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mercredi 26 juin 2013

Double victoire pour le mariage gay aux USA


Les couples homosexuels ont remporté une double victoire ce 26 juin 2013 aux Etats-Unis:
  1. La Cour suprême a déclarée inconstitutionnelle la DOMA, la loi fédérale de "défense du mariage" de 1996 qui restreignait ce contrat aux couples composés d'un homme et d'une femme
  2. La Cour suprême a de fait balayé la "Proposition 8" interdisant aux couples homosexuels de se marier en Californie.
Les couples de lesbiennes ou gay peuvent déjà se marier dans 13 des 50 Etats fédérés des USA, mais chaque Etat est libre de le leur interdire par sa propre législation.

La Californie avait ainsi légalisé les mariages des couples de même sexe pendant quelques mois en 2008 avant qu'un référendum ne l'interdise en novembre. Cependant, les quelque 18.000 mariages homos contractés entre-temps avaient été validés. Notamment celui de l'animatrice et humoriste Ellen DeGeneres et de l'actrice Portia De Rossi.

Pour fêter cet heureux dénouement, le couple à l'origine de la plainte en Californie, Jeff Zarillo et Paul Katami, a annoncé son prochain mariage. Quant à Edith Windsor, qui avait épousé Thea Spyer au Canada en 2007, elle doit sa victoire à la mort de sa femme en 2009, point de départ de sa plainte contre le régime fiscal.


Barack Obama, qui a permis aux homosexuels déclarés de servir dans l'armée américaine, a applaudi ce nouveau progrès des droits LGBT.

Les deux décisions de la Cour suprême sur le mariage homosexuel:
- DOMA

mercredi 9 mai 2012

Obama pour le mariage des homosexuels



Barack Obama dit oui au mariage des homosexuels! A six mois de remettre son mandat en jeu, le président américain a déclaré mercredi 9 mai 2012: "Je pense que les couples de même sexe devraient pouvoir se marier".

Interrogé par la chaîne ABC, Obama, qui a supprimé la loi interdisant aux militaires d'affirmer leur homosexualité, a expliqué qu'il avait "évolué ces dernières années" sur cette question.

"A un moment, j'ai conclu que pour moi, personnellement, il est important pour moi de me lancer et d'affirmer que je pense que les couples de même sexe devraient pouvoir se marier."

"J'ai hésité sur le mariage gay en partie parce que je pensais que les unions civiles suffiraient", a raconté Obama. Le président américain a cependant changé d'avis en en parlant avec "des amis, des proches et des voisins", en constatant que "des membres de (son) personnel étaient incroyablement engagés dans des relations monogames de même sexe et élevaient des enfants ensemble", et en pensant aux militaires qui se battent pour les Etats-Unis mais qui ne peuvent pas se marier.

Plusieurs sondages récents suggèrent qu'une majorité d'Américains sont favorables à l'ouverture du mariage aux couples lesbiens et gays.

Le très probable adversaire conservateur de Barack Obama à la présidentielle, Mitt Romney, cité par "The Advocate", a pour sa part réitéré son opposition "au mariage entre personnes de même sexe".

L'animatrice de télévision et humoriste lesbienne Ellen DeGeneres, qui a épousé l'actrice Portia De Rossi pendant les quelques mois où les homosexuels ont pu se marier en Californie, a salué la prise de position d'Obama. "Merci président Obama pour vos mots merveilleux et courageux. Je suis bouleversée".

Jane Lynch, lesbienne "out" qui incarne l'impitoyable coach Sue Sylvester de la série "Glee", s'est également déclaré "sacrément heureuse aujourd'hui". "Merci M. le président de soutenir la dignité de ma famille et de tant d'autres!", a-t-elle réagi sur Twitter.

dimanche 19 décembre 2010

La fin du tabou gay dans l'armée américaine


Actualisé avec la promulgation de l'abrogation le 22/12/2010

Les gays et lesbiennes vont pouvoir assumer ouvertement leur homosexualité dans l'armée américaine.

Barack Obama a promulgué mercredi 22 décembre 2010 la loi mettant fin à 17 ans de "Don't ask, don't tell" (ne rien demander, ne rien dire), comme il s'y était engagé pendant la campagne électorale.

"C'est tout simplement, moralement et militairement, ce qu'il faut faire", a déclaré le président américain, "je dis à tous les Américains, homosexuels ou hétérosexuels, qui veulent tout simplement défendre ce pays sous l'uniforme: votre pays a besoin de vous, votre pays veut de vous".

Après la Chambre des représentants, le Sénat des Etats-Unis avait voté samedi 18 décembre, par 65 voix contre 31, la fin du DADT qui a valu à de nombreux militaires d'être exclus de l'armée américaine pour homosexualité.

Dans un communiqué, le président américain Barack Obama, qui a passé des coups de téléphone jusqu'au dernier moment pour convaincre les derniers hésitants, a salué un "vote historique". "En mettant fin au "Don’t Ask, Don’t Tell", notre nation ne se privera plus de milliers de patriotes contraints de quitter l'armée malgré des années de service exemplaire, simplement parce qu'ils sont homosexuels. Et plusieurs milliers d'autres n'auront plus à vivre dans le mensonge pour servir le pays qu'ils aiment".


Instaurée en 1993 par l’administration Clinton, DADT était un compromis destiné à éviter l’interdiction absolue faite aux gays et aux lesbiennes de s’engager dans l’armée. Mais elle a abouti au renvoi de plus de 14.000 membres de l'armée américaine en 17 ans, selon l'association de défense des militaires SLDN. C'est d'ailleurs ce qui arrive au personnage de Tasha (Rose Rollins) dans la série "The L Word".

jeudi 21 octobre 2010

Retour au placard pour les militaires americains


Leurs organisations les avaient prévenus: les militaires américains gays ou lesbiennes retournent au placard, après avoir eu brièvement le droit d'évoquer ouvertement leur homosexualité dans l'armée.

Le gouvernement américain a obtenu la suspension provisoire de l'injonction du 12 octobre qui bloquait immédiatement l'application de la loi "don't ask, don't tell" (ne le demandez pas, ne le dites pas, DADT) de 1993 imposant le silence sur l'orientation sexuelle dans l'armée.

La loi DADT a abouti au renvoi de plus de 14.000 membres de l'armée américaine en 17 ans, selon l'association de défense des militaires SLDN. C'est d'ailleurs ce qui arrive au personnage de Tasha (Rose Rollins) dans la série "The L Word".

Un sondage CBS News réalisé début octobre montre que 56% des Américains (marge d'erreur: plus ou moins 4 points de pourcentage) souhaitent que les gays et lesbiennes puissent servir ouvertement dans l'armée. Quant au gouvernement, il est paradoxalement favorable à l'abrogation de la loi DADT, que le président Barack Obama a promise, mais par la voie parlementaire.

Il y a de quoi s'y perdre, entre suspensions et suspensions de suspension de la DADT, y compris pour le Pentagone, qui venait d'ordonner aux recruteurs de l'armée d'accepter les candidats se déclarant homosexuels.

L'association conservatrice Log Cabin Republicans à l'origine de la plainte contre la loi DADT et de la victoire du 12 octobre, a jusqu'au 25 octobre pour transmettre à la cour d'appel de San Francisco ses arguments contre la suspension de l'injonction. Les magistrats diront alors s'ils rétablissent la loi DADT jusqu'à leur décision concernant l'appel du gouvernement contre la décision de la juge Philips déclarant la DADT inconstitutionnelle.

mercredi 13 octobre 2010

Les homos remportent une bataille dans l'armée américaine


Actualisé le 20/10/2010 après l'appel du ministère de la Justice

Les gays et lesbiennes vont-ils enfin pouvoir servir dans l'armée américaine sans se cacher?

C'est ce qu'a ordonné une juge fédérale, en interdisant l'application de la loi "Don't Ask, Don't Tell" (DADT, "ne le demandez pas, ne le dites pas") qui a abouti au renvoi de plus de 14.000 homosexuels depuis 1993, selon l'association de défense des militaires SLDN.

Le président Barack Obama avait promis d'abroger cette loi et a réaffirmé qu'il le ferait, mais le gouvernement américain n'apprécie pas que ce soit la justice, et non le Congrès (Parlement), qui prenne l'initiative. La Chambre des représentants a voté l'abrogation de la DADT mais les républicains l'ont bloquée au Sénat, et rien ne dit que le texte aura plus de chances de passer après les élections de novembre.

L'association SLDN n'a pas été surprise que le ministère de la Justice fasse appel de la décision judiciaire, fondée sur le caractère non constitutionnel de la loi, et elle appelle à la plus grande prudence, soulignant que la neutralisation de la DADT n'est pas encore effective.

Les rebondissements se succèdent: le Pentagone, obéissant à l'injonction de la juge, a ordonné aux recruteurs d'accepter les recrues se déclarant gay ou lesbiennes, mais le gouvernement demande la suspension de l'application de l'injonction pendant la procédure d'appel. Débouté une première fois par la juge, il a fait appel de ce rejet le 20 octobre (oui, c'est compliqué...).

"La loi DADT est encore en vigueur. Les militaires lesbiennes, gays et bisexuels sont toujours renvoyés en vertu du 'Don't Ask, Don't Tell" et ils continueront de l'être jusqu'au terme du processus. Ne faites PAS votre coming-out", conseille la SLDN.

mercredi 3 février 2010

L'espoir relancé pour les homos dans l'armée US

Les choses semblent enfin bouger dans le bon sens pour les gays et lesbiennes de l'armée américaine. Le nombre de renvois pour homosexualité a diminué de 30% en 2009, et le Pentagone étudie un plan d'abrogation de la loi "Don't Ask, Don't tell", à la demande du président Obama.

Environ 13.000 militaires américains ont été licenciés depuis l'adoption en 1993 de cette loi, selon l'association Servicemembers Legal Defense Network (SDLN). Visant initialement à protéger les gays et lesbiennes qui servent dans l'armée, la "DADT" interdit de révéler son homosexualité ou de poser des questions sur l'orientation sexuelle d'un militaire. Mais la loi du silence a finalement surtout fait le bonheur des homophobes.

L'armée américaine a encore renvoyé 428 militaires homosexuels -259 gays et 169 lesbiennes en 2009, même si l'on note que, pour la première année au pouvoir d'Obama, le nombre a baissé d'environ 30% par rapport à 2008, où l'on en était à 619 renvois (410 hommes et 209 femmes). La discrimination est encore aggravée pour les femmes, moins nombreuses dans l'armée mais proportionnellement davantage renvoyées pour homosexualité (cf LToutes: "L'armée US vire plus de lesbiennes que de gays", 09/10/2009): comme souvent, homophobie et misogynie font bon ménage.

Ce n'est pas la première fois que Barack Obama promet l'abandon de la loi DADT mais cette fois la machine semble lancée. "Cette année, je travaillerai avec le Congrès et notre armée pour abroger enfin la loi qui prive les homosexuels américains du droit de servir le pays qu'ils aiment parce qu'ils sont qui ils sont", a lancé le président dans son premier discours sur l'état de l'Union le 27 janvier.

Le chef des armées américaines s'est à son tour prononcé, "à titre personnel", pour la levée du tabou homosexuel dans l'armée. C'est "ce qu'il faut faire" pour mettre fin à une politique qui force des gens "à mentir sur qui ils sont pour pouvoir défendre leurs compatriotes", a estimé l'amiral Mike Mullen devant le Sénat.

Quant au ministre de la Défense Robert Gates, il a annoncé le lancement d'une étude d'un an sur les moyens de permettre aux gays et lesbiennes de servir dans l'armée sans cacher leur orientation sexuelle. Les associations LGBT applaudissent et attendent de voir: le processus d'abrogation du Don't Ask, Don't Tell, s'il aboutit, prendra du temps et devra surmonter de très fortes résistances, militaires et politiques.

vendredi 30 octobre 2009

Les seropositifs vont pouvoir aller aux USA


Barack Obama a annoncé que les séropositifs pourraient entrer aux Etats-Unis à compter du début 2010, après plus de 20 ans de discrimination. Le président américain va achever le processus entamé en 2008 par George Bush pour lever l'interdiction, qui date de 1987.

A l'époque, les autorités avaient considéré les personnes porteuses du virus VIH du SIDA comme contagieuses et pris cette décision "plus dictée par la peur que par les faits", comme l'a noté Obama.

"Nous sommes à la pointe du combat mondial contre la pandémie de SIDA et pourtant nous sommes dans la dizaine de pays qui empêchent toujours les séropositifs d'entrer dans notre propre pays", a déclaré le président américain. "Si nous voulons être les leaders de la lutte contre le VIH/SIDA dans le monde, nous devons agir comme tels".

Barack Obama a estimé que la levée de l'interdiction allait "encourager les gens à passer le test et à se faire soigner". "C'est un pas qui va sauver des vies", a-t-il lancé.

lundi 13 avril 2009

Des familles lesbiennes et gaies à la Maison Blanche


Pour ses premières Pâques à la Maison Blanche, Barack Obama a reçu des milliers de familles à la traditionnelle chasse aux oeufs. Et, dans un souci de diversité, le nouveau président avait réservé des tickets à des familles lesbiennes et gaies.

Depuis 2006, à l'initiative de l'association Family Equality Council (FEC), des familles homoparentales participent ouvertement à cette fête des enfants, mais c'est la première fois que les couples de parents homosexuels étaient choisis en tant que tels. Un bon signe pour ce début de mandat présidentiel.

"Hallelujah! D'un point de vue symbolique, cela montre combien les quatre prochaines années devraient être différentes des huits dernières", se réjouit sur Advocate.com Jennifer Chrisler, directrice de FEC, venue avec sa compagne et leurs deux garçons.

jeudi 5 mars 2009

Californie: le mariage homosexuel bouge encore

La bataille du mariage homosexuel a repris devant la Cour suprême de Californie jeudi 5 mars 2009. Les magistrats devront se prononcer sous 90 jours sur la validité du référendum interdisant ces unions, et sur celle des 18.000 "Oui" prononcés par des couples de lesbiennes ou gays pendant les quelques mois où les mairies leur ont été ouvertes. Un débat suivi dans tous les Etats-Unis, à l'heure de gloire d'"Harvey Milk" aux Oscars et dans les salles obscures.

En mai 2008, cette même Cour suprême avait légalisé le mariage entre personnes du même sexe, en déclarant inconstitutionnel de priver des citoyens de ce droit fondemental. Des couples anonymes et d'autres plus connus comme celui formé par l'animatrice Ellen DeGeneres et l'actrice Portia De Rossi, avaient saisi l'occasion d'officialiser leur union dès l'entrée en vigueur de la décision à la mi-juin. Avant cela, seul le Massachusetts permettait aux homosexuels de se marier.

Mais le 4 novembre suivant, alors que Barack Obama entrait dans l'histoire en devenant le premier président Noir d'Amérique, les électeurs de Californie consultés par référendum approuvaient par 52% des voix contre 48% la Proposition 8 gravant dans la Constitution de cet Etat que seuls un homme et une femme peuvent se marier.

Retour à l'hétéronormalité? Oui, mais. Si les groupes religieux et conservateurs ont gagné une manche, ils veulent aussi invalider les unions célébrées pendant ces quatre mois et demi. Et ils brandissent le verdict d'une majorité d'électeurs dans un Etat où la démocratie directe joue traditionnellement un rôle très important. En face, les organisations militantes homosexuelles et civiques rétorquent qu'une loi ne peut pas s'appliquer rétroactivement, qu'interdire le mariage gay et lesbien dans la Constitution n'est pas un amendement mais une révision de la loi fondamentale exigeant un débat au Parlement local. Elles crient à l'ouverture de la boîte de Pandore: aujourd'hui on prive la minorité homosexuelle d'un droit fondamental, demain, ce seront les Hispaniques ou les immigrés qui seront visés.

Le président Barack Obama mais aussi le gouverneur républicain de Californie, l'ancien acteur Arnold Schwarzenegger, se sont prononcés contre la Proposition 8. Quant à Ellen DeGeneres, elle l'a dit sur tous les tons: elle ne veut pas rendre son grille-pain de mariage.

mardi 10 février 2009

Une lesbienne virée de l'armée au Kansas

(Photo CJOnline)

Amy Brian a risqué sa vie en Irak et servi dans l'armée pendant neuf ans mais aujourd'hui cette lesbienne est devenue la première personne renvoyée de la Garde nationale du Kansas en raison de son homosexualité.

"Je n'ai jamais vraiment essayé de cacher mon homosexualité aux gens avec qui je travaillais, et ils n'ont pas eu l'air de s'en soucier", affirme Amy Brian au "Capital Journal".

Sa hiérarchie a appliqué la règle du "Don't Ask, Don't Tell" (DADT, "Ne le demandez pas, ne le dites pas") interdisant aux lesbiennes et gays déclarés ou dénoncés de servir dans l'armée. Comme Amy Brian, près de 12.500 hommes et femmes ont été exclus de l'armée depuis la mise en place en 1993 de cette doctrine que le nouveau président américain Barack Obama dit vouloir supprimer.

Amy Brian a été dénoncée par une collègue qui l'a vue embrasser une femme dans un supermarché, selon le CJ. En août 2008, la jeune femme a appris qu'elle faisait l'objet d'une enquête pour conduite homosexuelle. En novembre, son dossier était bouclé. "Je n'ai pas été exclue à cause d'une mauvaise conduite quelconque mais purement et simplement parce que quelqu'un d'autre avait un problème avec ma sexualité", a-t-elle déclaré au journal.

Cette fille de militaire mariée, divorcée et mère d'un enfant, s'était engagée dans la Garde nationale du Kansas en 1991, à l'âge de 17 ans, jusqu'en 1994, et avait rempilé en 2003, selon le site 365 Gay. Quand elle a été envoyée en Irak en 2004, elle a révélé à sa famille qu'elle était lesbienne. "Tout le monde savait que j'étais homo quand j'y suis allée et cela ne posait de problème à personne", affirme-t-elle.

Rentrée au Kansas en octobre 2005, Amy Brian a été exclue à compter du 13 janvier 2009. "Un jour, cette politique changera", espère-t-elle dans le CJ. Au fait, pour celles qui aiment l'uniforme, la Garde nationale du Kansas recrute.

Selon le Réseau de défense juridique des militaires (Servicemembers Legal Defense Network, SLDN), les lesbiennes sont davantage exclues de l'armée que les gays: les femmes représenteraient 33% des homosexuels démobilisés en vertu du "Don't Ask, Don't Tell", alors qu'elles constituent 15% des forces militaires.

L'affaire est d'autant plus frappante que Barack Obama s'est prononcé pendant la campagne électorale pour la suppression du "Don't Ak, Don't Tell", estimant que seuls devraient compter "le patriotisme, le sens du devoir et la volonté de servir" pour juger de l'aptitude d'un soldat. Mais le nouveau chef de la Maison Blanche risque de se heurter à une certaine résistance.


D'après une enquête réalisée en 2008 par le groupe de presse "Military Times", 58% des militaires d'active sont opposés à l'ouverture de l'armée américaine aux homosexuels, et seulement 29% y sont favorables. Le précédent président démocrate, Bill Clinton, avait bien tenté en 1993 de pousser l'armée américaine à accepter les homosexuels dans ses rangs, ce qui avait abouti au... "Don't Ask, Don't Tell".

- Lire aussi sur LToutes: "Ce que les homos attendent d'Obama"; "Obama: un ami à la Maison Blanche" (18/01/2009)

dimanche 18 janvier 2009

Obama: un ami à la Maison Blanche

Barack Obama sera-t-il à la hauteur des espérances placées en lui par les lesbiennes et les gays? La communauté homosexuelle américaine veut le croire, même si l'enthousiasme suscité par la victoire du candidat démocrate à l'élection présidentielle du 4 novembre 2008 a été un brin douché par des décisions récentes du président-élu.

- Pour aller plus loin sur LToutes: "Ce que les homos attendent d'Obama"; "Une lesbienne virée de l'armée au Kansas" (10/02/2009)

Le choix du pasteur homophobe Rick Warren pour délivrer la prière de la prestation de serment, lors de la cérémonie d'investiture à Washington mardi a scandalisé la communauté LGBT. Ce prédicateur avait en effet qualifié le mariage gay d'"équivalent moral du mariage entre frères et soeurs", et fait activement campagne en faveur de l'interdiction du mariage homosexuel en Californie ("proposition 8"), finalement adoptée le 4 novembre 2008.

"En invitant Rick Warren à votre investiture, vous avez terni l'idée que les Américains qui sont gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres (LGBT) ont une place à votre table", avait vivement réagi le président de l'organisation américaine de défense des homosexuels, Human Rights Campaign, Joe Solmonese, dans un communiqué. L'adoption de la Proposition 8 "est la plus grosse perte soufferte par notre communauté depuis quarante ans", avait-il rappelé, en ajoutant: "le révérend Warren n'est pas un pasteur modéré" et "il a souvent joué le rôle de général dans la guerre culturelle contre la communauté LGBT".

"Je suis un ardent défenseur de l'égalité des gays et des lesbiennes américains, ce n'est pas un secret", avait rétorqué Barack Obama le 18 décembre, justifiant sa décision par sa volonté de "rassembler" des Américains aux points de vue différents.

Alors que deux homosexuels étaient sur les rangs pour entrer dans la nouvelle administration -John Berry pour le ministère de l'Intérieur et Mary Beth Maxwell pour celui du Travail-, gays et lesbiennes ont là aussi été déçus. Le président-élu a opté pour d'autres personnalités, hétéros celles-là. Nancy Sutley est la seule lesbienne à avoir été nommée à un poste important. Elle présidera le Conseil sur la qualité de l'environnement, chargé de conseiller le président et le vice-président américains sur les questions environnementales nationales et internationales.

Devant la colère des homosexuels, Barack Obama a fait quelques gestes ces derniers jours: deux lesbiennes devaient ainsi faire partie des 16 familles américaines devant l'accompagner dans un train de Philadelphie à Washington. Une fanfare gay et lesbienne, la Lesbian and Gay Band Association (LGBA), jouera également mardi dans le cadre de la parade d'inauguration. Enfin, le premier évêque ouvertement gay de l'église épiscopale, Gene Robinson, donnera le coup d'envoi des cérémonies d'investiture, en officiant dimanche au Lincoln Memorial de Washington.

Au-delà des polémiques de ces dernières semaines, Barack Obama n'en sera pas moins le président le plus "homophile" de l'histoire des Etats-Unis. Pendant sa campagne, il s'est clairement prononcé en faveur des droits des homosexuels, prenant des engagements qu'il a réaffirmés après son élection.

"Bien que nous ayons fait beaucoup de chemin depuis les émeutes de Stonewall en 1969, nous avons encore énormément de travail", expliquait-il le 1er juin 2007. "Trop souvent, la question des droits LGBT est exploitée par ceux qui cherchent à nous diviser. Mais il s'agit en réalité de se poser la question de qui nous sommes en tant qu'Américains. Il s'agit de se demander si cette nation sera à la hauteur de la promesse d'égalité faite lorsqu'elle a été fondée, de traiter tous ses citoyens avec dignité et respect", ajoutait-il.

Si le candidat démocrate ne manquait une occasion de rappeler qu'il est issu d'un mariage mixte qui était illégal dans certains Etats américains au moment de sa naissance, il ne faut pas attendre du président la légalisation du mariage gay aux Etats-Unis. Estimant que la question relève des seuls Etats, il est opposé à une loi fédérale sur le sujet, et préfère plaider pour des "unions civiles" ouvrant aux homosexuels les mêmes droits que le mariage.

Le président-élu s'est aussi engagé à lutter contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle, à punir plus durement les crimes homophobes et à abolir le "don't ask, don't tell" en vigueur dans l'armée américaine. Il est également favorable au droit à l'adoption pour les lesbiennes et les gays. Loin, très loin, donc, d'un George W. Bush.

Ce que les homos attendent d'Obama

Mariage, adoption, discrimination, justice, armée, sida... LToutes fait le point des questions sur lesquelles lesbiennes et gays peuvent espérer de Barack Obama des avancées. Ou pas.

- Lire aussi sur LToutes: "Obama: un ami à la Maison Blanche"; "Une lesbienne virée de l'armée au Kansas" (10/02/2009)

  • ARMEE:
    Pendant la campagne, Barack Obama s'est prononcé pour la suppression du principe hypocrite du "Don't ask, don't tell" ("ne demandez pas, ne dites pas") en vigueur dans l'armée: les homosexuels peuvent s'engager dans l'armée... tant qu'ils ne révèlent pas qu'ils sont lesbiennes ou gays.
    S'ils font leur "coming-out" -ou sont dénoncés-, ils sont exclus, comme cela a été le cas pour 12.500 d'entre eux depuis la mise en place de cette doctrine en 1993.
    Pour Barack Obama, seuls devraient compter "le patriotisme, le sens du devoir et la volonté de servir" pour juger de l'aptitude d'un soldat. Il souligne au passage sur son site Internet de transition que 300 interprètes, dont 50 de langue arabe, ont été exclus de l'armée en raison de leur orientation sexuelle.
    Le président-élu a précisé qu'il entendait "travailler avec les militaires" sur ce point, même si son entourage a confirmé récemment que la suppression pure et simple du "don't ask, don't tell" était bien l'objectif.
    Mais le nouveau président américain risque de tomber sur un os. Déjà avant lui, le président démocrate Bill Clinton avait tenté en 1993 de pousser l'armée américaine à accepter les homosexuels dans ses rangs, ce qui avait abouti au... "don't ask, don't tell". D'après une enquête réalisée début décembre par le groupe de presse américain Military Times auprès de quelque 2.000 lecteurs militaires d'active, 58% sont opposés à l'ouverture de l'armée américaine aux homosexuels. Seuls 29% s'y disent favorables.

  • DISCRIMINATION:
    Pendant la campagne, Barack Obama a souhaité que la loi contre la discrimination à l'emploi concerne également les homosexuel(le)s, travesti(e)s et transsexuels. Un projet de loi en ce sens (Employment Non Discrimination Act, ENDA) est actuellement bloqué au Congrès. Barack Obama avait déjà soutenu une proposition de loi au Sénat de l'Illinois pour interdire la discrimination à l'emploi fondée sur l'orientation sexuelle.

  • CRIMES HOMOPHOBES:
    Barack Obama souhaite que la loi fédérale inclue l'orientation sexuelle dans les circonstances aggravantes des crimes. Il soutient donc le "Matthew Shepard Hate Crime Act", du nom d'un jeune gay assassiné en 1998, qui modifie la loi fédérale sur les crimes de haine pour y inclure les crimes commis à raison de l'orientation sexuelle de la victime. Ce texte est pour l'heure bloqué au Congrès en raison du veto de George W. Bush. En 2004, les crimes homophobes représentaient 15% des crimes de haine commis aux Etats-Unis.

  • UNIONS CIVILES:
    Barack Obama est favorable à des "unions civiles" pour les gays et lesbiennes, qui leur donneraient exactement les mêmes droits et obligations que le mariage hétéro. Il souhaite également abolir le Defense Of Marriage Act (DOMA) adopté en 1996, qui impose aux autorités fédérales de retenir comme définition du mariage l'union entre un homme et une femme.
    Le DOMA empêche ainsi des couples homosexuels légalement mariés dans un Etat de bénéficier des prestations attribuées par l'Etat aux couples hétéros mariés. Cela permet aussi à un Etat de ne pas reconnaître les mariages homosexuels célébrés ailleurs dans le pays, comme dans le Massachusetts ou le Connecticut.

  • MARIAGE:
    Pendant la campagne, Barack Obama s'est prononcé contre le mariage homosexuel, mais il avait aussi voté en 2006 contre un amendement constitutionnel interdisant le mariage entre deux personnes du même sexe au niveau fédéral. Il estime que la décision sur le mariage gay appartient à chaque Etat.
    "Je respecte le fait que les couples homosexuels considèrent que, même s'ils ont les mêmes droits" avec une union civile, "ce ne sera quand même pas l'égalité, puisqu'il y aura une stigmatisation liée au fait de ne pas avoir droit au terme de 'mariage'", concédait Barack Obama dans une interview accordée en avril 2007 au magazine américain "Advocate" et diffusée sur leur site en décembre. "Je comprends cela, mais mes objectifs sont aussi contraints par un contexte politique et historique", a-t-il expliqué.

  • ADOPTION:
    Barack Obama est favorable au droit à l'adoption pour les couples gays et lesbiens. "Nous devons en finir avec la discrimination à l'encontre des familles LGBT", avait-il dit pendant la campagne. Pour autant, il n'a encore pas présenté de proposition concrète.

  • HIV-SIDA:
    Durant la première année de son mandat, Barack Obama entend mettre en place un plan fédéral contre le Sida. L'objectif est de développer la prévention, d'améliorer l'accès aux soins, d'améliorer l'éducation sur la contraception et de lutter contre les contaminations en prison. Il souhaite en particulier lutter contre la propagation du Sida chez les femmes.

mardi 13 janvier 2009

Un évêque gay pour lancer les festivités d'investiture d'Obama

Photo Geoff Forester
Le premier évêque ouvertement gay de l'église épiscopale donnera le coup d'envoi des cérémonies aboutissant à l'investiture de Barack Obama le 20 janvier.

Le futur président américain fait ainsi un grand pas vers les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenre (LGBT) des Etats-Unis, qui l'ont soutenu et ne digèrent toujours pas le choix du pasteur anti-mariage homosexuel et anti-avortement Rick Warren pour la prière de la prestation de serment du nouveau chef de l'Etat.

L'évêque anglican Gene Robinson dira la prière dimanche 18 janvier au Lincoln Memorial de Washington, là où le pasteur Martin Luther King avait lancé en 1963 son formidable "I have a dream...". Le Comité inaugural assure que son choix n'a rien à voir avec l'affaire Rick Warren et tout avec la diversité et l'égalité des droits. Pourquoi alors ne pas l'avoir annoncé plus tôt pour désamorcer la polémique?

Gene Robinson, dont la consécration en 2003 divise toujours l'église épiscopale aux Etats-Unis et dans le reste du monde, a été un fervent partisan de Barack Obama pendant la campagne électorale. Il a soutenu le sénateur noir de l'Illinois contre Hillary Clinton dans l'Etat du New Hampshire. Le site Web du diocèse épiscopal du New Hampshire précise que l'évêque Robinson "est père de deux filles adultes et le fier grand-père de deux petites-filles", et qu'"il vit avec son partenaire, Mark Andrew, employé au Service de sécurité de l'Etat du New Hampshire".

Quant à Barack Obama, il est contre le mariage homosexuel mais contre aussi son interdiction dans la Constitution fédérale, et il défend par ailleurs l'union civile ainsi que l'égalité des droits pour les gays et lesbiennes en matière d'adoption. Bref, avec le nouveau président démocrate, les LGBT américains espèrent bien avoir enfin "un ami à la Maison Blanche".

- Lire aussi sur LToutes: "Obama, McCain et les droits des homos" (29/08/2008)

mercredi 10 décembre 2008

Une lesbienne militante dans l'administration Obama

Une militante lesbienne pour les droits LGBT devrait obtenir un poste de premier plan dans l'équipe présidentielle de Barack Obama, rapporte le magazine homosexuel "Advocate", citant une source proche du président-élu au Parti démocrate. D'autres médias américains confirment les grandes chances de Nancy Sutley.

Actuellement adjointe au maire de Los Angeles chargée de l'Energie et de l'Environnement, Nancy Sutley devrait être prochainement nommée présidente du Conseil sur la qualité de l'environnement, qui coordonne et définit la politique environnementale de la Maison Blanche. Contactée par le "L.A. Times", elle s'est refusée à tout commentaire.

Pendant la campagne présidentielle américaine, Nancy Sutley a soutenu Hillary Clinton au sein de la commission californienne sur les questions lesbiennes, gay, bisexuelles et transgenre (LGBT). Après la victoire de Barack Obama le 4 novembre 2008, cette spécialiste reconnue de l'environnement a intégré l'équipe de transition pour préparer les dossiers de l'Agence de protection de l'environnement (EPA).

Experte respectée de l'environnement et de l'énergie, femme, militante lesbienne et soutien d'une Hillary Clinton réconciliée avec Barack Obama: Nancy Sutley possède bien des atouts pour incarner le changement dans la future administration américaine, qui prendra ses fonctions le 20 janvier 2009. Reste à savoir si l'on peut donner des gages aux militants LGBT sans se mettre à dos l'aile conservatrice du Parti démocrate.

samedi 29 novembre 2008

Une lesbienne pour remplacer Hillary Clinton?

(Photo Thomas Good/NLN)

Christine Quinn est la première femme devenue N°2 de la mairie de New York, elle est démocrate, volontaire et... lesbienne. Cette élue de 42 ans pourrait aussi devenir la première sénatrice ouvertement homosexuelle des Etats-Unis si Barack Obama choisit Hillary Clinton pour cheffe de la diplomatie américaine.

Il y a encore quelques jours, Christine Quinn manifestait à New York contre l'interdiction du mariage homosexuel en Californie, où ces unions avaient été légalisées en mai dernier. En 2006, elle avait refusé de participer à la parade de la Saint-Patrick tant que les organisations gay et lesbiennes en seraient bannies. En 2006 aussi, elle avait remercié sa compagne Kim Catullo dans son discours de prise de fonctions à la tête du conseil municipal. Sa biographie officielle mentionne son orientation sexuelle.

On disait Christine Quinn tentée par la mairie de New York en 2009, mais l'élection de Barack Obama à la Maison Blanche pourrait changer la donne.
Barack Obama, qui succédera à George Bush le 20 janvier 2009, n'a pas encore officiellement désigné sa future secrétaire d'Etat mais Hillary Clinton est considérée comme la favorite. L'ex-First Lady appréciée des associations LGBT devrait alors renoncer à son mandat de sénatrice de l'Etat de New York. Elle l'occupe depuis novembre 2000 et l'a conservé haut la main en 2006.

Or si le maire de New York Michael Bloomberg est très bien placé pour récupérer le siège d'Hillary Clinton à Washington, le gouverneur de l'Etat de New York est favorable au mariage homosexuel et pourrait vouloir donner un signal fort en nommant une femme, ouvertement lesbienne qui plus est. Il y a quelques mois, ce gouverneur a ordonné aux services publics d'appliquer immédiatement une décision de justice accordant les mêmes droits à tous les couples mariés, y compris homosexuels.

Seuls le Massachusetts (depuis 2004) et le Connecticut (depuis octobre 2008) ont légalisé le mariage entre gays ou lesbiennes, mais d'autres Etats, comme le New Jersey, le Vermont et le New Hampshire, proposent des unions civiles (sorte de PACS).

La Californie a autorisé le mariage homosexuel en mai 2008, mais il a de nouveau été interdit par un référendum en novembre dernier. Le sort des mariages contractés entre-temps, comme celui de l'animatrice de télévision Ellen DeGeneres et de l'actrice Portia De Rossi, n'est pas fixé.

jeudi 6 novembre 2008

DeGeneres: "Un jour l'interdiction du mariage gay sera complètement ridicule"


Ellen DeGeneres a épousé Portia De Rossi en août à Los Angeles. Qu'adviendra-t-il de son mariage et de celui des quelque 18.000 couples homosexuels qui sont passés à la mairie depuis la légalisation du mariage gay en Californie en mai 2008? "Je crois qu'un jour l'interdiction du mariage gay aura l'air complètement ridicule", a réagi l'animatrice et actrice sur son site.

Plusieurs associations LGBT ont décidé de demander l'arbitrage de la Cour suprême de l'Etat et des milliers de personnes ont manifesté le 5 novembre au soir dans les rues d'Hollywood contre l'adoption d'un amendement constitutionnel interdisant le mariage entre personnes du même sexe en Californie.

"Quand j'ai compris que la Proposition 8 avait été adoptée en Californie, je ne peux pas expliquer ce que j'ai ressenti. J'étais triste au-delà de tout ce qu'on peut imaginer", explique Ellen DeGeneres, qui avait milité pour le "Non" au référendum.

Ce mardi 4 novembre 2008, avec l'élection du sénateur noir Barack Obama à la Maison Blanche, "j'ai, comme des millions d'Américains, eu l'impression que nous avions fait un pas de géant vers l'égalité. Nous assistions à quelque chose d'historique", raconte Ellen DeGeneres.

Et puis mercredi, après un long dépouillement des bulletins, le verdict est tombé: les Californiens ont approuvé l'interdiction constitutionnelle du mariage homosexuel. "Nous venions de faire un pas de géant vers l'égalité et là, le jour suivant, nous avons fait un pas de géant dans l'autre sens", constate l'animatrice lesbienne avec amertume.

Mais Ellen DeGeneres veut encore espérer: "Je crois qu'un jour l'interdiction du mariage gay aura l'air complètement ridicule. En attendant, je continuerai de prendre la parole pour l'égalité pour chacun de nous." .

mercredi 5 novembre 2008

USA: "oui" à Obama, "non" au mariage gay

La fête est amère pour les lesbiennes et gays américains. Si Barack Obama a été élu haut la main président des Etats-Unis, le mariage gay, lui, a subi une véritable gifle lors du scrutin cette nuit. Après plusieurs heures de suspens, la Californie a voté "oui" à 52% à la proposition 8, annulant du même coup la possibilité qu'avaient les homosexuels de se marier dans cet Etat.

Difficile de savoir pour l'heure ce qu'il va advenir des quelque 18.000 mariages contractés depuis juin dernier, y compris celui de la présentatrice de talk-show Ellen DeGeneres et de l'actrice Portia de Rossi. Les homos s'étaient rués dans les mairies ces derniers jours pour tenter de s'unir avant le vote. Le sort de ces mariages devrait désormais se régler devant les tribunaux.

Les partisans de la proposition 8 eux, exultaient mercredi. Pour Ron Prentice, de "ProtectMarriage.com", "c'est un grand jour pour le mariage". Il faut dire qu'ils n'avaient pas lésiné sur les moyens pour contrer l'union homosexuelle, avec la mobilisation de 40 millions de dollars et de 100.000 volontaires.

Du côté du "non" aussi, on s'était mobilisé, à commencer par les célébrités. Ellen DeGeneres avait payé 100.000 dollars de temps d'antenne pour faire campagne contre la Proposition 8, quand Brad Pitt et Steven Spielberg donnaient aussi 100.000 dollars chacun. Des groupes aussi connus qu'Apple et Google avaient aussi mis la main à la poche: 100.000 dollars pour Apple, 140.000 dollars pour les fondateurs de Google. Cela n'a pas suffi.

Les Américains ont aussi dit non au mariage homosexuel en Floride, en adoptant l'amendement 2 qui inscrit l'interdiction du mariage gay, déjà dans la loi, dans la Constitution. En Arizona aussi, c'est non: la proposition 102 précisant que le mariage est l'union d'un homme est d'une femme va être inscrite dans la Constitution de l'Etat.

L'Arkansas a quant à lui décidé de limiter l'adoption aux couples mariés, les homosexuel(le)s n'ayant pas le droit au mariage dans cet Etat.

Plus de 40 Etats américains sont dotés d'une loi interdisant le mariage homo, et 30 définissent désormais le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme dans leur Constitution. Le mariage gay reste possible dans le Massachusetts, premier Etat à l'avoir légalisé en 2004, et le Connecticut. D
ans cet Etat, les lesbiennes et les gays pourront commencer à se marier à partir de la mi-novembre.

Si la nuit a été sombre pour les droits des homosexuels aux Etats-Unis, la victoire de Barack Obama est en revanche une bonne nouvelle pour la communauté LGBT. Les deux grands candidats à la Maison Blanche, le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain avaient à peu près la même position concernant le mariage entre personnes du même sexe: ils sont personnellement contre mais estiment que chaque Etat doit pouvoir décider, et non l'Etat fédéral pour tout le pays. En revanche, Barack Obama s'était dit favorable au droit à l'adoption pour les homosexuels.

Dans son premier discours, le président élu a d'ailleurs eu un mot pour la communauté LGBT: "s'il existe quelqu'un qui doute encore que tout est possible en Amérique, qui se demande si le rêve de nos pères fondateurs vit encore aujourd'hui, qui remet en cause la force de notre démocratie, cette soirée est votre réponse", a-t-il lancé. "C'est la réponse donnée par des files d'attentes qui se sont allongées devant les écoles et les églises, avec une ampleur que ce pays n'avait jamais connue (...) C'est la réponse apportée par les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres, les démocrates et les républicains, les Noirs, les Blancs, les Hispaniques, les Asiatiques, les Indiens, les homosexuels et les hétérosexuels, les handicapés et les valides".


dimanche 2 novembre 2008

USA: le mariage homo menacé


Ce mardi 4 novembre 2008, les Californiens éliront bien sûr un successeur à George W. Bush, mais ils devront aussi se prononcer pour ou contre la Proposition 8 interdisant le mariage homosexuel.

Des référendums similaires sont organisés en Floride et en Arizona, mais tous les yeux sont fixés sur la Californie. Très peuplé et historiquement précurseur du mouvement social et culturel, cet Etat de l'Ouest est considéré comme un indicateur de tendance pour tout le reste des Etats-Unis. Or les derniers sondages suggèrent un resserrement de l'écart entre le Oui à l'interdiction du mariage gay et le Non.

- Lire aussi sur LToutes: "Presidentielle USA 2008: Obama, McCain et les droits des homos" (29/07/2008)

La Proposition 8 prévoit de préciser dans la Constitution de Californie que le mariage est exclusivement l'union d'un homme et d'une femme. Si le oui l'emporte, les plus de 11.000 mariages homosexuels célébrés depuis la légalisation en mai seront-ils annulés? Les mariages prévus pour après le 4 novembre seront-ils célébrés? Jusqu'à quelle date? Pourront-ils être annulés quand la Constitution sera amendée?


Ellen DeGeneres, qui a épousé Portia De Rossi en août dernier à Los Angeles, a prévenu ses fans dans un spot: "Je ne veux pas rendre mes cadeaux de mariage. J'adore mon nouveau grille-pain!" L'animatrice de télévision lesbienne a d'ailleurs payé 100.000 dollars de temps d'antenne pour faire campagne contre la Proposition 8. Et si DeGeneres et De Rossi sont directement concernées par le référendum, c'est le tout-Hollywood qui s'est mobilisé contre l'interdiction du mariage homosexuel.

Brad Pitt a donné 100.000 dollars à la campagne contre la "Prop. 8", tout comme Steven Spielberg et son épouse Kate Capshaw, le réalisateur Gus Van Sant 2.500 dollars. L'acteur de "Star Strek" George Takei, qui vient d'épouser son compagnon Brad Altman, a versé 2.600 dollars, et l'actrice Bridget Fonda 200 dollars. Melissa Etheridge et Mary J. Blige ont donné un concert exceptionnel à 1.000 dollars minimum le billet d'entrée, devant un public largement composé de stars. Des acteurs de la série "Ugly Betty", America Ferrera, Tony Plana et Ana Ortiz, ont tourné un spot en espagnol. Samuel Jackson dit aussi No, de même que le gouverneur républicain et bodybuildé de Californie, Arnold Schwarzenegger. Des groupes aussi connus qu'Apple et Google mettent la main à la poche: 100.000 dollars pour Apple, 140.000 dollars pour les fondateurs de Google.

Jamais les partisans et adversaires d'une initiative populaire n'avaient levé autant de fonds dans l'histoire des Etats-Unis, alors que pourtant le sujet a été largement éludé pendant la campagne présidentielle, contrairement à celle de 2004.

Les deux grands candidats à la Maison Blanche, le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain ont à peu près la même position concernant le mariage entre personnes du même sexe: ils sont personnellement contre mais estiment que chaque Etat doit pouvoir décider, et non l'Etat fédéral pour tout le pays. La colistière de McCain, Sarah Palin, plus à droite, souhaite en revanche que la Constitution fédérale interdise le mariage gay.

Plus de 40 Etats américains sont dotés d'une loi interdisant le mariage homo,et 27 Etats définissent le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme dans la Constitution même afin d'empêcher la justice d'en décider autrement, comme en Californie.


En Floride également, le vote sera serré, à en croire les sondages. L'Amendement 2 permettrait d'introduire l'interdiction du mariage homosexuel, déjà dans la loi, dans la Constitution. Mais la formulation jugée trop vague mobilise nombre de couples hétérosexuels contre l'Amendement 2, qui risque selon eux de priver de leurs droits tous les couples non mariés.

En Arizona, la Proposition 102 est un remake d'une précédente, rejetée en 2006. Elle inscrirait dans la Constitution de l'Etat que seule l'union d'un homme et d'une femme est reconnue comme mariage. Les sondages suggèrent une courte victoire des antimariage gay mais les indécis pourraient faire la différence.

Plus discrets, les mouvements homophobes de l'Arkansas ont obtenu l'organisation ce 4 novembre d'un référendum non moins lourd de conséquences si l'initiative est approuvée: seuls les couples mariés (et le mariage est réservé aux hétérosexuels dans cet Etat) auraient le droit d'adopter un enfant, y compris s'il s'agit de l'enfant de la concubine ou du concubin.

Mardi, l'Amérique aura peut-être son premier président noir, signe d'une nouvelle ère dans ce pays. Mais espérons qu'au même moment les droits des homosexuels, eux, ne régresseront pas.

mardi 21 octobre 2008

USA: Sarah Palin veut interdire le mariage homo dans la Constitution

Sarah Palin, colistière de John McCain, voudrait que la Constitution fédérale américaine soit amendée pour interdire le mariage homosexuel.

"Je ne suis pas pour le mariage gay", a déclaré la gouverneuse républicaine de l'Alaska lundi 20 octobre à une télévision chrétienne. Et de rappeler qu'elle avait voté en 1998 pour que la Constitution de son Etat précise que seuls un homme et une femme peuvent se marier.

Une prise de position d'autant plus importante que si John McCain est élu à la Maison Blanche le 4 novembre, il sera âgé de 72 ans, et on ne peut exclure que sa vice-présidente Sarah Palin soit amenée à le remplacer avant la fin de son mandat.

La gouverneuse de l'Alaska se dit "tolérante" envers les homosexuels et souhaite que les couples de même sexe bénéficient par exemple du droit de visite à l'hôpital ou de l'assurance-vie du conjoint. Elle a d'ailleurs mis son veto à une loi locale qui aurait privé des partenaires homosexuels de certains avantages accordés aux couples hétéros.

John McCain, sénateur de l'Arizona, soutient le référendum pour l'interdiction du mariage gay dans la Constitution de l'Arizona, mais il estime que ce n'est pas à l'Etat fédéral de décider.

Du côté démocrate, le colistier de Barack Obama, Joe Biden, a affirmé lors du "Ellen DeGeneres Show" que, s'il votait en Californie, il voterait contre la proposition 8 interdisant le mariage gay.

Tous les candidats à la Maison Blanche (Barack Obama et John McCain) ou à la vice-présidence (Joe Biden et Sarah Palin) sont opposés à la légalisation du mariage homosexuel.

- Voir aussi sur LToutes: "Presidentielle USA 2008: Obama, McCain et les droits des homos" (29/08/2008)

jeudi 28 août 2008

Presidentielle USA 2008: Obama, McCain et les droits des homos

Barack Obama, 47 ans, a été officiellement désigné candidat du Parti démocrate pour l'élection présidentielle 2008 de novembre aux Etats-Unis. Il affrontera John McCain, 72 ans, que les républicains investiront la semaine prochaine.

Huit ans ont amplement suffi pour connaître la politique de George W. Bush en qui concerne les droits des homosexuel(le)s, bi et trans, mais qu'en est-il de ses successeurs potentiels à la Maison Blanche?

LToutes fait le point.

MARIAGE
Seuls le Massachusetts en 2004 et la Californie en 2008 ont légalisé le
mariage homosexuel. En Californie, le mariage gay et lesbien est menacé par un référendum qui sera organisé en novembre 2008.

- Obama: contre le mariage homosexuel mais contre un amendement constitutionnel interdisant le mariage entre deux personnes du même sexe au niveau fédéral.
Favorable aux unions civiles pour les gays et lesbiennes.
Estime que la décision sur le mariage gay appartient à chaque Etat
régional.

"Le mariage est l'union entre un homme et une femme."


- McCain: contre le mariage homosexuel mais contre un amendement
constitutionnel interdisant le mariage entre deux personnes du même sexe au
niveau fédéral, sauf si une cour fédérale ordonnait à un Etat de
reconnaître les mariages gays contractés dans des Etats où c'est légal
(Massachusetts et Californie).
Estime que chacun des Etats confédérés doit pouvoir choisir. Souhaite que les couples homosexuels aient des droits en ce qui concerne
notamment les assurances et la couverture sociale.

"Le mariage est uniquement entre un homme et une femme."


ADOPTION PAR DES HOMOSEXUELS
Seule la Floride interdit explicitement l'adoption par des
célibataires gays et lesbiennes. Neuf Etats autorisent l'adoption par des
couples ouvertement homosexuels, dans les autres, seul l'un des partenaires
peut adopter l'enfant.

- Obama: favorable au droit à l'adoption pour les couples gays et lesbiens.
"Nous devons en finir avec la discrimination à l'encontre des familles LGBT."

- McCain: lui-même père adoptif d'une petite Bangladaise, il est opposé à
l'adoption par des couples homosexuels mais ne souhaite pas
l'interdiction constitutionnelle au niveau fédéral.
"On a prouvé que les deux parents étaient importants dans le succès
d'une famille alors non, je ne crois pas à l'adoption gay."
DISCRIMINATION A L'EMPLOI

- Obama: souhaite que la loi contre la discrimination à l'emploi
concerne également les homosexuel(le)s, bis, travesti(e)s et transsexuels. Il a
soutenu une proposition de loi au Sénat de l'Illinois pour interdire la
discrimination à l'emploi fondée sur l'orientation sexuelle.

- McCain: il a voté contre un projet de loi interdisant la discrimination
à l'emploi fondée sur l'orientation sexuelle.

CRIMES HOMOPHOBES

- Obama: souhaite que la loi fédérale inclue l'orientation sexuelle
dans les circonstances agravantes des crimes.

- McCain: a voté contre l'inclusion de l'orientation sexuelle
dans la définition des crimes de haine.

HIV-SIDA

- Obama: soutient la prorogation de la loi Ryan White CARE permettant le
financement fédéral des soins nécessaires aux séropositifs et malades du SIDA.

- McCain: hésite à se prononcer sur l'usage du préservatif et
l'information.
"Je ne suis pas assez informé là-dessus. J'ai dû prendre position par le passé, laissez-moi retrouver quelle était ma position"
ARMEE
Actuellement, c'est le principe hypocrite du "
Don't ask,
don't tell
", ou "pas vu, pas pris": ne demandez pas, ne dites
pas. Les militaires ne peuvent pas se déclarer ouvertement homosexuels.

- Obama: pour l'abandon du "Don't ask, don't tell",
estime que seuls comptent les états de service.

- McCain: satisfait de la politique du "don't ask, don't
tell".
"Ce serait une terrible erreur de rouvrir la question."