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lundi 24 mars 2014

UE: la moitié des LGBT victimes d'homophobie


L'homophobie sévit toujours dans l'Union européenne, surtout à l'école. La moitié des LGBT disent avoir souffert de discrimination ou de harcèlement et un quart avoir été agressées au cours des 5 dernières années. En général, la victime ne porte pas plainte, persuadée que cela ne changera rien.

mercredi 21 mars 2012

Une juge lesbienne fait condamner le Chili



Le Chili est condamné pour avoir refusé la garde de ses trois filles à une juge lesbienne. La Cour interaméricaine des droits de l'Homme a estimé que le lien de cause à effet était clairement établi entre l'orientation sexuelle de Karen Atala et la décision de confier les enfants à son ex-mari.

La décision remonte au 24 février mais vient d'être rendue publique sur le site Web de la Cour. La juge Atala avait saisi la juridiction régionale fin 2004 après avoir perdu sa bataille devant la Cour suprême chilienne. Cette dernière avait invoqué un "risque" pour les enfants s'ils étaient restés avec leur mère et sa compagne.

La Cour interaméricaine des droits de l'Homme a déclaré qu'il y avait manifestement discrimination en raison de l'orientation sexuelle et ingérence dans la vie privée et familiale de la juge Atala, en violation de la Convention américaine. Le Chili est condamné à verser 20.000 dollars à la juge Atala et 10.000 à chacune de ses trois filles pour le préjudice subi, plus 12.000 dollars pour les frais de justice.

mardi 11 octobre 2011

Travail: lesbienne out mais pas trop



Je viens de postuler pour un emploi. J'ai mentionné mon expérience professionnelle, mon poste actuel, mes compétences... mais pas mon travail sur LToutes. Parce que j'ai craint d'être étiquetée "LESBIENNE" et que ma candidature aille directement à la poubelle. Lâcheté ou lucidité?

Si je tenais un blog de recettes de cuisine ou sur les jeux vidéo, je l'aurais signalé pour illustrer ma maîtrise rédactionnelle et technique du Web, ç'aurait été une évidence. Mais cela n'aurait révélé qu'un aspect de ma personnalité, pas quelque chose d'aussi intime et central dans la vie que l'orientation sexuelle.





Jusqu'ici, j'ai toujours été recrutée par des hommes, blancs, âgés d'au moins 50 ans. Statistiquement, une femme part déjà avec un handicap, alors une lesbienne? On m'a déjà demandé si j'avais des enfants ou l'intention d'en avoir: pose-t-on systématiquement ces questions à un homme?

Je n'ai jamais caché mon homosexualité à mes collègues, ce qui m'a parfois valu des remarques lourdingues sur mon intérêt pour les sujets LGBT ou la condition de la femme, mais ces remarques étaient souvent plus sexistes qu'homophobes...

Pourtant j'éprouve toujours une certaine apréhension à m'"avouer" lesbienne à un inconnu. J'ai intégré les combines du langage sans sexe pour éviter de dire que je vis avec une femme, je n'embrasse pas ma compagne sur la bouche dans mon quartier pas franchement du Marais, et j'attends l'entretien d'embauche pour voir si je peux mentionner LToutes au recruteur, au risque de faire l'impasse sur des compétences qui pourraient me donner l'avantage sur d'autres candidat(e)s.





Aux Etats-Unis, un chercheur d'Harvard a montré qu'un candidat mentionnant dans son CV avoir été trésorier d'une association étudiante LGBT avait 40% de chances en moins d'obtenir un entretien d'embauche qu'un autre qui se contentait d'évoquer une expérience dans une organisation "progressiste".

Et selon l'association "L'Autre cercle", 67% des LGBT ne souhaitent pas être visibles au travail de crainte de conséquences négatives (voir LToutes, 11/02/2011). Ils étaient 74% en 2006, il y a du progrès. Mais près d'un cinquième des LGBT considèrent encore aujourd'hui que le climat de leur entreprise leur est hostile: j'ai honte, mais mon CV-vérité attendra.

jeudi 29 septembre 2011

Leisha Hailey débarquée pour un baiser lesbien



Vidées pour "un modeste baiser"... lesbien. Leisha Hailey, l'inénarrable Alice de "L Word", a été débarquée d'un avion après avoir embrassé sa compagne Camila Grey, avec laquelle elle forme à la scène le duo électro-pop Uh Huh Her. "Boycottez Southwest Airlines si vous êtes homo. Ils ne nous aiment pas", lance Hailey sur Twitter.

"C'était un modeste baiser, un seul (...) Nous sommes des femmes adultes et responsables qui traversent le monde avec dignité. Nous étions simplement affectueuses, comme n'importe quel couple normal (...) Nous ne nous sommes pas données en spectacle", affirment Hailey et Grey dans un communiqué commun, démentant tout geste "excessif, déplacé ou vulgaire".

Selon Southwest Airlines (SWA), des passagers se seraient plaints d'un "comportement excessif" du couple, le ton serait monté avec le personnel et les deux femmes auraient été débarquées du vol El Paso (Texas)-Los Angeles.

Hailey et Grey reconnaissent qu'un vif échange verbal a éclaté quand l'hôtesse leur a demandé d'"être conscientes que Southwest Airlines était une compagnie pour les familles", sans plus de précision.

"Je me demande ce que Southwest Airlines considère comme une 'famille'", écrit l'ex-Alice sur Twitter. "L'homophobie, même chuchotée calmement, n'en est pas moins assourdissante. On ne chuchote pas la haine", réagit le couple lesbien.

"Nous voulons vivre dans une société où, quand votre amoureuse se penche pour vous donner un baiser innocent dans un avion ce n'est pas considéré comme 'excessif ou pas destiné aux familles' par une compagnie et ses employés", s'insurgent les Uh Huh Her, accusant SWA de déformer les faits.

Leisha Hailey précise qu'elle compte porter plainte et affirme sur Twitter qu'elle a "enregistré une bonne partie (de l'incident) en audio et vidéo". Pour un peu, on se croirait dans un spin-off de "L Word", dont Alice était le seul personnage incarné par une actrice ouvertement lesbienne.

dimanche 19 décembre 2010

La fin du tabou gay dans l'armée américaine


Actualisé avec la promulgation de l'abrogation le 22/12/2010

Les gays et lesbiennes vont pouvoir assumer ouvertement leur homosexualité dans l'armée américaine.

Barack Obama a promulgué mercredi 22 décembre 2010 la loi mettant fin à 17 ans de "Don't ask, don't tell" (ne rien demander, ne rien dire), comme il s'y était engagé pendant la campagne électorale.

"C'est tout simplement, moralement et militairement, ce qu'il faut faire", a déclaré le président américain, "je dis à tous les Américains, homosexuels ou hétérosexuels, qui veulent tout simplement défendre ce pays sous l'uniforme: votre pays a besoin de vous, votre pays veut de vous".

Après la Chambre des représentants, le Sénat des Etats-Unis avait voté samedi 18 décembre, par 65 voix contre 31, la fin du DADT qui a valu à de nombreux militaires d'être exclus de l'armée américaine pour homosexualité.

Dans un communiqué, le président américain Barack Obama, qui a passé des coups de téléphone jusqu'au dernier moment pour convaincre les derniers hésitants, a salué un "vote historique". "En mettant fin au "Don’t Ask, Don’t Tell", notre nation ne se privera plus de milliers de patriotes contraints de quitter l'armée malgré des années de service exemplaire, simplement parce qu'ils sont homosexuels. Et plusieurs milliers d'autres n'auront plus à vivre dans le mensonge pour servir le pays qu'ils aiment".


Instaurée en 1993 par l’administration Clinton, DADT était un compromis destiné à éviter l’interdiction absolue faite aux gays et aux lesbiennes de s’engager dans l’armée. Mais elle a abouti au renvoi de plus de 14.000 membres de l'armée américaine en 17 ans, selon l'association de défense des militaires SLDN. C'est d'ailleurs ce qui arrive au personnage de Tasha (Rose Rollins) dans la série "The L Word".

vendredi 17 décembre 2010

Dur d'être homo au boulot



L'homosexualité nuit à l'embauche et à la progression dans l'entreprise. C'est ce qui ressort d'un sondage CSA pour la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) sur la perception des discriminations au travail dans le public et le privé.

Environ 5% des personnes interrogées disent avoir été victimes ou témoins de discriminations liées à l'homosexualité.

D'après cette enquête, 10% des salariés du public et 16% de ceux du privé estiment qu'être lesbienne ou gay constitue un facteur de discrimination à l'embauche dans leur entreprise -toutefois loin derrière le fait d'être séropositif ou atteint du SIDA (30% dans le public et 26% dans le privé).

Ce "handicap" persiste une fois dans la place car la progression professionnelle en est freinée, surtout dans le privé (14% le pensent, contre 8% dans le public), bien que seuls 1% des salariés du privé estiment que leur homosexualité leur vaut d'être moins bien payés que des collègues aux compétences et statut équivalents.

- Lire aussi sur LToutes: "Une lesbienne sur trois victime d'agression au travail" (14/05/2009)

Rappelons que l'orientation sexuelle est l'un des 18 critères de discrimination punis par la loi (article 225-1 du Code pénal). Début 2010, par exemple, dans le nord de la France, un employeur a été condamné à verser 14.400 euros d'indemnités à un salarié victime de harcèlement moral puis licencié parce qu'il était homosexuel.

Le sondage a été réalisé par téléphone les 24 et 25 novembre et les 1er et 2 décembre 2010 auprès d'un échantillon de 1.080 personnes comprenant un échantillon national représentatif de 578 salariés du privé et un échantillon national représentatif de 502 agents de la fonction publique, tous deux constitués selon la méthode des quotas.

samedi 21 août 2010

Les lesbiennes gagnent plus que les femmes hétéros


Dans le secteur privé, les lesbiennes gagneraient en moyenne 2,16% de plus que les femmes hétéros, selon une étude dévoilée samedi dans Libération. En revanche, les gays subissent de plein fouet les discriminations: leurs salaires sont en moyenne 6,5% moins élevés que leurs collègues hétérosexuels.

"Il existe bien une discrimination salariale marquée à l'encontre des gays", écrivent les auteurs du rapport. Et le chiffre de 6,5% n'est qu'une moyenne: l'échantillon étudié comprenant des homos qui ne sont pas identifiés comme tels par leur employeur, cela signifie que les gays "visibles" sont victimes d'une discrimination encore plus importante.

Les lesbiennes, elles, ne subiraient aucune différence de traitement par rapport aux hétérotes, et bénéficieraient même d'une "prime", qui tient surtout au fait qu'elles "sont en moyenne plus diplômées, occupent des emplois plus qualifiées, sont plus rarement à temps partiel, résident souvent en milieu urbain et élèvent moins fréquemment des enfants".

Rappelons toutefois, et ce n'est pas un détail, que la base de départ n'est pas la même, puisque les femmes gagnent en moyenne 18% de moins que les hommes dans le privé et le semi-public (INSEE)...

Les auteurs, Thierry Laurent et Ferhat Mihoubi, économistes au centre d'Etudes des politiques économiques (Epee) de l'université d'Evry, ont étudié la situation de 904 homos en couple représentatifs, dont 788 salariés. Ils se sont aussi basés sur douze années d'enquête emploi (de 1996 à 2007) de l'Insee.

lundi 1 mars 2010

Ouganda: 460.000 fois non à la persécution des gays

Photo Outrage! London

La pétition internationale contre un projet de loi ougandais prévoyant jusqu'à la peine de mort pour les homosexuels a recueilli plus de 450.000 signatures. Une délégation l'a déposée lundi au Parlement de Kampala, dont le président a promis de la transmettre à qui de droit, selon le quotidien ougandais "Daily Monitor".

Les signataires demandent au Parlement de remplacer ce texte par une loi qui protégerait tous les citoyens contre la discrimination quelle qu'elle soit.

L'homosexualité est déjà passible de la prison à vie en Ouganda, ce qui permet aux autorités locales de persécuter lesbiennes, gays, bi ou transexuels (LGBT). Avec cette nouvelle loi, les "récidivistes" et personnes atteintes du VIH/SIDA pourraient être condamnées à mort. La "promotion de l'homosexualité", c'est-à-dire la création ou le soutien d'organisations LGBT tout comme la distribution de documents sur l'homosexualité, serait aussi passible de 5 à 7 ans de prison et la non-dénonciation de tels crimes de 3 ans de prison.

De nombreux pays, dont les Etats-Unis, qui fournissent une aide financière à l'Ouganda, ont condamné le projet de loi et demandé son retrait. La pétition, qui avait recueilli près de 460.000 signatures lundi soir, reste ouverte sur le site Avaaz. Objectif: un million de signatures.

- Lire aussi sur LToutes: "Ouganda: vers une 'loi anti-gay'" (22/10/2009)

vendredi 30 octobre 2009

Les seropositifs vont pouvoir aller aux USA


Barack Obama a annoncé que les séropositifs pourraient entrer aux Etats-Unis à compter du début 2010, après plus de 20 ans de discrimination. Le président américain va achever le processus entamé en 2008 par George Bush pour lever l'interdiction, qui date de 1987.

A l'époque, les autorités avaient considéré les personnes porteuses du virus VIH du SIDA comme contagieuses et pris cette décision "plus dictée par la peur que par les faits", comme l'a noté Obama.

"Nous sommes à la pointe du combat mondial contre la pandémie de SIDA et pourtant nous sommes dans la dizaine de pays qui empêchent toujours les séropositifs d'entrer dans notre propre pays", a déclaré le président américain. "Si nous voulons être les leaders de la lutte contre le VIH/SIDA dans le monde, nous devons agir comme tels".

Barack Obama a estimé que la levée de l'interdiction allait "encourager les gens à passer le test et à se faire soigner". "C'est un pas qui va sauver des vies", a-t-il lancé.

jeudi 8 octobre 2009

L'armée US vire plus de lesbiennes que de gays

Photo Showtime

(Actualisé le 11/10/2009 avec nouvelle promesse d'Obama de supprimer la loi DADT)
L'armée américaine renvoie largement plus de lesbiennes que de gays lorsqu'elle applique la loi du "Don't Ask, Don't Tell" (DADT) interdisant aux militaires ouvertement homosexuels de servir. Pourtant les femmes restent beaucoup moins nombreuses que les hommes dans les effectifs.

Le président Obama a réaffirmé le 10 octobre 2009 sa volonté de supprimer la loi DADT. "Je mettrai fin au Don’t Ask, Don’t Tell", a-t-il assuré, invité de l'organisation Human Rights Campign (HRC).

D'après les statistiques 2008 du Pentagone (Défense) obtenues par des chercheurs de l'Université de Californie à Santa Barbara, le phénomène de rejet des militaires lesbiennes est particulièrement net dans l'Air Force: les femmes y représentent 20% des effectifs mais 61% des militaires renvoyés du fait de leur homosexualité.

Dans l'armée de terre, 14% du personnel est féminin mais 36% des victimes du DADT sont des lesbiennes, dans la Navy c'est 14% de femmes et 18% de lesbiennes virées, et chez les Marines, 6% de femmes et 18% de lesbiennes renvoyées, d'après le Palm Center.

Plus de 13.500 lesbiennes et gays ont été chassés de l'armée depuis 1994, selon Servicemembers Legal Defense Network (SDLN), une organisation de défense des membres de l'armée qui milite pour l'abrogation de la loi DADT. En 2007 également, les femmes étaient plus durement frappées que les hommes. De là à penser que la loi DADT ("Ne demandez pas, ne parlez pas") arrange bien certains mysogynes dans l'armée....

- Lire aussi sur LToutes: "Ce que les homos attendent d'Obama" (18/01/2009)

jeudi 2 juillet 2009

Inde: l'homosexualité légalisée à Delhi

Photo ICWO

L'homosexualité n'est plus un crime à New Delhi. La décision de justice du 2 juillet 2009 devrait avoir des répercussions positives pour les lesbiennes et gays d'Inde bien au-delà de la capitale, au moment où le gouvernement fédéral envisage d'abroger la section 377 du Code pénal rendant les actes homosexuels passibles de dix ans de prison.

"Nous sommes enfin entrés dans le XXIe siècle", s'est réjouie Anjali Gopalan, citée par le "Times of India", et dont la Fondation Naz India de lutte contre le SIDA et pour les droits des LGBT avait saisi la Haute cour de Delhi.

Première à statuer en ce sens, la Haute cour de Delhi estime que la section 377 criminalisant l'homosexualité entre adultes consentants viole les droits fondamentaux des citoyens garantis par la Constitution indienne. Les juges recommandent que la Constitution fédérale soit amendée en ce sens. La société indienne est très conservatrice et les groupes religieux s'opposent à la dépénalisation.

- Lire aussi sur LToutes: "L'Inde pas pressée de dépénaliser l'homosexualité" (29/06/2009)

lundi 29 juin 2009

L'Inde pas pressée de dépénaliser l'homosexualité

Photo Mayank Austen Soofi
Au lendemain des Gay Prides dans plusieurs grandes villes d'Inde dimanche, pour la deuxième année seulement, le gouvernement de ce pays envisage la dépénalisation de l'homosexualité... sans se presser, a déclaré lundi le ministre fédéral de la Justice Veerappa Moily.

Douchant les espoirs récents des organisations LGBT, il a nié tout préjugé favorable à l'abrogation de la section 377 du Code pénal qui considère les relations homosexuelles comme un crime passible de jusqu'à dix ans de prison. Les homosexuels sont souvent victimes de discrimination et de harcèlement de la part de la police. Beaucoup ont défilé masqués dimanche à New Delhi notamment.

"Le gouvernement ne peut pas prendre de décision hâtive. Nous avons besoin de réfléchir. Nous examinons (la question)", a expliqué le ministre, cité par la télévision publique DDNews. Dimanche, M. Moily avait précisé que New Delhi devait prendre en considération les points de vue de tous les acteurs de la société, y compris les groupes religieux.

La plupart des groupes religieux indiens les plus influents, hindous, musulmans et chrétiens, s'opposent à la révision, et encore plus à l'abrogation de la section 377 de 1860 qui qualifie de relations "contre nature" les rapports sexuels entre personnes du même sexe.

Les opposants voient dans la dépénalisation de l'homosexualité une menace pour la famille et l'ordre social, alors que les mouvements de défense des lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) dénoncent une intolérance héritée des lois anti-sodomie de l'empire colonial britannique et un tabou qui favorise la propagation du SIDA. Les grands partis politiques évitent de se prononcer sur la question et le gouvernement fédéral est divisé.

samedi 13 juin 2009

Pas d'homo dans ma classe!


Les écoles religieuses néerlandaises, même financées par l'Etat, pourraient bientôt avoir le droit d'exclure des professeurs en raison de leur homosexualité. C'est en tout cas ce que recommande dans un avis récent le Conseil d'Etat néerlandais, selon le quotidien NRC Handelsblad.

Les Pays-Bas sont un pays réputé gay-friendly: le mariage y est légal depuis 2001 pour les lesbiennes et les gays, et les couples homosexuels peuvent y adopter des enfants. Mais la tolérance s'arrête visiblement aux portes des écoles, surtout quand elles sont religieuses.


La polémique sur le sujet a été lancée en avril dernier par la suspension d'un professeur du village de Emst, dans le centre du pays, qui avait confié à des collègues avoir rencontré un homme qui lui plaisait. La direction de l'école avait alors estimé que son orientation sexuelle entrait en conflit avec la mission et les valeurs de l'établissement. Une décision critiquée par le ministre de l'Education Ronald Plasterk, pour qui les croyances religieuses ne pouvaient justifier l'exclusion des personnels homosexuels. L'écrasante majorité des écoles religieuses néerlandaises sont financées par l'Etat.

Le gouvernement étant divisé, le Conseil d'Etat a été saisi. Dans son avis, encore confidentiel mais révélé par le journal chrétien Nederlands Dagblad, il estime que les écoles religieuses doivent avoir le droit d'exclure des lesbiennes et des gays si leur comportement, même à l'extérieur de l'école, va à l'encontre des valeurs de l'institution, et ce au nom d'une certaine "loyauté" à l'égard de l'employeur.

Pour autant, le Conseil d'Etat, comme la loi néerlandaise, interdit toute discrimination. Au total, un professeur pourrait donc être viré parce qu'il se comporte comme un homo, mais pas parce qu'il est homo. Evidemment, la frontière est mince...

Wim Kuiper, directeur de l'Association pour une éducation chrétienne, a appelé le gouvernement à appliquer cette recommandation. Selon lui, les écoles les plus orthodoxes doivent pouvoir refuser d'employer des homosexuels ou même des couples hétéros non mariés parce que "leur style de vie ne cadre pas avec la bible". Il a toutefois souligné qu'une centaine seulement des 2.200 écoles chrétiennes du pays sont concernées par ce débat.

vendredi 12 juin 2009

Licenciée parce que lesbienne, elle perd en justice


Pour la justice finlandaise, Johanna Korhonen n'a pas été licenciée par le groupe de presse Alma Media parce qu'elle était lesbienne, mais parce qu'elle a manqué de "franchise" pendant son entretien d'embauche.

Selon l'agence de presse finlandaise STT, le tribunal d'Helsinki a donc retenu dans sa décision rendue mardi les arguments de l'employeur de la rédactrice en chef du quotidien "lapin Kansa", licenciée alors qu'elle venait à peine d'être nommée. Johanna Korhonen réclamait 230.000 euros de dommages et intérêts pour discrimination. Elle devra finalement rembourser pour 8.000 euros de frais de justice à Alma Media.

Fin 2008, Johanna Korhonen avait été licenciée en raison de mensonges lors de son entretien d'embauche. Selon la journaliste, le groupe de médias finlandais l'a renvoyée parce qu'elle entretenait une relation lesbienne dont elle n'avait pas fait état. Johanna Korhonen avait dit vivre en couple avec deux enfants, mais sans préciser le sexe de son conjoint. Rejetant les accusations de discrimination, la direction du groupe mettait en avant une "crise de confiance" pour justifier cette décision.

Alors que les prud'hommes avaient jugé la discrimination caractérisée en février 2009, le tribunal civil a cette fois reproché à Mme Korhonen d'avoir fourni des informations erronées à son futur employeur lors de l'entretien d'embauche, notamment sur les activités politiques de sa compagne, candidate aux municipales.


L'association LGBT finlandaise Seta s'est déclarée "surprise" et "inquiète" après cette décision. Car celle-ci signifie selon elle que la vie privée pourrait désormais entrer en ligne de compte et être un élément décisif lors d'un entretien d'embauche, le candidat étant tenu d'en informer l'employeur. "Nous risquons de faire un énorme pas en arrière dans la lutte contre les discriminations", a souligné dans un communiqué la présidente de l'association Outi Hannula. Johanna Korhonen a annoncé qu'elle comptait faire appel.

jeudi 11 juin 2009

Deux affiches contre l'homophobie à l'université

"Les filles qui aiment les filles" et "les garçons qui aiment les garçons" sont à l'affiche cet été dans les facs françaises, avec le lancement d'une campagne contre l'homophobie à l'université... au moment où l'année scolaire s'achève.

La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse l'avait promis à l'Inter-LGBT en juin 2008. La campagne s'articule autour de deux affiches, l'une présentant une lesbienne, l'autre un gay, avec cette phrase déclinée au féminin et au masculin: "Voici une fille qui aime les filles mais cette fille qui aime les filles n'aime pas les filles n'aime pas les filles qui n'aiment pas les filles qui aiment les filles. Cette phrase est compliquée mais moins que sa vie d'étudiante homosexuelle."

Et, pour ceux qui n'auraient pas compris le message: "L'homophobie mène à l'exclusion et au rejet.
Les actes et les comportements homophobes peuvent avoir des conséquences désastreuses pour ceux qui en sont les victimes. Luttons ensemble contre l'homophobie à l'université
".

Dans une lettre datée de mai dernier, le département de la communication du ministère demande "aux responsables des universités d’apposer les deux affiches et de les diffuser auprès des étudiants". Alors si elles ne sont pas dans votre fac, demandez-les!

"Des cas de discrimination envers les homosexuels et d'homophobie sont malheureusement encore trop souvent constatés dans notre société. Les établissements d'enseignement supérieur n'échappent pas toujours à ce constat", explique le ministère.

La campagne vise donc à "
sensibiliser les étudiants et l'ensemble des personnels universitaires aux difficultés rencontrées par certains étudiants encore trop souvent victimes de discrimination en raison de leur orientation sexuelle, ainsi qu'aux conséquences parfois dramatiques d'actes et de comportements homophobes
". Les affiches sont déjà présentes dans diverses universités et endroits fréquentés par les étudiants (cité U, CROUS, bibliothèque universitaire...), selon des témoignages, mais le seront-elles toujours à la rentrée?

samedi 16 mai 2009

"Ce n'est pas l'homosexualité qui est immorale, c'est l'homophobie"


(article actualisé après annonce française sur la transsexualité)

"Ce n'est pas l'homosexualité qui est immorale, c'est l'homophobie", écrit le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Terry Davis, dans un communiqué diffusé à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, plus particulièrement consacrée cette année à la transphobie.

Le ministère français de la Santé dirigé par Roselyne Bachelot a de son côté annoncé qu'il avait demandé à la Haute autorité de Santé (HAS) de retirer la transsexualité de la liste des maladies mentales. Louis-Georges Tin, président du Comité IDAHO (International day against homophobia and transphobia), a salué "cette décision historique" en soulignant que la France était le premier pays du monde à franchir ce pas.

"Je condamne les actes violents homophobes des skinheads, mais je m'inquiète plus encore des convictions des dirigeants de certains partis politiques", explique pour sa part Terry Davis, pour qui "on ne peut accepter que des personnes investies d'une autorité officielle ou morale en Europe se conduisent encore comme si la Convention européenne des droits de l'Homme ne s'appliquait pas aux homosexuels".

"Les auteurs de discrimination invoquent souvent les valeurs morales pour justifier leur comportement", poursuit le chef du Conseil de l'Europe, concluant que "c'est très bien de défendre les valeurs morales, mais ils se trompent complètement. Ce n'est pas l'homosexualité qui est immorale, c'est l'homophobie".

Terry Davis rappelle qu'"il a fallu attendre 1990 pour que l'Organisation mondiale de la santé retire l'homosexualité de sa liste des maladies mentales" et que, "il y a quelques années encore, l'homosexualité était toujours considérée dans plusieurs pays d'Europe comme une infraction criminelle".

Après la Deuxième guerre mondiale, souligne aussi M. Davis, des homosexuels revenus des camps de concentration nazis ont dû purger leur peine de détention après leur libération. "Cette réaction s'inscrivait dans la logique de la discrimination profonde dont étaient victimes les homosexuels à cette époque en Europe, discrimination qui a continué de s'exercer à leur égard pendant les décennies qui ont suivi". En France, l'homosexualité a été dépénalisée en 1982.

vendredi 3 avril 2009

L'Iowa dit "oui" au mariage homo

Kate et Trish Varnum, l'un des couples lesbiens demandant le mariage

Le mariage homosexuel est légal en Iowa. La Cour suprême de cet Etat rural du centre des Etats-Unis a déclaré vendredi 3 avril 2009 qu'une loi de 1998 réservant le mariage aux couples hétérosexuels violait le droit constitutionnel de tous les citoyens à la même protection de la loi. Trois Etats américains, avec le Massachusetts et le Connecticut, reconnaissent désormais le mariage entre personnes du même sexe.

"On attendait ce jour depuis 18 ans!", a réagi l'un des six couples qui avaient porté l'affaire en justice fin 2005. "Nous avons construit notre vie et notre famille ensemble, le mariage est le seul mot qui puisse décrire notre engagement l'une envers l'autre et envers notre famille", se sont réjouies Jen et Dawn BarbouRoske.

"On est tellement ravies: on va enfin pouvoir se marier ici, dans la ville natale de Kate, avec nos amis et notre famille", a réagi un autre couple de plaignantes, Kate et Trish Varnum. Reva Evans et Ingrid Olson, elles, sont "fières" de l'Iowa, et "de savoir qu'un jour notre fils saura comment nous nous sommes battues pour être traitées comme une vraie famille".

Si aucun recours n'est déposé d'ici là, les lesbiennes et gays pourront se marier en Iowa à partir du 24 avril, comme c'est déjà le cas dans le Massachusetts depuis 2004 et le Connecticut depuis 2008. En Californie, le mariage a été légal pendant quelques mois en 2008, entre une décision de la Cour suprême l'autorisant et un référendum l'interdisant; on y attend une nouvelle décision de la Cour suprême. Neuf autres Etats américains permettent aux couples homosexuels de contracter des "unions civiles".

Selon un communiqué de la Maison Blanche, le président américain Barack Obama "respecte la décision de la Cour suprême d'Iowa" et "continue à penser que c'est aux Etats de prendre leurs propres décisions sur la question du mariage". "
Bien que le président Obama défende les unions civiles plutôt que le mariage homosexuel, il pense que les couples de gays et de lesbiennes devraient se voir reconnaître les mêmes droits par la loi", selon le communiqué.

L'organisation de défense des droits civiques Lambda Legal a fêté sa victoire, "un hommage à la force de l'amour, à l'espoir et au courage.
Nos clients en ont largement fait preuve depuis de nombreuses années et maintenant enfin ils vont pouvoir se marier", a réagi Camilla Taylor, avocate au sein de l'association, qui défendait les six couples de plaignants.

La Cour suprême a confirmé vendredi un jugement rendu en première instance en août 2007. Dans leur décision, les magistrats ont mis sur le même plan le droit des couples homosexuels à se marier et l'abolition de l'esclavage, ou la reconnaissance des droits des femmes.


jeudi 26 mars 2009

La Serbie protège enfin les homos

Photo Vesna Anđic

Le Parlement serbe a adopté ce jeudi 26 mars 2009 une loi contre les discriminations qui protègera notamment les homosexuels. Les groupes conservateurs et religieux, l'église orthodoxe en tête, ont vainement tenté de faire échec au texte, point de passage obligé dans le rapprochement de la Serbie avec l'Union européenne.

Environ 70% des Serbes considèrent l'homosexualité comme une maladie, selon un sondage cité par le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg. La nouvelle loi serbe interdit toute discrimination fondée sur le sexe, l'orientation sexuelle, l'appartenance ethnique ou la religion.

Si "les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres continuent d'être victimes de discrimination, de préjugés et d'intolérance en Serbie", comme le note le commissaire Hammarberg, le gouvernement de Belgrade fait des efforts: il a récemment débloqué des fonds pour créer un nouveau site Web dédié à la communauté LGBT serbe, et il recommande aux autorités de lutter contre l'homophobie par l'éducation.

vendredi 19 décembre 2008

L'Espagne autorise le don d'ovule entre lesbiennes

Photo Orianomada

La Commission de reproduction humaine assistée autorise le don d'ovules entre femmes lesbiennes mariées en Espagne. La FELGBT, l'organisation espagnole de défense des droits des homosexuels, exprime sa "satisfaction" devant cette "avancée des droits des familles LGBT".

Aucune clinique de procréation assistée ne pourra plus, théoriquement, refuser de procéder à ce don a sein d'un couple lesbien marié qui permettra à l'une d'être la génétrice quand sa compagne sera la mère génétique.

La FELGBT dénonce toutefois les discriminations que subissent encore trop souvent les lesbiennes en Espagne. En particulier, l'insémination artificielle leur est refusée quand elles se présentent en tant que couple marié.

L'association dénonce aussi "l'arbitraire" qui règne au moment de l'inscription d'un enfant sur les registres d'état-civil en tant que fruit d'un mariage homosexuel. L'espagne a légalisé le mariage entre personnes du même sexe en 2005.

samedi 13 décembre 2008

Homophobie: les plaintes en hausse



Les homosexuels victimes de discriminations au travail hésitent de moins en moins à s'en plaindre auprès de la HALDE. Dans un guide des pratiques des entreprises publié en décembre 2008, la HALDE constate une hausse des saisines pour des cas de discriminations liées à l'orientation sexuelle: 38 en 2005, 61 en 2006 et 113 en 2007.

Toutefois, les plaintes pour discrimination des gays et lesbiennes ne représentent encore que 1,8% des réclamations. Deux tiers de ces saisines portent sur l'emploi, avec "des situations de harcèlement discriminatoire souvent caractérisées par une absence de réaction de l'employeur ou des réactions curieuses comme des demandes d'examens médicaux injustifiées, pouvant aboutir à des licenciements pour inaptitude voire à des démissions forcées", constate la HALDE.

Elle a interrogé 251 entreprises. "Rares sont celles qui traitent de la question des discriminations fondées sur l'orientation sexuelle", déplore-t-elle. "Peu saisis par les salariés, certains directeurs des ressources humaines (DRH) considèrent en définitive que toute question relative à l'orientation sexuelle relève du domaine privé".

Pour les lesbiennes, c'est pire: "si l'homophobie au travail est un phénomène banalisé et largement sous-estimé, les difficultés spécifiques vécues par les lesbiennes -qui sont exposées à un double risque de discrimination en tant que femmes et en tant qu'homosexuelles- sont quant à elles, complètement invisibles".

La HALDE cite en exemple quelques entreprises, comme Thomson, qui accorde les mêmes avantages sociaux aux couples mariés et pacsés, ou Eau de Paris, qui applique les mêmes conditions pour le congé paternité qu'il s'agisse d'hétéro ou d'homoparentalité.