des fiertés européenne.

lundi 2 mars 2009

Enquête sur l'homophobie à l'école

Skins (sur Virgin 17, le mercredi a 20h35)

Homophobie: l'école a du chemin à faire. La plupart (plus de 85%) des jeunes lesbiennes, gays et bis ont déclaré leur homosexualité dans leur établissement scolaire, mais plus d'un sur quatre (27%) a déjà été victime d'homophobie, 20% ont déjà fait une tentative de suicide et 70% ne connaissent pas la Ligne Azur (0810.20.30.40) d'écoute téléphonique pour les personnes se posant des questions sur leur identité ou leur orientation sexuelles.

C'est ce qui ressort d'une enquête déclarative sur les LGB-phobies en milieu scolaire réalisée par l'association Le MAG-Jeunes Gais, Lesbiennes, Bi et Trans. La plupart des 265 personnes ayant répondu en quelques mois à ce questionnaire sur Internet sont des filles (27,5% de garçons) homosexuel(le)s (29,4% de bisexuel(le)s) et lycéen(ne)s (65,5%, 21% d'étudiant(e)s), âgé(e)s de moins de 18 ans et vivant en province (65%).

"Il y a certes des progrès (mais) la lutte contre les LGB-phobies à l'école a donc encore énormément de progrès à faire pour devenir véritablement efficace", en conclut le MAG, qui note qu'"information et éducation sont loin d'être au point" pour que "l'école ne soit pas un lieu qui engendre des préjugés et banalise la discrimination, mais devienne au contraire un espace pleinement accueillant pour tout le monde et un lieu d'apprentissage du respect des différences, toutes les différences". Le MAG mène aussi des enquêtes sur les jeunes transsexuel(le)s et le milieu scolaire (questionnaires en ligne ici et ), et les appréhensions des jeunes LGBT par rapport au monde du travail.

La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) a recommandé récemment au ministère de l'Education nationale d'améliorer la sensibilisation, la prévention et la lutte contre l'homophobie au collège et au lycée (directive n° 2009 du 12 janvier 2009). La HALDE le rappelle: "la lutte contre les discriminations relève de la loi".

jeudi 19 février 2009

Le coming-out est-il bon pour la carrière?

Le coming-out, c'est peut-être bon pour Lindsay Lohan, Samantha Ronson ou Ellen DeGeneres, mais nettement plus compliqué au boulot pour cette chère Lesbienne Lambda. C'est vous qui le dites.

LToutes vous a demandé si le coming-out était bon pour la carrière, et vous avez répondu: oui pour les people (53%), mais non, pas dans le travail (58%). Et 13% des 43 personnes ayant voté estiment que déclarer son homosexualité ne change rien à la carrière.

En ce qui concerne les politiques, et après le récent coming-out du secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Roger Karoutchi, vous êtes visiblement partagées sur les bienfaits de l'officialisation de l'orientation sexuelle (25%).

Les réactions soulevées par le livre de Roger Karoutchi ou l'accession de Johanna Sigurdardottir, lesbienne, au poste de Première ministre en Islande, montrent en tout cas que l'orientation sexuelle de leurs congénères continue de passionner les Français, 26 ans après la dépénalisation de l'homosexualité dans ce pays.

mercredi 18 février 2009

Burundi: l'homosexualité n'est pas un crime

Le Sénat du Burundi a refusé mardi de faire de l'homosexualité un crime passible de deux ans de prison. Mais si l'article a été retoqué, Sidaction souligne que la réforme du Code pénal se poursuit et que l'article repassera en commission mixte au Parlement burundais.

L'homosexualité est jusqu'ici tolérée au Burundi. Après l'adoption du texte par l'Assemblée natinoale en novembre 2008, l'Association pour le respect des droits des homosexuels (ARDHO) de ce pays avait dénoncé cette régression des droits humains et du combat contre le sida, car "comment voulez-vous lutter contre le sida si vous ne parlez pas de tout ce qui a trait à la sexualité, notamment de l'homosexualité?".

Le rejet de l'article criminalisant l'homosexualité au Burundi survient quelques jours après la publication d'un rapport parlementaire sur la lutte contre le sida dans ce pays, document qui estime l'aide financière internationale insuffisante. La Banque mondiale s'apprête à donner 15 millions de dollars sur trois ans, selon l'agence de presse panafricaine PANA.

L'ONUSIDA estime qu'environ 150.000 des 7,5 millions de Burundais sont séropositifs, et que 13.000 personnes sont mortes du sida en 2005. Le pays compte environ 120.000 orphelins du sida de moins de 17 ans, et l'espérance de vie moyenne à la naissance dans ce pays est de 47 ans pour les femmes et 42 ans pour les hommes. Le rapport parlementaire note que si la tendance se maintient, l'espérance de vie moyenne pour les deux sexes ne sera plus que de 39 ans en 2010, contre 51 ans en 1999.

- Lire aussi sur LToutes: "Burundi: les homosexuels risquent deux ans de prison" (22/11/2008)

mercredi 11 février 2009

Une lesbienne pour Zurich?

Une lesbienne pourrait bien décrocher la mairie de Zurich le 29 mars prochain. La socialiste Corine Mauch talonnait son adversaire de droite Kathrin Martelli à l'issue du premier tour des municipales dimanche. Elle a obtenu 38.120 voix, contre 39.408 pour sa rivale, selon le quotidien suisse "la Tribune de Genève". Un second tour aura donc lieu le 29 mars pour départager les deux femmes.

Agée de 48 ans, Corine Mauch ne cache pas son homosexualité: son site de campagne mentionne qu'elle vit en couple avec une femme. "C'est ma vie privée, pas mon thème politique", a-t-elle néanmoins averti pendant la campagne, selon "Le Matin". Economiste, la candidate socialiste est aussi bassiste dans un groupe de punk-rock à ses heures perdues. A son répertoire figure notamment "I'm your Venus"...

Si Corine Mauch était élue, Zurich rejoindrait Paris et Berlin dans le club très fermé des grandes villes dirigées par des homosexuels déclarés, alors même que la ville doit justement accueillir l'Europride, du 2 mai au 7 juin 2009.

mardi 10 février 2009

Adoption: Emmanuelle B. contre-attaque

Emmanuelle B. contre-attaque après le rejet de sa demande d'agrément pour une adoption par le Conseil général du Jura. Me Caroline Mécary, l'avocate de l'enseignante lesbienne, a annoncé à LToutes avoir envoyé lundi 9 février un recours en annulation de cette décision devant le tribunal administratif de Besançon.

Parallèlement, elle a saisi la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), ainsi que le service de l'exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l'Homme, qui avait déjà condamné la France pour un premier refus d'agrément visiblement motivé par l'homosexualité de la demandeuse.

Comme vous l'expliquait LToutes le 2 février, le président du Conseil général du Jura Jean Raquin a refusé l'agrément demandé par Emmanuelle B., une institutrice de 48 ans, homosexuelle vivant en couple avec Laurence R., psychologue, alors même que le rapport des services sociaux leur était favorable et malgré le jugement de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).

L'avocate du couple demande désormais une injonction ordonnant au président du Conseil général du Jura de délivrer l'agrément demandé, et sa condamnation à verser 10.000 euros de dommages et intérêts pour "préjudice moral". Me Mécary a toutefois envoyé un recours gracieux au président du Conseil général, "afin qu’il ait la possibilité de revenir sur sa décision dans un délai de deux mois".

"Emmanuelle B. et Laurence R. ont été très touchées de toutes les marques de sympathie qui leur ont été adressées depuis la décision de refus d'agrément", souligne Me Mécary sur son blog.

Une lesbienne virée de l'armée au Kansas

(Photo CJOnline)

Amy Brian a risqué sa vie en Irak et servi dans l'armée pendant neuf ans mais aujourd'hui cette lesbienne est devenue la première personne renvoyée de la Garde nationale du Kansas en raison de son homosexualité.

"Je n'ai jamais vraiment essayé de cacher mon homosexualité aux gens avec qui je travaillais, et ils n'ont pas eu l'air de s'en soucier", affirme Amy Brian au "Capital Journal".

Sa hiérarchie a appliqué la règle du "Don't Ask, Don't Tell" (DADT, "Ne le demandez pas, ne le dites pas") interdisant aux lesbiennes et gays déclarés ou dénoncés de servir dans l'armée. Comme Amy Brian, près de 12.500 hommes et femmes ont été exclus de l'armée depuis la mise en place en 1993 de cette doctrine que le nouveau président américain Barack Obama dit vouloir supprimer.

Amy Brian a été dénoncée par une collègue qui l'a vue embrasser une femme dans un supermarché, selon le CJ. En août 2008, la jeune femme a appris qu'elle faisait l'objet d'une enquête pour conduite homosexuelle. En novembre, son dossier était bouclé. "Je n'ai pas été exclue à cause d'une mauvaise conduite quelconque mais purement et simplement parce que quelqu'un d'autre avait un problème avec ma sexualité", a-t-elle déclaré au journal.

Cette fille de militaire mariée, divorcée et mère d'un enfant, s'était engagée dans la Garde nationale du Kansas en 1991, à l'âge de 17 ans, jusqu'en 1994, et avait rempilé en 2003, selon le site 365 Gay. Quand elle a été envoyée en Irak en 2004, elle a révélé à sa famille qu'elle était lesbienne. "Tout le monde savait que j'étais homo quand j'y suis allée et cela ne posait de problème à personne", affirme-t-elle.

Rentrée au Kansas en octobre 2005, Amy Brian a été exclue à compter du 13 janvier 2009. "Un jour, cette politique changera", espère-t-elle dans le CJ. Au fait, pour celles qui aiment l'uniforme, la Garde nationale du Kansas recrute.

Selon le Réseau de défense juridique des militaires (Servicemembers Legal Defense Network, SLDN), les lesbiennes sont davantage exclues de l'armée que les gays: les femmes représenteraient 33% des homosexuels démobilisés en vertu du "Don't Ask, Don't Tell", alors qu'elles constituent 15% des forces militaires.

L'affaire est d'autant plus frappante que Barack Obama s'est prononcé pendant la campagne électorale pour la suppression du "Don't Ak, Don't Tell", estimant que seuls devraient compter "le patriotisme, le sens du devoir et la volonté de servir" pour juger de l'aptitude d'un soldat. Mais le nouveau chef de la Maison Blanche risque de se heurter à une certaine résistance.


D'après une enquête réalisée en 2008 par le groupe de presse "Military Times", 58% des militaires d'active sont opposés à l'ouverture de l'armée américaine aux homosexuels, et seulement 29% y sont favorables. Le précédent président démocrate, Bill Clinton, avait bien tenté en 1993 de pousser l'armée américaine à accepter les homosexuels dans ses rangs, ce qui avait abouti au... "Don't Ask, Don't Tell".

- Lire aussi sur LToutes: "Ce que les homos attendent d'Obama"; "Obama: un ami à la Maison Blanche" (18/01/2009)

lundi 2 février 2009

L'adoption -encore- refusée à une lesbienne

Adopter un enfant reste un parcours de la combattante pour les lesbiennes. Le président du Conseil général du Jura Jean Raquin vient ainsi de refuser l'agrément demandé par Emmanuelle B., une institutrice de 48 ans, homosexuelle vivant en couple avec Laurence R., psychologue. Le rapport des services sociaux leur était pourtant favorable et la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) avait même condamné la France pour un premier refus d'agrément.

"Je privilégie l'adoption par un homme et une femme", avait expliqué le président du Conseil général, Gérard Bailly, au "Progrès" (26/01/2008). En 2005 au Sénat, il déclarait au sujet de l'adoption par des couples homosexuels: "le président de Conseil général que je suis ne peut accepter une telle demande". Le Conseil d'Etat lui avait donné raison en 2002, en invoquant l'intérêt de l'enfant, privé de figure paternelle. En France, l'adoption est pourtant ouverte aux célibataires comme aux couples mariés.

Mais un arrêt en forme de coup de tonnerre rendu en janvier 2008 par la Cour européenne avait semblé devoir changer radicalement la donne. La Cour avait ouvert la voie à l'adoption par un(e) homosexuel(le) en soulignant que le droit français autorisait l'adoption d'un enfant par un célibataire et que la Convention européenne des Droits de l'Homme interdisait de discriminer des personnes sur la base de leur orientation sexuelle.

Une telle décision aurait dû s'imposer à l'administration française, mais le nouveau président du Conseil général (divers droite) du Jura Jean Raquin (photo) a décidé de passer outre. Selon l'avocate d'Emmanuelle B. et Laurence R., Me Caroline Mécary, il justifie sa décision par une non-implication de la compagne et un désaccord qui existerait entre les deux femmes sur l'âge de l'enfant à adopter, deux "faits totalement contredits par l’enquête sociale et le rapport d’entretien psychologique, qui notent au contraire tous les deux l’implication de Laurence R.", souligne l'avocate.

Après ce nouveau rejet et dix ans de démarches, Emmanuelle B. et Laurence R., "très affectées par cette décision intolérable" selon Me Caroline Mécary, vont saisir le tribunal administratif de Besançon pour demander l'annulation "de cette décision arbitraire et discriminatoire". Elles comptent aussi saisir la Haute autorité de lutte contre les discriminations (HALDE), le comité des ministres chargé du suivi de l'exécution des arrêts de la CEDH, et le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe.

"Il s’agit d‘une décision politique proprement scandaleuse" qui "fait fi des investigations des travailleurs sociaux, qui ont rencontré les deux femmes à plusieurs reprises" et "bafoue un arrêt de la Cour européenne des droits de l’Homme", souligne Me Mécary.

Dans un communiqué publié mardi 3 février 2009, l'Inter-LGBT "dénonce ce manquement au droit manifestement fondé sur des présupposés homophobes et apporte son total soutien à Emmanuelle B". "Seules des convictions idéologiques hostiles aux homosexuels peuvent expliquer un tel acharnement", souligne l'organisation de défense des droits des homosexuels, qui rappelle que si Emmanuelle B. avait choisi "de dissimuler son orientation sexuelle, son agrément aurait été sans doute accepté". Mais "elle a refusé l’hypocrisie que la rigidité conservatrice de certains aurait souhaité lui imposer".

dimanche 1 février 2009

Une lesbienne aux manettes en Islande

L'Islandaise Johanna Sigurdardottir est devenue ce dimanche 1er février 2009 la première Première ministre ouvertement lesbienne du monde. Elle a formé un gouvernement composé à parité de femmes et d'hommes, qu'elle dirigera jusqu'aux élections anticipées fixées au 25 avril.

Johanna Sigurdardottir est l'une des personnalités politiques les plus populaires d'Islande. Agée de 66 ans, elle est par ailleurs, comme le précise sa page Web officielle, mariée depuis 2002 avec l'écrivaine et dramaturge islandaise Jonina Leosdottir, 54 ans. La Première ministre a deux fils âgés de 32 et 37 ans, issus d'un premier mariage avec un homme, et son épouse un fils de 28 ans.

Mme Sigurdardottir et la nouvelle coalition sociale-démocrate-verte ont promis de se mettre immédiatement au travail pour redresser l'Islande. Et c'est bien la seule chose qui intéresse les 320.00 habitant de ce petit pays, aujourd'hui au bord du gouffre financier, économique et social alors qu'il comptait encore parmi les plus riches de la planète il y a quelques mois.



- Lire aussi sur LToutes: "Une lesbienne à la tête du gouvernement islandais?" (28/01/2009); "La première cheffe de gouvernement lesbienne racontée par sa nièce" (01/02/2009)

Islande: la première cheffe de gouvernement lesbienne racontée par sa nièce

Nanna Árnadóttir est la fière nièce de la nouvelle Première ministre islandaise, Jóhanna Sigurdardóttir. Sur le site Iceland Review, Elle s'étonne de l'insistance des médias étrangers sur l'homosexualité de sa tante et constate que l'orientation sexuelle continue de poser problème en Europe occidentale.

- Lire aussi sur LToutes: "Une lesbienne à la tête du gouvernement islandais?" (28/01/2009); "Une lesbienne aux manettes de l'Islande" (01/02/2009)

"A Noël dernier, j'ai offert à Jóhanna, la femme de ma tante, un T-shirt que j'avais acheté dans une petite boutique de Kringlan, le plus vieux centre commercial d'Islande. Il était noir, un peu ample et sur le devant était imprimé en lettres blanches: "Minn tími mun koma!", ou en (français): "Mon heure viendra!"

C'est une phrase qu'elle est connue pour avoir lancée il y a des années, le poing levé, pendant un discours qu'elle a prononcé après avoir échoué à obtenir la présidence de l'ancien Parti social démocrate. Depuis, c'est devenu une sorte de slogan.

"C'est parfait", m'a dit mon père quand je lui ai montré ma trouvaille. Le Réveillon venu, tout en disant qu'elle ne le porterait probablement qu'à la maison, (Jóhanna) a l'accueilli en riant et en applaudissant.

Et maintenant il semble que soi-disant prophétie se réalise. (...) Ma tante par alliance Jóhanna Sigurdardóttir sera nommée Première ministre par intérim de l'Islande puisque notre "Révolution des casseroles" a provoqué l'effondrement du gouvernement de coalition.


Comme toujours pour un nouveau dirigeant, sa vie professionnelle et personnelle intéresse les médias. Tous les articles que j'ai lus sur elle mentionnent deux choses: qu'elle a été hôtesse de l'air, ce qui est vrai, et qu'elle est homosexuelle, ce qui est vrai aussi.

Honnêtement, les Islandais se fichent complètement de sa sexualité -on peut dire qu'en ce moement nous avons autre chose en tête, comme l'effondrement de notre économie et de notre gouvernement- mais c'est pourtant dans presque tous les gros titres que je vois. Juste en ce moment devant moi sur mon bureau le "London Metro" titre: "Une lesbienne va être Première ministre".

Je ne trouve pas bizarre que les gens se soucient de savoir avec qui elle partage sa vie -après tout ma tante Jónína est une personne spectaculaire et talentueuse-, mais j'ai beaucoup d'amis homosexuels et je me suis rendue compte que si le milieu homosexuel est visible et semble libre en Europe occidentale, les LGBT luttent toujours contre l'hétérormalité et la discrimination.

Alors même si elle est la meilleure candidate pour le poste, avec une cote de popularité de 73%, le monde entier devrait reconnaître à quel point c'est énorme d'être la première Première ministre ouvertement homosexuelle au monde -et avec ça la première Première ministre d'Islande.

Espérons seulement que Jóhanna est à la hauteur de la tâche (...) Croisons les doigts en espérant que Jóhanna aura les couilles de faire ce que les hommes n'ont pas réussi
."

dimanche 25 janvier 2009

Sarkozy à Karoutchi: "tu viens avec ton compagnon"

"Je suis d'une sérénité totale. Pas de choses à cacher", a déclaré dimanche 25 janvier 2009 sur TF1 Roger Karoutchi, premier ministre en exercice à faire son "coming out" en France. Lors de l'émission "sept à huit", le ministre UMP des Relations avec le Parlement a expliqué avoir eu le soutien du président de la République dans sa démarche.

D'ailleurs, Nicolas Sarkozy était au courant de son homosexualité depuis longtemps. Roger Karoutchi a ainsi raconté comment celui qui était alors ministre de l'Intérieur l'avait invité à passer un week-end chez lui au Pyla un été: "tu cesses de faire l'andouille. Tu viens naturellement avec ton compagnon", lui avait alors lancé Nicolas Sarkozy. "Ce jour-là, j'étais un peu scotché", a confessé le ministre.

Depuis lors, "à chaque déjeuner, à chaque dîner auquel il m'invite", il "me fait des drames si j'envisage de venir seul". Et "le 14 juillet 2008, j'étais un peu scotché de voir le président de la République présenter mon compagnon à tous les chefs d'Etat et de gouvernement étrangers" invités à Paris pour l'occasion et "dire très tranquillement: 'c'est le compagnon de Roger'".

Roger Karoutchi avait d'ailleurs informé en septembre dernier le chef de l'Etat de son intention de faire son "coming out". Nicolas Sarkozy lui avait répondu selon lui: "tu fais l'interview, tu es mon ami. Tu ne fais pas l'interview, tu es mon ami".

Désormais, "je souhaite que les gens me jugent et continuent de me juger sur mon job", a déclaré le candidat à la candidature UMP aux élections régionales en Ile-de-France. "Ma vie n'a rien d'extravagant (...) Je vis avec un compagnon. Point (...) Je ne juge pas de la vie des autres. Je ne veux pas qu'on juge la mienne", a-t-il poursuivi. "Je n'en tire aucune gloire. Je n'en tire aucune honte".

Accusé par ses détracteurs d'instrumentaliser son homosexualité pour marquer des points dans la campagne interne face à l'autre candidate UMP, Valérie Pécresse, Roger Karoutchi a répliqué que ceux qui le critiquent "avaient une tendance naturelle à en parler à (s)a place (...) On va admettre que ce soit naturel que ce soit moi qui en parle".

Est-il favorable au droit à l'adoption pour les homosexuels? Là, la prudence de l'homme politique fait son retour: "je n'ai pas d'avis en la matière", a-t-il assuré. Il n'a personnellement pas envie d'adopter un enfant: "je ne suis pas dans cette situation-là".

vendredi 23 janvier 2009

Roger Karoutchi: un coming-out très politique

Mais qu'est-ce qui fait sortir Roger Karoutchi du placard? A 57 ans, le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement est le premier ministre français à évoquer publiquement son homosexualité. "J'ai un compagnon et je suis heureux avec lui. Comme je suis bien, je ne vois pas pourquoi il faudrait que je le cache", déclare-t-il dans un communiqué.

Le ministre fait ses confidences au magazine de mode "L'Optimum" en kiosque ce 24 janvier 2009, participera à l'émission "Sept à huit" de TF1 ce dimanche 25 janvier, et mentionne le sujet dans un essai à paraître début février.

Roger Karoutchi vient-il de trouver le bonheur en amour et veut-il que tous les Français le sachent? Ou a-t-il soudain pensé que son exemple pourrait illuminer les vies de jeunes homosexuel(le)s?

On ne le saura pas. Mais comme Bertrand Delanoë, Roger Karoutchi rend son homosexualité publique avant des élections. Le sénateur socialiste et futur maire de Paris lorgnait déjà sur la capitale quand il a déclaré en 1998 "Je suis homosexuel". Roger Karoutchi, lui, est ministre et conseiller régional d'Ile-de-France, et surtout il se verrait bien tête de liste UMP aux élections régionales d'Ile-de-France en 2010. Pour cela, il devra éliminer Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur mariée et mère de trois enfants, aux primaires franciliennes prévues les 22 et 23 mars 2009. De là à penser que ce coming-out vise avant tout à déminer le terrain avant le scrutin...

D'autres politiques ont évoqué leur homosexualité: feu le sénateur-maire socialiste de Pau André Labarrère n'en faisait pas secret et l'a dit en 1998; le conseiller municipal UDF Philippe Meynard l'a révélé publiquement en 1999 et est devenu maire de Barsac en Gironde en 2004, l'adjoint socialiste à la culture de Paris Christophe Girard a écrit en 2006 qu'il était "homosexuel et père"; et l'ex-conseiller général RPR Jean-Luc Romero a été outé en 2000 puis en a parlé.

Mais force est de constater que les coming-out politiques relèvent plus souvent de la stratégie électorale que du militantisme LGBT. A quand les politiques vraiment décomplexés sur leur homosexualité? Et aussi, à quand les lesbiennes déclarées en politique? Car s'il y a eu d'hommes politiques ouvertement gay, chez les femmes c'et le néant.
La visibilité est cruciale dans le combat pour l'égalité.

Karoutchi: Pécresse invoque le droit à l'indifférence

Les réactions au coming-out de Roger Karoutchi (nouvelles réactions ajoutées).

  • Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et rivale UMP de Roger Karoutchi pour les élections régionales en Ile-de-France:
    "C'est quelque chose qui relève de sa vie privée. Je crois vraiment qu'il y a un droit à l'indifférence pour les hommes politiques sur leur vie privée et que l'on doit pouvoir avoir la vie privée que l'on souhaite, avoir la vie privée que l'on a (...) et faire de la politique sans que ce soit, ni un handicap, ni quelque chose de difficile à assumer" (Le Talk Le Figaro/Orange, 23/01/2009)

  • Le député européen socialiste Harlem Désir, probable tête de liste du PS en région Ile-de-France pour les élections européennes de juin 2009:
    "Nous allons le combattre politiquement, mais en tant qu'homme je trouve que c'est bien qu'il le fasse (...) J'espère (...) qu'il n'y aura pas de regard différent sur lui". "C'était très pudique (...) Peut-être qu'il a voulu prévenir dans sa famille politique un mauvais coup" (dans "Dimanche soir Politique" France-Inter/Le Monde/i-télé)

  • Jean-Luc Roméro, conseiller régional d'Ile-de-France, outé en 2000, premier homme politique français à évoquer publiquement sa séropositivité:
    "C'était certes un secret de Polichinelle dans le milieu politique et médiatique parisien, mais c'est une très bonne décision que prend Roger Karoutchi (...) Alors qu'il a été, à près de 60 ans, toujours discret sur les questions liées à l’homosexualité, son annonce lui permettra -je l’espère et je veux aujourd’hui lui faire confiance-, de pouvoir désormais intervenir quand des parlementaires de la majorité tiennent des propos homophobes et de faire avancer l’UMP sur la question de l’égalité homo-hétéro".

  • Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée:
    "C'est quelqu'un d'une très grande sensibilité, d'une très grande sincérité. Dans la bataille pour les régionales, il voulait dire la vérité à ses électeurs, il avait besoin qu'ils sachent qui il est. C'est éminemment respectable" ("Le Parisien-Aujourd'hui en France, 25/01/2009).

  • Eric Woerth, ministre (UMP) du Budget:
    "C'est un non-événement. Qu'on soit homosexuel ou pas ne doit rien changer au regard des autres. C'est ça une société moderne et évoluée. Ce qui est important, c'est de dire qui on est (...) Je ne fais pas de différence entre les gens. C'est sa vie personelle. Nul n'a à la juger (...) Il dit quelle est sa vie personnelle. c'est courageux et c'est très bien" (sur Radio-J, 25/01/2009).

  • GayLib, mouvement de défense des droits des homosexuels au sein de l'UMP:
    "GayLib tient à souligner le courage politique de Roger Karoutchi et lui exprimer sa reconnaissance (...) Le ministre démontre, si cela était nécessaire, que si chacun demeure libre de ne pas faire état de sa sexualité, il ne doit pas y avoir pour autant de raisons de la taire!
    Cet ami de Gaylib fait honneur à des millions de concitoyens et concitoyennes de notre pays. Son acte courageux permettra, espérons le, en donnant une plus grande visibilité aux citoyens LGBT, de donner un signal positif aux jeunes gays et lesbiennes qui souffrent encore trop souvent dans notre pays de l’homophobie au
    quotidien (...) GayLib souhaite que d’autres personnalités suivent cet exemple
    ".

-Lire aussi sur LToutes: "Karoutchi: un coming-out très politique" (24/01/2009)

dimanche 18 janvier 2009

Obama: un ami à la Maison Blanche

Barack Obama sera-t-il à la hauteur des espérances placées en lui par les lesbiennes et les gays? La communauté homosexuelle américaine veut le croire, même si l'enthousiasme suscité par la victoire du candidat démocrate à l'élection présidentielle du 4 novembre 2008 a été un brin douché par des décisions récentes du président-élu.

- Pour aller plus loin sur LToutes: "Ce que les homos attendent d'Obama"; "Une lesbienne virée de l'armée au Kansas" (10/02/2009)

Le choix du pasteur homophobe Rick Warren pour délivrer la prière de la prestation de serment, lors de la cérémonie d'investiture à Washington mardi a scandalisé la communauté LGBT. Ce prédicateur avait en effet qualifié le mariage gay d'"équivalent moral du mariage entre frères et soeurs", et fait activement campagne en faveur de l'interdiction du mariage homosexuel en Californie ("proposition 8"), finalement adoptée le 4 novembre 2008.

"En invitant Rick Warren à votre investiture, vous avez terni l'idée que les Américains qui sont gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres (LGBT) ont une place à votre table", avait vivement réagi le président de l'organisation américaine de défense des homosexuels, Human Rights Campaign, Joe Solmonese, dans un communiqué. L'adoption de la Proposition 8 "est la plus grosse perte soufferte par notre communauté depuis quarante ans", avait-il rappelé, en ajoutant: "le révérend Warren n'est pas un pasteur modéré" et "il a souvent joué le rôle de général dans la guerre culturelle contre la communauté LGBT".

"Je suis un ardent défenseur de l'égalité des gays et des lesbiennes américains, ce n'est pas un secret", avait rétorqué Barack Obama le 18 décembre, justifiant sa décision par sa volonté de "rassembler" des Américains aux points de vue différents.

Alors que deux homosexuels étaient sur les rangs pour entrer dans la nouvelle administration -John Berry pour le ministère de l'Intérieur et Mary Beth Maxwell pour celui du Travail-, gays et lesbiennes ont là aussi été déçus. Le président-élu a opté pour d'autres personnalités, hétéros celles-là. Nancy Sutley est la seule lesbienne à avoir été nommée à un poste important. Elle présidera le Conseil sur la qualité de l'environnement, chargé de conseiller le président et le vice-président américains sur les questions environnementales nationales et internationales.

Devant la colère des homosexuels, Barack Obama a fait quelques gestes ces derniers jours: deux lesbiennes devaient ainsi faire partie des 16 familles américaines devant l'accompagner dans un train de Philadelphie à Washington. Une fanfare gay et lesbienne, la Lesbian and Gay Band Association (LGBA), jouera également mardi dans le cadre de la parade d'inauguration. Enfin, le premier évêque ouvertement gay de l'église épiscopale, Gene Robinson, donnera le coup d'envoi des cérémonies d'investiture, en officiant dimanche au Lincoln Memorial de Washington.

Au-delà des polémiques de ces dernières semaines, Barack Obama n'en sera pas moins le président le plus "homophile" de l'histoire des Etats-Unis. Pendant sa campagne, il s'est clairement prononcé en faveur des droits des homosexuels, prenant des engagements qu'il a réaffirmés après son élection.

"Bien que nous ayons fait beaucoup de chemin depuis les émeutes de Stonewall en 1969, nous avons encore énormément de travail", expliquait-il le 1er juin 2007. "Trop souvent, la question des droits LGBT est exploitée par ceux qui cherchent à nous diviser. Mais il s'agit en réalité de se poser la question de qui nous sommes en tant qu'Américains. Il s'agit de se demander si cette nation sera à la hauteur de la promesse d'égalité faite lorsqu'elle a été fondée, de traiter tous ses citoyens avec dignité et respect", ajoutait-il.

Si le candidat démocrate ne manquait une occasion de rappeler qu'il est issu d'un mariage mixte qui était illégal dans certains Etats américains au moment de sa naissance, il ne faut pas attendre du président la légalisation du mariage gay aux Etats-Unis. Estimant que la question relève des seuls Etats, il est opposé à une loi fédérale sur le sujet, et préfère plaider pour des "unions civiles" ouvrant aux homosexuels les mêmes droits que le mariage.

Le président-élu s'est aussi engagé à lutter contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle, à punir plus durement les crimes homophobes et à abolir le "don't ask, don't tell" en vigueur dans l'armée américaine. Il est également favorable au droit à l'adoption pour les lesbiennes et les gays. Loin, très loin, donc, d'un George W. Bush.

Ce que les homos attendent d'Obama

Mariage, adoption, discrimination, justice, armée, sida... LToutes fait le point des questions sur lesquelles lesbiennes et gays peuvent espérer de Barack Obama des avancées. Ou pas.

- Lire aussi sur LToutes: "Obama: un ami à la Maison Blanche"; "Une lesbienne virée de l'armée au Kansas" (10/02/2009)

  • ARMEE:
    Pendant la campagne, Barack Obama s'est prononcé pour la suppression du principe hypocrite du "Don't ask, don't tell" ("ne demandez pas, ne dites pas") en vigueur dans l'armée: les homosexuels peuvent s'engager dans l'armée... tant qu'ils ne révèlent pas qu'ils sont lesbiennes ou gays.
    S'ils font leur "coming-out" -ou sont dénoncés-, ils sont exclus, comme cela a été le cas pour 12.500 d'entre eux depuis la mise en place de cette doctrine en 1993.
    Pour Barack Obama, seuls devraient compter "le patriotisme, le sens du devoir et la volonté de servir" pour juger de l'aptitude d'un soldat. Il souligne au passage sur son site Internet de transition que 300 interprètes, dont 50 de langue arabe, ont été exclus de l'armée en raison de leur orientation sexuelle.
    Le président-élu a précisé qu'il entendait "travailler avec les militaires" sur ce point, même si son entourage a confirmé récemment que la suppression pure et simple du "don't ask, don't tell" était bien l'objectif.
    Mais le nouveau président américain risque de tomber sur un os. Déjà avant lui, le président démocrate Bill Clinton avait tenté en 1993 de pousser l'armée américaine à accepter les homosexuels dans ses rangs, ce qui avait abouti au... "don't ask, don't tell". D'après une enquête réalisée début décembre par le groupe de presse américain Military Times auprès de quelque 2.000 lecteurs militaires d'active, 58% sont opposés à l'ouverture de l'armée américaine aux homosexuels. Seuls 29% s'y disent favorables.

  • DISCRIMINATION:
    Pendant la campagne, Barack Obama a souhaité que la loi contre la discrimination à l'emploi concerne également les homosexuel(le)s, travesti(e)s et transsexuels. Un projet de loi en ce sens (Employment Non Discrimination Act, ENDA) est actuellement bloqué au Congrès. Barack Obama avait déjà soutenu une proposition de loi au Sénat de l'Illinois pour interdire la discrimination à l'emploi fondée sur l'orientation sexuelle.

  • CRIMES HOMOPHOBES:
    Barack Obama souhaite que la loi fédérale inclue l'orientation sexuelle dans les circonstances aggravantes des crimes. Il soutient donc le "Matthew Shepard Hate Crime Act", du nom d'un jeune gay assassiné en 1998, qui modifie la loi fédérale sur les crimes de haine pour y inclure les crimes commis à raison de l'orientation sexuelle de la victime. Ce texte est pour l'heure bloqué au Congrès en raison du veto de George W. Bush. En 2004, les crimes homophobes représentaient 15% des crimes de haine commis aux Etats-Unis.

  • UNIONS CIVILES:
    Barack Obama est favorable à des "unions civiles" pour les gays et lesbiennes, qui leur donneraient exactement les mêmes droits et obligations que le mariage hétéro. Il souhaite également abolir le Defense Of Marriage Act (DOMA) adopté en 1996, qui impose aux autorités fédérales de retenir comme définition du mariage l'union entre un homme et une femme.
    Le DOMA empêche ainsi des couples homosexuels légalement mariés dans un Etat de bénéficier des prestations attribuées par l'Etat aux couples hétéros mariés. Cela permet aussi à un Etat de ne pas reconnaître les mariages homosexuels célébrés ailleurs dans le pays, comme dans le Massachusetts ou le Connecticut.

  • MARIAGE:
    Pendant la campagne, Barack Obama s'est prononcé contre le mariage homosexuel, mais il avait aussi voté en 2006 contre un amendement constitutionnel interdisant le mariage entre deux personnes du même sexe au niveau fédéral. Il estime que la décision sur le mariage gay appartient à chaque Etat.
    "Je respecte le fait que les couples homosexuels considèrent que, même s'ils ont les mêmes droits" avec une union civile, "ce ne sera quand même pas l'égalité, puisqu'il y aura une stigmatisation liée au fait de ne pas avoir droit au terme de 'mariage'", concédait Barack Obama dans une interview accordée en avril 2007 au magazine américain "Advocate" et diffusée sur leur site en décembre. "Je comprends cela, mais mes objectifs sont aussi contraints par un contexte politique et historique", a-t-il expliqué.

  • ADOPTION:
    Barack Obama est favorable au droit à l'adoption pour les couples gays et lesbiens. "Nous devons en finir avec la discrimination à l'encontre des familles LGBT", avait-il dit pendant la campagne. Pour autant, il n'a encore pas présenté de proposition concrète.

  • HIV-SIDA:
    Durant la première année de son mandat, Barack Obama entend mettre en place un plan fédéral contre le Sida. L'objectif est de développer la prévention, d'améliorer l'accès aux soins, d'améliorer l'éducation sur la contraception et de lutter contre les contaminations en prison. Il souhaite en particulier lutter contre la propagation du Sida chez les femmes.

mercredi 14 janvier 2009

Sénégal: Bachelot monte au créneau, Sarkozy s'émeut

Nicolas Sarkozy a fait part mercredi de son "émotion" après la condamnation de neuf homosexuels à huit ans de prison au Sénégal, sujet sur lequel Roselyne Bachelot a interpellé le Conseil des ministres.

La ministre de la Santé a "alerté" les ministres réunis à l'Elysée sur la situation de ces militants d'associations de lutte contre le Sida "emprisonnés au Sénégal au seul motif de leur homosexualité", selon le porte-parole du gouvernement Luc Chatel. "Elle a rappelé qu'au Sénégal l'homosexualité est pénalisée et même criminalisée", et demande la libération des neuf Sénégalais.

Après son intervention, Nicolas Sarkozy a exprimé "son émotion" et "sa préoccupation" sur la situation" de ces neuf militants emprisonnés, selon M. Chatel.

Neuf homosexuels ont été condamnés le 7 janvier 2009 à huit ans de prison et une amende chacun pour "acte impudique, acte contre nature et association de malfaiteurs" au Sénégal.

Dans un communiqué, Mme Bachelot précise avoir demandé au ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner "d'intervenir auprès des autorités sénégalaises, afin d'obtenir la remise en liberté de ces personnes".

- Lire aussi sur LToutes: "Sénégal: huit ans de prison pour neuf jeunes homos" (08/01/2009)

jeudi 8 janvier 2009

Senegal: 8 ans de prison pour neuf jeunes homos

Neuf jeunes homosexuels ont été condamnés à huit ans de prison et une amende chacun pour "acte impudique, acte contre nature et association de malfaiteurs" mercredi au Sénégal.

Le procureur n'avait requis "que" cinq ans, le maximum prévu dans la loi pour des affaires de sodomie, mais le juge a ajouté trois ans pour conspiration. Ils comptent faire appel.

D'après l'International Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC), la défense a disposé de très peu de temps et de moyens pour préparer le dossier. "Il y a une volonté délibérée de sanctionner ces jeunes. Le juge a pratiquement criminalisé les faits", a déclaré l'un des avocats, Me Issa Diop, à Radio France Internationale (RFI).

Les condamnés sont des militants contre le SIDA, parmi lesquels Diadji Diouf, figure de la communauté sénégalaise lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT) dans ce pays.

En février 2008, plusieurs personnes avaient déjà été arrêtées à Dakar après la parution dans un magazine local d'une cérémonie de mariage entre deux hommes. Les "suspects" avaient été relâchés peu après, mais Khady Ndiaye, directrice exécutive nationale de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho) a déploré sur RFI "l'homophobie grandissante au Sénégal".

Comme 37 autres pays d'Afrique, le Sénégal considère l'homosexualité comme un crime. L'Afrique du Sud avait d'ailleurs soulevé un tollé dans la région en 2006 en légalisant le mariage gay et lesbien.

mardi 23 décembre 2008

Le pape fête Noël en condamnant l'homosexualité

Le pape Benoît XVI défend le maintien d'une nette distinction entre hommes et femmes, sous peine sinon d'une "autodestruction de l'Homme".

Le 22 décembre 2008, il a ainsi implicitement condamné -à nouveau- l'homosexualité et la transsexualité et critiqué explicitement les théories du "genre" en vogue dans les pays anglo-saxons et qui visent à redéfinir les identités sexuelles.

Lors de la traditionnelle cérémonie de voeux à la Curie romaine, le pape a mis sur le même plan la protection de la planète et ce qu'il a défini comme une "écologie de l'Homme", estimant que l'Eglise devait "protéger l'homme contre la destruction de lui-même".

Dans ce cadre, parler "de la nature de l'être humain comme homme et femme" et "demander que cet ordre de la création soit respecté" n'est "pas d'une métaphysique dépassée", a-t-il assuré. Pire: le "mépris" de cet ordre "serait une autodestruction de l'homme et donc une destruction de l'oeuvre de Dieu lui-même".

"Ce qu'on exprime souvent et ce qu'on entend par le terme "gender" (genre), se traduit en définitive par l'auto-émancipation de l'homme par rapport à la création et au Créateur", a-t-il accusé.

Le Vatican s'est opposé il y a quelques jours au projet de déclaration sur la dépénalisation universelle de l'homosexualité, défendue par la France à l'ONU.

mercredi 17 décembre 2008

L'homosexualité divise l'ONU

(actualisé le 18 décembre)
Rama Yade a présenté jeudi 18 décembre à New York le projet français d'appel à une dépénalisation universelle de l'homosexualité. En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme a défendu cette déclaration non contraignante, signée par 66 des 192 Etats-membres de l'ONU.

Le Vatican, en revanche, est vent debout contre un texte qui, estime-t-il, menacerait l'institution du mariage. Au total, une cinquantaine d'Etats se sont opposés à la déclaration, en particulier les pays membres de l'Organisation de la conférence islamique. Le texte n'a pas été signé non plus par les Etats-Unis. Rama Yade a qualifié l'attitude américaine de "décevante".

A l'heure actuelle, 90 pays punissent l'homosexualité, dont sept avec la peine de mort.

Le projet appelle tous les Etats à dépénaliser l'homosexualité, et condamne les assassinats, exécutions, tortures, arrestations arbitraires ou privations de droits économiques, sociaux ou culturels que les homosexuels et transsexuels subissent encore dans de trop nombreux pays.

Parmi les signataires de la déclaration figurent l'Arménie, l'Australie, la Bosnie-Herzégovine, le Canada, la République centrafricaine, le Chili, l'Equateur, la Georgie, l'Islande, Israël, le Japon, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Serbie, la Suisse, l'Uruguay, le Venezuela, ainsi que la totalité des Etats-membres de l'Union européenne.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme ont apporté leur soutien dans un communiqué à l'initiative française. "Les Nations unies doivent parler avec force contre la violence et les préjugés. Il n'y a pas de place pour la demi-mesure quand il s'agit de droits de l'Homme", a ainsi souligné le néerlandais Boris Dittrich, de Human Rights Watch.

Pour Louis-Georges Tin, le promoteur français de la Journée internationale contre l'homophobie, présenter cette déclaration au niveau de l'Assemblée générale des Nations unies est déjà "un grand succès".

En France, Rama Yade a reçu le soutien de GayLib, l'association de l'UMP de promotion des droits des homosexuels, qui a salué dans un communiqué "une déclaration pionnière" et "un signal fort" lancé au monde: "l’homosexualité n’est pas un crime. C’est l’homophobie qui est un délit".

GayLib salue le bilan "largement positif" de Rama Yade, alors même que celle-ci est sur la sellette. La secrétaire d'Etat a en effet "déçu" le président Nicolas Sarkozy lorsqu'elle a dit ne pas souhaiter être candidate aux européennes de 2009. Dans la foulée, son ministre de tutelle Bernard Kouchner estimait d'ailleurs que la création de son secrétariat d'Etat était une "erreur".