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lundi 16 avril 2012

Présidentielle: et si les candidats avaient des parents homos?


"Eva Joly, François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen aussi auraient pu avoir deux mamans lesbiennes ou deux papas gays. Et ils et elles auraient été aussi heureux-ses".

SOS Homophobie a lancé une campagne de six affiches pour la reconnaissance légale de l'homoparentalité à l'occasion de la présidentielle 2012. On y voit François Hollande, Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, François Bayrou et Eva Joly en enfant tenu par un couple de femmes ou d'hommes, avec cette légende: "(Untel) aussi aurait pu avoir deux papas gays/deux mamans lesbiennes/Et il/elle aurait été aussi heureux/se".

Et SOS Homophobie de souligner que, "en France, 300.000 enfants ont des parents homosexuels. Ils et elles ont droit à la même sécurité que les autres. La France doit reconnaître les familles homoparentales".

SOS Homophobie rappelle que, sur dix candidats à la présidentielle, trois refusent de garantir les mêmes droits aux couples homosexuels qu'aux autres: le sortant Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan. A gauche et au centre, "l'ensemble des candidat-e-s souhaite répondre à cette demande sociale en garantissant une stricte égalité entre les hétéros et les homos", ajoute l'association.

Le nombre d'enfants vivant dans des foyers homosexuels n'est pas précisément connu. SOS Homophobie et l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL) l'estime à 300.000 en prenant en compte des configurations familiales très diverses, l'INED (Institut national d'études démographiques) à plus de 30.000 mais reconnaît que ses outils ne sont pas adaptés à cette question.

mardi 20 mars 2012

Hollande: mariage et adoption pour les homos au printemps 2013

Photo francoishollande.fr


François Hollande promet de faire voter l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels "au plus tard au printemps 2013".

Le candidat socialiste à l'Elysée en mai, donné favori dans les sondages, estime dans un long entretien au magazine "Têtu" d'avril que "si on veut un bon débat, mieux vaut qu'il puisse commencer au début de l'année 2013 et se terminer au printemps", une fois traitées les questions financières. "Le printemps, ce n'est pas une mauvaise saison pour se marier!"
Nous ferons cette révolution tranquillement, avec le souci de convaincre et de faire avancer la société française", assure François Hollande.

Interrogé sur l'argument du président sortant Nicolas Sarkozy pour qui ouvrir le mariage aux couples lesbiens et gays risquerait de "brouiller l'image de cette institution sociale", le candidat socialiste répond que "le mariage, au contraire, sera consacré s'il est ouvert à tous. Il sera même renforcé!".

François Hollande réaffirme par ailleurs qu'il est favorable à l'ouverture de la procréation médicale assistée (PMA) aux couples de lesbiennes, "aux conditions d'âge", dans le cadre d'"un projet parental" et dans le "respect de l'anonymat du don des gamètes".

Il se déclare en revanche hostile aux mères porteuses (gestation pour autrui, GPA), refusant "la marchandisation du corps", même s'il estime qu'il faudra un débat sur le statut des enfants nés par GPA, en général à l'étranger.

Et, comme Nicolas Sarkozy, son principal adversaire à la présidentielle, Hollande pense qu'il faut attendre le collège pour aborder la lutte contre l'homophobie à l'école, "parce que c'est à ce moment-là que ces questions se posent pour les adolescents".


Gilles Wullus de "Têtu" sur Hollande et Sarkozy (de 4min15 à 8min30)


Pour Gilles Wullus, directeur de la rédaction de Têtu interrogé sur France-Info, Sarkozy "n'avait pas vraiment préparé cette interview", contrairement à celle qu'il avait donnée au magazine en 2007. "Il a improvisé pas mal de choses et il n'avait quasiment rien à proposer".

lundi 5 mars 2012

La moitié des Français pour l'adoption par les homos



La moitié (51%) des Français sont favorables à l'adoption d'enfants par les couples homosexuels, contre 46% en 2005, selon un sondage Ifop pour "Femme actuelle" et "Enfant Magazine". Ils restent réticents à parler de "famille" dans ce cas 48%) ou dans celui des couples gays et lesbiens élevant des enfants issus de précédentes unions (50%), mais on mesure le chemin parcouru par rapport aux 24% d'acceptation de 1998.

On note cependant que l'Ifop estimait que 58% des Français étaient favorables à l'adoption par les couples homosexuels en juin 2011 dans une autre enquête réalisée pour "Ouest-France Dimanche" (cf LToutes). Les femmes de moins de 35 ans, sans pratique religieuse et de gauche se montrent les plus progressistes en la matière.

Autre enseignement du sondage pour "Femme actuelle": 83% des Français sont d'accord pour un statut du beau-parent, auquel Nicolas Sarkozy a renoncé devant la levée de boucliers de sa droite. Le président sortant s'oppose également au mariage des homosexuels, qui fait partie, avec l'adoption, des promesses du candidat socialiste à l'Elysée, François Hollande.

(Sondage réalisé du 13 au 17 janvier 2012 par questionnaire auto-administré en ligne auprès d'un échantillon de 1.005 personnes représentatif de la population française âgée d'au moins 18 ans, sélectionné selon la méthode des quotas; marge d'erreur d'environ plus ou moins 3 points sur l'adoption, 2,5 pour le statut du beau-parent)

mercredi 22 février 2012

Vanneste joue avec les nerfs de l'UMP



Christian Vanneste va-t-il se présenter en indépendant contre le nouveau candidat UMP aux législatives de juin? Le député du Nord, qui a perdu l'investiture et frôlé l'exclusion pour ses derniers propos aux relents homophobes, n'exclut pas cette possiblité. Il l'avait fait en 2007 mais l'UMP ne lui avait opposé de candidat.

Interrogé sur son éventuelle candidature indépendante, Vanneste répond à France-Soir: "C'est possible, je n'ai pas encore pris ma décision." Il joue aussi le suspens sur son départ de l'UMP, qu'il a pourtant annoncé en fanfare dans la journée, en écrivant sur son blog que les derniers développements lui "font aujourd’hui très sérieusement envisager de quitter un parti qui n'a strictement plus rien à voir" avec le RPR qu'il a intégré en 1977.

Le cas Vanneste s'avère particulièrement épineux pour l'UMP, à l'heure où le candidat-président Nicolas Sarkozy fait de l'oeil aux plus conservateurs de sa majorité en rejetant le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, tout en assurant qu'il a l'homophobie "en horreur" (voir article LToutes).

Résultat: une semaine après avoir quasiment promis l'exclusion de Christian Vanneste devant le tollé déclenché par ses propos sur la "fameuse légende" de la déportation des homosexuels français pendant la Deuxième Guerre mondiale (voir article LToutes), le patron de l'UMP, Jean-François Copé, suspend la procédure quand le député promet de partir de lui-même.

"A partir du moment où il se retire de l'UMP, on ne va pas enclencher une procédure. Si jamais il apparaissait que, d'ici quelques semaines, il ne s'est toujours pas retiré de l'UMP, ben, on en tirera les conséquences, voilà", déclare Copé.

De son côté, Vanneste dénonce "un harcèlement systématique de la part du lobby gay" et le "prosélytisme homosexuel" de GayLib au sein de l'UMP, rappelant que la Cour de cassation a cassé sa condamnation pour homophobie fin 2008.

"On a cherché à faire croire que j'avais nié la déportation (des homosexuels français), alors que j'avais seulement limité celle-ci à son cadre réel, déjà évidemment inexcusable", écrit-il sur son blog, rejetant le terme de "négationnisme". Mais il est bien le seul à parler d'une déportation massive d'homosexuels français, comme l'expliquait encore récemment l'historien Mickaël Bertrand. Cette "fameuse légende", c'est lui qui l'invente.

mardi 21 février 2012

Mariage gay: Sarkozy parle à sa droite



On savait Nicolas Sarkozy-le-candidat opposé au mariage des couples homosexuels, mais parler de "mode du moment" lui permet d'enfoncer le clou auprès de l'aile la plus conservatrice de la droite. Celle qui n'a pas forcément digéré ses mariages et divorces à répétition et son côté bling-bling.

"La famille, le mariage restent des repères, restent des références profondément ancrés dans notre conscience collective et qui font partie de notre identité. Nous ne voulons pas que l'on sacrifie notre identité à la mode du moment", a lancé Sarkozy lors du meeting du 19 février 2012 à Marseille.

La charge fait mal aux défenseurs de l'égalité des droits et du mariage pour tous, mais elle ne doit pas surprendre dans le contexte de la droitisation de la campagne Sarkozy, d'autant plus que sa déclaration de candidature ne l'a pas fait remonter dans les sondages sur la présidentielle.

Toujours dominé par François Hollande et menacé par Marine Le Pen, Sarkozy veut ratisser un électorat vieillissant mais fidèle, attaché aux valeurs traditionnelles, et qui se moque bien qu'une majorité de Français soient favorables au mariage des homosexuels. Car l'enjeu pour Sarkozy, c'est précisément de ne pas passer de mode.

mercredi 15 février 2012

Vanneste: Sarkozy a l'homophobie en horreur




Nicolas Sarkozy a pris toutes ses distances avec un Christian Vanneste mercredi (15/02/2012). "Tout ce qui, de près ou de loin, peut paraître comme de l'homophobie, je l'ai en horreur", a déclaré le président après avoir officialisé sa candidature pour un second mandat de cinq ans à l'Elysée.

"On n'a rien à faire avec des personnes qui ne comprennent pas qu'au XXIe siècle, ce type de propos, ça tire tout le monde vers le bas", a ajouté Sarkozy, réagissant à la polémique déclenchée par les propos du député du Nord Christian Vanneste sur la "légende" de la déportation des homosexuels pendant la Deuxième guerre mondiale.

Le patron de l'UMP, Jean-François Copé, a annoncé que Vanneste devrait être exclu du parti présidentiel et perdait son investiture pour les élections législatives de juin à Tourcoing, auxquelles la formation présenterait un autre candidat.

Homophobie: Vanneste se grille à l'UMP



Christian Vanneste fait la quasi unanimité... contre lui. Le député du Nord qui voit dans l'homosexualité une menace pour l'humanité devrait être exclu de l'UMP et perd l'investiture du parti aux législatives pour avoir poussé trop loin le bouchon homophobe, même quand Sarkozy barre à droite pour conserver l'Elysée.

Sarkozy a le soir même (15/02/2012) pris toutes ses distances avec Vanneste, après avoir officialisé sa candidature à un second mandat présidentiel de cinq ans. "Tout ce qui, de près ou de loin, peut paraître comme de l'homophobie, je l'ai en horreur", a-t-il lancé. "On n'a rien à faire avec des personnes qui ne comprennent pas qu'au XXIe siècle, ce type de propos, ça tire tout le monde vers le bas."





C'est un entretien vidéo au site traditionnaliste chrétien "Liberté Politique" qui a mis en émoi jusqu'au propre camp de Vanneste, y compris son club très conservateur de la Droite populaire, et même le Front national.

Vanneste y dénonce "la fameuse légende de la déportation des homosexuels", faisant valoir qu'"en-dehors des trois départements annexés (par l'Allemagne: Alsace et Moselle), il n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France" à l'époque nazie. Et de fustiger la toute-puissance d'un prétendu "lobby gay" qui aurait infiltré les médias et la politique.

Certes, Nicolas Sarkozy s'oppose au mariage homosexuel et à l'adoption pour les couples lesbiens et gays; certes, l'UMP vient d'investir Vanneste alors qu'elle lui avait refusé son label aux législatives de 2007, sans pour autant lui opposer de candidat. Certes, la tentation est grande de chasser sur les terres du FN pour faire barrage au candidat socialiste, François Hollande, favori des sondages.

Mais là, Vanneste a osé "une provocation de trop", a réagi sur Twitter Frank Riester, député-maire UMP de Coulommiers et l'une des étoiles montantes du parti sarkozyste, qui a rendu son homosexualité publique en décembre. "Il faut le virer de l'UMP!", bouillonnait Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement. Chantal Jouanno, sénatrice UMP de Paris, jugeait aussi que "l'UMP ne peut pas rester sans réaction".






Le patron de l'UMP, Jean-François Copé, a tranché: Vanneste devrait être exclu de l'UMP le 22 février et remplacé par un autre candidat à Tourcoing. "Le bureau politique, à l'unanimité, a condamné avec la plus grande force ces propos inacceptables, profondément choquants et intolérables", a affirmé Copé.

Emmanuel Blanc, président de GayLib, le cercle de réflexion LGBT à l'UMP, a salué la réaction de Copé. Vanneste est un "multirécidiviste" qui "parle des homosexuels comme on parlait des juifs dans les années 30 (...) Cela n'a pas de place à l'UMP, ce ne sont pas nos valeurs", a-t-il dit sur Europe-1, même si GayLib n'a pas appelé à voter Sarkozy à la présidentielle.

Vanneste ne peut même plus compter sur ses amis: Thierry Mariani, ministre des Transports et co-fondateur de la Droite populaire, juge que "s'en prendre, de manière régulière et outrancière, aux homosexuels est injustifiable et incompatible avec les valeurs de notre famille politique".

"Nous nous désolidarisons totalement" de ces propos, écrivent Mariani et 24 autres membres du club, dont Jacques Myard, qui dénonce pourtant un "lynchage médiatique", et Lionnel Luca, opposé à l'exclusion de Vanneste de l'UMP, selon "Le Monde".

Quant au vice-président du Front national, Louis Aliot, il conseille à Vanneste sur France-2 de relire "un peu ses livres d'histoire".

A gauche, où le mariage homosexuel et l'adoption font officiellement consensus, la porte-parole de François Hollande, Najat Vallaud Belkacem, estime que "Vanneste est un négationniste" qui "déshonore l'Assemblée Nationale, la République, la France". Réagissant avant l'annonce de Copé, elle dénonçait "l'impunité et le silence complice de son camp, de son parti".

En ce qui concerne les faits, seuls sept des 62 Français envoyés dans des prisons et des camps allemands en raison de leur homosexualité, réelle ou supposée, ont été arrêtés en zone occupée, selon l'ouvrage collectif "La déportation pour motif d'homosexualité en France" (Editions Mémoire active), dirigé par Mickaël Bertrand. Mais "les homosexuels français pendant l'Occupation ont été persécutés, obligés de se cacher, parfois envoyés en prison ou dans des hôpitaux psychiatriques", a expliqué l'historien sur France-Info.

L'Allemagne nazie considérait les homosexuels comme des "ennemis de l'Etat". Sur les quelque 50.000 personnes condamnées pour ce motif, entre 10.000 et 15.000 ont été envoyées en camp de concentration et très peu ont survécu. Leur histoire est longtemps restée dans l'ombre de celle des résistants et des quelque six millions de juifs tués par les nazis. Le dernier de ces "Triangles roses" connus, Rudolf Brazda, né en Allemagne, est mort en août 2011 en Alsace, à l'âge de 98 ans.

jeudi 9 février 2012

Sarkozy dit non au mariage gay



Nicolas Sarkozy n'est "pas favorable" au mariage des couples homosexuels. Cela "ouvrirait la porte à l'adoption" et pourrait "brouiller l'image de cette institution essentielle qu'est le mariage", se justifie le président sortant et candidat présumé à sa propre succession dans un entretien au "Figaro Magazine" daté du 11/02/2012.

L'ouverture du mariage à tous risquerait surtout de fracturer la majorité au pouvoir à quelques encâblures de la présidentielle (22 avril/6 mai 2012). Car à en croire un sondage BVA de janvier pour "Le Parisien"/"Aujourd'hui en France", 51% des sympathisants de droite sont pour le mariage homo, et 44% pour l'adoption, deux mesures inscrites dans le programme présidentiel socialiste.

Toutes tendances politiques confondues, 63% des Français sont d'accord pour que les couples lesbiens et gays se marient (contre 48% en 2000), et 56% également pour qu'ils puissent adopter (28% en 1998).

"Je sais qu'il existe, de fait, des situations particulières avec des hommes et des femmes qui assument parfaitement leur rôle parental. Mais elles ne m'amènent pas à penser qu'il faudrait inscrire dans la loi une nouvelle définition de la famille", explique Nicolas Sarkozy.





Sarkozy rappelle qu'il avait proposé en 2007 "un contrat d'union civile" (CUC!) mais affirme qu'il était "inconstitutionnel" de le réserver "aux seuls homosexuels" et "aurait porté atteinte à l'institution du mariage". "Cependant, j’ai veillé à garantir aux homosexuels les mêmes avantages en termes de succession et de fiscalité qu’aux couples mariés, mais dans le cadre du PACS", insiste-t-il. Son projet de statut du beau-parent a aussi été enterré pour ménager les plus à droite du parti présidentiel.

Comme pour préparer le "non" de Sarkozy au mariage homosexuel, son Premier ministre, François Fillon, réitérait son opposition il y a quelques jours sur France 2, au nom de "la sécurisation des enfants" (*).

A l'heure où François Hollande apparaît comme le favori de la présidentielle dans les sondages, et même si le candidat socialiste a tout sauf déjà gagné la partie, Sarkozy peut être tenté de donner des gages à l'aile la plus réactionnaire de la droite pour chasser sur les terres frontistes. Quitte à investir un Christian Vanneste, pour qui l'homosexualité représente une menace pour l'humanité, aux législatives de juin prochain dans le Nord, alors qu'il avait été jugé trop sulfureux pour porter l'étiquette UMP en 2007.

* Les estimations varient sur le nombre d'enfants de familles homoparentales: de plus de 30.000 selon l'INED (Institut national d'études démographiques), qui reconnaît ne pas disposer des outils adaptés à cette question, à 300.000 selon l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), qui tente de prendre en compte des configurations très diverses.

vendredi 23 décembre 2011

Sarkozy pour le mariage homo?


Le mariage homo, c'est pour bientôt, et c'est Christine Boutin, sans doute sa plus farouche opposante, qui le dit. Dans Le Parisien, la candidate à la présidentielle -du moins si elle parvient à réunir le nombre de parrainages nécessaire, ce qui semble mal parti- s'insurge: si Sarkozy est réélu, "on va à grandes enjambées vers le mariage homosexuel". La preuve, "M. Juppé, Mme Jouanno, M. Le Maire… Tous les leaders de l'UMP y sont favorables", souligne Christine Boutin, qui "craint que l'UMP ne résiste pas aux lobbies".

Le mariage gay pourrait, de fait, faire partie des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy, alors qu'il figure déjà dans le programme du candidat socialiste à la présidentielle François Hollande. Sarkozy "va parler de toutes les familles: la famille traditionnelle, la famille monoparentale, la famille homosexuelle", confiait il y a quelques jours le député (UMP) Eric Raoult à France-Soir. Mieux: selon une autre source citée par le quotidien: "le mariage gay n'est plus tabou. Sur cette question, la société comme l'UMP ont évolué. Ce devrait être l'une des mesures fortes du programme de Sarkozy". 

Reste encore à savoir si ces éventuelles promesses seraient, cette fois, tenues. En 2007, Sarkozy s'était déjà engagé en faveur d'une "union civile" -sorte de PACS amélioré- pour les couples de même sexe. On l'attend toujours...

jeudi 10 novembre 2011

Sarko penserait au mariage homo



Nicolas Sarkozy envisagerait-il l'ouverture du mariage au couples homosexuels? C'est ce que croit savoir le site de droite Atlantico, qui cite "un cadre de l'UMP".

D'après ce cadre non identifié, le président sortant et probable candidat à sa propre succession en 2012 pourrait s'inspirer du Premier ministre conservateur britannique, David Cameron, qui s'est déclaré pour la légalisation du mariage pour tous au nom de l'égalité mais aussi de l'engagement au sein du couple, qui "rend la société plus forte".

"Il n'y a pas beaucoup de sujets de société sur lesquels Nicolas Sarkozy sera en mesure de proposer une avancée significative pendant la campagne. Il ne bougera pas sur la dépénalisation du cannabis, rien sur le vote des étrangers ni sur l'homoparentalité. Le seul truc auquel il réfléchit, c'est le mariage homo", aurait déclaré cette source. On note que selon le cadre anonyme de l'UMP, Nicolas Sarkozy dissocie l'homoparentalité, donc la famille, du mariage.

On se souvient aussi qu'avant d'arriver à l'Elysée en 2007, le futur président Sarkozy avait promis un statut du beau-parent et s'était déclaré en faveur d'"une union civile homosexuelle qui ne passe pas par le greffe du tribunal d'instance, mais par la mairie". Mais c'est la vision de la droite la plus conservatrice, souvent catholique, qui s'est imposée.

mercredi 13 juillet 2011

L'UMP veut une "famille durable" hétéro


Hervé Mariton

La "famille durable" que veut "promouvoir" l'UMP est résolument... hétéro.

Dans le rapport du groupe de travail sur la famille présenté par les députés Hervé Mariton et Anne Grommerch, le parti présidentiel défend plus que jamais "le mariage comme lien de deux personnes de sexe différent" et entend réserver l'adoption aux hétéros, en couple si possible.

L'UMP préconise en effet de réserver en priorité l'adoption aux couples hétérosexuels ou aux seuls célibataires appartenant au cercle familial de l'enfant (oncle, tante...), quand ses parents sont décédés.

Car "avoir deux parents de sexe différent (est) un bien élémentaire de l'enfant", écrivent-ils. Quant à la monoparentalité, elle "peut être une circonstance de la vie, elle ne doit pas fonder le projet". L'adoption d'un enfant par un célibataire est pourtant possible en France depuis 1966.


Anne Grommerch
Réservé aux seuls hétérosexuels, le mariage doit quant à lui être "mis en avant" par rapport au PACS, estiment-ils. Car "un contrat civil comme le PACS, qui s'inscrit dans l'instant, ne peut porter les mêmes droits que l'institution du mariage, qui s'inscrit dans l'avenir".

L'UMP souhaite donc que soit maintenue "une différence subjective et créancière de droits entre le PACS ou le concubinage et le mariage". Et de réclamer le rétablissement du cadeau fiscal réservé aux seuls jeunes mariés. On est bien loin du statut du beau-parent promis par Nicolas Sarkozy. Ah oui, c'était avant qu'il ne soit président.

L'UMP veut une "famille durable" hétéro


Hervé Mariton

(Actualisé avec les réactions d'associations LGBT)

La "famille durable" que veut "promouvoir" l'UMP est résolument... hétéro.

Dans le rapport du groupe de travail sur la famille présenté par les députés Hervé Mariton et Anne Grommerch, le parti présidentiel défend plus que jamais "le mariage comme lien de deux personnes de sexe différent" et entend réserver l'adoption aux hétéros, en couple si possible.

Le rapport a évidemment fait bondir les associations LGBT, comme Act Up, qui estime que "l'UMP reste bien ce concentré de haine envers les pédés, les gouines, les trans", l'Association des parents gays et lesbiens (APGL) ou SOS Homophobie, qui se dit "révoltée par tant de mépris et de méconnaissance" des homosexuels et "des dizaines de milliers de familles homoparentales", et s'inquiète "de ce qui semble être un mouvement de fond au sein du parti majoritaire".

L'UMP préconise en effet de réserver en priorité l'adoption aux couples hétérosexuels ou aux seuls célibataires appartenant au cercle familial de l'enfant (oncle, tante...), quand ses parents sont décédés.

Car "avoir deux parents de sexe différent (est) un bien élémentaire de l'enfant", écrivent-ils. Quant à la monoparentalité, elle "peut être une circonstance de la vie, elle ne doit pas fonder le projet". L'adoption d'un enfant par un célibataire est pourtant possible en France depuis 1966.

Anne Grommerch
Réservé aux seuls hétérosexuels, le mariage doit quant à lui être "mis en avant" par rapport au PACS, estiment-ils. Car "un contrat civil comme le PACS, qui s'inscrit dans l'instant, ne peut porter les mêmes droits que l'institution du mariage, qui s'inscrit dans l'avenir".

L'UMP souhaite donc que soit maintenue "une différence subjective et créancière de droits entre le PACS ou le concubinage et le mariage". Et de réclamer le rétablissement du cadeau fiscal réservé aux seuls jeunes mariés. On est bien loin du statut du beau-parent promis par Nicolas Sarkozy. Ah oui, c'était avant qu'il ne soit président.

mercredi 2 mars 2011

Longuet, un ministre pas gay


Gérard Longuet au Sénat le 3 juillet 2008


Le nouveau ministre de la Défense, Gérard Longuet, n'est pas un inconnu pour les associations gaies et lesbiennes. En 2008, il s'était illustré peu glorieusement en rapprochant homosexualité et pédophilie.

Le sénateur lorrain de 65 ans déclarait à l'époque devant une commission sénatoriale évoquant la lutte contre l'homophobie à l'école qu'il trouvait "extrêmement réjouissant de savoir que l'on promeut des formes nouvelles de sexualité dans l'école et qu'on combat en même temps la pédophilie". "Il y a quand même un moment où il faut savoir sur quelles valeurs on s'arrête", ajoutait-il.


Il enfonçait encore le clou en ajoutant quelque temps après: "qu'il y ait un lien entre homosexualité et pédophilie, ça peut arriver". Des associations avaient en vain réclamé son exclusion de l'UMP.

Ce qui n'empêchait pas Nicolas Sarkozy d'affirmer en octobre 2009, au sujet des accusations visant son ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, qu'il "ne laisserai(t) personne assimiler homosexualité et pédophilie". "Je dois défendre certaines valeurs", lançait-il. Visiblement, ce ne sont pas les mêmes que celles de Longuet.

lundi 8 novembre 2010

Mandroux relance Sarkozy sur le mariage homosexuel


Un après avoir lancé "L'appel de Montpellier" pour la légalisation du mariage homosexuel en France, la maire socialiste Hélène Mandroux revient à la charge auprès de Nicolas Sarkozy, en l'exhortant à "faire preuve de courage politique".

"La France est aujourd'hui à la traîne sur cette question alors même que c'est elle qui avait ouvert la voie il y a une décennie avec le PACS", souligne-t-elle, ajoutant que plus de 10.000 élus et citoyens ont signé la pétition en faveur de l'ouverture du mariage aux couples de lesbiennes ou de gays. L'élue de Montpellier rappelle aussi que le PS s'est engagé à légaliser ces unions et ouvrir l'adoption aux couples homos s'il revenait aux affaires en 2012.

Mandroux avait déjà écrit au président en janvier pour lui demander, "au-delà des clivages politiques, de prendre les dispositions qui s'imposent" afin que tous les Français, quelle que soit leur orientation suexuelle, possèdent "la même liberté de choix". Elle dit n'avoir pas reçu de réponse de l'Elysée.

Les couples homosexuels peuvent actuellement se marier dans sept pays d'Europe: Portugal, Pays-Bas, Belgique, Espagne, Suède, Norvège et Islande. Le mariage entre personnes du même sexe est également légal en Argentine, en Afrique du Sud, au Canada, à Mexico et dans certains Etats des Etats-Unis: Connecticut, Iowa, Massachusetts, New Hampshire, Vermont, Washington DC.

jeudi 15 octobre 2009

Sarkozy: "ne pas assimiler homosexualité et pédophilie"

"Je ne laisserai personne assimiler homosexualité et pédophilie. C’est un retour au Moyen-Age qui fait honte à ceux qui ont employé cet argument", lance Nicolas Sarkozy au sujet des attaques contre son ministre de la Culture Frédéric Mitterrand. "Je suis président de la République. Je dois défendre certaines valeurs", ajoute-t-il dans une interview publiée jeudi 16 octobre dans le Figaro.

Et de s'en prendre au Parti socialiste: "quand je vois le porte-parole du PS (Benoit Hamon) emboîter le pas à Marine Le Pen et avec quel enthousiasme! Je me demande où sont passées les valeurs humanistes de ce grand parti républicain".

On aurait aimé autant de fermeté contre les propos de Gérard Longuet, aujourdhui président du groupe UMP au Sénat qui, lui aussi, avait assimilé récemment pédophilie et homosexualité.

- Lire aussi sur LToutes: "Gérard Longuet assimile pédophilie et homosexualité" (10/11/2008)

mercredi 7 octobre 2009

Leonetti esquive l'homoparentalité


Le rapport Leonetti sur le statut du beau-parent, remis mercredi au Premier ministre François Fillon, "nie" les familles homoparentales "sous prétexte de ne pas leur accorder de droits spécifiques", estime l’Association des parents gays et lesbiens (APGL).

Chargé de calmer les conservateurs au sein de la majorité, le député UMP préfère notamment les termes de "mère" et "père" à celui de "parent", qui incluerait les familles homoparentales dans le partage des droits et devoirs envers l'enfant du couple. Le statut du beau-parent était une promesse électorale de Nicolas Sarkozy.

Pour l'APGL, le rapport Leonetti "vide de son sens" l'avant-projet de loi controversé de la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano, qui reconnaissait pour la première fois l'existence de familles homoparentales. Les statistiques officielles font état d'au moins 30.000 enfants vivant dans un foyer lesbien ou gay en 1999. L'APGL parle de 200.000.

Le projet Morano avait soulevé l'indignation d'une partie de la droite. La très catholique Christine Boutin, alors ministre du Logement, y voyait une tentative de faire reconnaître "l'adoption par les couples homosexuels de façon détournée".

Jean Leonetti revient à une vision plus traditionnelle de la famille. "La question de l’homoparentalité, si elle devait être abordée, mériterait de faire l’objet d’un débat serein et éclairé", écrit-il, elle "ne saurait être traitée au détour d’un texte dont l’ambition affichée était de repenser l’intérêt de l’enfant dans l’exercice de l’autorité parentale et des droits des tiers". Circulez, ça n'a rien à voir.

En outre, affirme M. Leonetti, un simple toilettage de la loi suffit, car "la quasi-unanimité des personnes auditionnées –les juristes, les pédopsychiatres, les acteurs de terrain– (estime que) le droit existant répond déjà à la plupart des problèmes rencontrés".

Pour lui, critique l'APGL, le tiers est un beau-père ou une belle-mère qui a "peu de droits et quelques devoirs", et il "ne considère la famille que sous un angle biologique". Or "dans les familles homoparentales (...), parce que le projet parental a été conçu par le couple, le tiers –véritable parent social- assume au quotidien l’éducation de l’enfant", souligne le porte-parole de l'APGL, Jean Tanguy.

François Fillon a fait savoir mercredi que "le projet de loi serait modifié afin de tenir compte des propositions du rapport, dans la perspective d’un examen prochain au Parlement".

- Lire aussi sur LToutes: "Morano et Boutin s'affrontent" (03/03/2009); "Copé veut un débat sur l'homoparentalité" (04/03/2009)

lundi 29 juin 2009

Liza Minelli en tête de la Marche des Fiertés 2009 à Paris

La Marche des Fiertés LGBT 2009 a rassemblé entre 200.000 (selon la police, qui a aussi évoqué plus tard 500.000) et 700.000 lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels et leurs amis samedi 27 juin à Paris (voir nos photos). Avec une guest-star surprise: Liza Minelli.

Quarante ans après la naissance du mouvement d'émancipation gay dans les émeutes de Stonewall à New York, la parade était placée sous le double signe de l'anniversaire et de l'avenir, de la fête et de la revendication politique et citoyenne, avec pour mot d'ordre "1969–2009: Fier-e-s de nos luttes, à quand l’égalité réelle?"

Marraine imprévue de l'ex-Gay Pride, Liza Minelli a profité de ce qu'elle venait se produire à Paris pour donner le coup d'envoi de la manifestation, le poing levé, aux côtés d'un Bertrand Delanoë visiblement aux anges.

Les dizaines de chars colorés ont défilé de Montparnasse à la Bastille sous un soleil complice des torses nus et des corps bariolés dansant sur les rythmes pop ou technos des sonos saturées. L'ambiance et les rires n'ont pas éclipsé pour autant les revendications portées par les participants: reconnaissance de l'homoparentalité, lutte contre la lesbophobie et la discrimination des LGBT au travail, statut des trans, mariage homosexuel...



Seul à-coup dans le parcours: le blocage, comme l'an dernier, du char de GayLib par les Panthères roses, qui jugent incompatible la lutte pour l'égalité des droits LGBT et l'affiliation du mouvement à la très peu homophile UMP du président Sarkozy.

Des militants du groupe se sont assis devant le char dont la sono poussée à fond peinait à couvrir les sifflets, au grand dam d'Hervé Gasteau, vice-président de GayLib, qui, interrogé par LToutes, a souligné l'importance pour lui d'oeuvrer au sein même du parti au pouvoir. "Y a du travail à faire, on le fait", a-t-il expliqué.

Chez les Verts, ardents avocats des droits LGBT, la responsable de la commission féminisme a rappelé que l'autorisation de participer au défilé était donnée par la cinquantaine d'associations membres de l'Inter LGBT (dont les Verts). "A partir du moment où l'organisation de la manifestation a accepté GayLib, ce n'est pas à nous de dire oui ou non", a déclaré Arlette Zylberg à LToutes. Et d'ajouter qu'"il y a du travail à faire à l'UMP" pour l'égalité des droits LGBT, alors si des sympathisants de droite veulent s'y atteler, "qu'ils y aillent! Qu'ils y aillent!"


mercredi 24 juin 2009

Remaniement: 2-1 pour les homos au gouvernement


Christine Boutin est out, Frédéric Mitterrand est in: tout arrive. La ministre du Logement et de la Ville, fervente opposante au PACS et plus récemment à la reconnaissance des familles homoparentales, est rayée du gouvernement de François Fillon, alors que Frédéric Mitterrand, homosexuel déclaré, y fait son entrée par la grande porte de la Culture et de la Communication.

A bientôt 62 ans, cet homme de lettres, de cinéma, de radio et de télévision permet à Nicolas Sarkozy d'accrocher un Mitterrand à son tableau de chasse, le neveu peu politisé, auquel il avait déjà offert la direction de la Villa Médicis et de ses artistes en résidence à Rome il y a quelques mois.

Reconnaissable à son "Bonsouair" mêlant les accents de Titi parisien et ceux de la haute, Frédéric Mitterrand est notamment l'auteur des merveilleuses "Lettres d'amour en Somalie", de "La Mauvaise vie" ou d'émissions de radio et de télévision -dont "Ca s'est passé comme ça", sur Pink TV- excellentes pour certaines, plus ou moins oubliables pour d'autres.

Autre gay déclaré, Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, quitte en revanche le gouvernement, quelques mois après son coming out fort opportun qui n'a pas empêché Valérie Pécresse de lui ravir l'investiture UMP pour les élections régionales de 2010 en Ile-de-France. Rama Yade, qui avait porté le projet français de déclaration pour la dépénalisation de l'homosexualité à l'ONU, signée par 66 pays, est pour sa part reléguée aux Sports.

Nadine Morano, elle, conserve son poste de secrétaire d'Etat chargée de la Famille et de la Solidarité, auquel elle s'était accrochée avec Christine Boutin au sujet de la prise en compte des familles homoparentales. On note par ailleurs l'arrivée aux Affaires européennes de Pierre Lellouche, qui s'était distingué par des propos virulents contre les homosexuels lors du débat sur le PACS au Parlement.

- Lire aussi sur LToutes: "Morano et Boutin s'affrontent" (03/03/2009)

vendredi 27 mars 2009

Le statut du beau-parent attendra

Le statut du beau-parent attendra la rentrée de septembre. Devant le tollé soulevé à droite par la mention de l'homoparentalité, le gouvernement a décidé de laisser passer les élections européennes de juin pour ouvrir le débat parlementaire sur la réforme de l'autorité parentale et les droits des tiers, selon Le Monde (28/03/2009).

Nicolas Sarkozy avait initialement demandé le 13 février 2009 au gouvernement de lui présenter d'ici la fin mars un projet de "statut des beaux-parents et, plus largement, des tiers qui vivent au domicile d'enfants dont ils ne sont pas les parents". Il s'agissait d'une promesse de campagne du président, mais l'avant-projet présenté par la secrétaire d'Etat à la Famille Nadine Morano a soulevé un violent débat au sein même de la majorité.

La ministre du Logement Christine Boutin soutenue par la Conférence des évêques catholiques a notamment protesté contre ce qu'elle considérait comme une reconnaissance détournée de l'homoparentalité, alors que les associations LGBT souhaitaient que le texte aborde la question de la filiation.

Plus de 30.000 enfants vivent dans un foyer composé de deux adultes du même sexe en France, d'après l'Institut national d'études démographiques (INED) -un nombre considérablement sous-estimé selon l'Association des parents gays et lesbiens (APGL). Le Monde précise qu'un groupe de travail dirigé par le député UMP Jean Leonetti a été chargé de travailler sur le projet. "Il faut apaiser les esprits" et "dissiper les malentendus", explique l'élu cité par le quotidien.

- Lire aussi sur LToutes: "Morano et Boutin s'affrontent" et "L'homoparentalité mentionnée dans le texte sur le statut du beau-parent" (03/03/2009); "Coppé veut un débat" (04/03/2009)

samedi 14 février 2009

Sarkozy: un projet de statut du beau-parent pour fin mars

Nicolas Sarkozy veut un statut du beau-parent "et plus largement, des tiers" vivant avec l'enfant. Le président français, lui-même plusieurs fois beau-père, a demandé au gouvernement de proposer un projet de loi d’ici fin mars, "après avoir procédé aux consultations qui s’imposent". Reste à savoir si, et dans quelle mesure, ce statut concernera la famillle homoparentale.

"Qui peut nier la réalité des liens affectifs qui peuvent se créer entre un enfant et le conjoint de son parent biologique? Je souhaite reconnaître ces liens particuliers par la création d’un statut du beau-parent et, plus largement, des tiers qui vivent au domicile d’enfants dont ils ne sont pas les parents", a déclaré le chef de l'Etat ce 13 février 2009, dans un discours sur la politique familiale.

"Il y a de nouvelles réalités familiales auxquelles il faut bien apporter une réponse", a-t-il expliqué, citant les "familles recomposées". "Ce statut (du beau-parent) permettra de reconnaître des droits et des devoirs aux adultes qui élèvent des enfants qui ne sont pas les leurs avec le même amour que s’ils l’étaient", a promis M. Sarkozy. Le gouvernement a lancé une consultation sur le statut en juin 2008, aboutissant à un avant-projet de loi.

Environ 1,6 million d'enfants vivent aujourd'hui dans une famille recomposée (remariage, concubinage, pacs...), selon l'INSEE, et quelque 30.000 dans une famille homoparentale, d'après la Défenseure des enfants, Dominique Versini. Elle a proposé dès 2006 un "statut des tiers (...) qui partagent ou ont partagé la vie d’un enfant et ont des liens affectifs forts avec lui". Le beau-parent n'a pour le moment ni droit ni obligation envers l'enfant.

Le gouvernement pourrait aussi s'inspirer des travaux de l'Association des parents gays et lesbiens (APGL), qui avait applaudi le projet de statut du beau-parent. L'APGL a en effet présenté des propositions pour un statut du "parent social", expression qui ne fait pas référence au mariage puisque ce dernier est interdit aux couples homosexuels.

L'avocate Caroline Mécary, spécialiste de la famille homoparentale, note pour sa part que "le Danemark, la Norvège, la Suède, l'Islande et d'autres admettent un vrai partage de l'autorité parentale, voire l'adoption de l'enfant du concubin". Dans ces pays, "c'est l'intérêt de l'enfant in concreto qui est recherché et non pas un intérêt abstrait, déconnecté de la réalité de la vie quotidienne", souligne Me Mécary, qui fait le point sur son blog sur la loi actuelle (2002) et les décisions de justice en la matière.