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vendredi 11 février 2011

L'entreprise, milieu hostile pour les homos


L'homophobie au travail a la vie dure. Un quart des homos (26%) ont été victimes ou témoins de comportements homophobes sur leur lieu de travail en 2010, selon une étude de l'association l'Autre cercle sur "la vie des LGBT au travail" réalisée auprès de 930 personnes.

34% des sondés en ont été les victimes directes et 51% les témoins direct. Dans 93% des cas, il n'y a eu aucune sanction. Il s'agit le plus souvent de moqueries (82%), de manque de respect (59%), mais aussi de délation et de propagation de rumeurs (29%), de mise à l'écart (24%) et même de harcèlement (17%).

Au total, près de 20% des gays, lesbiennes, bi et trans jugent le climat dans leur entreprise "hostile". Toutefois, 42% le qualifient de "neutre" et 39% "bienveillant".

Dans ces conditions, seuls 53% parlent librement de leur homosexualité (contre 54,2% en 2006). Ceux qui travaillent dans la fonction publique sont plus volontiers visibles (54%), à l'exception des enseignants. Depuis la précédente étude, réalisée en 2006, "peu de choses ont évolué", constate l'association. "Le chemin va être long pour arriver à faire tomber les préjugés et les tabous dans le monde du travail".

vendredi 17 décembre 2010

Dur d'être homo au boulot



L'homosexualité nuit à l'embauche et à la progression dans l'entreprise. C'est ce qui ressort d'un sondage CSA pour la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) sur la perception des discriminations au travail dans le public et le privé.

Environ 5% des personnes interrogées disent avoir été victimes ou témoins de discriminations liées à l'homosexualité.

D'après cette enquête, 10% des salariés du public et 16% de ceux du privé estiment qu'être lesbienne ou gay constitue un facteur de discrimination à l'embauche dans leur entreprise -toutefois loin derrière le fait d'être séropositif ou atteint du SIDA (30% dans le public et 26% dans le privé).

Ce "handicap" persiste une fois dans la place car la progression professionnelle en est freinée, surtout dans le privé (14% le pensent, contre 8% dans le public), bien que seuls 1% des salariés du privé estiment que leur homosexualité leur vaut d'être moins bien payés que des collègues aux compétences et statut équivalents.

- Lire aussi sur LToutes: "Une lesbienne sur trois victime d'agression au travail" (14/05/2009)

Rappelons que l'orientation sexuelle est l'un des 18 critères de discrimination punis par la loi (article 225-1 du Code pénal). Début 2010, par exemple, dans le nord de la France, un employeur a été condamné à verser 14.400 euros d'indemnités à un salarié victime de harcèlement moral puis licencié parce qu'il était homosexuel.

Le sondage a été réalisé par téléphone les 24 et 25 novembre et les 1er et 2 décembre 2010 auprès d'un échantillon de 1.080 personnes comprenant un échantillon national représentatif de 578 salariés du privé et un échantillon national représentatif de 502 agents de la fonction publique, tous deux constitués selon la méthode des quotas.

samedi 21 août 2010

Les lesbiennes gagnent plus que les femmes hétéros


Dans le secteur privé, les lesbiennes gagneraient en moyenne 2,16% de plus que les femmes hétéros, selon une étude dévoilée samedi dans Libération. En revanche, les gays subissent de plein fouet les discriminations: leurs salaires sont en moyenne 6,5% moins élevés que leurs collègues hétérosexuels.

"Il existe bien une discrimination salariale marquée à l'encontre des gays", écrivent les auteurs du rapport. Et le chiffre de 6,5% n'est qu'une moyenne: l'échantillon étudié comprenant des homos qui ne sont pas identifiés comme tels par leur employeur, cela signifie que les gays "visibles" sont victimes d'une discrimination encore plus importante.

Les lesbiennes, elles, ne subiraient aucune différence de traitement par rapport aux hétérotes, et bénéficieraient même d'une "prime", qui tient surtout au fait qu'elles "sont en moyenne plus diplômées, occupent des emplois plus qualifiées, sont plus rarement à temps partiel, résident souvent en milieu urbain et élèvent moins fréquemment des enfants".

Rappelons toutefois, et ce n'est pas un détail, que la base de départ n'est pas la même, puisque les femmes gagnent en moyenne 18% de moins que les hommes dans le privé et le semi-public (INSEE)...

Les auteurs, Thierry Laurent et Ferhat Mihoubi, économistes au centre d'Etudes des politiques économiques (Epee) de l'université d'Evry, ont étudié la situation de 904 homos en couple représentatifs, dont 788 salariés. Ils se sont aussi basés sur douze années d'enquête emploi (de 1996 à 2007) de l'Insee.

samedi 13 décembre 2008

Homophobie: les plaintes en hausse



Les homosexuels victimes de discriminations au travail hésitent de moins en moins à s'en plaindre auprès de la HALDE. Dans un guide des pratiques des entreprises publié en décembre 2008, la HALDE constate une hausse des saisines pour des cas de discriminations liées à l'orientation sexuelle: 38 en 2005, 61 en 2006 et 113 en 2007.

Toutefois, les plaintes pour discrimination des gays et lesbiennes ne représentent encore que 1,8% des réclamations. Deux tiers de ces saisines portent sur l'emploi, avec "des situations de harcèlement discriminatoire souvent caractérisées par une absence de réaction de l'employeur ou des réactions curieuses comme des demandes d'examens médicaux injustifiées, pouvant aboutir à des licenciements pour inaptitude voire à des démissions forcées", constate la HALDE.

Elle a interrogé 251 entreprises. "Rares sont celles qui traitent de la question des discriminations fondées sur l'orientation sexuelle", déplore-t-elle. "Peu saisis par les salariés, certains directeurs des ressources humaines (DRH) considèrent en définitive que toute question relative à l'orientation sexuelle relève du domaine privé".

Pour les lesbiennes, c'est pire: "si l'homophobie au travail est un phénomène banalisé et largement sous-estimé, les difficultés spécifiques vécues par les lesbiennes -qui sont exposées à un double risque de discrimination en tant que femmes et en tant qu'homosexuelles- sont quant à elles, complètement invisibles".

La HALDE cite en exemple quelques entreprises, comme Thomson, qui accorde les mêmes avantages sociaux aux couples mariés et pacsés, ou Eau de Paris, qui applique les mêmes conditions pour le congé paternité qu'il s'agisse d'hétéro ou d'homoparentalité.