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samedi 29 mai 2010

USA: vers l'abrogation du "don't ask don't tell"


La chambre des Représentants américaine a adopté vendredi un amendement qui prévoit l'abrogation du "don't ask, don't tell"(ne rien demander, ne rien dire), qui oblige actuellement les homosexuels servant dans l'armée à cacher leur orientation sexuelle sous peine d'être exclus.

Pour que cette abrogation devienne effective, il faudra toutefois attendre les résultats d'une vaste évaluation menée par le Pentagone et le feu vert des principaux commandants de l'armée.

Le débat s'annonce aussi houleux au Sénat: si une commission a approuvé jeudi l'abrogation de la loi, les opposants sont encore nombreux. L'association servicemembers legal defense network (sdln), qui se bat pour l'abrogation du "Don’t Ask, Don’t Tell", a salué un "vote historique".

Malawi: le couple gay grâcié


Les protestations et pressions internationales ont finalement eu leur effet. Le président du Malawi Bingu wa Mutharika a annoncé samedi devant la presse la grâce du couple gay condamné récemment à 14 ans de prison pour avoir procédé au premier mariage homosexuel dans ce pays. "J'ai décidé de leur accorder ma grâce, avec effet ce jour même, et ils seront remis en liberté", a-t-il annoncé après une rencontre avec le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon.

"Ces garçons ont commis un crime contre notre culture, notre religion et nos lois", a-t-il souligné selon le site malawi indépendant Nyasa Times. Néanmoins, "j'ai décidé de leur accorder ma grâce pour des raisons humanitaires".

Arrêtés fin décembre pour une fête de "mariage" symbolique, Tiwonge Chimbalanga, 26 ans, et Steven Monjeza, 20 ans, avaient été condamnés pour "conduite contre nature et indécente". Le juge leur avait expliqué qu'il leur infligeait "une sentence effrayante pour que l'opinion publique soit protégée de gens comme vous et que nous ne soyons pas tentés de suivre cet exemple horrible". Plusieurs pays, dont la France, avaient protesté contre ce verdict.

mardi 25 mai 2010

Jennifer Beals bientôt sur la Fox


Jennifer Beals, l'inoubliable Bette Porter de L-Word, sera dans quelques mois (pas avant septembre) de retour sur les petits écrans américains, selon les grilles de programme de la "mi-saison" dévoilées il y a quelques jours.

Dans la série "Ride along" qui sera diffusée par la Fox, l'actrice dirige la police de Chicago et poursuit les criminels avec l'aide d'une jeune recrue et d'un policier (Jason Clarke) qui a tendance à se prendre pour le shérif du coin.

La série a été créée par Shawn Ryan, déjà à l'origine de The Shield. On lui souhaite le même succès...

dimanche 23 mai 2010

Xavier Bertrand "condamne" Vanneste

Xavier Bertrand a "condamné" dimanche "à titre personnel" les propos du député UMP du Nord Christian Vanneste, qui a fait un parallèle sur son blog entre homosexualité et pédophilie.

"Bien évidemment je condamne ses propos. Il le sait, j'en ai parlé avec Christian Vanneste", a affirmé le secrétaire général de l'UMP, interrogé sur Canal+. "Cela n'est pas la première fois que Christian Vanneste a tenu ce type de propos", a-t-il constaté.

Mais de là à l'exclure du parti... "Le bureau départemental de la fédération du Nord, qui a première compétence là-dessus, va étudier son cas début juin", a-t-il simplement précisé.

Dans un texte posté sur son blog le 30 avril dernier, Christian Vanneste estimait que "l’opposition outrancière entre pédophilie et homosexualité n'(était) pas fondée en raison des tendances éphèbophiles assez fréquentes dans l’histoire qui ignorent la frontière juridique de l’âge". Le 17 mai, il évoquait encore "un pont entre la pédophilie et l’homosexualité qui est l’éphèbophilie".

jeudi 20 mai 2010

Malawi: 14 ans de prison pour un couple gay


Au Malawi, les homos, on les enferme. Pour 14 ans, avec travaux forcés. Un couple gay vient d'écoper de la peine maximum pour homosexualité dans ce pays du sud de l'Afrique. Tiwonge Chimbalanga, 26 ans, et Steven Monjeza, 20 ans, reconnus coupables de conduite contre nature et indécente, ont regagné la prison sous les injures de la foule. Le couple avait été arrêté fin décembre après une fête de "mariage" symbolique.

Le juge leur a expliqué qu'il leur infligeait "une sentence effrayante pour que l'opinion publique soit protégée de gens comme vous et que nous ne soyons pas tentés de suivre cet exemple horrible", selon le site malawi indépendant Nyasa Times, qui précise que le couple veut faire appel. "Le Malawi n'est pas prêt à voir ses fils se marier avec ses fils", a insisté le magistrat.

Plusieurs pays ont protesté contre le verdict. Pour la France, "des décisions de cette nature (...) justifient la mobilisation internationale contre les violations graves des droits de l'Homme fondées sur l'orientation sexuelle". Washington a dénoncé "un recul pour la protection des droits de l'Homme au Malawi".

Le gouvernement britannique a fustigé "la violation" des droits de l'Homme dont sont victimes Tiwonge Chimbalanga et Steven Monjeza, et s'est dit "très inquiet des allégations de mauvais traitements pendant leur détention par la police".

"Le Royaume-Uni juge que les droits de l'Homme s'appliquent à tous quelle que soit leur orientation sexuelle et leur identité de genre" et "continuera à faire pression sur le gouvernement du Mali sur cette question", prévient Londres, en glissant une allusion au "partenariat fort" avec le Malawi, lequel dépend beaucoup de l'aide britannique.

Amnesty International appelle à la libération immédiate de Tiwonge Chimbalanga et Steven Monjeza et accuse le Malawi de violer des traités sur le respect des droits humains qu'il a ratifiés. Le couple "aurait été soumis à la torture et d'autres mauvais traitements", selon Amnesty, "ils ont dit à leurs avocats qu'ils avaient été frappés par la police".

samedi 15 mai 2010

Mobilisation contre l'homophobie


A Paris, Bordeaux, Rennes et dans une douzaine de villes françaises, à Glasgow, Berlin, Madrid, Lima, Sans Francisco, Bogota ou Tel Aviv, à Porto et Shangaï et même au Cameroun, des gays et lesbiennes vont s'embrasser en public dans les prochains jours. Objectif: marquer la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, lundi 17 mai.

L'homophobie, comme l'a encore montré le rapport 2010 de SOS Homophobie, reste un fléau bien présent. D'ailleurs, bien que bon enfant, les kiss-in ont décidément du mal à passer chez certains.

La Lesbian and Gay Pride de Lyon a dû taper du poing sur la table après le report de la manifestation qui devait se tenir samedi dans la ville. "Les kiss-in qui se tiennent un peu partout en France participent à la visibilité des LGBT, et sont un symbole de ce que devrait être cette égalité réelle, le droit de s'aimer et à montrer partout cet amour, sans avoir à subir de rejet", rappelle l'association dans un communiqué. Mais "des mouvements catholiques intégristes, proches de l'extrême droite, menacent cet évènement de violences graves", s'indigne-t-elle, en appelant le préfet du Rhône à "ne pas céder aux pressions de ces intégristes". Le kiss-in de Lyon a été reporté au mardi 18 mai.

Au-delà, le programme élaboré par le Comité IDAHO, organisateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, est chargé, avec plus de 150 événements prévus dans 39 villes en France: débats, projections, expositions, concerts...

Le thème choisi cette année porte sur les rapports difficiles entre religion et homosexualité, alors que le secrétaire d'Etat du Vatican a évoqué le 12 avril un "lien entre l'homosexualité et la pédophilie" et que le pape Benoit XVI a réaffirmé le 13 mai son oppositon au mariage homo. Un colloque sur le sujet se tiendra lundi à l'Assemblée nationale, en présence de Louis-Georges Tin, président du Comité IDAHO, de la nouvelle présidente de la Halde Jeannette Bougrab et, peut-être, du ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux.

Engagée dans la lutte contre l'homophobie dans le sport, la secrétaire d'Etat Rama Yade réunira quant à elle les associations LGBT (Comité IDAHO, SOS Homophobie, Fédération sportive gaie et lesbienne, Paris Foot Gay…) et le mouvement sportif (fédérations, INSEP) lundi pour évoquer le sujet.

jeudi 13 mai 2010

Lesbophobie: l'homophobie plus le sexisme


La lesbophobie, c'est l'homophobie plus le sexisme. A l'approche de la Journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie (Idaho, 17 mai), le rapport 2010 de SOS Homophobie met en lumière cette double peine dans les agressions verbales ou physiques recensées en 2009, qui représentent 13% des 1.260 témoignages reçus par l'association l'an dernier.

Le premier contexte de lesbophobie est celui de la famille et de l'entourage, devant les lieux publics et le travail, mais Internet est devenu l'un des bastions de la haine des gouines et autres pédés. La manifestation la plus fréquente de la lesbophobie est l'insulte (35%), mais il y a aussi les menaces, le harcèlement, le chantage, le rejet ou l'ignorance, et la violence, dans 8% des cas, selon SOS Homophobie.

Certains cas de lesbophobie ont été médiatisés récemment, comme celui de l'agression d'un couple de lesbiennes à Albi, ou du harcèlement et de l'agression de Cynthia et Priscilla en région parisienne, dont l'un des agresseurs a été condamné, mais des faits moins spectaculaires ont également des conséquences douloureuses pour la victime, et peuvent conduire à la dépression, voire au suicide.

Il y a Magali, 24 ans, violée à l'âge de 18 ans par trois "amis" du lycée qui savaient qu'elle était lesbienne et voulaient lui apprendre "ce que c’est, un homme". Depuis, elle poursuit très péniblement ses études alors qu’elle était une excellente élève au lycée. Elle a tenté de se suicider il y a un an. Elle n’arrive plus à avoir de relation amoureuse.

Martine, 49 ans, en couple depuis 21 ans, était insultée et parfois frappée par son père qui n'acceptait pas qu'elle soit lesbienne, jusqu'à ce qu'il l'agresse si violemment il y a six ans qu'elle possède depuis le statut d'adulte handicapée et n'ose plus sortir de chez elle, songeant à "sauter par la fenêtre".

Pour Sophie, âgée d'une vingtaine d'années, "être homo prend parfois des allures de calvaire". Un voisin menace de lui "casser les reins" et de lui "exploser la gueule", la poursuit dans les
escaliers, la traite de "salope, connasse, dégénérée" et a voulu défoncer la porte de chez elle à coups de pied. Mais la police répond qu'elle ne peut rien faire tant que son agresseur ne l’a pas brutalisée physiquement ou n'a pas émis de menaces de mort "concrètes".

Un autre témoignage rapporté par SOS Homophobie est celui de Marie, mise au placard quand son homosexualité a été connue, et forcée d'accepter son licenciement après un arrêt maladie, par un patron qui ne supportait pas qu'elle ait eu une relation avec une collègue. Nombre de cas de lesbophobie restent impunis faute de preuves concrètes mais aussi de sensibilisation suffisante de la société au phénomène.

samedi 8 mai 2010

L'homosexualité dans les jeux vidéo


Après le cinéma et les séries télé, les jeux vidéo se sont-ils mis aux personnages homos? Très timidement, nous révèle le site "excessif". Il consacre un dossier spécial très fouillé au sujet, avec de multiples extraits de jeux à la clé (photo: Mass Effect 2).

Il en ressort que les scènes homos restent rares, et qu'elles concernent essentiellement des lesbiennes, mais surtout en tant que "fantasmes typiquement masculins".

L'homosexualité masculine reste largement taboue, et évoquée généralement de façon allusive. Mais, ça et là, on peut tout de même trouver quelques pépites...

jeudi 6 mai 2010

Le festival de Cannes se met au queer


Pour la première fois, un prix "gay" sera remis au festival de Cannes. Parrainée par Olivier Ducastel et Jacques Martineau, réalisateurs de Jeanne et le garçon formidable, la "Queer Palm" sera remise le 22 mai au film qui aura le plus contribué "aux questions lesbiennes, gays, bi ou trans".

Il pourra être choisi parmi ceux présentés dans la sélection officielle, mais aussi pour "un certain regard", "la semaine de la critique", et "la quinzaine des réalisateurs".

Le festival de Cannes, qui s'ouvre le 12 mai, n'est pas le premier à décerner un prix "gay". Chaquée année depuis 1987, le festival de Berlin, pionnier en la matière, remet les "Teddy Awards" en marge du palmarès officiel. Depuis 2007, le "Queer Lion" est aussi décerné au festival de Venise.

mercredi 28 avril 2010

Cameron saque un candidat conservateur homophobe

Photo Andrew Parsons

David Cameron veut que les homos britanniques puissent voter conservateur. Alerté par le site militant PinkNews sur les propos homophobes d'un candidat écossais, le favori des sondages au poste de Premier ministre lui a immédiatement retiré l'investiture du parti.

"Le Parti conservateur a fait du chemin. Est-il allé suffisamment loin? Peut-être pas, mais il est allé beaucoup plus loin que bien d'autres partis dans le monde", a déclaré Cameron, décidé à rajeunir l'image des Tories. "Je pense que les gens de la communauté gay savent qu'il est plus facile que jamais (...) pour les gays de voter conservateur".

Le candidat privé d'élection et suspendu du parti, lui, ne décolère pas, criant à la censure "politiquement correcte". "En me suspendant, David Cameron semble dire qu'il n'y a pas de place dans le parti pour ceux qui ont des convictions chrétiennes", a lancé Philip Lardner sur la chaîne écossaise STV. Il reste candidat, en tant qu'indépendant.

PinkNews avait attiré l'attention sur le site Web de Lardner, où le candidat se déclarait favorable au retour de la "section 28", une loi de l'ère Thatcher interdisant de "promouvoir" l'homosexualité dans les établissements scolaires. Pour lui, "les chrétiens (et la majeure partie de la population) situent l'homosexualité entre 'pas de chance' et tout simplement 'mal' et ils ne devraient pas être sanctionnés parce qu'ils disent poliment non -les bonnes manières comptent aussi, bien sûr"...

David Cameron a réagi promptement, alors qu'il avait laissé passer les propos douteux de deux autres responsables conservateurs, rappelle PinkNews. L'un avait estimé que les hôtels devraient avoir le droit de refuser les couples homos, et l'autre avait regretté l'alignement depuis 2000 de l'âge du consentement sexuel pour les jeunes gays sur celui des hétéros, à 16 ans.

Les partis traditionnels ont une piètre image auprès des gays et lesbiennes, puisque selon un sondage de PinkNews, 58% des homos comptent voter Libéral démocrate (centre-gauche), contre 21% travailliste et 9% conservateur.

Le chef des Conservateurs britanniques a donc encore pas mal de pain sur la planche pour débarrasser le parti de son image homophobe, mais certains, de l'autre côté de la Manche, pourraient s'en inspirer: à quand une sanction contre les Vanneste et autres valeurs sûres de l'UMP de Sarkozy?