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mercredi 11 janvier 2012

L'espionnage c'est gay



Le contre-espionnage britannique a réussi son coming out: il vient d'entrer au palmarès des 100 employeurs les plus gay-friendly de Grande-Bretagne établi par Stonewall. Le MI5 avait consulté cette association LGBT il y a quelques années pour recruter des Jane et James Bond homosexuels, dans un effort pour mieux refléter la diversité de la société.

Le MI5, dont LToutes avait évoqué la campagne d'embauche gay, se classe 62e du Top 100 (il était 134e l'an dernier). Le cabinet d'audit et de conseil Ernst & Young (152.000 salariés dans le monde) arrive premier, devant le groupe de fournitures de bureaux Home Office et la banque Barclays.

Le directeur du MI5, Jonathan Evans, a souligné que "le Service de sécurité avait travaillé dur ces dernières années pour promouvoir l'égalité et la diversité dans tous les aspects de son travail". "Nous sommes heureux d'être reconnus par Stonewall mais nous pouvons faire encore plus. Nous continuerons à soutenir le personnel lesbien, gay et bisexuel pour faire du MI5 un lieu de travail vraiment ouvert", a-t-il promis.

Le Stonewall Workplace Equality Index 2012 constitue "un puissant outil qui aide les 1,7 million d'employés et 150.000 étudiants gays de Grande-Bretagne à choisir où porter leur talent et leurs compétences", a affirmé Ben Summerskill, l'un des dirigeants de Stonewall. La liste est dressée sur la base d'un questionnaire confidentiel rempli par plus de 7.500 salariés LGBT.

samedi 30 mai 2009

GayPride: demandez le programme!


Cette année encore, des dizaines de milliers de lesbiennes et de gays défileront dans toute la France pour revendiquer l'égalité des droits, réclamer la reconnaissance de leurs enfants, demander une Europe égalitaire ou, tout simplement, montrer qu'ils existent.

Mais cette année est aussi un peu particulière: il y a 40 ans, dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, des homosexuels se rebellaient pour la première fois lors de descentes musclées de la police new-yorkaise dans les bars gays de Greenwich Village. Les clients du Stonewall Inn, sur Christopher Street, se sont révoltés. Des passants se sont alors joints à eux, la foule a grossi et les forces de l’ordre ont été obligées de se barricader dans le Stonewall Inn pour attendre des renforts. Les affrontements dureront trois jours.

Un an plus tard, les militants gays de New York organisent une marche pour commémorer l’événement: la première GayPride est née.

En France, la première aura lieu le 1er mai 1971: les homos s’invitent au défilé des syndicats. Ils participeront à chaque 1er mai jusqu’à l'organisation à Paris le 25 juin 1977 de la première manifestation homosexuelle indépendante. Il s'agissait de réagir à la campagne homophobe de la chanteuse américaine Anita Bryant. Il y aura à nouveau des manifestations en 1979 et en 1980 contre "les discriminations anti-homosexuelles".

Le 4 avril 1981, 10.000 personnes manifestent. Le candidat à l’élection présidentielle François Mitterrand s’engage, quelques jours après ce défilé, à dépénaliser l’homosexualité. Il tiendra parole l’année suivante. Depuis, une marche est organisée chaque année en juin à Paris, mais aussi en province. LToutes vous donne le programme.

- 6 juin: Lille, Montpellier, Nancy, Tours
Après Angers qui a ouvert la voie le 16 mai, et Nantes le samedi 30 mai, les prochaines GayPrides sont prévues à Montpellier, et Lille le 6 juin. Ce jour-là, les homo réclameront aussi à Nancy "des droits pour nos enfants, pas des berceuses!" et à Tours "une Europe égalitaire".

- 13 juin: Bordeaux, Caen, Rennes et Strasbourg
Le 13 juin, ce sera au tour des Bordelais de défiler, sous le slogan "Egalité des droits: yes we can!". Des GayPride auront lieu le même jour à Caen, Rennes et Strasbourg.


- 20 juin: Biarritz, Rouen, Toulouse, Lyon
Le 20 juin, se tiendront les défilés de Biarritz, Rouen, Toulouse et Lyon. Les Lyonnais ont décidé de défilé contre la transphobie.

- 27 juin: Paris
La Gay Pride de Paris aura pour thème: "1969-2009 : Fier-e-s de nos luttes. A quand l’égalité réelle ?". Le cortège partira dès 14h de la place du 18 juin 1940 (Montparnasse), puis rejoindra la place de la Bastille, en passant par les boulevards Montparnasse, Saint-Michel et Saint-Germain, le pont de Sully, et le boulevard Henri IV.

- 4 juillet: Marseille
Marseille clôturera les GayPride le 4 juillet.

mardi 4 novembre 2008

Femmes et lesbiennes: le double plafond de verre

Femmes et homosexuelles: les lesbiennes cumulent les handicaps sur leur lieu de travail. Un "double plafond de verre" que dénonce dans un rapport l'organisation britannique de défense des droits des homosexuels, Stonewall.

Interrogées cet été, des lesbiennes britanniques travaillant dans le secteur privé comme dans le public soulignent que la principale difficulté à gérer pour leur carrière est bien le sexisme, davantage que la lesbophobie. Car le genre ne peut pas se cacher, l'homosexualité si.
"Au fait, je suis lesbienne!"
"Mes patrons sont des hommes. C'est comme ça. Ce sont des hommes qui me donnent mon salaire. Des hommes qui peuvent m'accorder une promotion. Des hommes qui me vireront un jour", témoigne Adama. Parce qu'elles doivent déjà affronter le sexisme, la plupart des lesbiennes préfèrent taire leur orientation sexuelle.

"Beaucoup de lesbiennes ne veulent pas avoir à lever la main deux fois: d'abord en tant que femme, et puis: 'Au fait, je suis lesbienne!'. Elles trouvent que c'est déjà assez dur comme ça en tant que femme", souligne Jacqui.

Pour nombre des femmes interrogées, être homosexuel paraît plus facile pour un homme dans le milieu professionnel. "Un homme homosexuel n'a pas à se préoccuper du fait qu'il est un homme, seulement d'être homosexuel. Pour une femme homosexuelle, cela fait deux problèmes à gérer", résume Nicola.

Mais travailler dans le placard a un impact, sur les plans professionnel comme personnel. "J'ai travaillé là cinq ans, et je ne me suis fait aucun ami, parce qu'il y avait tant de choses de ma vie que je cachais", raconte Laura. Pourtant, celles qui ont sauté le pas et fait leur coming-out au travail témoignent n'avoir eu qu'à s'en féliciter. "J'ai réalisé que, oui, des gens peuvent m'opprimer, mais je n'ai pas à les y aider. En m'auto-censurant, je les aidais à m'opprimer. J'ai choisi de ne pas être une victime", explique Eva.

La majorité des lesbiennes regrette que les homosexuelles soient invisibles dans l'entreprise, notamment lorsqu'elles atteignent un haut niveau de responsabilités. Althea, elle, a fait son coming-out: "Il n'y avait aucune lesbienne déclarée et j'étais à un poste élevé. J'ai pris cette décision en conscience, en me disant que d'autres femmes pourraient me voir, me contacter, ou juste savoir que j'étais là".

Sur les 100 plus grandes entreprises britanniques, aucune ne compte de dirigeante lesbienne connue.