Donna Summer homophobe? La reine du disco, icone gay, s'en défendait dans une lettre datée du 26 juillet 1989 et adressée à Act Up, rendue publique aujourd'hui, peu après la mort de la chanteuse.
Car celle-ci s'était attirée les foudres de la communauté gay pour des propos tenus en 1983 lors d'un concert et révélés à l'époque par le magazine Village Voice. Donna Summer avait notamment qualifié le sida, qui faisait alors des ravages, de "punition divine".
Six ans plus tard, et alors qu'une de ses prestations avait été perturbée par Act Up quelques jours plus tôt à Boston, la diva s'est fendue d'une lettre à l'organisation. Restée jusque-là dans les archives d'Act Up, elle a été publiée récemment sur le blog de Peter Staley, un ancien militant gay.
Elle y qualifie les accusations d'homophobie d'"injustes" et évoque un "malentendu". "Je ne peux pas vous forcer à croire ce que je vous dis", mais "je n'ai pas dit que Dieu punit les homosexuels atteints du sida", écrit-elle. "Je n'ai pas porté de mauvais jugements sur vos vies. Je n'ai pas cessé de parler à mes amis gays, et je n'ai jamais choisi mes amis en fonction de leurs préférences sexuelles".
Et de regretter que nombre d'homosexuels se soient "détournés" d'elle. "Si je vous ai fait de la peine, pardonnez-moi (...) ne pouvons-nous pas simplement nous pardonner les uns les autres pour ce malentendu passé?". Et de conclure en citant.. la bible.
Le char de GayLib participera bien à la Marche des Fiertés le 27 juin 2009 à Paris, placée sous le thème de "l'égalité réelle" pour les lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels. L'Inter LGBT n'envisage pas d'exclure de cette manifestation unitaire le mouvement associé à l'UMP, malgré les protestations des Panthères roses qui dénoncent dans une lettre ouverte l'homophobie et la transphobie de ce parti et du gouvernement qui en est issu.
"Aucune des 50 associations de l'Inter LGBT n'a avancé l'idée qu'on puisse exclure GayLib de la Marche", déclare à LToutes le porte-parole de l'organisation, Philippe Castel pour qui "l'association et le parti politique ne sont pas forcément la même chose", comme le montrent certaines déclarations critiques de GayLib sur les positions du gouvernement et de la majorité dans les questions LGBT.
Les Panthères roses, dont les militants avaient bloqué le char GayLib avec Act Up à la Gay Pride 2008, posent cependant "une question importante qui mérite qu'on en discute", ajoute Philippe Castel, "car GayLib et l'UMP ont un lien très fort" et que l'Inter LGBT "attend des annonces" du gouvernement après plusieurs rencontres ces derniers mois. Doit-on exclure de la Marche tous les sympathisants de partis refusant l'égalité des droits LGBT mais représentant leurs aspirations dans d'autres domaines de la politique, ou faut-il lutter de l'intérieur?
La vice-présidente de GayLib, Anne Boring, défend la démarche de son mouvement, qui veut faire bouger l'UMP "petit à petit", "en travaillant au quotidien avec les élus qui font avancer la lutte contre l'homophobie". "On fait un travail assez important au sein de l'UMP, qui nous prend du temps, qui nous vaut parfois des insultes au sein de l'UMP, c'est frustrant de lutter pour se faire accepter par certaines associations LGBT", explique-t-elle, interrogée par LToutes.
"On est de droite et on veut l'égalité pour tous les LGBT", insiste Anne Boring, qui dit avoir lancé un appel à la discussion aux Panthères roses et à Act Up Paris. "On aimerait bien faire en sorte que la question LGBT ne soit plus une question de gauche ou de droite", ajoute-t-elle.
D'autres formations politiques sont elles aussi représentées à la Marche des Fiertés, mais toutes sont marquées à gauche et revendiquent, avec plus ou moins de fermeté, l'égalité des droits pour les lesbiennes et gays: le Parti socialiste, les Verts, le Parti communiste.
Toutes font en outre partie de l'Inter LGBT, contrairement aux Panthères roses et à GayLib, qui ont entamé les démarches d'adhésion par le passé mais ont été refusées ou ont renoncé avant le verdict. "Je pense que GayLib et les Panthères roses ont des choses à apporter à l'Inter LGBT", estime aujourd'hui Philippe Castel.
Act Up a décidé de porter plainte contre la France auprès de la Cour européenne des droits de l’homme pour contester l'arrêt de la Cour de cassation qui avait blanchi Christian Vanneste. Avec cet arrêt, "la France expose les homos à des traitements inhumains et dégradants", estime en effet l'association dans un communiqué publié mercredi 13 mai.
Le 12 novembre 2008, la Cour de cassation avait annulé la condamnation du député UMP Christian Vanneste pour injures homophobes, estimant que les propos de celui-ci -"l’homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité" ou "dangereuse pour la survie de l'humanité"- relevaient de la liberté d’expression. "C’est un précédent à même de conduire à une jurisprudence pour le moins embarrassante, qui autoriserait ainsi à dire que "les NoirEs sont inférieurs aux BlancHEs" ou "que les JuifVEs sont une menace pour la survie de l’humanité", note Act Up. Cette plainte est aussi "l’occasion d’interpeller publiquement les juges de la Cour de cassation sur leurs responsabilités face à l’augmentation des agressions homophobes".
Car "lorsque ces magistrats tolèrent dans le débat public des propos comme "l’homosexualité est une menace pour la survie de l’humanité", il ne faut pas s’étonner que des personnes (..) prennent cette expression au pied de la lettre et passent à l’acte".
Act Up-Paris, SOS Homophobie et le SNEG (Syndicat national des entreprises gaies)représentés par l'avocate Caroline Mécary ont décidé de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) après l'annulation de la condamnation de Christian Vanneste pour injures homophobes.
De nombreuses associations dénoncent l'arrêt de la cour de Cassation du 12 novembre 2008 selon lequel dire que "l'homosexualité est inférieure à l'hétérosexualité" reste dans "les limites de la liberté d'expression", alors que les partis politiques restent bien silencieux. Tour d'horizon non exhaustif des réactions. -- ASSOCIATIONS
- Act Up: "Une décision indigne, déconnectée des réalités de l’homophobie (...) C’est précisément parce que la société a commencé à prendre conscience de l’impact de l’homophobie que le législateur a donné les moyens de poursuivre les injures fondées sur l’orientation sexuelle. La décision de la Cour de cassation remet tout cela en cause. Aucune réaction politique. Quand des supporters sifflent un hymne national, on ne compte plus les réactions des politiques. Quand on insulte des pédés ou des gouines, quand la plus haute juridiction estime qu’il s’agit là de la simple manifestation de la liberté d’expression, on n’entend quasiment plus personne (...) La décision de la cour de Cassation ne doit pas inquiéter les seulEs défenseurSEs des droits des LGBT."
- SOS Homophobie: "La Cour de cassation paraît ainsi valider des propos qui portent atteinte à la dignité des homosexuel(les) (...) La décision de la cour de Cassation semble relever d'un autre âge (...) Nous ne pouvons que déplorer l’analyse de la cour de Cassation, qui ne paraît pas conforme à l’esprit de la loi du 30 décembre 2004 permettant la poursuite des injures homophobes. Ce dernier texte demeure la référence incontestable et permettra tôt ou tard aux 3 millions de français homosexuel(les) d’être reconnus pour ce qu’ils doivent être: des citoyens à part entière".
- L'Inter LGBT: "Consternation". "Pour la cour de Cassation, dans un argumentaire étonnant pour une institution de la République, (la déclaration de Christian Vanneste) n’aura d’ailleurs eu pour effet que de 'heurter la sensibilité de certaines personnes homosexuelles', comme si la majorité des personnes hétérosexuelles n’avaient pas elles-mêmes été choquées par de tels propos. On peut dès lors s’interroger sur ce que peuvent être les limites à ne pas dépasser pour que la justice applique les condamnations prévues par les articles 20 et 21 de la loi du 30 décembre 2004 censés mettre à égalité, pour l’injure, la diffamation ou la provocation à la haine ou à la violence, les motifs sexe, orientation sexuelle ou handicap avec les motifs origine ethnique ou religion. D’une certaine manière, l’arrêt de la Cour de Cassation interroge sur leur portée réelle".
- Centre lesbien, gay, bi et trans de Paris Ile-de-France: "La cour de Cassation protège la liberté d’expression de M. Vanneste au détriment des personnes homosexuelles injuriées alors même que des textes européens et français condamnent explicitement de tels faits". Le Centre LGBT de Paris IDF est "consterné par cette décision d’un autre âge, inique et dangereuse". "Cet arrêt est un encouragement à l’injure et à la haine qui peut mettre à mal les fragiles acquis en faveur du respect des personnes homosexuelles".
- Tjenbé Rèd: l'association noire et métisse LGBT appelle également à un rassemblement devant la cour de Cassation, mercredi 19 novembre à 19 heures.
-- POLITIQUES
- Noël Mamère (député-maire Vert de Bègles, a marié deux hommes en juin 2004 mais l'union a été annulée par la justice): l'arrêt de la cour suprême française est "scandaleux". "M. Vanneste est moralement inférieur parce qu'il est homophobe", déclare-t-il à l'AFP.
- Homosexualités et Socialisme(HES, organisation homosexuelle du PS): "La cour de Cassation rend un arrêt incompréhensible". Les propos de Christian Vanneste "conduisent à mesurer la valeur des individus en fonction de leur sexualité. Ils légitiment les coups portés sur les homosexuels".
- Gay Lib (organisation homosexuelle de l'UMP): une "profonde consternation". "Cet arrêt de la cour de Cassation va hélas donner à croire aux homophobes qu’ils peuvent exprimer leur haine en toute impunité (...) Nous sommes déterminés à ne pas nous laisser insulter et mépriser par les sectaires, les intégristes de toute sorte et les nostalgiques d’un Ordre moral."
- Jean-Luc Romero (ex-UMP, président d’Elus locaux contre le sida et conseiller régional Aujourd’hui, Autrement): "Avec une telle interprétation, la Cour fait une hiérarchie entre les propos antisémites et racistes, qui sont sanctionnés, et les propos homophobes qui font désormais partie de la liberté d’expression". L'UMP doit dire "si elle estime que le propos tenus et réitérés par M. Vanneste sont acceptables et si les propos homophobes font partie de la liberté d’expression".
- Dominique Paillé (porte-parole de l'UMP): "Je ne commente pas les décisions de justice." (Le Post)
Vous êtes engagée politiquement, syndicaliste, militante dans une association, ou simplement... susceptible aux yeux du gouvernement de représenter un "trouble à l'ordre public"? Alors le ministère de l'Intérieur a le droit de rédiger une fiche sur vous, où il pourra désormais mentionner votre homosexualité. C'est une des innovations du système EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) entré en vigueur le 1er juillet 2008. "Parmi d'autres, touTEs les militantEs d'Act Up-Paris pourraient être fichéEs", s'est insurgée Act Up dans un communiqué le 9 juillet.
"Et ensuite? Des camps de rééducation? (...) Une telle proposition, faite par Jean-Marie Le Pen il y a 15 ans, aurait suscité un tollé d'indignation", souligne Act-Up. L'association "proteste vivement contre ces atteintes très graves contre les libertés et les droits des personnes et exige le retrait de ce fichier".
Le gouvernement aurait préféré rester discret sur ces dispositions. Mais la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) l'a contraint à publier au Journal officiel le décret instituant EDVIGE. Il a aussi dû accepter que la vie sexuelle, comme l'état de santé, ne soit mentionnée "que de manière exceptionnelle"... Sans plus de précision sur ce qu'il juge "exceptionnel" ou pas.
La CNIL a d'ailleurs "regretté" dans un communiqué que la possibilité de collecter ces informations "ne soit pas assortie de garanties suffisantes". Elle a prévenu qu'elle serait "particulièrement vigilante" sur le sujet.
Le décret du ministère de l'Intérieur précise toutefois qu'il est toujours "interdit de sélectionner une catégorie particulière de personnes à partir de ces seules informations", bref: de ficher systématiquement les homosexuels.
Pour Act-Up, c'est un "flash-back étourdissant sur les années 50". Il avait fallu l'élection de François Mitterrand en 1981 pour que les fichiers d'homosexuels soient détruits et pour que le Groupe de contrôle des homosexuels de la Préfecture de police de Paris soit dissous. _______________