François Hollande a réaffirmé sa détermination à légaliser le mariage des couples homosexuels en France.
Pour le président français, "la France, elle est la France quand elle va de l'avant (notamment) sur l'égalité des droits, y compris le mariage pour tous". "Bien sûr qu'il y a des débats entre nous, et il y en aura en 2013 sur les grandes questions de société. Mais ma conviction est faite", a-t-il assuré lors de ses voeux pour le Nouvel An.
François Hollande a promis l'ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens au premier semestre 2013 mais le débat, qui a déjà fait sortir du bois les homophobes de tout poil, s'annonce plus que houleux à l'Assemblée.
Le gouvernement doit présenter son projet de loi le 29 janvier. Une grande manifestation est prévue le 27 janvier pour soutenir ce texte et un amendement PS ouvrant la procréation médicalement assistéee (PMA) aux couples de lesbiennes.
Une bonne nouvelle pour les lesbiennes! Trois jours après la grande manifestation parisienne pour le "mariage pour tous", les députés PS ont décidé ce mercredi de déposer un amendement ouvrant l'accès à la PMA (procréation mdédicalement assistée) aux couples de lesbiennes. Rappellons que celles-ci doivent à l'heure actuelle se rendre en Belgique ou en Espagne pour avoir accès à ce qui leur est encore interdit en France.Si le sujet divise au PS, la décision de déposer un amendement a tout de même été votée par 126 voix contre 61. "Je déposerai l'amendement PMA au nom du groupe PS", a annoncé la députée Corinne Narassiguin sur twitter. Pour elle, "l'adoption de l'enfant de la conjointe sans la PMA, c'est la politique de l'autruche"."Le groupe déposera donc un amendement PMA. Cohérent avec nos positions, nos engagements et ouvrant un droit nouveau. Normal!", a confirmé Bruno Le Roux, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, sur twitter.
Reste que les oppositions restent vives. Sans surprise, le patron -contesté- de l'UMP Jean-François Copé a fait part dans un communiqué de "sa très grande inquiétude". Il s'inquiète notamment de la création d'une "discrimination entre couples de femmes et d’hommes", qui "ne pourrait être dépassée qu’en légalisant les mères porteuses qui sont interdites aujourd’hui en France au nom de la non marchandisation du corps".Mais au PS aussi, on râle. "Le vote sur l'amendement PMA (a été) arraché de façon contestable au sein du Groupe PS. Si ça va au bout on fait prendre des risques au mariage pour tous", a menacé le député de la Loire Jean-Louis Gagnaire. Pour lui, "la PMA doit être discutée dans le cadre de la loi bio éthique".Et c'est bien le risque: que les députés décident finalement de défendre cet amendement dans le cadre d'un autre texte, portant sur les questions bioéthiques. Après avoir tergiversé sur le sujet, le président François Hollande a renvoyé la question à la responsabilité du Parlement. Mais le député PS Olivier Faure, un proche du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, souhaite que ce débat ait lieu "dans une autre loi avec un calendrier clair".Avec le risque que cette réforme, si attendue par les lesbiennes, soit au final tout simplement enterrée. Le projet de loi sur le "mariage pour tous" sera examiné à l'Assemblée nationale à partir du 29 janvier.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes -60.000 selon la préfecture, 150.000 selon les organisateurs- ont manifesté dimanche 16 décembre à Paris pour l'ouverture du mariage aux couples homosexuels et l'accès à la PMA (procréation médicalement assistée) pour les lesbiennes. Une nouvelle manif' est prévue pour le 27 janvier 2013. Photos LToutesDe nombreux élus ont participé à la marche, dont le maire socialiste de la capitale, Bertrand Delanoë, et même la ministre du Logement, l'écologiste Cécile Duflot, venue en tant que "militante", a-t-elle dit.
La Lesbienne invisible s'est également fait remarquer, épanouie dans une magnifique robe de mariée blanche, un délicieux collier de coeurs noirs autour du cou.
Quant aux anonymes, ils ont dégainé des pancartes revendicatives mais souvent humoristiques: "Deux pères, un maire", "Vous avez fait des homos, on vous fera des hétéros"... Bertrand Delanoë pour la PMA pour les lesbiennesInterrogé par LToutes, Bertrand Delanoë a assuré que la majorité au Parlement demanderait la PMA pour les couples lesbiens dès la présentation fin janvier du projet de loi du gouvernement sur le mariage pour tous. François Hollande a promis l'adoption du texte pour le printemps 2013 mais les débats s'annoncent houleux.
Pour la première fois depuis "maman a tort" en 1984, Mylène farmer consacre une chanson, intitulée "Elle a dit", à une fille "qui aime une fille" dans son dernier album, "Monkey me" sorti lundi 3 décembre.Invitée du JT de TF1 dimanche soir, la chanteuse a apporté son soutien au "mariage pour tous": "c'est une question d'égalité tout simplement", a-t-elle estimé. "Je ne vois pas pourquoi je m'y opposerais". ELLE A DIT: Nul Adonis Nul artifice Ni lois ni dieux Elle sait y faire Un brin nihiliste Mélancolique Parfois l'envieSe foutre en l'air Assise sur son lit Le bleu dans le gris Elle est différente C'est sa manière Elle n'a pas choisi Et quand on lui dit Que ce n'est pas là La chose à faire Soins intensifs A deux c'est moins triste Dans son cerveau Deux hémisphères Le gai et le triste Un jeu d'artifices Pouvoir aimerComment le faire La peur de ne pas Savoir où aller Qui nous attache à cette terre Le coeur à l'endroit Mais l'heure a sonné Elle a mis le sien à l'envers Elle a dit qu'elle aime Elle a dit aussi le monde est tel Que l'on fuit le bruit et les sarcasmes Elle aimait sa vie Et c'est son charme Et si dans sa vie Elle aura écrit Tant de chapitres Inutiles Pour le plus petit Mot qui a guéri Sauver une âme C'est si fragile Assise sur son lit Elle regarde "l'Incompris" Et elle n'en a plus rien à faire Mais quoiqu'elle en dise Elle aime une fille Elle se sent au bord du rebord
En cas d'alternance, il faudra revenir sur le "mariage pour tous", qui doit être présenté en conseil des ministres le 7 novembre. C'est ce qu'a laissé entendre François Fillon lors de l'émission "des paroles et des actes" jeudi soir sur France 2.Hostile au "mariage homosexuel", l'ex Premier ministre (UMP) a laissé entendre que la droite devra "revenir" sur cette réforme "lorsqu'il y aura une alternance" politique.
"Sur un sujet comme celui-là, on ne peut pas considérer qu'une fois que le texte est voté, les choses sont acquises", a-t-il expliqué. Une perspective qui pose néanmoins des questions juridiques. Quid des mariages conclus entre-temps? Egalement hostile au "mariage pour tous", son adversaire pour la présidence de l'UMP Jean-François Copé, lui, est convaincu que "cette loi n'est pas près d'être votée". Dans le cas contraire, le maire de Meaux ne "célébrer(a) pas" ce type d'unions.

"Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre. Après, un jour peut-être, l'interdiction de l'inceste tombera", a lancé le cardinal Philippe Barbarin, hostile à l'ouverture du mariage aux couples homosexuels. L'archevêque de Lyon s'exprimait dans une interview diffusée ce vendredi soir sur la radio RCF et la chaîne TLM. "C'est une rupture de société", a mis en garde le cardinal.
Des propos soutenus sur twitter par l'abbé Grosjean, prêtre du diocèse de Versailles. "Quand la sincérité des adultes devient seul critère pour légitimer mariage ou adoption, alors, oui, toutes les dérives sont possibles", écrit-il.
"Barbarin n'a de cardinal que le titre et point la vertu semble-t-il", s'est indigné Christophe Girard, maire PS du IV arrondissement de Paris, sur twitter. "Et pourquoi pas la zoophilie? J'appelle à protester".
En charge de l'élaboration du projet de loi sur l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels, les ministres Christiane taubira (Justice) et Dominique Bertinotti (Famille) multiplient pour l'heure les consultations.
L'esquisse des grandes lignes du texte dessinée par Mme Taubira dans La Croix le 11 septempbre avait provoqué la surprise des associations, le projet excluant l'accès aux techniques de PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de lesbiennes alors que cela faisait partie des promesses de campagne de François Hollande.
Le texte, qui doit être présenté en Conseil des ministres fin octobre, pourrait toutefois encore évoluer, selon les associations. "Ce projet de loi a minima ne suffira pas", a prévenu le porte-parole de l'inter-LGBT Nicolas Gougain. "La très grande majorité des couples de lesbiennes qui souhaite fonder une famille a recours à une PMA (Belgique ou en Espagne) et non à l'adoption pour lesquelles les démarches sont souvent bien plus longues", rappelle-t-il dans une tribune publiée sur le site du Nouvel Observateur.
"D'autre part, la PMA étant déjà ouverte aux couples hétérosexuels, il s'agit ici de garantir –comme avec le mariage et l'accès à l'adoption– une stricte égalité entre les couples homos et hétéros". Une pétition en ligne pour exiger l'accès à la PMA pour les lesbiennes a été lancée sur le site allout.
A compter du 1er septembre, les homos pourront, eux aussi, bénéficier du congé parentalité de 11 jours au sein du groupe SFR. Ce congé "ne sera pas seulement réservé aux couples pacsés", précise l'association LGBT HomoSFère dans un communiqué.
"La concrétisation de cette revendication très forte portée par HomoSFèRe démontre une vraie reconnaissance des personnes LGBT dans l’entreprise. Par cette mesure en faveur de l’égalité des droits, SFR fait preuve d’innovation et d’ouverture et donne ainsi l’exemple alors que la loi est encore défaillante et discriminante", se réjouit l'association.
HomoSFèRe constate néanmoins que "des salarié-e-s LGBT chez SFR éprouvent encore le besoin de se cacher par crainte de conséquences négatives sur leur carrière et leurs conditions de vie. La difficulté, voire l'impossibilité, à trouver chez SFR, des bénéficiaires de ce congé prêts à témoigner à visage découvert, en est un bel exemple".
Après les catholiques, c'est au tour des autorités musulmanes de France d'affirmer publiquement leur hostilité à l'ouverture du mariage aux homosexuels. "La loi musulmane condamne et punit les actes d’homosexualité". Le "mariage homosexuel (...) est de ce fait inconcevable et inimaginable du point de vue religieux", écrit Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris dans un communiqué diffusé jeudi 16 août.
"Le Coran condamne fermement l’homosexualité considérée comme non conforme à la conception de la nature du mariage voulu par Dieu, qui consiste à l’union d’un couple (homme et femme) afin d’assurer la procréation et la perpétuation du genre humain", ajoute-t-il.
Et de citer le Coran: "comment pouvez-vous accomplir l’acte charnel avec les mâles de ce monde en délaissant les épouses que votre Seigneur a créé pour vous. En vérité, vous êtes des transgresseurs".
La lecture dans les églises, mercredi 15 août, d'une "prière universelle" appelant à ce que les enfants et les jeunes "cessent d'être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l'amour d'un père et d'une mère" a provoqué un déluge de réactions. L'Eglise entendait ainsi réaffirmer son hostilité au mariage des couples homosexuels, que le président François Hollande a promis d'instaurer début 2013.
Alors que les associations LGBT dénoncent la position de l'Eglise, l'ex-députée Christine Boutin, hostile au mariage gay, a réclamé un référendum sur le sujet.
Selon une enquête de l'Ifop parue mercredi dans La Lettre de l'Opinion, 65% des Français sont favorables au mariage homosexuel, et 53% à l'adoption d'enfants par les couples homosexuels.
Si elle est favorable à "l'officialisation en mairie de l'union homosexuelle", Nathalie Kosciusko-Morizet s'est déclarée hostile jeudi au droit à l'adoption pour les homosexuels lors de l'émission "Questions d'info" LCP/Le Monde/France info/AFP.
La ministre de la Justice Christiane Taubira a annoncé jeudi le dépôt du projet de loi sur le droit au mariage et à l'adoption pour tous dès la rentrée parlementaire, en vue de son adoption début 2013.
"L'officialisation en mairie d'une union homosexuelle est quelque chose qui me semble légitime", a expliqué la députée UMP Nathalie Kosciusko-Morizet. D'ailleurs, "on me l'a demandé récemment, j'ai accepté de le faire. Cela ne s'est pas encore fait mais j'ai accepté de le faire".
"En revanche l'adoption non. Je ne suis pas d'accord", a-t-elle ajouté. "La famille n'est pas organisée de manière essentielle comme ça, et dire que tout est pareil, c'est pas la réalité".
"Est ce qu'une famille homosexuelle et une famille hétérosexuelle, c'est pareil?", a-t-elle lancé. Sa réponse était visiblement non.
"Au premier semestre 2013, le droit au mariage et à l'adoption sera ouvert à tous les couples, sans discrimination", a confirmé mardi le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lors de sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale.
Une petite phrase très attendue par la communauté LGBT, quelques jours après la gay pride de Paris, et qui a aussitôt provoqué une bronca de la droite. "Pauvre France!", a réagi Christine Boutin sur twitter, alors que Jean-François Copé se disait "très déçu" par le discours de M. Ayrault.
"Je ne suis pas favorable au mariage des couples homosexuels", a expliqué dimanche le patron de l'UMP. L'ancien Premier ministre François Fillon y étant aussi hostile, il ne faut donc guère s'attendre à une ouverture à droite pendant le débat.
Une situation qui a provoqué la colère de GayLib, association qui tente de défendre les droits des homosexuels à l'UMP. Le président de Gaylib a fait part de sa "stupéfaction" dans une lettre ouverte adressée à Jean-François Copé. "Vous même nous donniez l'assurance qu'à titre personnel vous étiez favorable à une évolution de la législation en ce sens, mais que vous ne pouviez pas vous substituer aux choix du candidat Sarkozy, position que nous comprenions et respections", accuse Emmanuel Blanc. "En vous positionnant aussi fermement dans le refus de l'accès au mariage à tous les couples, vous fermez le débat".
"Je vous pose la question très solennellement: Les homosexuels sont-ils encore les bienvenus à l'UMP?", conclut Emmanuel Blanc.