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dimanche 1 juillet 2012

Dernière Gay Pride avant le mariage!



Si tout se passe comme promis, la Gay Pride 2012 était la dernière avant l'ouverture du mariage aux couples homosexuels en France. Elu en mai, François Hollande s'y est engagé pour le printemps 2013 au plus tard.

A Paris, la Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans (LGBT) a rassemblé plus de 60.000 personnes le 30 juin, selon la préfecture citée par les médias, soit environ le double de l'année précédente. Une mobilisation qui témoigne de la volonté de voir le nouveau gouvernement tenir l'engagement 31 de l'ex-candidat Hollande: mariage et adoption pour tous.

La ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, a déclaré au "Parisien" qu'un projet de loi serait présenté au Parlement à la rentrée 2012. "Dans un an, les personnes du même sexe pourront se marier", a-t-elle assuré.

Le débat promet d'être vif et risque de ne rien avoir à envier à celui du PACS en termes d'homophobie et de clichés nauséabonds (cf LToutes sur les intégristes et UNAF). La loi devrait cependant être adoptée, la gauche détenant la majorité absolue au Parlement.

En 2013, la France devrait devenir le huitième pays d'Europe à légaliser le mariage pour les couples lesbiens et gays, après les Pays-Bas (2001), la Belgique (2003), l'Espagne (2005), la Suède (2009), la Norvège (2009), le Portugal (2010) et l'Islande (2010).

lundi 16 avril 2012

Présidentielle: et si les candidats avaient des parents homos?


"Eva Joly, François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen aussi auraient pu avoir deux mamans lesbiennes ou deux papas gays. Et ils et elles auraient été aussi heureux-ses".

SOS Homophobie a lancé une campagne de six affiches pour la reconnaissance légale de l'homoparentalité à l'occasion de la présidentielle 2012. On y voit François Hollande, Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, François Bayrou et Eva Joly en enfant tenu par un couple de femmes ou d'hommes, avec cette légende: "(Untel) aussi aurait pu avoir deux papas gays/deux mamans lesbiennes/Et il/elle aurait été aussi heureux/se".

Et SOS Homophobie de souligner que, "en France, 300.000 enfants ont des parents homosexuels. Ils et elles ont droit à la même sécurité que les autres. La France doit reconnaître les familles homoparentales".

SOS Homophobie rappelle que, sur dix candidats à la présidentielle, trois refusent de garantir les mêmes droits aux couples homosexuels qu'aux autres: le sortant Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan. A gauche et au centre, "l'ensemble des candidat-e-s souhaite répondre à cette demande sociale en garantissant une stricte égalité entre les hétéros et les homos", ajoute l'association.

Le nombre d'enfants vivant dans des foyers homosexuels n'est pas précisément connu. SOS Homophobie et l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL) l'estime à 300.000 en prenant en compte des configurations familiales très diverses, l'INED (Institut national d'études démographiques) à plus de 30.000 mais reconnaît que ses outils ne sont pas adaptés à cette question.

mardi 20 mars 2012

Hollande: mariage et adoption pour les homos au printemps 2013

Photo francoishollande.fr


François Hollande promet de faire voter l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels "au plus tard au printemps 2013".

Le candidat socialiste à l'Elysée en mai, donné favori dans les sondages, estime dans un long entretien au magazine "Têtu" d'avril que "si on veut un bon débat, mieux vaut qu'il puisse commencer au début de l'année 2013 et se terminer au printemps", une fois traitées les questions financières. "Le printemps, ce n'est pas une mauvaise saison pour se marier!"
Nous ferons cette révolution tranquillement, avec le souci de convaincre et de faire avancer la société française", assure François Hollande.

Interrogé sur l'argument du président sortant Nicolas Sarkozy pour qui ouvrir le mariage aux couples lesbiens et gays risquerait de "brouiller l'image de cette institution sociale", le candidat socialiste répond que "le mariage, au contraire, sera consacré s'il est ouvert à tous. Il sera même renforcé!".

François Hollande réaffirme par ailleurs qu'il est favorable à l'ouverture de la procréation médicale assistée (PMA) aux couples de lesbiennes, "aux conditions d'âge", dans le cadre d'"un projet parental" et dans le "respect de l'anonymat du don des gamètes".

Il se déclare en revanche hostile aux mères porteuses (gestation pour autrui, GPA), refusant "la marchandisation du corps", même s'il estime qu'il faudra un débat sur le statut des enfants nés par GPA, en général à l'étranger.

Et, comme Nicolas Sarkozy, son principal adversaire à la présidentielle, Hollande pense qu'il faut attendre le collège pour aborder la lutte contre l'homophobie à l'école, "parce que c'est à ce moment-là que ces questions se posent pour les adolescents".


Gilles Wullus de "Têtu" sur Hollande et Sarkozy (de 4min15 à 8min30)


Pour Gilles Wullus, directeur de la rédaction de Têtu interrogé sur France-Info, Sarkozy "n'avait pas vraiment préparé cette interview", contrairement à celle qu'il avait donnée au magazine en 2007. "Il a improvisé pas mal de choses et il n'avait quasiment rien à proposer".

lundi 5 mars 2012

La moitié des Français pour l'adoption par les homos



La moitié (51%) des Français sont favorables à l'adoption d'enfants par les couples homosexuels, contre 46% en 2005, selon un sondage Ifop pour "Femme actuelle" et "Enfant Magazine". Ils restent réticents à parler de "famille" dans ce cas 48%) ou dans celui des couples gays et lesbiens élevant des enfants issus de précédentes unions (50%), mais on mesure le chemin parcouru par rapport aux 24% d'acceptation de 1998.

On note cependant que l'Ifop estimait que 58% des Français étaient favorables à l'adoption par les couples homosexuels en juin 2011 dans une autre enquête réalisée pour "Ouest-France Dimanche" (cf LToutes). Les femmes de moins de 35 ans, sans pratique religieuse et de gauche se montrent les plus progressistes en la matière.

Autre enseignement du sondage pour "Femme actuelle": 83% des Français sont d'accord pour un statut du beau-parent, auquel Nicolas Sarkozy a renoncé devant la levée de boucliers de sa droite. Le président sortant s'oppose également au mariage des homosexuels, qui fait partie, avec l'adoption, des promesses du candidat socialiste à l'Elysée, François Hollande.

(Sondage réalisé du 13 au 17 janvier 2012 par questionnaire auto-administré en ligne auprès d'un échantillon de 1.005 personnes représentatif de la population française âgée d'au moins 18 ans, sélectionné selon la méthode des quotas; marge d'erreur d'environ plus ou moins 3 points sur l'adoption, 2,5 pour le statut du beau-parent)

mercredi 22 février 2012

Vanneste joue avec les nerfs de l'UMP



Christian Vanneste va-t-il se présenter en indépendant contre le nouveau candidat UMP aux législatives de juin? Le député du Nord, qui a perdu l'investiture et frôlé l'exclusion pour ses derniers propos aux relents homophobes, n'exclut pas cette possiblité. Il l'avait fait en 2007 mais l'UMP ne lui avait opposé de candidat.

Interrogé sur son éventuelle candidature indépendante, Vanneste répond à France-Soir: "C'est possible, je n'ai pas encore pris ma décision." Il joue aussi le suspens sur son départ de l'UMP, qu'il a pourtant annoncé en fanfare dans la journée, en écrivant sur son blog que les derniers développements lui "font aujourd’hui très sérieusement envisager de quitter un parti qui n'a strictement plus rien à voir" avec le RPR qu'il a intégré en 1977.

Le cas Vanneste s'avère particulièrement épineux pour l'UMP, à l'heure où le candidat-président Nicolas Sarkozy fait de l'oeil aux plus conservateurs de sa majorité en rejetant le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, tout en assurant qu'il a l'homophobie "en horreur" (voir article LToutes).

Résultat: une semaine après avoir quasiment promis l'exclusion de Christian Vanneste devant le tollé déclenché par ses propos sur la "fameuse légende" de la déportation des homosexuels français pendant la Deuxième Guerre mondiale (voir article LToutes), le patron de l'UMP, Jean-François Copé, suspend la procédure quand le député promet de partir de lui-même.

"A partir du moment où il se retire de l'UMP, on ne va pas enclencher une procédure. Si jamais il apparaissait que, d'ici quelques semaines, il ne s'est toujours pas retiré de l'UMP, ben, on en tirera les conséquences, voilà", déclare Copé.

De son côté, Vanneste dénonce "un harcèlement systématique de la part du lobby gay" et le "prosélytisme homosexuel" de GayLib au sein de l'UMP, rappelant que la Cour de cassation a cassé sa condamnation pour homophobie fin 2008.

"On a cherché à faire croire que j'avais nié la déportation (des homosexuels français), alors que j'avais seulement limité celle-ci à son cadre réel, déjà évidemment inexcusable", écrit-il sur son blog, rejetant le terme de "négationnisme". Mais il est bien le seul à parler d'une déportation massive d'homosexuels français, comme l'expliquait encore récemment l'historien Mickaël Bertrand. Cette "fameuse légende", c'est lui qui l'invente.

mardi 21 février 2012

Mariage gay: Sarkozy parle à sa droite



On savait Nicolas Sarkozy-le-candidat opposé au mariage des couples homosexuels, mais parler de "mode du moment" lui permet d'enfoncer le clou auprès de l'aile la plus conservatrice de la droite. Celle qui n'a pas forcément digéré ses mariages et divorces à répétition et son côté bling-bling.

"La famille, le mariage restent des repères, restent des références profondément ancrés dans notre conscience collective et qui font partie de notre identité. Nous ne voulons pas que l'on sacrifie notre identité à la mode du moment", a lancé Sarkozy lors du meeting du 19 février 2012 à Marseille.

La charge fait mal aux défenseurs de l'égalité des droits et du mariage pour tous, mais elle ne doit pas surprendre dans le contexte de la droitisation de la campagne Sarkozy, d'autant plus que sa déclaration de candidature ne l'a pas fait remonter dans les sondages sur la présidentielle.

Toujours dominé par François Hollande et menacé par Marine Le Pen, Sarkozy veut ratisser un électorat vieillissant mais fidèle, attaché aux valeurs traditionnelles, et qui se moque bien qu'une majorité de Français soient favorables au mariage des homosexuels. Car l'enjeu pour Sarkozy, c'est précisément de ne pas passer de mode.

mercredi 15 février 2012

Vanneste: Sarkozy a l'homophobie en horreur




Nicolas Sarkozy a pris toutes ses distances avec un Christian Vanneste mercredi (15/02/2012). "Tout ce qui, de près ou de loin, peut paraître comme de l'homophobie, je l'ai en horreur", a déclaré le président après avoir officialisé sa candidature pour un second mandat de cinq ans à l'Elysée.

"On n'a rien à faire avec des personnes qui ne comprennent pas qu'au XXIe siècle, ce type de propos, ça tire tout le monde vers le bas", a ajouté Sarkozy, réagissant à la polémique déclenchée par les propos du député du Nord Christian Vanneste sur la "légende" de la déportation des homosexuels pendant la Deuxième guerre mondiale.

Le patron de l'UMP, Jean-François Copé, a annoncé que Vanneste devrait être exclu du parti présidentiel et perdait son investiture pour les élections législatives de juin à Tourcoing, auxquelles la formation présenterait un autre candidat.

Homophobie: Vanneste se grille à l'UMP



Christian Vanneste fait la quasi unanimité... contre lui. Le député du Nord qui voit dans l'homosexualité une menace pour l'humanité devrait être exclu de l'UMP et perd l'investiture du parti aux législatives pour avoir poussé trop loin le bouchon homophobe, même quand Sarkozy barre à droite pour conserver l'Elysée.

Sarkozy a le soir même (15/02/2012) pris toutes ses distances avec Vanneste, après avoir officialisé sa candidature à un second mandat présidentiel de cinq ans. "Tout ce qui, de près ou de loin, peut paraître comme de l'homophobie, je l'ai en horreur", a-t-il lancé. "On n'a rien à faire avec des personnes qui ne comprennent pas qu'au XXIe siècle, ce type de propos, ça tire tout le monde vers le bas."





C'est un entretien vidéo au site traditionnaliste chrétien "Liberté Politique" qui a mis en émoi jusqu'au propre camp de Vanneste, y compris son club très conservateur de la Droite populaire, et même le Front national.

Vanneste y dénonce "la fameuse légende de la déportation des homosexuels", faisant valoir qu'"en-dehors des trois départements annexés (par l'Allemagne: Alsace et Moselle), il n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France" à l'époque nazie. Et de fustiger la toute-puissance d'un prétendu "lobby gay" qui aurait infiltré les médias et la politique.

Certes, Nicolas Sarkozy s'oppose au mariage homosexuel et à l'adoption pour les couples lesbiens et gays; certes, l'UMP vient d'investir Vanneste alors qu'elle lui avait refusé son label aux législatives de 2007, sans pour autant lui opposer de candidat. Certes, la tentation est grande de chasser sur les terres du FN pour faire barrage au candidat socialiste, François Hollande, favori des sondages.

Mais là, Vanneste a osé "une provocation de trop", a réagi sur Twitter Frank Riester, député-maire UMP de Coulommiers et l'une des étoiles montantes du parti sarkozyste, qui a rendu son homosexualité publique en décembre. "Il faut le virer de l'UMP!", bouillonnait Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement. Chantal Jouanno, sénatrice UMP de Paris, jugeait aussi que "l'UMP ne peut pas rester sans réaction".






Le patron de l'UMP, Jean-François Copé, a tranché: Vanneste devrait être exclu de l'UMP le 22 février et remplacé par un autre candidat à Tourcoing. "Le bureau politique, à l'unanimité, a condamné avec la plus grande force ces propos inacceptables, profondément choquants et intolérables", a affirmé Copé.

Emmanuel Blanc, président de GayLib, le cercle de réflexion LGBT à l'UMP, a salué la réaction de Copé. Vanneste est un "multirécidiviste" qui "parle des homosexuels comme on parlait des juifs dans les années 30 (...) Cela n'a pas de place à l'UMP, ce ne sont pas nos valeurs", a-t-il dit sur Europe-1, même si GayLib n'a pas appelé à voter Sarkozy à la présidentielle.

Vanneste ne peut même plus compter sur ses amis: Thierry Mariani, ministre des Transports et co-fondateur de la Droite populaire, juge que "s'en prendre, de manière régulière et outrancière, aux homosexuels est injustifiable et incompatible avec les valeurs de notre famille politique".

"Nous nous désolidarisons totalement" de ces propos, écrivent Mariani et 24 autres membres du club, dont Jacques Myard, qui dénonce pourtant un "lynchage médiatique", et Lionnel Luca, opposé à l'exclusion de Vanneste de l'UMP, selon "Le Monde".

Quant au vice-président du Front national, Louis Aliot, il conseille à Vanneste sur France-2 de relire "un peu ses livres d'histoire".

A gauche, où le mariage homosexuel et l'adoption font officiellement consensus, la porte-parole de François Hollande, Najat Vallaud Belkacem, estime que "Vanneste est un négationniste" qui "déshonore l'Assemblée Nationale, la République, la France". Réagissant avant l'annonce de Copé, elle dénonçait "l'impunité et le silence complice de son camp, de son parti".

En ce qui concerne les faits, seuls sept des 62 Français envoyés dans des prisons et des camps allemands en raison de leur homosexualité, réelle ou supposée, ont été arrêtés en zone occupée, selon l'ouvrage collectif "La déportation pour motif d'homosexualité en France" (Editions Mémoire active), dirigé par Mickaël Bertrand. Mais "les homosexuels français pendant l'Occupation ont été persécutés, obligés de se cacher, parfois envoyés en prison ou dans des hôpitaux psychiatriques", a expliqué l'historien sur France-Info.

L'Allemagne nazie considérait les homosexuels comme des "ennemis de l'Etat". Sur les quelque 50.000 personnes condamnées pour ce motif, entre 10.000 et 15.000 ont été envoyées en camp de concentration et très peu ont survécu. Leur histoire est longtemps restée dans l'ombre de celle des résistants et des quelque six millions de juifs tués par les nazis. Le dernier de ces "Triangles roses" connus, Rudolf Brazda, né en Allemagne, est mort en août 2011 en Alsace, à l'âge de 98 ans.

jeudi 9 février 2012

Sarkozy dit non au mariage gay



Nicolas Sarkozy n'est "pas favorable" au mariage des couples homosexuels. Cela "ouvrirait la porte à l'adoption" et pourrait "brouiller l'image de cette institution essentielle qu'est le mariage", se justifie le président sortant et candidat présumé à sa propre succession dans un entretien au "Figaro Magazine" daté du 11/02/2012.

L'ouverture du mariage à tous risquerait surtout de fracturer la majorité au pouvoir à quelques encâblures de la présidentielle (22 avril/6 mai 2012). Car à en croire un sondage BVA de janvier pour "Le Parisien"/"Aujourd'hui en France", 51% des sympathisants de droite sont pour le mariage homo, et 44% pour l'adoption, deux mesures inscrites dans le programme présidentiel socialiste.

Toutes tendances politiques confondues, 63% des Français sont d'accord pour que les couples lesbiens et gays se marient (contre 48% en 2000), et 56% également pour qu'ils puissent adopter (28% en 1998).

"Je sais qu'il existe, de fait, des situations particulières avec des hommes et des femmes qui assument parfaitement leur rôle parental. Mais elles ne m'amènent pas à penser qu'il faudrait inscrire dans la loi une nouvelle définition de la famille", explique Nicolas Sarkozy.





Sarkozy rappelle qu'il avait proposé en 2007 "un contrat d'union civile" (CUC!) mais affirme qu'il était "inconstitutionnel" de le réserver "aux seuls homosexuels" et "aurait porté atteinte à l'institution du mariage". "Cependant, j’ai veillé à garantir aux homosexuels les mêmes avantages en termes de succession et de fiscalité qu’aux couples mariés, mais dans le cadre du PACS", insiste-t-il. Son projet de statut du beau-parent a aussi été enterré pour ménager les plus à droite du parti présidentiel.

Comme pour préparer le "non" de Sarkozy au mariage homosexuel, son Premier ministre, François Fillon, réitérait son opposition il y a quelques jours sur France 2, au nom de "la sécurisation des enfants" (*).

A l'heure où François Hollande apparaît comme le favori de la présidentielle dans les sondages, et même si le candidat socialiste a tout sauf déjà gagné la partie, Sarkozy peut être tenté de donner des gages à l'aile la plus réactionnaire de la droite pour chasser sur les terres frontistes. Quitte à investir un Christian Vanneste, pour qui l'homosexualité représente une menace pour l'humanité, aux législatives de juin prochain dans le Nord, alors qu'il avait été jugé trop sulfureux pour porter l'étiquette UMP en 2007.

* Les estimations varient sur le nombre d'enfants de familles homoparentales: de plus de 30.000 selon l'INED (Institut national d'études démographiques), qui reconnaît ne pas disposer des outils adaptés à cette question, à 300.000 selon l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), qui tente de prendre en compte des configurations très diverses.

jeudi 19 janvier 2012

Présidentielle 2012: les homos penchent à gauche



Les homosexuels et bisexuels sont plus ancrés à gauche que la moyenne des Français mais aussi attirés qu'eux par l'extrême droite à l'approche de la présidentielle 2012, selon une note de l'institut IFOP pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF). Ils sont par ailleurs moins abstentionnistes, moins hésitants et plus constants dans leurs choix politiques que leurs concitoyens en général.

Les candidats de gauche attirent la moitié (49,5%) des suffrages des lesbiennes, gays et bi, contre 40,5% chez le reste des Français, et même 53% pour les homosexuels revendiqués, dont un tiers pour François Hollande.

Le président sortant Nicolas Sarkozy et les candidats déclarés de la droite parlementaire comme Dominique de Villepin rassemblent à peine 20% des intentions de vote des homosexuels et 25% de celles des bisexuels, contre 32,5% chez l'ensemble des Français. Au centre, François Bayrou plaît à 9% homos (10%) et bi (8%), contre 6,5% pour l'ensemble des électeurs.

En revanche, 20% des bi et 17% des homos sont attirés par l'extrême droite, pourtant peu réputée pour son homophilie, et Marine Le Pen réalise le même score chez les hétéros (19,5%) que chez les LGBT (19% environ; 20% chez les bi, 17% chez les homos).

L'IFOP estime qu'on compte 3,2 millions de "personnes affirmant une part d'homosexualité" en France, dont 1,5 million d'homos et 1,7 million de bi. D'après l'enquête de l'institut, les lesbiennes, gays et bi représentent 6,5% de la population âgée de 18 ans et plus (3% se revendiquant homos et 3,5% bi): un électorat non négligeable, mesdames et messieurs les politiques...

mercredi 7 décembre 2011

Un député UMP fait son coming out


Les élus qui ont leur coming out ne se comptent guère que sur les doigts d'une main, surtout à droite. Après le maire PS de Paris Bertrand Delanoë et l'ex-ministre UMP Roger karoutchi, Franck Riester, maire de Coulommiers (Seine-et-Marne), est le premier député UMP à avoir sauté le pas. Dans l'interview accordée au Pays Briard, il évoque le "dérapage" qu'aurait commis l'élu d'opposition (PS) Pascal Thierry lors d'un conseil municipal récent: il avait lancé à l'évocation de la "couverture mixte" d'un nouveau terrain de sport: "si la couverture est mixte, il ne faudrait pas être gay...".

"Il semblerait que ces allusions m'étaient destinées et cherchaient à m'atteindre", a réagi Franck Riester, 37 ans. "Si c'est le cas, c'est raté car mon homosexualité n'est pas un secret. Je partage ma vie avec mon ami depuis longtemps. Pour autant, je n'ai jamais fait étalage de ma vie privée et continuerai à agir de la même manière".

Dans un droit de réponse, Pascal Thierry s'est ensuite défendu de tout dérapage homophobe, évoquant "un jeu de mots lancé dans le feu des débats". Si "Franck Riester et moi-même ne partageons pas les mêmes valeurs politiques", il souligne l'avoir "félicité" lorsqu'il a voté en juin dernier, avec quelques autres députés UMP, en faveur d'une proposition de loi PS autorisant le mariage homosexuel. Franck Riester fait aujourd'hui partie de la "jeune garde" UMP que Nicolas Sarkozy cherche à promouvoir pour sa campagne présidentielle de 2012. Il est à ce titre reçu régulièrement à l'Elysée avec d'autres jeunes élus.

Jean-Luc Romero, auteur de "homo politicus" et ancien élu de droite, lui a adressé "un grand et chaleureux bravo". "Cela lui vaudra le respect de ses électeurs. Mais arrivera t-il à faire taire dans son parti un Vanneste qui estime que les homos sont inférieurs aux hétéros ou un Myard qui assimile homosexualité à pédophilie ?", s'interroge-t-il sur sa page facebook. Selon lui, sur 530.000 élus en France, à peine 30 se disent homosexuels...

vendredi 11 novembre 2011

Un mariage gay, militant.. et symbolique


(Actualisé le 14/11/2011 avec réactions)
Ils s'aiment, ils se marient. Guillaume, 37 ans, et Patrick, 48 ans, se sont unis symboliquement samedi 12 novembre à Cabestany, dans le sud de la France, par le maire de cette bourgade qui dénonce "l'hypocrisie" de l'interdiction du mariage des couples homosexuels.

"C'est un acte militant. Ce sera un mariage dans les règles", a assuré à LToutes le maire communiste de Cabestany, Jean Vila. Le procureur et le préfet "s'inquiètent puisqu'on est hors la loi, mais il faut arrêter l'hypocrisie" qui consiste à "ignorer la réalité de milliers de couples homosexuels", ajoute-t-il. Il s'agit toutefois d'un mariage symbolique puisqu'il n'a pas été inscrit dans les registres d'état-civil.

"On se marie parce qu'on s'aime, mais c'est aussi un acte militant", ont également déclaré les futurs mariés au site "Têtu".

En 2004, Noël Mamère, député-maire Verts de Bègles, avait réellement marié deux hommes mais l'union avait été annulée par la Cour de cassation. En 2009, la maire socialiste de Montpellier, Hélène Mandroux, a lancé "l'appel de Montpellier" en faveur du mariage et de l'adoption pour les couples homos, avant de marier symboliquement un couple gay en février 2011. Interrogé sur le mariage homosexuel début 2011, le Conseil constitutionnel a quant à lui renvoyé la balle au Parlement.




Jean Vila, ex-député qui a voté pour le PACS en 1999, appelle les autres maires de France à marier eux aussi les couples lesbiens et gays, surtout les députés qui ont soutenu la proposition socialiste de légalisation du mariage pour tous, rejetée à l'Assemblée nationale en juin dernier. "Il faut mettre en conformité leur vote et leurs actes", lance-t-il, rappelant que 2012 est l'année de la présidentielle mais aussi des législatives.

Pour le maire de Cabestany, "la France ne peut pas être le dernier pays européen à continuer à interdire le mariage homosexuel", "il faut aller plus loin que le PACS". "C'est dans l'air du temps", insiste-t-il, soulignant que 63% des Français sont favorables à la légalisation du mariage pour tous et que de récentes décisions de justice témoignent de l'évolution de la société, comme le partage de l'autorité parentale entre les mères biologique et sociale de deux fillettes à Bayonne.

Le Parti socialiste promet le mariage et l'adoption pour les homosexuels en cas de victoire à la présidentielle 2012.

Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la cohésion sociale, qui avait soutenu le PACS contre son camp, a jugé sur RTL que la cérémonie de Cabestany n'était "pas la meilleure façon de faire avancer la cause" mais a redit "(son) engagement pour que le mariage soit ouvert aux couples de même sexe" car "c'est d'abord maintenant un engagement social et un engagement affectif".

La secrétaire d'Etat à la Famille, Claude Greff, a quant à elle jugé sur i>télé que le mariage de Guillaume et Patrick était une initiative "contre-productive" qui allait "crisper les positions"...

Pour l'instant, le mariage homosexuel est légal dans sept pays européens: Pays-Bas (depuis 2001), Belgique (2003), Espagne (2005), Suède (2009), Norvège (2009), Portugal (2010) et Islande (2010).

Il est légal aussi en Afrique du Sud, en Argentine, au Canada, à Mexico et dans certains Etats des Etats-Unis; dans ce dernier pays, la loi DOMA définissant le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme pourrait être bientôt abrogée, ouvrant la voie à la légalisation du mariage gay à l'échelle fédérale.

jeudi 10 novembre 2011

Sarko penserait au mariage homo



Nicolas Sarkozy envisagerait-il l'ouverture du mariage au couples homosexuels? C'est ce que croit savoir le site de droite Atlantico, qui cite "un cadre de l'UMP".

D'après ce cadre non identifié, le président sortant et probable candidat à sa propre succession en 2012 pourrait s'inspirer du Premier ministre conservateur britannique, David Cameron, qui s'est déclaré pour la légalisation du mariage pour tous au nom de l'égalité mais aussi de l'engagement au sein du couple, qui "rend la société plus forte".

"Il n'y a pas beaucoup de sujets de société sur lesquels Nicolas Sarkozy sera en mesure de proposer une avancée significative pendant la campagne. Il ne bougera pas sur la dépénalisation du cannabis, rien sur le vote des étrangers ni sur l'homoparentalité. Le seul truc auquel il réfléchit, c'est le mariage homo", aurait déclaré cette source. On note que selon le cadre anonyme de l'UMP, Nicolas Sarkozy dissocie l'homoparentalité, donc la famille, du mariage.

On se souvient aussi qu'avant d'arriver à l'Elysée en 2007, le futur président Sarkozy avait promis un statut du beau-parent et s'était déclaré en faveur d'"une union civile homosexuelle qui ne passe pas par le greffe du tribunal d'instance, mais par la mairie". Mais c'est la vision de la droite la plus conservatrice, souvent catholique, qui s'est imposée.

vendredi 28 janvier 2011

Le mariage: les homos restent exclus


On s'y attendait même si un mince espoir subsistait: le Conseil constitutionnel a dit non au mariage homosexuel ce 28 janvier 2011.

Et ce, au moment où, selon un sondage, 58% des Français se déclarent favorables au mariage des couples lesbiens et gays (35% opposés), alors qu'une majorité (51% opposés, 45% favorables) était encore contre en 2006. Les plus enthousiastes: les femmes (63%), les moins de 35 ans (74%) et les sympathisants de gauche (72%).

Comme pour l'adoption et le partage de l'autorité parentale au sein du couple homosexuel, le Conseil constitutionnel a renvoyé le débat au Parlement. Traduction: rendez-vous en 2012, si la gauche remporte la présidentielle en 2012 et tient sa promesse de légalisation du mariage des couples gays et lesbiens.

C'est un couple de femmes pacsées, Corinne Cestino et Sophie Hasslauer, mères de quatre enfants, qui contestait les articles 75 et 144 du Code civil réservant le mariage aux couples composés d'un homme et d'une femme. Elles invoquent la liberté du mariage, le droit de mener une vie familiale normale et le principe d'égalité devant la loi.


Mais les "Sages" ont déclaré que les articles incriminés étaient conformes à la Constitution. Le législateur, écrivent-ils, a tout à fait le droit d'estimer que "la différence de situation entre les couples de même sexe et les couples composés d'un homme et d'une femme (peut) justifier une différence de traitement quant aux règles du droit de la famille".

"Il n'y a pas de raison qu'on n'ait pas les mêmes droits que les autres et qu'on soit traitées comme des citoyens de deuxième zone", a réagi Sophie Hasslauer sur BFMTV. "La société française est prête, le blocage se fait au niveau des politiques", a estimé Corinne Cestino sur France Info, précisant qu'elles allaient poursuivre leur combat, ne serait-ce que pour la protection légale de leurs enfants.

Pour l'avocate Caroline Mécary qui représentait l'Association des parents gays et lesbiens (APGL) et SOS Homophobie intervenues pour soutenir le couple lesbien, "le Conseil constitutionnel vient de rater une occasion historique de mettre un terme à une discrimination devenue intolérable" pour les couples lesbiens et gays.

L'approche de l'élection présidentielle de 2012 devrait éviter que le débat ne sombre dans les marais de la politique française. Le président des socialistes à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a d'ailleurs annoncé qu'"avant l'été" son groupe inscrirait une proposition de loi reconnaissant le mariage homosexuel à l'ordre du jour des députés.

Le mariage homosexuel est légal dans sept pays d'Europe: Pays-Bas, Belgique, Espagne, Norvège, Suède, Portugal et Islande. En Grande-Bretagne, il existe un partenariat civil qui ouvre aux couples lesbiens et gays des droits similaires à ceux des couples hétérosexuels mariés.

(Le sondage TNS-Sofres pour Canal Plus a été réalisé mercredi par téléphone auprès d'un échantillon national de 950 personnes représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus et constitué selon la méthode des quotas.)