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lundi 19 juillet 2010

Une nouvelle association LGBT consultante auprès de l'ONU


Soutenue par le gouvernement américain, une nouvelle association de défense des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels (LGBT) vient d'obtenir le statut d'organisation non gouvernementale consultative au Conseil économique et social des Nations unies, un organe majeur de l'organisation mondiale.

Le Conseil économique et social de l'ONU consulte des universitaires, des représentants du monde des affaires et plus de 2.100 ONG. Il formule les grandes orientations des Nations unies sur les questions économiques et sociales internationales.

L'International Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC) a obtenu le statut d'ONG consultative par 23 voix contre 13, avec 13 abstentions, après l'avoir demandé pendant trois ans. Une poignée d'autres associations LGBT possédaient déjà ce statut, dont l'ILGA (International Lesbian and Gay Association)-Europe dpuis 2006.

"Le message très clair est que ces voix (des LGBT) ne doivent pas être réduites au silence et que les droits de l'Homme ne peuvent pas être refusés sur la base de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre", a estimé Cary Alan Johnson, directeur exécutif de l'IGLHRC.

Il a salué la victoire en soulignant que son organisation avait été confrontée à des questions homophobes et des obstacles procéduraux de la part de certains membres du conseil. L'Egypte, l'Arabie saoudite, la Chine, la Russie, le Maroc, le Bangladesh et le Venezuela ont notamment voté contre.

mercredi 17 décembre 2008

L'homosexualité divise l'ONU

(actualisé le 18 décembre)
Rama Yade a présenté jeudi 18 décembre à New York le projet français d'appel à une dépénalisation universelle de l'homosexualité. En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme a défendu cette déclaration non contraignante, signée par 66 des 192 Etats-membres de l'ONU.

Le Vatican, en revanche, est vent debout contre un texte qui, estime-t-il, menacerait l'institution du mariage. Au total, une cinquantaine d'Etats se sont opposés à la déclaration, en particulier les pays membres de l'Organisation de la conférence islamique. Le texte n'a pas été signé non plus par les Etats-Unis. Rama Yade a qualifié l'attitude américaine de "décevante".

A l'heure actuelle, 90 pays punissent l'homosexualité, dont sept avec la peine de mort.

Le projet appelle tous les Etats à dépénaliser l'homosexualité, et condamne les assassinats, exécutions, tortures, arrestations arbitraires ou privations de droits économiques, sociaux ou culturels que les homosexuels et transsexuels subissent encore dans de trop nombreux pays.

Parmi les signataires de la déclaration figurent l'Arménie, l'Australie, la Bosnie-Herzégovine, le Canada, la République centrafricaine, le Chili, l'Equateur, la Georgie, l'Islande, Israël, le Japon, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Serbie, la Suisse, l'Uruguay, le Venezuela, ainsi que la totalité des Etats-membres de l'Union européenne.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme ont apporté leur soutien dans un communiqué à l'initiative française. "Les Nations unies doivent parler avec force contre la violence et les préjugés. Il n'y a pas de place pour la demi-mesure quand il s'agit de droits de l'Homme", a ainsi souligné le néerlandais Boris Dittrich, de Human Rights Watch.

Pour Louis-Georges Tin, le promoteur français de la Journée internationale contre l'homophobie, présenter cette déclaration au niveau de l'Assemblée générale des Nations unies est déjà "un grand succès".

En France, Rama Yade a reçu le soutien de GayLib, l'association de l'UMP de promotion des droits des homosexuels, qui a salué dans un communiqué "une déclaration pionnière" et "un signal fort" lancé au monde: "l’homosexualité n’est pas un crime. C’est l’homophobie qui est un délit".

GayLib salue le bilan "largement positif" de Rama Yade, alors même que celle-ci est sur la sellette. La secrétaire d'Etat a en effet "déçu" le président Nicolas Sarkozy lorsqu'elle a dit ne pas souhaiter être candidate aux européennes de 2009. Dans la foulée, son ministre de tutelle Bernard Kouchner estimait d'ailleurs que la création de son secrétariat d'Etat était une "erreur".