A peine devenu Premier ministre, Jean-Marc Ayrault a réaffirmé à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie le 17 mai que les couples homosexuels pourraient bientôt se marier et adopter, comme l'a promis le nouveau président, François Hollande.
Le gouvernement socialiste "mettra en oeuvre l'engagement du président de la République d'ouvrir le droit au mariage et à l'adoption aux couples homosexuels", a fait savoir Matignon. Paris est "déterminé à faire reculer les préjugés et à mettre un terme aux discriminations et aux violences (...) commises à raison de l'orientation ou de l'identité de genre".
Lors de sa campagne, François Hollande a promis le mariage et l'adoption aux couples gays et lesbiens pour le printemps 2013 au plus tard.
Dominique Bertinotti, ministre déléguée à la Famille, a également réitéré ces engagements. "Je suis pour le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels", a-t-elle écrit sur son compte Twitter, ajoutant qu'elle "préfère dire 'les familles' que 'la famille' car les formes de famille ont évolué: familles monoparentales, homoparentales, recomposées..."
Et la maire du IVe arrondissement de Paris de répéter sur France Info que "les formes (de la famille) sont multiples (...) classiques, recomposées, monoparentales, homoparentales" et qu'"il faut que chacun de ces types de famille puisse trouver exactement les mêmes droits, le même regard aussi de la société, sur des choix de vie qui sont tout à fait respectables quels qu'ils soient".
Dominique Bertinotti sur France Info (mariage à partir de 3.50) par FranceInfo"Je suis dans un arrondissement où les familles homoparentales sont une réalité et (elles ont souvent) encore cette difficulté à pouvoir simplement dire ce qu'elles vivent. Il y a souvent beaucoup d'amour, beaucoup d'affection et je ne vois pas pourquoi il y aurait encore des discriminations en la matière", a insisté Dominique Bertinotti.
Sept pays d'Europe ont déjà ouvert le mariage à tous les couples, homos ou hétéros: les Pays-Bas (2001), la Belgique (2003), l'Espagne (2005), la Suède (2009), la Norvège (2009), le Portugal (2010) et l'Islande (2010).
Barack Obama dit oui au mariage des homosexuels! A six mois de remettre son mandat en jeu, le président américain a déclaré mercredi 9 mai 2012: "Je pense que les couples de même sexe devraient pouvoir se marier".
Interrogé par la chaîne ABC, Obama, qui a supprimé la loi interdisant aux militaires d'affirmer leur homosexualité, a expliqué qu'il avait "évolué ces dernières années" sur cette question.
"A un moment, j'ai conclu que pour moi, personnellement, il est important pour moi de me lancer et d'affirmer que je pense que les couples de même sexe devraient pouvoir se marier."
"J'ai hésité sur le mariage gay en partie parce que je pensais que les unions civiles suffiraient", a raconté Obama. Le président américain a cependant changé d'avis en en parlant avec "des amis, des proches et des voisins", en constatant que "des membres de (son) personnel étaient incroyablement engagés dans des relations monogames de même sexe et élevaient des enfants ensemble", et en pensant aux militaires qui se battent pour les Etats-Unis mais qui ne peuvent pas se marier.
Plusieurs sondages récents suggèrent qu'une majorité d'Américains sont favorables à l'ouverture du mariage aux couples lesbiens et gays.
Le très probable adversaire conservateur de Barack Obama à la présidentielle, Mitt Romney, cité par "The Advocate", a pour sa part réitéré son opposition "au mariage entre personnes de même sexe".
L'animatrice de télévision et humoriste lesbienne Ellen DeGeneres, qui a épousé l'actrice Portia De Rossi pendant les quelques mois où les homosexuels ont pu se marier en Californie, a salué la prise de position d'Obama. "Merci président Obama pour vos mots merveilleux et courageux. Je suis bouleversée".
Jane Lynch, lesbienne "out" qui incarne l'impitoyable coach Sue Sylvester de la série "Glee", s'est également déclaré "sacrément heureuse aujourd'hui". "Merci M. le président de soutenir la dignité de ma famille et de tant d'autres!", a-t-elle réagi sur Twitter.
François Hollande s'est engagé: lui président, les couples lesbiens et gays de France auront enfin droit au mariage, à l'adoption et à la procréation médicalement assistée (PMA), au plus tard au printemps 2013.
"Si on veut un bon débat, mieux vaut qu'il puisse commencer au début de l'année 2013 et se terminer au printemps", une fois sur le Parlement aura traité les questions financières, précisait Hollande au magazine "Têtu" en avril. "Nous ferons cette révolution tranquillement, avec le souci de convaincre et de faire avancer la société française."

François Hollande est désormais président. Il doit tenir ses engagements et ouvrir le mariage à tous, homos comme hétéros, car les Français sont prêts, comme en témoignent tous les sondages récents. Aucune excuse ne sera recevable pour repousser cette occasion historique d'instaurer l'égalité des droits quelle que soit l'orientation sexuelle.
La France sera alors le huitième pays d'Europe à permettre aux homosexuels de se marier, après les Pays-Bas (2001), la Belgique (2003), l'Espagne (2005), la Suède (2009), la Norvège (2009), le Portugal (2010) et l'Islande (2010).
"Eva Joly, François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen aussi auraient pu avoir deux mamans lesbiennes ou deux papas gays. Et ils et elles auraient été aussi heureux-ses".
SOS Homophobie a lancé une campagne de six affiches pour la reconnaissance légale de l'homoparentalité à l'occasion de la présidentielle 2012. On y voit François Hollande, Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, François Bayrou et Eva Joly en enfant tenu par un couple de femmes ou d'hommes, avec cette légende: "(Untel) aussi aurait pu avoir deux papas gays/deux mamans lesbiennes/Et il/elle aurait été aussi heureux/se".
Et SOS Homophobie de souligner que, "en France, 300.000 enfants ont des parents homosexuels. Ils et elles ont droit à la même sécurité que les autres. La France doit reconnaître les familles homoparentales".
SOS Homophobie rappelle que, sur dix candidats à la présidentielle, trois refusent de garantir les mêmes droits aux couples homosexuels qu'aux autres: le sortant Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan. A gauche et au centre, "l'ensemble des candidat-e-s souhaite répondre à cette demande sociale en garantissant une stricte égalité entre les hétéros et les homos", ajoute l'association.
Le nombre d'enfants vivant dans des foyers homosexuels n'est pas précisément connu. SOS Homophobie et l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL) l'estime à 300.000 en prenant en compte des configurations familiales très diverses, l'INED (Institut national d'études démographiques) à plus de 30.000 mais reconnaît que ses outils ne sont pas adaptés à cette question.
Le local de son exposition de peinture est encore fermé alors qu'il devait ouvrir à 10h, un petit vent glacial se tortille dans la rue étroite donnant sur le Panthéon, mais Laurel Holloman avance avec grâce pour saluer tout sourire les quelques fans de "Tina-de-L-Word" qui l'attendent déjà devant la salle.
Emmitouflée dans son gilet matelassé orange et son blouson de cuir noir d'où dépasse un long t-shirt asymétrique, jean savamment élimé rentré dans de hautes bottes cavalières, elle relève ses lunettes fumées sur ses cheveux blond-roux attachés et prend la pose pour quelques photos rapides.
On ne reconnaîtrait pas "Tina" en la croisant dans la rue et pourtant il émane de Laurel Holloman cette même impression de "soft power", ce mélange de détermination et de douceur qui se dégageait de son personnage dans "L Word".
"Je suis très heureuse, très reconnaissante" d'avoir participé à 'L Word'", confie-t-elle à LToutes, car "c'était une série très novatrice". "Au début, c'était juste un rôle. C'est plus tard que j'ai vu l'effet que cela produisait. J'en suis fière mais je n'y pense plus trop maintenant. Je suis à ce que je fais, et c'est la peinture."
Le mot est lâché et son visage s'illumine. Revenue à ses premières amours après avoir tourné la page de "L Word" et de son mariage, cette ex-étudiante en art présente une quinzaine de toiles à la mairie du Ve arrondissement de Paris. L'exposition s'intitule "Coeur libre": tout un programme.
"La peinture, c'est ma passion. C'est comme être amoureuse. Je n'étais pas amoureuse du métier d'actrice, ou peut-être quand j'étais plus jeune. Mais c'était plutôt devenu un boulot", explique-t-elle. Elle s'avoue plus attirée par "le cinéma indépendant" et les films européens, "plus visuels", citant "Trois couleurs/Bleu/Blanc/Rouge" de Krzysztof Kieslowski, "Le Scaphandre et le papillon" de Julian Schnabel, Elodie Bouchez, Isabelle Huppert, Juliette Binoche, Catherine Deneuve ou Daniel Auteuil.
"Quand je peins, je suis plus moi-même. Il y a des moments dans la vie où on ne sait pas exactement pourquoi mais on ressent quelque chose de tellement fort qu'on ne peut pas y résister. C'est ce qui se passe pour moi. C'est comme une obsession", s'enthousiasme Holloman, ponctuant ses phrases de longs gestes.
"Initialement, je m'étais donné 18 mois pour voir comment je le vivrais, si je reviendrais (sur les plateaux) mais maintenant que j'ai mon studio, des expositions, je n'ai plus le temps et ça ne me manque pas. C'est ce que ça m'a appris", poursuit-elle, avant de lâcher dans un souffle: "En fait, si j'avais une baguette magique, je ne reviendrais jamais au métier d'actrice."
Ses peintures sont "grandes, abstraites", "la couleur a une énorme importance". "Je peins six ou sept couches, voire plus. Une grande partie du message de cette exposition est dans la dualité de presque toutes les toiles. Chacune est un tableau sur un autre tableau. Moi, je les regarde et je sais ce qu'il y a dessous."
"Les peintures du dessous ont plus de texture et cette texture de la première peinture transparaît dans la seconde, plus fondue, elles se complètent, la première tente de se frayer un chemin vers la surface...", décode Holloman, qui se sent notamment influencée par des artistes comme Mark Rotko, Gerhard Richter, Susan Rothenberg ou Willem de Kooning.
Si elle peint pendant des heures d'affilée, elle "aime les peintures où on voit le coup de brosse, que c'est une décision résolue et qu'on s'y tient. Je suis plutôt perfectionniste: quand je vois mes tableaux, je voudrais les changer, mais je me retiens".
Présente à paris pour la première semaine de son exposition avant de regagner Los Angeles, elle s'est promenée dans la ville, a retrouvé des amis et visité le musée Rodin, qu'elle connaissait déjà, pour admirer une fois de plus les esquisses du maître. "C'est superbe, tellement sensuel. Erotique. Ca me coupe le souffle."
"Je ne pense pas revenir au métier d'actrice. J'ai encore beaucoup, beaucoup de travail à faire sur ma peinture", insiste Laurel Holloman. Pour autant, elle ne ferme pas totalement la porte aux studios: "Si j'avais atteint un niveau qui me permette de choisir de très, très, très bons films..."
- Exposition "Coeur libre"/"My Heart is Free" de Laurel Holloman;
- Du 04 au 21 avril 2012; du lundi au vendredi de 10h à 18h et le samedi de 10h à 13h;
- Mairie du Ve arrondissement, 21, place du Panthéon, 75005 Paris. RER Luxembourg.
- Laurel Holloman Studio
(Photos LToutes sauf Red Rain DR et site de la mairie)
Le Printemps de Cineffable se tient les 14 et 15 avril à Paris. A quelques jours de la présidentielle, les organisatrices entendent "maintenir la pression de la mobilisation féministe pour mettre l'égalité femme-homme et le combat contre la lesbophobie au cœur des élections".
Condensé des meilleurs films du 23e Festival international du film lesbien et féministe de Paris qui s'est tenu fin 2011, la programmation offre le choix notamment entre un documentaire décrivant la guerre menée par des "pro-Vie" à une clinique d'avortement en Floride ("12th & Delaware"), ou un autre sur l'histoire pas banale de deux soeurs jumelles lesbiennes, néo-zélandaises, chanteuses de country et... comiques ("Topp Twins").
Côté fiction, sera à l'affiche, samedi, une comédie musicale déjantée et sanglante ("Cupcake: A Zombie lesbian musical") et, dimanche, une série de courts métrages, ainsi que "Mosa"), l'histoire d'une lesbienne sud-africaine vivant dans un pay où les hommes pratiquent le "viol correctif" (LToutes vous en parlait ici), film qui a reçu le prix du public du festival en 2011. Où: espace Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan, 75002, Paris.
Tarifs: 4 euros adhérentes, 6 euros non adhérentes.
Les bandes-annonces en anglais:
- 12th & Delaware
- Topp Twins
- Cupcake: A Zombie lesbian musical"
- Mosa
Après "I Will Survive" devenu l'hymne de la Coupe du monde de football 1998, le Paris Saint-Germain (PSG) adapte en français la chanson "Go West" (1979) des Village People. Homophobie à part, le foot, c'est très gay.
Laurel Holloman, l'inoubliable Tina de L Word, annonce sur son compte Twitter qu'elle se trouvera à Paris du 1er au 8 avril pour son exposition de peintures "Coeur Libre", qui se tiendra du 3 au 21 avril 2012.
Holloman présentera une quinzaine de toiles à la mairie du Ve arrondissement de Paris, face au Panthéon, comme LToutes avait été le premier à vous l'annoncer. Une vidéo donne un avant-goût de l'exposition.
Le Chili est condamné pour avoir refusé la garde de ses trois filles à une juge lesbienne. La Cour interaméricaine des droits de l'Homme a estimé que le lien de cause à effet était clairement établi entre l'orientation sexuelle de Karen Atala et la décision de confier les enfants à son ex-mari.
La décision remonte au 24 février mais vient d'être rendue publique sur le site Web de la Cour. La juge Atala avait saisi la juridiction régionale fin 2004 après avoir perdu sa bataille devant la Cour suprême chilienne. Cette dernière avait invoqué un "risque" pour les enfants s'ils étaient restés avec leur mère et sa compagne.
La Cour interaméricaine des droits de l'Homme a déclaré qu'il y avait manifestement discrimination en raison de l'orientation sexuelle et ingérence dans la vie privée et familiale de la juge Atala, en violation de la Convention américaine. Le Chili est condamné à verser 20.000 dollars à la juge Atala et 10.000 à chacune de ses trois filles pour le préjudice subi, plus 12.000 dollars pour les frais de justice.
Pour Nicolas Sarkozy, la gay pride est "utile" mais il la juge parfois "caricaturale et réductrice". "Il y aurait beaucoup à dire sur la gay pride...", a estimé le candidat UMP à la présidentielle, interrogé par Têtu.La marge des fiertés LGBT, "c'est à la fois très positif parce qu'il n'y a absolument aucune raison que l'homosexualité se dissimule. Ce serait même scandaleux". Mais "en même temps, l'homosexualité ce n'est pas forcément un char rose", lâche-t-il. "Moi je n'ai jamais fait de l'homosexualité une question de gaudriole".
D'ailleurs, "souvent je me suis dit: si j'étais homosexuel, je serais content de la gay pride, qu'il y ait un jour où je puisse dire « j'existe », mais je ne serais pas content de certaines représentations qui sont faites de ma sexualité".
De là à participer lui-même à la gay pride... "Pourquoi pas? De la même façon que vous pourriez me demander si je peux aller à un concert", répond-il. Nicolas Sarkozy se redit par ailleurs opposé au mariage homosexuel, mais "prêt à proposer", par décret, "que la cérémonie en mairie pour un pacs homosexuel, soit de droit". Cela "permettrait une vraie reconnaissance sociale" selon lui.
Interrogé sur le statut de beau-parent, promis lors de la campagne de 2007 et auquel il a ensuite renoncé, il dit ne pas "savoir comment régler le problème aujourd'hui". "Faire reconnaître un droit au beau-père peut être vécu comme une remise en cause des droits du père. De même pour une belle-mère", souligne-t-il. "Je n'ai pas trouvé la solution".
Quant à l'adoption pour les couples homosexuels, Sarkozy y est toujours hostile. De toute façon, "la lutte contre l'homophobie est beaucoup plus importante que la lutte pour le droit à la procréation ou pour l'adoption dans un couple homosexuel".