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mardi 11 octobre 2011

Travail: lesbienne out mais pas trop



Je viens de postuler pour un emploi. J'ai mentionné mon expérience professionnelle, mon poste actuel, mes compétences... mais pas mon travail sur LToutes. Parce que j'ai craint d'être étiquetée "LESBIENNE" et que ma candidature aille directement à la poubelle. Lâcheté ou lucidité?

Si je tenais un blog de recettes de cuisine ou sur les jeux vidéo, je l'aurais signalé pour illustrer ma maîtrise rédactionnelle et technique du Web, ç'aurait été une évidence. Mais cela n'aurait révélé qu'un aspect de ma personnalité, pas quelque chose d'aussi intime et central dans la vie que l'orientation sexuelle.





Jusqu'ici, j'ai toujours été recrutée par des hommes, blancs, âgés d'au moins 50 ans. Statistiquement, une femme part déjà avec un handicap, alors une lesbienne? On m'a déjà demandé si j'avais des enfants ou l'intention d'en avoir: pose-t-on systématiquement ces questions à un homme?

Je n'ai jamais caché mon homosexualité à mes collègues, ce qui m'a parfois valu des remarques lourdingues sur mon intérêt pour les sujets LGBT ou la condition de la femme, mais ces remarques étaient souvent plus sexistes qu'homophobes...

Pourtant j'éprouve toujours une certaine apréhension à m'"avouer" lesbienne à un inconnu. J'ai intégré les combines du langage sans sexe pour éviter de dire que je vis avec une femme, je n'embrasse pas ma compagne sur la bouche dans mon quartier pas franchement du Marais, et j'attends l'entretien d'embauche pour voir si je peux mentionner LToutes au recruteur, au risque de faire l'impasse sur des compétences qui pourraient me donner l'avantage sur d'autres candidat(e)s.





Aux Etats-Unis, un chercheur d'Harvard a montré qu'un candidat mentionnant dans son CV avoir été trésorier d'une association étudiante LGBT avait 40% de chances en moins d'obtenir un entretien d'embauche qu'un autre qui se contentait d'évoquer une expérience dans une organisation "progressiste".

Et selon l'association "L'Autre cercle", 67% des LGBT ne souhaitent pas être visibles au travail de crainte de conséquences négatives (voir LToutes, 11/02/2011). Ils étaient 74% en 2006, il y a du progrès. Mais près d'un cinquième des LGBT considèrent encore aujourd'hui que le climat de leur entreprise leur est hostile: j'ai honte, mais mon CV-vérité attendra.

mercredi 8 juillet 2009

On agresse bien les lesbiennes

Plusieurs nouvelles affaires d'agressions physiques et verbales visant des couples de lesbiennes confirment ce que SOS Homophobie constatait dans son rapport annuel 2009: la lesbophobie progresse en France et, fait inquiétant pour l'avenir, elle est souvent le fait de jeunes.

Cynthia et Priscilla, 21 ans, ont témoigné à visage découvert dans "Le Parisien" (07/07/2009) des violences qui les ont contraintes à abandonner leur appartement d'Epinay-sous-Sénart, dans l'Essonne, en région parisienne. "Ils ont gagné, on ne reviendra pas chez nous", constate Cynthia. "On ne peut plus vivre dans la peur", ajoute Priscilla.

Les agressions physiques contre des lesbiennes sont passées de 6% des témoignages recueillis par SOS Homophobie en 2007 à 15% en 2008, selon le rapport 2009 sur l'homophobie en France.

Injurié et "invité" à partir dès son installation dans la cité des Gerbaux au début de l'année, le couple n'a tenu que quelques mois sous le harcèlement constant d'une bande de garçons et les remarques d'autres habitants du quartier, y compris des filles.

Après avoir été violemment prises à partie et frappées par le petit groupe le 2 juillet, "les gouines" sont allées vivre ailleurs "dans le péché", se réfugiant dans leur entourage qui les a soutenues. Leurs agresseurs ont été retrouvés et seront jugés mais en attendant ils ont été remis en liberté.

Un mois plus tôt, dans l'Essonne également, un autre couple de lesbiennes étaient agressées à Bondoufle, selon la Coordination lesbienne en France (CLF) et le Collectif contre l'homophobie (CCH) qui ont pris l'affaire en mains.

Les faits ont débuté avec une feuille laissée sur le pare-brise de leur voiture: "putain de lesbienne tu pollues la rue", "saleté de goudou", avait dactylographié un courageux agresseur anonyme. Autres feuilles, autres insultes, la voiture abîmée: le couple dépose plainte à la gendarmerie. Une enquête est en cours pour injures lesbophobes et dégradation ou détérioration volontaire du bien d'autrui, précisent la CLF et le CCH.

Les plaintes de ce couple et de Cynthia et Priscilla relèvent du tribunal de grande instance d'Evry. La CLF et le CCH demandent donc au procureur "de traiter ces affaires avec la diligence et la gravité requises".

En juin dernier, c'étaient Virginie et Jessica, 28 et 24 ans, qui témoignaient, le visage soigneusement caché, de leur calvaire dans la petite ville de Segré, dans le Maine-et-Loire. Après avoir résisté pendant des mois aux manoeuvres d'intimidation d'une bande de jeunes, elles ont fini par déménager... et parler.

Soutenues par l'association LGBT locale, Qazar, elles ont raconté: des tirs de balles à blanc, les "bande de sales gouines" ou "viens sucer ma queue" hurlés sous leurs fenêtres, la voiture rayée, et même l'intrusion d'un jeune dans leur appartement. Un garçon de la bande a bien été condamné pour menaces et tir avec une arme factice en 2008, Virginie et Jessica ont déposé plusieurs plaintes depuis, mais le harcèlement a continué.

Qazar a dénoncé "l'impéritie des pouvoirs publics et de la gendarmerie" ainsi que du sous-préfet et reproche au maire de Segré de ne pas avoir à temps proposé de relogement au couple. L'association a mis en ligne une pétition de soutien.

Pour la CLF et le CCH, "la récurrence des agressions lesbophobes prouve bien qu'il ne s'agit ni de fait divers isolé, ni de banal conflit de voisinage". Les organisations appellent "les pouvoirs publics (police, gendarmerie et justice) à traiter ces plaintes avec célérité et fermeté afin de mettre un terme à l'insupportable sentiment d'impunité dont pensent bénéficier les auteurs".

mercredi 24 juin 2009

L'INED veut compter les familles homoparentales

Récente mais de plus en plus présente, la notion d'homoparentalité "reste difficile à quantifier, faute d'instruments adaptés", constate l'Institut national d'études démographiques (INED) dans sa dernière "fiche d'actualité". Il annonce donc son intention d'y remédier en association avec l'INSEE.

En posant qu'un couple de même sexe sur dix vit avec des enfants et que ces couples ont en moyenne deux enfants, l'INED aboutissait en 2005 à une estimation de 24.000 à 40.000 enfants vivant avec un couple de même sexe, "la grande majorité vivant avec un couple de femmes".

Mais cette estimation ne prend pas en compte toutes les configurations, variées, de l'homoparentalité, constate l'INED. L'Institut et l'INSEE veulent donc aménager l'enquête Famille associée au recensement de la population, pour poser dès 2011 de nouvelles questions aux personnes sondées. Objectif: "faire apparaître les principales dimensions de l'homoparentalité, avec la même clarté que pour les autres types de familles".

- Lire aussi sur LToutes: "L'homoparentalité mentionnée dans le statut du beau-parent" (03/03/2009); "Le statut du beau-parent attendra" (27/03/2009)

mardi 19 mai 2009

Jeunes homos: Le Refuge lance un SOS


"N'abandonnez pas les jeunes gays". Le président de l'association Le Refuge à Montpellier a interpellé la ministre de la Santé dans "Libération" du 19 mai 2009 pour protester contre la suppression de la subvention dont bénéficiait ce lieu d'accueil et de logement des jeunes rejetés par leur famille du fait de leur orientation sexuelle.

"Pourquoi fragiliser, au lieu d'accompagner, la seule structure en France conventionnée pour l'accueil d'un jeune public victime d'homophobie et en situation de profond mal-être?", interroge Nicolas Noguier.

"Que répondre, après cette Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, à nos six jeunes actuellement hébergés qui risquent demain de se retrouver à nouveau à la rue faute de courage politique de l'Etat et d'abandon par votre ministère?" Le président du Refuge de Montpellier demande à Roselyne Bachelot de "faire preuve d'un vrai courage politique et de soutenir les acteurs de terrain qui oeuvrent au quotidien pour la tolérance".

Nicolas Noguier rappelle que la ministre de la Santé a présenté le 27 février 2009 des mesures de protection de la santé des jeunes incluant le repérage et la prévention de la crise suicidaire chez les jeunes homosexuel(le)s. Elle citait alors le rapport du docteur Shelly selon lequel, d'après une étude réalisée en 2005, les jeunes lesbiennes et gays présentent entre 7 et 13 fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les hétérosexuel(le)s de leur âge. "Libération" avait consacré un long reportage au Refuge il y a un an, sous le titre "Réfugiés de l'homophobie"

Début 2009, Le Refuge a ouvert une antenne à Paris, avec une permanence sociale à la mairie du IVe arrondissement, pour proposer un accueil, une orientation, une aide et un accompagnement dans toutes les démarches de droit commun.

jeudi 14 mai 2009

Homophobie: 2008 mitigee, la lesbophobie en lumiere


Juste avant la Journée internationale contre l'homophobie le 17 mai 2009, SOS Homophobie tire le bilan d'une année 2008 "en demi-teinte", avec "de réelles avancées dans certaines politiques de lutte contre l'homophobie" mais "aussi une stagnation dans la mise en place d'actions positives sur des aspects pourtant préoccupants" comme l'homophobie -et surtout la lesbophobie- au travail.

A noter, le travail important réalisé par SOS Homophobie sur la lesbophobie, longtemps ignorée mais qui représente tout de même un cinquième des témoignages apportés à l'association. Sexisme et homophobie, c'est la double peine pour les lesbiennes, qui témoignent de brimades, discrimination au travail, insultes, agressions physiques, voire viols (LToutes reviendra plus en détail sur ce rapport aux enseignements passionnants).

Plus généralement, l'association constate dans son rapport annuel -qui existe depuis 1997- des résultats mitigés sur les deux axes prioritaires qu'elle s'était fixés: l'homophobie chez les jeunes et dans le travail. Pour les jeunes, la situation a enfin progressé mais les autorités ne doivent pas "s'endormir sur leurs lauriers", estime l'association, tandis que pour le travail, la situation ne change guère et les grandes déclarations sont plus nombreuses que les actes. "Si le combat pour la visibilité des homosexuel-le-s semble bien engagé, celui de la visibilité de l'homophobie reste d'actualité."

"Si l'homosexualité semble globalement un peu mieux acceptée dans la société, ce phénomène semble s'inverser chez les jeunes", constate SOS Homophobie, qui s'inquiète d'un éventuel "retour en force de la haine" quand ces adolescents seront adultes.

Après des années de sourde oreille, en 2008, les ministères de la Santé et de l'Education nationale ainsi que des collectivités locales ont enfin mis en place des politiques et pris des positions claires sur l'"urgence de prévenir l'homophobie chez les jeunes", mais les autorités doivent "maintenir ou renforcer les actions positives engagées", estiment les rapporteurs.

En ce qui concerne l'homophobie au travail, cas le plus fréquent parmi ceux qui sont soumis à SOS Homophobie, "force est de constater que la loi n'a pas toujours d'impact significatif sur les délits", déplore l'association. "La modification du droit du travail ne semble pas avoir fait régresser les agressions et discriminations en raison de l'orientation sexuelle dans le milieu professionnel" et par rapport à ses voisins européens "la France semble creuser son retard".

"En 2008, nous avons constaté une quasi-absence de programmes et de politiques allant dans ce sens, que ce soit de la part des entreprises, des syndicats ou des pouvoirs publics", précise SOS Homophobie. "Si l'on peut entendre de belles prises de position sur la lutte contre toutes les discriminations (...), les initiatives concrètes restent sporadiques". "On ne voit apparaître
que des 'mesurettes', essentiellement centrées sur les droits des pacsés et tournant radicalement le dos à la lutte contre l'homophobie
."

L'association impute cette situation au "manque de visibilité des actes violents ou discriminatoires envers les homosexuel-le-s dans le monde du travail". Pression sur l'emploi, tabou, manque de relais: "si des enquêtes démontrent que ces actes sont commis chaque jour dans les entreprises et les administrations françaises, les cas qui parviennent aux directions des ressources humaines ou aux délégués syndicaux demeurent extrêmement rares". Du coup, le "déni de l'homophobie au travail" domine, malgré les recommandations de la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) aux entreprises.

SOS Homophobie en conclut que "si le combat pour la visibilité des homosexuel-le-s semble bien engagé, celui de la visibilité de l'homophobie reste d'actualité". C'est encore plus vrai pour la lesbophobie, constate les rapporteurs: "trop souvent, l’homosexualité féminine, et les violences et discriminations que subissent les lesbiennes, sont passées sous silence".

jeudi 26 mars 2009

La Serbie protège enfin les homos

Photo Vesna Anđic

Le Parlement serbe a adopté ce jeudi 26 mars 2009 une loi contre les discriminations qui protègera notamment les homosexuels. Les groupes conservateurs et religieux, l'église orthodoxe en tête, ont vainement tenté de faire échec au texte, point de passage obligé dans le rapprochement de la Serbie avec l'Union européenne.

Environ 70% des Serbes considèrent l'homosexualité comme une maladie, selon un sondage cité par le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg. La nouvelle loi serbe interdit toute discrimination fondée sur le sexe, l'orientation sexuelle, l'appartenance ethnique ou la religion.

Si "les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres continuent d'être victimes de discrimination, de préjugés et d'intolérance en Serbie", comme le note le commissaire Hammarberg, le gouvernement de Belgrade fait des efforts: il a récemment débloqué des fonds pour créer un nouveau site Web dédié à la communauté LGBT serbe, et il recommande aux autorités de lutter contre l'homophobie par l'éducation.

mardi 10 février 2009

Une lesbienne virée de l'armée au Kansas

(Photo CJOnline)

Amy Brian a risqué sa vie en Irak et servi dans l'armée pendant neuf ans mais aujourd'hui cette lesbienne est devenue la première personne renvoyée de la Garde nationale du Kansas en raison de son homosexualité.

"Je n'ai jamais vraiment essayé de cacher mon homosexualité aux gens avec qui je travaillais, et ils n'ont pas eu l'air de s'en soucier", affirme Amy Brian au "Capital Journal".

Sa hiérarchie a appliqué la règle du "Don't Ask, Don't Tell" (DADT, "Ne le demandez pas, ne le dites pas") interdisant aux lesbiennes et gays déclarés ou dénoncés de servir dans l'armée. Comme Amy Brian, près de 12.500 hommes et femmes ont été exclus de l'armée depuis la mise en place en 1993 de cette doctrine que le nouveau président américain Barack Obama dit vouloir supprimer.

Amy Brian a été dénoncée par une collègue qui l'a vue embrasser une femme dans un supermarché, selon le CJ. En août 2008, la jeune femme a appris qu'elle faisait l'objet d'une enquête pour conduite homosexuelle. En novembre, son dossier était bouclé. "Je n'ai pas été exclue à cause d'une mauvaise conduite quelconque mais purement et simplement parce que quelqu'un d'autre avait un problème avec ma sexualité", a-t-elle déclaré au journal.

Cette fille de militaire mariée, divorcée et mère d'un enfant, s'était engagée dans la Garde nationale du Kansas en 1991, à l'âge de 17 ans, jusqu'en 1994, et avait rempilé en 2003, selon le site 365 Gay. Quand elle a été envoyée en Irak en 2004, elle a révélé à sa famille qu'elle était lesbienne. "Tout le monde savait que j'étais homo quand j'y suis allée et cela ne posait de problème à personne", affirme-t-elle.

Rentrée au Kansas en octobre 2005, Amy Brian a été exclue à compter du 13 janvier 2009. "Un jour, cette politique changera", espère-t-elle dans le CJ. Au fait, pour celles qui aiment l'uniforme, la Garde nationale du Kansas recrute.

Selon le Réseau de défense juridique des militaires (Servicemembers Legal Defense Network, SLDN), les lesbiennes sont davantage exclues de l'armée que les gays: les femmes représenteraient 33% des homosexuels démobilisés en vertu du "Don't Ask, Don't Tell", alors qu'elles constituent 15% des forces militaires.

L'affaire est d'autant plus frappante que Barack Obama s'est prononcé pendant la campagne électorale pour la suppression du "Don't Ak, Don't Tell", estimant que seuls devraient compter "le patriotisme, le sens du devoir et la volonté de servir" pour juger de l'aptitude d'un soldat. Mais le nouveau chef de la Maison Blanche risque de se heurter à une certaine résistance.


D'après une enquête réalisée en 2008 par le groupe de presse "Military Times", 58% des militaires d'active sont opposés à l'ouverture de l'armée américaine aux homosexuels, et seulement 29% y sont favorables. Le précédent président démocrate, Bill Clinton, avait bien tenté en 1993 de pousser l'armée américaine à accepter les homosexuels dans ses rangs, ce qui avait abouti au... "Don't Ask, Don't Tell".

- Lire aussi sur LToutes: "Ce que les homos attendent d'Obama"; "Obama: un ami à la Maison Blanche" (18/01/2009)

dimanche 1 février 2009

Une lesbienne aux manettes en Islande

L'Islandaise Johanna Sigurdardottir est devenue ce dimanche 1er février 2009 la première Première ministre ouvertement lesbienne du monde. Elle a formé un gouvernement composé à parité de femmes et d'hommes, qu'elle dirigera jusqu'aux élections anticipées fixées au 25 avril.

Johanna Sigurdardottir est l'une des personnalités politiques les plus populaires d'Islande. Agée de 66 ans, elle est par ailleurs, comme le précise sa page Web officielle, mariée depuis 2002 avec l'écrivaine et dramaturge islandaise Jonina Leosdottir, 54 ans. La Première ministre a deux fils âgés de 32 et 37 ans, issus d'un premier mariage avec un homme, et son épouse un fils de 28 ans.

Mme Sigurdardottir et la nouvelle coalition sociale-démocrate-verte ont promis de se mettre immédiatement au travail pour redresser l'Islande. Et c'est bien la seule chose qui intéresse les 320.00 habitant de ce petit pays, aujourd'hui au bord du gouffre financier, économique et social alors qu'il comptait encore parmi les plus riches de la planète il y a quelques mois.



- Lire aussi sur LToutes: "Une lesbienne à la tête du gouvernement islandais?" (28/01/2009); "La première cheffe de gouvernement lesbienne racontée par sa nièce" (01/02/2009)

Islande: la première cheffe de gouvernement lesbienne racontée par sa nièce

Nanna Árnadóttir est la fière nièce de la nouvelle Première ministre islandaise, Jóhanna Sigurdardóttir. Sur le site Iceland Review, Elle s'étonne de l'insistance des médias étrangers sur l'homosexualité de sa tante et constate que l'orientation sexuelle continue de poser problème en Europe occidentale.

- Lire aussi sur LToutes: "Une lesbienne à la tête du gouvernement islandais?" (28/01/2009); "Une lesbienne aux manettes de l'Islande" (01/02/2009)

"A Noël dernier, j'ai offert à Jóhanna, la femme de ma tante, un T-shirt que j'avais acheté dans une petite boutique de Kringlan, le plus vieux centre commercial d'Islande. Il était noir, un peu ample et sur le devant était imprimé en lettres blanches: "Minn tími mun koma!", ou en (français): "Mon heure viendra!"

C'est une phrase qu'elle est connue pour avoir lancée il y a des années, le poing levé, pendant un discours qu'elle a prononcé après avoir échoué à obtenir la présidence de l'ancien Parti social démocrate. Depuis, c'est devenu une sorte de slogan.

"C'est parfait", m'a dit mon père quand je lui ai montré ma trouvaille. Le Réveillon venu, tout en disant qu'elle ne le porterait probablement qu'à la maison, (Jóhanna) a l'accueilli en riant et en applaudissant.

Et maintenant il semble que soi-disant prophétie se réalise. (...) Ma tante par alliance Jóhanna Sigurdardóttir sera nommée Première ministre par intérim de l'Islande puisque notre "Révolution des casseroles" a provoqué l'effondrement du gouvernement de coalition.


Comme toujours pour un nouveau dirigeant, sa vie professionnelle et personnelle intéresse les médias. Tous les articles que j'ai lus sur elle mentionnent deux choses: qu'elle a été hôtesse de l'air, ce qui est vrai, et qu'elle est homosexuelle, ce qui est vrai aussi.

Honnêtement, les Islandais se fichent complètement de sa sexualité -on peut dire qu'en ce moement nous avons autre chose en tête, comme l'effondrement de notre économie et de notre gouvernement- mais c'est pourtant dans presque tous les gros titres que je vois. Juste en ce moment devant moi sur mon bureau le "London Metro" titre: "Une lesbienne va être Première ministre".

Je ne trouve pas bizarre que les gens se soucient de savoir avec qui elle partage sa vie -après tout ma tante Jónína est une personne spectaculaire et talentueuse-, mais j'ai beaucoup d'amis homosexuels et je me suis rendue compte que si le milieu homosexuel est visible et semble libre en Europe occidentale, les LGBT luttent toujours contre l'hétérormalité et la discrimination.

Alors même si elle est la meilleure candidate pour le poste, avec une cote de popularité de 73%, le monde entier devrait reconnaître à quel point c'est énorme d'être la première Première ministre ouvertement homosexuelle au monde -et avec ça la première Première ministre d'Islande.

Espérons seulement que Jóhanna est à la hauteur de la tâche (...) Croisons les doigts en espérant que Jóhanna aura les couilles de faire ce que les hommes n'ont pas réussi
."

mardi 30 décembre 2008

Le coming-out mal vécu nuit gravement à la santé

Un coming out mal accueilli peut vous pourrir la santé. C'est la conclusion d'une étude américaine selon laquelle les jeunes homosexuels, bi ou trans dont la famille a réagi négativement à l'annonce de leur orientation sexuelle risquent beaucoup plus de se suicider, de plonger dans de graves dépressions ou de prendre de la drogue.

Caitlin Ryan, la chercheuse de l'Université d'Etat de San Francisco qui a dirigé l'enquête publiée dans la revue "Pediatrics" de janvier, conseille donc aux parents ou tuteurs d'essayer de modérer leur réaction plutôt que de rejeter brutalement les jeunes gays et lesbiennes, dont la santé mentale pourrait en être fortement fragilisée.

Il apparaît par exemple qu'empêcher un jeune homo d'en fréquenter d'autres peut s'avérer aussi traumatisant pour l'intéressé que de l'insulter ou le frapper.

L'étude montre comme la plupart des travaux sur la question que les jeunes gays et lesbiennes ont en moyenne moins de 11 ans la première fois qu'ils se sentent attirés par le même sexe, un peu plus de 14 quand ils comprennent qu'ils sont homosexuels, et moins de 16 ans quand ils l'annoncent à la famille.

samedi 13 décembre 2008

Homophobie: les plaintes en hausse



Les homosexuels victimes de discriminations au travail hésitent de moins en moins à s'en plaindre auprès de la HALDE. Dans un guide des pratiques des entreprises publié en décembre 2008, la HALDE constate une hausse des saisines pour des cas de discriminations liées à l'orientation sexuelle: 38 en 2005, 61 en 2006 et 113 en 2007.

Toutefois, les plaintes pour discrimination des gays et lesbiennes ne représentent encore que 1,8% des réclamations. Deux tiers de ces saisines portent sur l'emploi, avec "des situations de harcèlement discriminatoire souvent caractérisées par une absence de réaction de l'employeur ou des réactions curieuses comme des demandes d'examens médicaux injustifiées, pouvant aboutir à des licenciements pour inaptitude voire à des démissions forcées", constate la HALDE.

Elle a interrogé 251 entreprises. "Rares sont celles qui traitent de la question des discriminations fondées sur l'orientation sexuelle", déplore-t-elle. "Peu saisis par les salariés, certains directeurs des ressources humaines (DRH) considèrent en définitive que toute question relative à l'orientation sexuelle relève du domaine privé".

Pour les lesbiennes, c'est pire: "si l'homophobie au travail est un phénomène banalisé et largement sous-estimé, les difficultés spécifiques vécues par les lesbiennes -qui sont exposées à un double risque de discrimination en tant que femmes et en tant qu'homosexuelles- sont quant à elles, complètement invisibles".

La HALDE cite en exemple quelques entreprises, comme Thomson, qui accorde les mêmes avantages sociaux aux couples mariés et pacsés, ou Eau de Paris, qui applique les mêmes conditions pour le congé paternité qu'il s'agisse d'hétéro ou d'homoparentalité.

vendredi 28 novembre 2008

Belgique: 5% d'homos et bi chez les 15-25 ans


En Belgique, 3% des jeunes de 15 à 25 ans se déclarent homosexuels, 2% bisexuels, et 2% disent ne pas savoir quelle est leur orientation sexuelle, selon une enquête publiée par la Mutualité socialiste. Reste 93% de jeunes qui se considèrent hétérosexuels.

L'étude réalisée par l'institut Dedicated Research auprès de plus de 1.000 jeunes âgés de 15 à 25 ans montre que l'âge moyen du premier rapport sexuel est de 16 ans et deux mois quel que soit le sexe, soit à peu près comme en 2002 (16 ans et 4 mois).

Il semble par ailleurs que la majorité des jeunes estime connaître son orientation sexuelle avant même le début de sa vie affective et sexuelle, et qu'il y ait peu de changements d’orientation sexuelle entre 15 et 25 ans. La recherche de sa sexualité se ferait donc avant 15 ans et/ou après 25 ans, estime la mutuelle belge.

A l'approche de la Journée mondiale contre le Sida ce 1er décembre 2008, l'"Etat des lieux de la sexualité des 15-25 ans" montre aussi que 58% des jeunes sexuellement actifs ont eu des rapports sexuels à risque au cours des trois derniers mois. La prise de risque ne dépend apparemment ni de facteurs sociaux ni de l'orientation sexuelle, mais elle augmente avec l'âge.

vendredi 21 novembre 2008

EDVIGE est morte, la vigilance demeure

EDVIGE est morte, mais SOS Homophobie "restera vigilante". Le retrait du fichier policier, annoncé en septembre par le gouvernement, a été entériné par un décret paru au Journal officiel ce 20 novembre 2008.

Le successeur d'EVDVIGE, EDVIRSP (pour "exploitation documentation et valorisation de l'information relative à la sécurité publique"), exclut désormais des données aussi controversées que l'orientation sexuelle et la santé, mais le fichage commence toujours à 13 ans.

Le décret créant ce nouveau fichier au nom volontairement imprononçable (dites trois fois "EDVIRSP"...) est actuellement soumis à l'avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), puis devra être soumis au Conseil d'Etat.

SOS Homophobie, qui participe depuis le 13 octobre 2008 au groupe hebdomadaire de travail sur les fichiers de police et de gendarmerie réuni par le ministère de l'Intérieur, est signataire, comme l'Inter-LGBT notamment, de la pétition du collectif "Non à EDVIGE", qui a recueilli 218.000 signatures depuis le 10 juillet, dont 1.169 d'organisations, collectifs, partis et syndicats. Le collectif continue de faire signer son appel, prévenant qu'il n'acceptera "ni EDVIGE 1.0, ni EDVIGE 2.0".

- EDVIGE sur LToutes: Les malheurs d'EDVIGE; "Gaylib et la CFDT disent non"
"
Les associations saisissent la HALDE"; "Tout(es) contre EDVIGE"; "EDVIGE est trop curieuse"
- Les décrets de création (17/06/2008) et de retrait (1/11/2008) d'EDVIGE au JO

lundi 18 août 2008

Californie: une lesbienne gagne contre des médecins fondamentalistes

Les médecins californiens doivent prendre en charge tous les patients de la même façon quelle que soit leur orientation sexuelle, et même si ces praticiens travaillent dans une clinique fondamentaliste chrétienne privée.

La Cour suprême de Californie a donné raison ce lundi 18 août 2008 à Guadalupe Benitez, une lesbienne de 36 ans qui s'était vu refuser une insémination artificielle en 1999 au motif qu'elle était homosexuelle. C'est la même instance qui a légalisé le mariage gay en Californie en mai dernier.

"Il a fallu près de dix ans pour en arriver là, mais cela en valait la peine", s'est exclamée "Lupita", qui a eu entre-temps trois enfants et les élève avec sa compagne. "Ce n'est pas seulement une victoire pour moi et pour les autres lesbiennes, c'est une victoire pour tout le monde, parce que n'importe qui pourrait être visé la prochaine fois si on laisse les médecins choisir leurs patients en fonction de leurs convictions religieuses", a-t-elle ajouté.

"Il y a une grande diversité de croyances en Californie et toutes sont protégées mais pas au point de violer les lois et de blesser autrui", a déclaré dans un communiqué l'avocate de "Lupita", Jenny Pizer, du cabinet Lambda Legal spécialisé dans les affaires de discrimination LGBT. La clinique religieuse avait été imposée à sa cliente par son assurance.

Dans l'arrêt de la Cour, la juge Joyce Kennard déclare que la loi californienne interdisant la discrimination dans les établissements commerciaux s'applique également à cette clinique privée. Guadalupe Benitez avait eu gain de cause en justice en 2004, mais elle avait perdu en appel.
(RETOUR)