menu haut

Affichage des articles dont le libellé est don't ask don't tell. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est don't ask don't tell. Afficher tous les articles

dimanche 19 décembre 2010

La fin du tabou gay dans l'armée américaine


Actualisé avec la promulgation de l'abrogation le 22/12/2010

Les gays et lesbiennes vont pouvoir assumer ouvertement leur homosexualité dans l'armée américaine.

Barack Obama a promulgué mercredi 22 décembre 2010 la loi mettant fin à 17 ans de "Don't ask, don't tell" (ne rien demander, ne rien dire), comme il s'y était engagé pendant la campagne électorale.

"C'est tout simplement, moralement et militairement, ce qu'il faut faire", a déclaré le président américain, "je dis à tous les Américains, homosexuels ou hétérosexuels, qui veulent tout simplement défendre ce pays sous l'uniforme: votre pays a besoin de vous, votre pays veut de vous".

Après la Chambre des représentants, le Sénat des Etats-Unis avait voté samedi 18 décembre, par 65 voix contre 31, la fin du DADT qui a valu à de nombreux militaires d'être exclus de l'armée américaine pour homosexualité.

Dans un communiqué, le président américain Barack Obama, qui a passé des coups de téléphone jusqu'au dernier moment pour convaincre les derniers hésitants, a salué un "vote historique". "En mettant fin au "Don’t Ask, Don’t Tell", notre nation ne se privera plus de milliers de patriotes contraints de quitter l'armée malgré des années de service exemplaire, simplement parce qu'ils sont homosexuels. Et plusieurs milliers d'autres n'auront plus à vivre dans le mensonge pour servir le pays qu'ils aiment".


Instaurée en 1993 par l’administration Clinton, DADT était un compromis destiné à éviter l’interdiction absolue faite aux gays et aux lesbiennes de s’engager dans l’armée. Mais elle a abouti au renvoi de plus de 14.000 membres de l'armée américaine en 17 ans, selon l'association de défense des militaires SLDN. C'est d'ailleurs ce qui arrive au personnage de Tasha (Rose Rollins) dans la série "The L Word".

jeudi 21 octobre 2010

Retour au placard pour les militaires americains


Leurs organisations les avaient prévenus: les militaires américains gays ou lesbiennes retournent au placard, après avoir eu brièvement le droit d'évoquer ouvertement leur homosexualité dans l'armée.

Le gouvernement américain a obtenu la suspension provisoire de l'injonction du 12 octobre qui bloquait immédiatement l'application de la loi "don't ask, don't tell" (ne le demandez pas, ne le dites pas, DADT) de 1993 imposant le silence sur l'orientation sexuelle dans l'armée.

La loi DADT a abouti au renvoi de plus de 14.000 membres de l'armée américaine en 17 ans, selon l'association de défense des militaires SLDN. C'est d'ailleurs ce qui arrive au personnage de Tasha (Rose Rollins) dans la série "The L Word".

Un sondage CBS News réalisé début octobre montre que 56% des Américains (marge d'erreur: plus ou moins 4 points de pourcentage) souhaitent que les gays et lesbiennes puissent servir ouvertement dans l'armée. Quant au gouvernement, il est paradoxalement favorable à l'abrogation de la loi DADT, que le président Barack Obama a promise, mais par la voie parlementaire.

Il y a de quoi s'y perdre, entre suspensions et suspensions de suspension de la DADT, y compris pour le Pentagone, qui venait d'ordonner aux recruteurs de l'armée d'accepter les candidats se déclarant homosexuels.

L'association conservatrice Log Cabin Republicans à l'origine de la plainte contre la loi DADT et de la victoire du 12 octobre, a jusqu'au 25 octobre pour transmettre à la cour d'appel de San Francisco ses arguments contre la suspension de l'injonction. Les magistrats diront alors s'ils rétablissent la loi DADT jusqu'à leur décision concernant l'appel du gouvernement contre la décision de la juge Philips déclarant la DADT inconstitutionnelle.

mercredi 13 octobre 2010

Les homos remportent une bataille dans l'armée américaine


Actualisé le 20/10/2010 après l'appel du ministère de la Justice

Les gays et lesbiennes vont-ils enfin pouvoir servir dans l'armée américaine sans se cacher?

C'est ce qu'a ordonné une juge fédérale, en interdisant l'application de la loi "Don't Ask, Don't Tell" (DADT, "ne le demandez pas, ne le dites pas") qui a abouti au renvoi de plus de 14.000 homosexuels depuis 1993, selon l'association de défense des militaires SLDN.

Le président Barack Obama avait promis d'abroger cette loi et a réaffirmé qu'il le ferait, mais le gouvernement américain n'apprécie pas que ce soit la justice, et non le Congrès (Parlement), qui prenne l'initiative. La Chambre des représentants a voté l'abrogation de la DADT mais les républicains l'ont bloquée au Sénat, et rien ne dit que le texte aura plus de chances de passer après les élections de novembre.

L'association SLDN n'a pas été surprise que le ministère de la Justice fasse appel de la décision judiciaire, fondée sur le caractère non constitutionnel de la loi, et elle appelle à la plus grande prudence, soulignant que la neutralisation de la DADT n'est pas encore effective.

Les rebondissements se succèdent: le Pentagone, obéissant à l'injonction de la juge, a ordonné aux recruteurs d'accepter les recrues se déclarant gay ou lesbiennes, mais le gouvernement demande la suspension de l'application de l'injonction pendant la procédure d'appel. Débouté une première fois par la juge, il a fait appel de ce rejet le 20 octobre (oui, c'est compliqué...).

"La loi DADT est encore en vigueur. Les militaires lesbiennes, gays et bisexuels sont toujours renvoyés en vertu du 'Don't Ask, Don't Tell" et ils continueront de l'être jusqu'au terme du processus. Ne faites PAS votre coming-out", conseille la SLDN.

samedi 29 mai 2010

USA: vers l'abrogation du "don't ask don't tell"


La chambre des Représentants américaine a adopté vendredi un amendement qui prévoit l'abrogation du "don't ask, don't tell"(ne rien demander, ne rien dire), qui oblige actuellement les homosexuels servant dans l'armée à cacher leur orientation sexuelle sous peine d'être exclus.

Pour que cette abrogation devienne effective, il faudra toutefois attendre les résultats d'une vaste évaluation menée par le Pentagone et le feu vert des principaux commandants de l'armée.

Le débat s'annonce aussi houleux au Sénat: si une commission a approuvé jeudi l'abrogation de la loi, les opposants sont encore nombreux. L'association servicemembers legal defense network (sdln), qui se bat pour l'abrogation du "Don’t Ask, Don’t Tell", a salué un "vote historique".

mercredi 3 février 2010

L'espoir relancé pour les homos dans l'armée US

Les choses semblent enfin bouger dans le bon sens pour les gays et lesbiennes de l'armée américaine. Le nombre de renvois pour homosexualité a diminué de 30% en 2009, et le Pentagone étudie un plan d'abrogation de la loi "Don't Ask, Don't tell", à la demande du président Obama.

Environ 13.000 militaires américains ont été licenciés depuis l'adoption en 1993 de cette loi, selon l'association Servicemembers Legal Defense Network (SDLN). Visant initialement à protéger les gays et lesbiennes qui servent dans l'armée, la "DADT" interdit de révéler son homosexualité ou de poser des questions sur l'orientation sexuelle d'un militaire. Mais la loi du silence a finalement surtout fait le bonheur des homophobes.

L'armée américaine a encore renvoyé 428 militaires homosexuels -259 gays et 169 lesbiennes en 2009, même si l'on note que, pour la première année au pouvoir d'Obama, le nombre a baissé d'environ 30% par rapport à 2008, où l'on en était à 619 renvois (410 hommes et 209 femmes). La discrimination est encore aggravée pour les femmes, moins nombreuses dans l'armée mais proportionnellement davantage renvoyées pour homosexualité (cf LToutes: "L'armée US vire plus de lesbiennes que de gays", 09/10/2009): comme souvent, homophobie et misogynie font bon ménage.

Ce n'est pas la première fois que Barack Obama promet l'abandon de la loi DADT mais cette fois la machine semble lancée. "Cette année, je travaillerai avec le Congrès et notre armée pour abroger enfin la loi qui prive les homosexuels américains du droit de servir le pays qu'ils aiment parce qu'ils sont qui ils sont", a lancé le président dans son premier discours sur l'état de l'Union le 27 janvier.

Le chef des armées américaines s'est à son tour prononcé, "à titre personnel", pour la levée du tabou homosexuel dans l'armée. C'est "ce qu'il faut faire" pour mettre fin à une politique qui force des gens "à mentir sur qui ils sont pour pouvoir défendre leurs compatriotes", a estimé l'amiral Mike Mullen devant le Sénat.

Quant au ministre de la Défense Robert Gates, il a annoncé le lancement d'une étude d'un an sur les moyens de permettre aux gays et lesbiennes de servir dans l'armée sans cacher leur orientation sexuelle. Les associations LGBT applaudissent et attendent de voir: le processus d'abrogation du Don't Ask, Don't Tell, s'il aboutit, prendra du temps et devra surmonter de très fortes résistances, militaires et politiques.

jeudi 8 octobre 2009

L'armée US vire plus de lesbiennes que de gays

Photo Showtime

(Actualisé le 11/10/2009 avec nouvelle promesse d'Obama de supprimer la loi DADT)
L'armée américaine renvoie largement plus de lesbiennes que de gays lorsqu'elle applique la loi du "Don't Ask, Don't Tell" (DADT) interdisant aux militaires ouvertement homosexuels de servir. Pourtant les femmes restent beaucoup moins nombreuses que les hommes dans les effectifs.

Le président Obama a réaffirmé le 10 octobre 2009 sa volonté de supprimer la loi DADT. "Je mettrai fin au Don’t Ask, Don’t Tell", a-t-il assuré, invité de l'organisation Human Rights Campign (HRC).

D'après les statistiques 2008 du Pentagone (Défense) obtenues par des chercheurs de l'Université de Californie à Santa Barbara, le phénomène de rejet des militaires lesbiennes est particulièrement net dans l'Air Force: les femmes y représentent 20% des effectifs mais 61% des militaires renvoyés du fait de leur homosexualité.

Dans l'armée de terre, 14% du personnel est féminin mais 36% des victimes du DADT sont des lesbiennes, dans la Navy c'est 14% de femmes et 18% de lesbiennes virées, et chez les Marines, 6% de femmes et 18% de lesbiennes renvoyées, d'après le Palm Center.

Plus de 13.500 lesbiennes et gays ont été chassés de l'armée depuis 1994, selon Servicemembers Legal Defense Network (SDLN), une organisation de défense des membres de l'armée qui milite pour l'abrogation de la loi DADT. En 2007 également, les femmes étaient plus durement frappées que les hommes. De là à penser que la loi DADT ("Ne demandez pas, ne parlez pas") arrange bien certains mysogynes dans l'armée....

- Lire aussi sur LToutes: "Ce que les homos attendent d'Obama" (18/01/2009)

jeudi 30 avril 2009

Une majorité d'Américains hostile au mariage gay

Une majorité d'Américains -55%- est hostile à l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe dans leur Etat, selon un sondage réalisé par l'université Quinnipiac et publié jeudi 30 avril.

En revanche, 57% souhaitent que les gays et les lesbiennes puissent contracter des unions civiles leur donnant les mêmes droits que le mariage. Ils sont 53% à être favorables au droit à l'adoption pour les couples homos.

Carrie Prejean, alias Miss Californie, est, elle, résolument opposée au mariage gay. Et elle l'a dit au blogueur Perez Hilton lorsqu'il l'a interrogée au moment de l'élection de Miss USA le 19 avril. Elle assure aujourd'hui que cela lui a coûté la couronne. Miss California a annoncé sur NBC qu'elle se rendait à Washington pour faire campagne aux côtés de l'Organisation nationale pour le mariage, afin de "protéger le mariage traditionnel".

Selon le sondage de l'université Quinnipiac, une majorité d'Américains -56%- sont favorables à la fin du "don't ask don't tell" qui interdit aux homosexuels de vivre ouvertement leur orientation dans l'armée. Ils sont 4% de sondés à se dire gays ou bisexuels, et 63% à avoir des proches homos. L'étude a été réalisée du 21 au 27 avril auprès de 2.041 électeurs.

mardi 10 février 2009

Une lesbienne virée de l'armée au Kansas

(Photo CJOnline)

Amy Brian a risqué sa vie en Irak et servi dans l'armée pendant neuf ans mais aujourd'hui cette lesbienne est devenue la première personne renvoyée de la Garde nationale du Kansas en raison de son homosexualité.

"Je n'ai jamais vraiment essayé de cacher mon homosexualité aux gens avec qui je travaillais, et ils n'ont pas eu l'air de s'en soucier", affirme Amy Brian au "Capital Journal".

Sa hiérarchie a appliqué la règle du "Don't Ask, Don't Tell" (DADT, "Ne le demandez pas, ne le dites pas") interdisant aux lesbiennes et gays déclarés ou dénoncés de servir dans l'armée. Comme Amy Brian, près de 12.500 hommes et femmes ont été exclus de l'armée depuis la mise en place en 1993 de cette doctrine que le nouveau président américain Barack Obama dit vouloir supprimer.

Amy Brian a été dénoncée par une collègue qui l'a vue embrasser une femme dans un supermarché, selon le CJ. En août 2008, la jeune femme a appris qu'elle faisait l'objet d'une enquête pour conduite homosexuelle. En novembre, son dossier était bouclé. "Je n'ai pas été exclue à cause d'une mauvaise conduite quelconque mais purement et simplement parce que quelqu'un d'autre avait un problème avec ma sexualité", a-t-elle déclaré au journal.

Cette fille de militaire mariée, divorcée et mère d'un enfant, s'était engagée dans la Garde nationale du Kansas en 1991, à l'âge de 17 ans, jusqu'en 1994, et avait rempilé en 2003, selon le site 365 Gay. Quand elle a été envoyée en Irak en 2004, elle a révélé à sa famille qu'elle était lesbienne. "Tout le monde savait que j'étais homo quand j'y suis allée et cela ne posait de problème à personne", affirme-t-elle.

Rentrée au Kansas en octobre 2005, Amy Brian a été exclue à compter du 13 janvier 2009. "Un jour, cette politique changera", espère-t-elle dans le CJ. Au fait, pour celles qui aiment l'uniforme, la Garde nationale du Kansas recrute.

Selon le Réseau de défense juridique des militaires (Servicemembers Legal Defense Network, SLDN), les lesbiennes sont davantage exclues de l'armée que les gays: les femmes représenteraient 33% des homosexuels démobilisés en vertu du "Don't Ask, Don't Tell", alors qu'elles constituent 15% des forces militaires.

L'affaire est d'autant plus frappante que Barack Obama s'est prononcé pendant la campagne électorale pour la suppression du "Don't Ak, Don't Tell", estimant que seuls devraient compter "le patriotisme, le sens du devoir et la volonté de servir" pour juger de l'aptitude d'un soldat. Mais le nouveau chef de la Maison Blanche risque de se heurter à une certaine résistance.


D'après une enquête réalisée en 2008 par le groupe de presse "Military Times", 58% des militaires d'active sont opposés à l'ouverture de l'armée américaine aux homosexuels, et seulement 29% y sont favorables. Le précédent président démocrate, Bill Clinton, avait bien tenté en 1993 de pousser l'armée américaine à accepter les homosexuels dans ses rangs, ce qui avait abouti au... "Don't Ask, Don't Tell".

- Lire aussi sur LToutes: "Ce que les homos attendent d'Obama"; "Obama: un ami à la Maison Blanche" (18/01/2009)

dimanche 18 janvier 2009

Obama: un ami à la Maison Blanche

Barack Obama sera-t-il à la hauteur des espérances placées en lui par les lesbiennes et les gays? La communauté homosexuelle américaine veut le croire, même si l'enthousiasme suscité par la victoire du candidat démocrate à l'élection présidentielle du 4 novembre 2008 a été un brin douché par des décisions récentes du président-élu.

- Pour aller plus loin sur LToutes: "Ce que les homos attendent d'Obama"; "Une lesbienne virée de l'armée au Kansas" (10/02/2009)

Le choix du pasteur homophobe Rick Warren pour délivrer la prière de la prestation de serment, lors de la cérémonie d'investiture à Washington mardi a scandalisé la communauté LGBT. Ce prédicateur avait en effet qualifié le mariage gay d'"équivalent moral du mariage entre frères et soeurs", et fait activement campagne en faveur de l'interdiction du mariage homosexuel en Californie ("proposition 8"), finalement adoptée le 4 novembre 2008.

"En invitant Rick Warren à votre investiture, vous avez terni l'idée que les Américains qui sont gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres (LGBT) ont une place à votre table", avait vivement réagi le président de l'organisation américaine de défense des homosexuels, Human Rights Campaign, Joe Solmonese, dans un communiqué. L'adoption de la Proposition 8 "est la plus grosse perte soufferte par notre communauté depuis quarante ans", avait-il rappelé, en ajoutant: "le révérend Warren n'est pas un pasteur modéré" et "il a souvent joué le rôle de général dans la guerre culturelle contre la communauté LGBT".

"Je suis un ardent défenseur de l'égalité des gays et des lesbiennes américains, ce n'est pas un secret", avait rétorqué Barack Obama le 18 décembre, justifiant sa décision par sa volonté de "rassembler" des Américains aux points de vue différents.

Alors que deux homosexuels étaient sur les rangs pour entrer dans la nouvelle administration -John Berry pour le ministère de l'Intérieur et Mary Beth Maxwell pour celui du Travail-, gays et lesbiennes ont là aussi été déçus. Le président-élu a opté pour d'autres personnalités, hétéros celles-là. Nancy Sutley est la seule lesbienne à avoir été nommée à un poste important. Elle présidera le Conseil sur la qualité de l'environnement, chargé de conseiller le président et le vice-président américains sur les questions environnementales nationales et internationales.

Devant la colère des homosexuels, Barack Obama a fait quelques gestes ces derniers jours: deux lesbiennes devaient ainsi faire partie des 16 familles américaines devant l'accompagner dans un train de Philadelphie à Washington. Une fanfare gay et lesbienne, la Lesbian and Gay Band Association (LGBA), jouera également mardi dans le cadre de la parade d'inauguration. Enfin, le premier évêque ouvertement gay de l'église épiscopale, Gene Robinson, donnera le coup d'envoi des cérémonies d'investiture, en officiant dimanche au Lincoln Memorial de Washington.

Au-delà des polémiques de ces dernières semaines, Barack Obama n'en sera pas moins le président le plus "homophile" de l'histoire des Etats-Unis. Pendant sa campagne, il s'est clairement prononcé en faveur des droits des homosexuels, prenant des engagements qu'il a réaffirmés après son élection.

"Bien que nous ayons fait beaucoup de chemin depuis les émeutes de Stonewall en 1969, nous avons encore énormément de travail", expliquait-il le 1er juin 2007. "Trop souvent, la question des droits LGBT est exploitée par ceux qui cherchent à nous diviser. Mais il s'agit en réalité de se poser la question de qui nous sommes en tant qu'Américains. Il s'agit de se demander si cette nation sera à la hauteur de la promesse d'égalité faite lorsqu'elle a été fondée, de traiter tous ses citoyens avec dignité et respect", ajoutait-il.

Si le candidat démocrate ne manquait une occasion de rappeler qu'il est issu d'un mariage mixte qui était illégal dans certains Etats américains au moment de sa naissance, il ne faut pas attendre du président la légalisation du mariage gay aux Etats-Unis. Estimant que la question relève des seuls Etats, il est opposé à une loi fédérale sur le sujet, et préfère plaider pour des "unions civiles" ouvrant aux homosexuels les mêmes droits que le mariage.

Le président-élu s'est aussi engagé à lutter contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle, à punir plus durement les crimes homophobes et à abolir le "don't ask, don't tell" en vigueur dans l'armée américaine. Il est également favorable au droit à l'adoption pour les lesbiennes et les gays. Loin, très loin, donc, d'un George W. Bush.

Ce que les homos attendent d'Obama

Mariage, adoption, discrimination, justice, armée, sida... LToutes fait le point des questions sur lesquelles lesbiennes et gays peuvent espérer de Barack Obama des avancées. Ou pas.

- Lire aussi sur LToutes: "Obama: un ami à la Maison Blanche"; "Une lesbienne virée de l'armée au Kansas" (10/02/2009)

  • ARMEE:
    Pendant la campagne, Barack Obama s'est prononcé pour la suppression du principe hypocrite du "Don't ask, don't tell" ("ne demandez pas, ne dites pas") en vigueur dans l'armée: les homosexuels peuvent s'engager dans l'armée... tant qu'ils ne révèlent pas qu'ils sont lesbiennes ou gays.
    S'ils font leur "coming-out" -ou sont dénoncés-, ils sont exclus, comme cela a été le cas pour 12.500 d'entre eux depuis la mise en place de cette doctrine en 1993.
    Pour Barack Obama, seuls devraient compter "le patriotisme, le sens du devoir et la volonté de servir" pour juger de l'aptitude d'un soldat. Il souligne au passage sur son site Internet de transition que 300 interprètes, dont 50 de langue arabe, ont été exclus de l'armée en raison de leur orientation sexuelle.
    Le président-élu a précisé qu'il entendait "travailler avec les militaires" sur ce point, même si son entourage a confirmé récemment que la suppression pure et simple du "don't ask, don't tell" était bien l'objectif.
    Mais le nouveau président américain risque de tomber sur un os. Déjà avant lui, le président démocrate Bill Clinton avait tenté en 1993 de pousser l'armée américaine à accepter les homosexuels dans ses rangs, ce qui avait abouti au... "don't ask, don't tell". D'après une enquête réalisée début décembre par le groupe de presse américain Military Times auprès de quelque 2.000 lecteurs militaires d'active, 58% sont opposés à l'ouverture de l'armée américaine aux homosexuels. Seuls 29% s'y disent favorables.

  • DISCRIMINATION:
    Pendant la campagne, Barack Obama a souhaité que la loi contre la discrimination à l'emploi concerne également les homosexuel(le)s, travesti(e)s et transsexuels. Un projet de loi en ce sens (Employment Non Discrimination Act, ENDA) est actuellement bloqué au Congrès. Barack Obama avait déjà soutenu une proposition de loi au Sénat de l'Illinois pour interdire la discrimination à l'emploi fondée sur l'orientation sexuelle.

  • CRIMES HOMOPHOBES:
    Barack Obama souhaite que la loi fédérale inclue l'orientation sexuelle dans les circonstances aggravantes des crimes. Il soutient donc le "Matthew Shepard Hate Crime Act", du nom d'un jeune gay assassiné en 1998, qui modifie la loi fédérale sur les crimes de haine pour y inclure les crimes commis à raison de l'orientation sexuelle de la victime. Ce texte est pour l'heure bloqué au Congrès en raison du veto de George W. Bush. En 2004, les crimes homophobes représentaient 15% des crimes de haine commis aux Etats-Unis.

  • UNIONS CIVILES:
    Barack Obama est favorable à des "unions civiles" pour les gays et lesbiennes, qui leur donneraient exactement les mêmes droits et obligations que le mariage hétéro. Il souhaite également abolir le Defense Of Marriage Act (DOMA) adopté en 1996, qui impose aux autorités fédérales de retenir comme définition du mariage l'union entre un homme et une femme.
    Le DOMA empêche ainsi des couples homosexuels légalement mariés dans un Etat de bénéficier des prestations attribuées par l'Etat aux couples hétéros mariés. Cela permet aussi à un Etat de ne pas reconnaître les mariages homosexuels célébrés ailleurs dans le pays, comme dans le Massachusetts ou le Connecticut.

  • MARIAGE:
    Pendant la campagne, Barack Obama s'est prononcé contre le mariage homosexuel, mais il avait aussi voté en 2006 contre un amendement constitutionnel interdisant le mariage entre deux personnes du même sexe au niveau fédéral. Il estime que la décision sur le mariage gay appartient à chaque Etat.
    "Je respecte le fait que les couples homosexuels considèrent que, même s'ils ont les mêmes droits" avec une union civile, "ce ne sera quand même pas l'égalité, puisqu'il y aura une stigmatisation liée au fait de ne pas avoir droit au terme de 'mariage'", concédait Barack Obama dans une interview accordée en avril 2007 au magazine américain "Advocate" et diffusée sur leur site en décembre. "Je comprends cela, mais mes objectifs sont aussi contraints par un contexte politique et historique", a-t-il expliqué.

  • ADOPTION:
    Barack Obama est favorable au droit à l'adoption pour les couples gays et lesbiens. "Nous devons en finir avec la discrimination à l'encontre des familles LGBT", avait-il dit pendant la campagne. Pour autant, il n'a encore pas présenté de proposition concrète.

  • HIV-SIDA:
    Durant la première année de son mandat, Barack Obama entend mettre en place un plan fédéral contre le Sida. L'objectif est de développer la prévention, d'améliorer l'accès aux soins, d'améliorer l'éducation sur la contraception et de lutter contre les contaminations en prison. Il souhaite en particulier lutter contre la propagation du Sida chez les femmes.