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dimanche 19 décembre 2010

La fin du tabou gay dans l'armée américaine


Actualisé avec la promulgation de l'abrogation le 22/12/2010

Les gays et lesbiennes vont pouvoir assumer ouvertement leur homosexualité dans l'armée américaine.

Barack Obama a promulgué mercredi 22 décembre 2010 la loi mettant fin à 17 ans de "Don't ask, don't tell" (ne rien demander, ne rien dire), comme il s'y était engagé pendant la campagne électorale.

"C'est tout simplement, moralement et militairement, ce qu'il faut faire", a déclaré le président américain, "je dis à tous les Américains, homosexuels ou hétérosexuels, qui veulent tout simplement défendre ce pays sous l'uniforme: votre pays a besoin de vous, votre pays veut de vous".

Après la Chambre des représentants, le Sénat des Etats-Unis avait voté samedi 18 décembre, par 65 voix contre 31, la fin du DADT qui a valu à de nombreux militaires d'être exclus de l'armée américaine pour homosexualité.

Dans un communiqué, le président américain Barack Obama, qui a passé des coups de téléphone jusqu'au dernier moment pour convaincre les derniers hésitants, a salué un "vote historique". "En mettant fin au "Don’t Ask, Don’t Tell", notre nation ne se privera plus de milliers de patriotes contraints de quitter l'armée malgré des années de service exemplaire, simplement parce qu'ils sont homosexuels. Et plusieurs milliers d'autres n'auront plus à vivre dans le mensonge pour servir le pays qu'ils aiment".


Instaurée en 1993 par l’administration Clinton, DADT était un compromis destiné à éviter l’interdiction absolue faite aux gays et aux lesbiennes de s’engager dans l’armée. Mais elle a abouti au renvoi de plus de 14.000 membres de l'armée américaine en 17 ans, selon l'association de défense des militaires SLDN. C'est d'ailleurs ce qui arrive au personnage de Tasha (Rose Rollins) dans la série "The L Word".

jeudi 21 octobre 2010

Retour au placard pour les militaires americains


Leurs organisations les avaient prévenus: les militaires américains gays ou lesbiennes retournent au placard, après avoir eu brièvement le droit d'évoquer ouvertement leur homosexualité dans l'armée.

Le gouvernement américain a obtenu la suspension provisoire de l'injonction du 12 octobre qui bloquait immédiatement l'application de la loi "don't ask, don't tell" (ne le demandez pas, ne le dites pas, DADT) de 1993 imposant le silence sur l'orientation sexuelle dans l'armée.

La loi DADT a abouti au renvoi de plus de 14.000 membres de l'armée américaine en 17 ans, selon l'association de défense des militaires SLDN. C'est d'ailleurs ce qui arrive au personnage de Tasha (Rose Rollins) dans la série "The L Word".

Un sondage CBS News réalisé début octobre montre que 56% des Américains (marge d'erreur: plus ou moins 4 points de pourcentage) souhaitent que les gays et lesbiennes puissent servir ouvertement dans l'armée. Quant au gouvernement, il est paradoxalement favorable à l'abrogation de la loi DADT, que le président Barack Obama a promise, mais par la voie parlementaire.

Il y a de quoi s'y perdre, entre suspensions et suspensions de suspension de la DADT, y compris pour le Pentagone, qui venait d'ordonner aux recruteurs de l'armée d'accepter les candidats se déclarant homosexuels.

L'association conservatrice Log Cabin Republicans à l'origine de la plainte contre la loi DADT et de la victoire du 12 octobre, a jusqu'au 25 octobre pour transmettre à la cour d'appel de San Francisco ses arguments contre la suspension de l'injonction. Les magistrats diront alors s'ils rétablissent la loi DADT jusqu'à leur décision concernant l'appel du gouvernement contre la décision de la juge Philips déclarant la DADT inconstitutionnelle.

mercredi 13 octobre 2010

Les homos remportent une bataille dans l'armée américaine


Actualisé le 20/10/2010 après l'appel du ministère de la Justice

Les gays et lesbiennes vont-ils enfin pouvoir servir dans l'armée américaine sans se cacher?

C'est ce qu'a ordonné une juge fédérale, en interdisant l'application de la loi "Don't Ask, Don't Tell" (DADT, "ne le demandez pas, ne le dites pas") qui a abouti au renvoi de plus de 14.000 homosexuels depuis 1993, selon l'association de défense des militaires SLDN.

Le président Barack Obama avait promis d'abroger cette loi et a réaffirmé qu'il le ferait, mais le gouvernement américain n'apprécie pas que ce soit la justice, et non le Congrès (Parlement), qui prenne l'initiative. La Chambre des représentants a voté l'abrogation de la DADT mais les républicains l'ont bloquée au Sénat, et rien ne dit que le texte aura plus de chances de passer après les élections de novembre.

L'association SLDN n'a pas été surprise que le ministère de la Justice fasse appel de la décision judiciaire, fondée sur le caractère non constitutionnel de la loi, et elle appelle à la plus grande prudence, soulignant que la neutralisation de la DADT n'est pas encore effective.

Les rebondissements se succèdent: le Pentagone, obéissant à l'injonction de la juge, a ordonné aux recruteurs d'accepter les recrues se déclarant gay ou lesbiennes, mais le gouvernement demande la suspension de l'application de l'injonction pendant la procédure d'appel. Débouté une première fois par la juge, il a fait appel de ce rejet le 20 octobre (oui, c'est compliqué...).

"La loi DADT est encore en vigueur. Les militaires lesbiennes, gays et bisexuels sont toujours renvoyés en vertu du 'Don't Ask, Don't Tell" et ils continueront de l'être jusqu'au terme du processus. Ne faites PAS votre coming-out", conseille la SLDN.

mercredi 3 février 2010

L'espoir relancé pour les homos dans l'armée US

Les choses semblent enfin bouger dans le bon sens pour les gays et lesbiennes de l'armée américaine. Le nombre de renvois pour homosexualité a diminué de 30% en 2009, et le Pentagone étudie un plan d'abrogation de la loi "Don't Ask, Don't tell", à la demande du président Obama.

Environ 13.000 militaires américains ont été licenciés depuis l'adoption en 1993 de cette loi, selon l'association Servicemembers Legal Defense Network (SDLN). Visant initialement à protéger les gays et lesbiennes qui servent dans l'armée, la "DADT" interdit de révéler son homosexualité ou de poser des questions sur l'orientation sexuelle d'un militaire. Mais la loi du silence a finalement surtout fait le bonheur des homophobes.

L'armée américaine a encore renvoyé 428 militaires homosexuels -259 gays et 169 lesbiennes en 2009, même si l'on note que, pour la première année au pouvoir d'Obama, le nombre a baissé d'environ 30% par rapport à 2008, où l'on en était à 619 renvois (410 hommes et 209 femmes). La discrimination est encore aggravée pour les femmes, moins nombreuses dans l'armée mais proportionnellement davantage renvoyées pour homosexualité (cf LToutes: "L'armée US vire plus de lesbiennes que de gays", 09/10/2009): comme souvent, homophobie et misogynie font bon ménage.

Ce n'est pas la première fois que Barack Obama promet l'abandon de la loi DADT mais cette fois la machine semble lancée. "Cette année, je travaillerai avec le Congrès et notre armée pour abroger enfin la loi qui prive les homosexuels américains du droit de servir le pays qu'ils aiment parce qu'ils sont qui ils sont", a lancé le président dans son premier discours sur l'état de l'Union le 27 janvier.

Le chef des armées américaines s'est à son tour prononcé, "à titre personnel", pour la levée du tabou homosexuel dans l'armée. C'est "ce qu'il faut faire" pour mettre fin à une politique qui force des gens "à mentir sur qui ils sont pour pouvoir défendre leurs compatriotes", a estimé l'amiral Mike Mullen devant le Sénat.

Quant au ministre de la Défense Robert Gates, il a annoncé le lancement d'une étude d'un an sur les moyens de permettre aux gays et lesbiennes de servir dans l'armée sans cacher leur orientation sexuelle. Les associations LGBT applaudissent et attendent de voir: le processus d'abrogation du Don't Ask, Don't Tell, s'il aboutit, prendra du temps et devra surmonter de très fortes résistances, militaires et politiques.

jeudi 8 octobre 2009

L'armée US vire plus de lesbiennes que de gays

Photo Showtime

(Actualisé le 11/10/2009 avec nouvelle promesse d'Obama de supprimer la loi DADT)
L'armée américaine renvoie largement plus de lesbiennes que de gays lorsqu'elle applique la loi du "Don't Ask, Don't Tell" (DADT) interdisant aux militaires ouvertement homosexuels de servir. Pourtant les femmes restent beaucoup moins nombreuses que les hommes dans les effectifs.

Le président Obama a réaffirmé le 10 octobre 2009 sa volonté de supprimer la loi DADT. "Je mettrai fin au Don’t Ask, Don’t Tell", a-t-il assuré, invité de l'organisation Human Rights Campign (HRC).

D'après les statistiques 2008 du Pentagone (Défense) obtenues par des chercheurs de l'Université de Californie à Santa Barbara, le phénomène de rejet des militaires lesbiennes est particulièrement net dans l'Air Force: les femmes y représentent 20% des effectifs mais 61% des militaires renvoyés du fait de leur homosexualité.

Dans l'armée de terre, 14% du personnel est féminin mais 36% des victimes du DADT sont des lesbiennes, dans la Navy c'est 14% de femmes et 18% de lesbiennes virées, et chez les Marines, 6% de femmes et 18% de lesbiennes renvoyées, d'après le Palm Center.

Plus de 13.500 lesbiennes et gays ont été chassés de l'armée depuis 1994, selon Servicemembers Legal Defense Network (SDLN), une organisation de défense des membres de l'armée qui milite pour l'abrogation de la loi DADT. En 2007 également, les femmes étaient plus durement frappées que les hommes. De là à penser que la loi DADT ("Ne demandez pas, ne parlez pas") arrange bien certains mysogynes dans l'armée....

- Lire aussi sur LToutes: "Ce que les homos attendent d'Obama" (18/01/2009)