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lundi 20 avril 2009

Sénégal: les 9 gays condamnés sont libres

Les neuf jeunes Sénégalais condamnés à huit ans de prison pour leur homosexualité en janvier dernier ont été remis en liberté lundi. L'ONUSIDA a salué la décision de la cour d'appel de Dakar de relâcher ces hommes qui font partie d'une organisation sénégalaise de lutte contre le SIDA.

"L'homophobie et la criminalisation fondée sur l'orientation sexuelle alimentent l'épidémie de SIDA. Nous exhortons le Sénégal à prendre des mesures pour abroger de telles lois qui bloquent la lutte contre le SIDA", a déclaré le directeur exécutif de l'ONUSIDA, Michel Sidibé. "Les droits des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes doivent être protégés."

Les neuf jeunes homosexuels avaient été condamnés pour "acte impudique, acte contre nature et association de malfaiteurs". Il s'agissait de militants contre le SIDA, parmi lesquels Diadji Diouf, figure de la communauté sénégalaise lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT) dans ce pays.

De nombreuses associations LGBT dans le monde étaient alors montées au créneau pour dénoncer cette décision, qui intervenait dans un contexte d'homophobie grandissante au Sénégal. En France, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot avait dénoncé cette condamnation et le président Nicolas Sarkozy avait même fait part de son "émotion".

L'ONUSIDA a dit souhaiter que les pays luttent contre "la stigmatisation et la discrimination" en "amendant les lois qui interdisent les relations sexuelles entre adultes consentants et en privé; en mettant en oeuvre la lutte contre la discrimination; en proposant des services d'aide juridique; et en menant des campagnes contre l'homophobie". Sinon, estime l'agence de l'ONU, les pays risquent de ne pas atteindre l'objectif de l'accès universel à la prévention, au traitement et aux soins concernant le VIH/SIDA d'ici 2010.

Comme 37 autres pays d'Afrique, le Sénégal considère l'homosexualité comme un crime. L'Afrique du Sud avait d'ailleurs soulevé un tollé dans la région en 2006 en légalisant le mariage gay et lesbien.

mercredi 18 février 2009

Burundi: l'homosexualité n'est pas un crime

Le Sénat du Burundi a refusé mardi de faire de l'homosexualité un crime passible de deux ans de prison. Mais si l'article a été retoqué, Sidaction souligne que la réforme du Code pénal se poursuit et que l'article repassera en commission mixte au Parlement burundais.

L'homosexualité est jusqu'ici tolérée au Burundi. Après l'adoption du texte par l'Assemblée natinoale en novembre 2008, l'Association pour le respect des droits des homosexuels (ARDHO) de ce pays avait dénoncé cette régression des droits humains et du combat contre le sida, car "comment voulez-vous lutter contre le sida si vous ne parlez pas de tout ce qui a trait à la sexualité, notamment de l'homosexualité?".

Le rejet de l'article criminalisant l'homosexualité au Burundi survient quelques jours après la publication d'un rapport parlementaire sur la lutte contre le sida dans ce pays, document qui estime l'aide financière internationale insuffisante. La Banque mondiale s'apprête à donner 15 millions de dollars sur trois ans, selon l'agence de presse panafricaine PANA.

L'ONUSIDA estime qu'environ 150.000 des 7,5 millions de Burundais sont séropositifs, et que 13.000 personnes sont mortes du sida en 2005. Le pays compte environ 120.000 orphelins du sida de moins de 17 ans, et l'espérance de vie moyenne à la naissance dans ce pays est de 47 ans pour les femmes et 42 ans pour les hommes. Le rapport parlementaire note que si la tendance se maintient, l'espérance de vie moyenne pour les deux sexes ne sera plus que de 39 ans en 2010, contre 51 ans en 1999.

- Lire aussi sur LToutes: "Burundi: les homosexuels risquent deux ans de prison" (22/11/2008)