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mardi 23 avril 2013
La France légalise le mariage homo
Enfin! L'Assemblée nationale a définitivement adopté mardi, par 331 voix contre 225, la loi sur le "mariage pour tous", qui ouvre le droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels. La France devient ainsi le 9e pays européen, et le 14e dans le monde, à autoriser le mariage des gays et des lesbiennes.
"Submergée par l'émotion", la ministre de la Justice Christiane Taubira a salué "un texte généreux", alors que la droite avait déjà quitté l'hémicycle. "Nous savons que nous n'avons rien pris à personne", a-t-elle insisté. Mme Taubira s'est adressée à "ceux qui ont été blessés" lors de ce débat houleux, et notamment aux "adolescents, et aux adolescentes" qui "ont découvert une société où une sublimation des égoïsmes permettait à certains de manifester bruyamment contre les droits des autres": "si vous êtes pris de désespérance, balayez tout cela. Ce sont des paroles qui vont s'envoler (...) Gardez la tête haute. Vous n'avez rien à vous reprocher".
Ce débat s'est achevé avec un dernier incident puisqu'une personne a tenté de dérouler une banderole hostile au texte juste avant le vote. "Sortez-moi ces excités de l'Assemblée! Les ennemis de la démocratie n'ont rien à faire dans l'hémicycle", a alors ordonné le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone.
Le projet de loi doit encore être promulgué par le président François Hollande, puis soumis au Conseil constitutionnel, l'opposition ayant annoncé son intention de le saisir. Selon Christiane Taubira, les premiers mariages pourraient avoir lieu "courant juin". Certains maires menacent déjà de ne pas célébrer des mariages homosexuels. "Personnellement je ne procéderai pas à ce mariage", a ainsi prévenu Patrick Ollier (UMP) sur LCP.
La députée communiste Marie-George Buffet a en revanche fait part de sa "hâte de pouvoir célébrer les premiers mariages de celles et ceux qui me l'ont déjà demandé". "Marions-les! Marions-les dès l'été", a-t-elle lancé. Jean-Luc Romero, d'ailleurs, n'a pas traîné en annonçant son prochain mariage sur twitter: "Enfin! Avoir dû attendre 53 ans pour se marier! Maintenant, il ne nous reste plus qu'à préparer le mariage".
Même la Première dame Valérie Trierweiler s'est fendue d'un tweet de réaction: "décidément, j'aime beaucoup le 23 avril. Celui-ci encore davantage. #Jour historique".
C'est avec beaucoup d'émotion que le député EELV Noël Mamère, qui avait célébré le premier mariage homosexuel en France en 2004 sous un déluge d'insultes, s'est exprimé mardi. "La France n'est qu'en train de rattraper son retard", a-t-il rappelé, en soulignant que le Danemark, lui, avait voté le mariage gay en 1989. Ce texte n'est voté en France qu'en 2013, "dans le bruit, la fureur et la haine homophobe. Nous n'avons pas à être fiers de nous", a lancé celui qui a "encore dans l'oreille ceux qui, devant la mairie de Bègles, criaient "les pédés en camps de concentration'". De fait, pour beaucoup d'homos, la fête qui s'annonce sera sans doute ternie par la vague homophobe qu'ils ont dû subir ces derniers mois et qu'ils ne sont pas près d'oublier.
Une étape majeure pour les droits des homos en France
Avec l'adoption définitive du "mariage pour tous" par le Parlement, le 23 avril 2013 restera comme une date marquante pour les droits des homosexuels en France. C'est l'aboutissement de 30 années d'avancées pour les gays et lesbiennes.
- 4 avril 1981: première gay pride à Paris.
Quelques jours avant l'élection présidentielle, quelque 10.000 personnes manifestent à l'appel du CUARH (comité d'urgence anti-répression homosexuelle). Ils réclament l'abrogation de l'article 331 du code pénal qui punit "d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 60 FF à 15000 FF quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu mineur du même sexe".
- Juin 1981
L'élection de François Mitterrand à l'Elysée se traduit en juin 1981 par la suppression du "groupe de contrôle des homosexuels" à la préfecture de police et de ses fichiers. Le 12 juin, la France annonce qu'elle n'accepte plus la présence de l'homosexualité dans la liste des maladies mentales de l'OMS.
- 4 août 1982 : Le Parlement dépénalise l'homosexualité
L'article 331, alinéa 2 du Code pénal, est définitivement abrogé. Fixée à 18 ans pour les homosexuels, la majorité sexuelle passe à 15 ans pour tout le monde. Parmi ceux qui s'opposent à la dépénalisation figurent François Fillon, alors jeune député ou Jean-Claude Gaudin.
- 13 octobre 1999: Adoption du Pacs
Après plus d'un an de procédure, marqué par un premier rejet-surprise du texte à l'Assemblée nationale pour cause de démobilisation dans les rangs de la majorité, le Pacte civil de solidarité (Pacs) est définitivement adopté. Cette nouvelle forme d'union, défendue par le gouvernement de Lionel Jospin, est ouverte aussi aux couples homosexuels, offrant du même coup une première reconnaissance par la loi aux couples de même sexe. A droite, seule la députée RPR Roselyne Bachelot a soutenu cette réforme.
- 5 juin 2004 : Noël Mamère célèbre un mariage homosexuel à Bègles
Le maire de Bègles (Gironde) Noël Mamère célèbre le premier mariage civil homosexuel en France. Cela lui vaudra des torrents de menaces et d'insultes et d'être suspendu de ses fonctions. L'union de ces deux hommes sera finalement annulée par la Cour de cassation. Mais le débat est ouvert.
- 6 mai 2012 : Election du président François Hollande
L'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels figure dans les promesses de campagne du candidat socialiste.
- 12 février 2013 : Adoption en première lecture de la loi sur le "mariage pour tous"
Après 10 jours et 10 nuits de débats acharnés, le débat-marathon sur le projet de loi sur le "mariage pour tous" s'achève le 9 février à l'aube à l'Assemblée nationale. Le texte est adopté en première lecture par les députés, lors d'un vote solennel, le 12 février.
- 12 avril: adoption de la loi sur le "mariage pour tous" au Sénat
Les sénateurs adoptent en première lecture, à main levée, le projet de loi sur le "mariage pour tous".
- 4 avril 1981: première gay pride à Paris.
Quelques jours avant l'élection présidentielle, quelque 10.000 personnes manifestent à l'appel du CUARH (comité d'urgence anti-répression homosexuelle). Ils réclament l'abrogation de l'article 331 du code pénal qui punit "d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 60 FF à 15000 FF quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu mineur du même sexe".
- Juin 1981
L'élection de François Mitterrand à l'Elysée se traduit en juin 1981 par la suppression du "groupe de contrôle des homosexuels" à la préfecture de police et de ses fichiers. Le 12 juin, la France annonce qu'elle n'accepte plus la présence de l'homosexualité dans la liste des maladies mentales de l'OMS.
- 4 août 1982 : Le Parlement dépénalise l'homosexualité
L'article 331, alinéa 2 du Code pénal, est définitivement abrogé. Fixée à 18 ans pour les homosexuels, la majorité sexuelle passe à 15 ans pour tout le monde. Parmi ceux qui s'opposent à la dépénalisation figurent François Fillon, alors jeune député ou Jean-Claude Gaudin.
- 13 octobre 1999: Adoption du Pacs
Après plus d'un an de procédure, marqué par un premier rejet-surprise du texte à l'Assemblée nationale pour cause de démobilisation dans les rangs de la majorité, le Pacte civil de solidarité (Pacs) est définitivement adopté. Cette nouvelle forme d'union, défendue par le gouvernement de Lionel Jospin, est ouverte aussi aux couples homosexuels, offrant du même coup une première reconnaissance par la loi aux couples de même sexe. A droite, seule la députée RPR Roselyne Bachelot a soutenu cette réforme.
- 5 juin 2004 : Noël Mamère célèbre un mariage homosexuel à Bègles
Le maire de Bègles (Gironde) Noël Mamère célèbre le premier mariage civil homosexuel en France. Cela lui vaudra des torrents de menaces et d'insultes et d'être suspendu de ses fonctions. L'union de ces deux hommes sera finalement annulée par la Cour de cassation. Mais le débat est ouvert.
- 6 mai 2012 : Election du président François Hollande
L'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels figure dans les promesses de campagne du candidat socialiste.
- 12 février 2013 : Adoption en première lecture de la loi sur le "mariage pour tous"
Après 10 jours et 10 nuits de débats acharnés, le débat-marathon sur le projet de loi sur le "mariage pour tous" s'achève le 9 février à l'aube à l'Assemblée nationale. Le texte est adopté en première lecture par les députés, lors d'un vote solennel, le 12 février.
- 12 avril: adoption de la loi sur le "mariage pour tous" au Sénat
Les sénateurs adoptent en première lecture, à main levée, le projet de loi sur le "mariage pour tous".
MOTS-CLES :
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parlement
dimanche 19 avril 2009
Vers une application du PACS en Nouvelle-Calédonie

Après dix ans d'attente, les lesbiennes et les gays de Nouvelle-Calédonie et de Wallis-et-Futuna pourraient avoir bientôt le droit de se pacser.
Le député UMP de Nouvelle-Calédonie Gaël Yanno a déposé un amendement au projet de loi sur l'Outre-mer qui étend à ces territoires français les dispositions du code civil relatives au Pacte civil de solidarité et au concubinage des couples de même sexe. L'amendement a été confirmé par un vote de l'Assemblée nationale le 9 avril.
Pour des raisons obscures, il n'était jusque-là pas possible de signer un Pacte civil de solidarité en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Mayotte et à Wallis-et-Futuna.
Dans un communiqué, l'association LGBT ultra-marine Tjenbé Red s'est réjoui de "cette avancée des outre-mer vers l’égalité républicaine". Elle "demande maintenant au Sénat de confirmer ces amendements".
Reste encore à résoudre les cas de la Polynésie française et de Mayotte, territoires français où le PACS ne s'applique pas encore. Tjenbé Rèd "demande au Parlement de ne pas oublier les populations de ces collectivités".
Pour en savoir plus: "les Français des antipodes interdits de PACS"
vendredi 10 octobre 2008
Le Portugal dit non au mariage gay

Le Parlement portugais a largement rejeté ce vendredi 10 octobre 2008 le projet de légalisation du mariage homosexuel. Le Parti socialiste au pouvoir et le Parti social-démocrate, dans l'opposition, se sont alliés pour repousser ce texte, défendu notamment par les Verts.
Selon un sondage publié vendredi dans le "Jornal de Noticias", 53% des Portugais sont hostiles au mariage gay, mais 42% y sont favorables.
Les lesbiennes et gays peuvent actuellement se marier dans trois pays européens: la Belgique, l'Espagne et les Pays-Bas.
Le Parti socialiste a justifié son rejet du projet sur le mariage homosexuel en expliquant dans un communiqué qu'"une réforme de cette importance et de cette complexité ne pourrait être approuvée qu'après avoir mené un vrai débat et construit un large soutien au sein de la société portugaise."
Deux lesbiennes portugaises avaient tenté de se marier en 2006. En vain: les responsables des registres d'état-civil de Lisbonne avaient rejeté leur demande. Leur plainte avait ensuite été rejetée par un tribunal. Leur cas est actuellement examiné par la Cour suprême portugaise.
Selon un sondage publié vendredi dans le "Jornal de Noticias", 53% des Portugais sont hostiles au mariage gay, mais 42% y sont favorables.
Les lesbiennes et gays peuvent actuellement se marier dans trois pays européens: la Belgique, l'Espagne et les Pays-Bas.
Le Parti socialiste a justifié son rejet du projet sur le mariage homosexuel en expliquant dans un communiqué qu'"une réforme de cette importance et de cette complexité ne pourrait être approuvée qu'après avoir mené un vrai débat et construit un large soutien au sein de la société portugaise."
Deux lesbiennes portugaises avaient tenté de se marier en 2006. En vain: les responsables des registres d'état-civil de Lisbonne avaient rejeté leur demande. Leur plainte avait ensuite été rejetée par un tribunal. Leur cas est actuellement examiné par la Cour suprême portugaise.
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