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mercredi 22 février 2012

Vanneste joue avec les nerfs de l'UMP



Christian Vanneste va-t-il se présenter en indépendant contre le nouveau candidat UMP aux législatives de juin? Le député du Nord, qui a perdu l'investiture et frôlé l'exclusion pour ses derniers propos aux relents homophobes, n'exclut pas cette possiblité. Il l'avait fait en 2007 mais l'UMP ne lui avait opposé de candidat.

Interrogé sur son éventuelle candidature indépendante, Vanneste répond à France-Soir: "C'est possible, je n'ai pas encore pris ma décision." Il joue aussi le suspens sur son départ de l'UMP, qu'il a pourtant annoncé en fanfare dans la journée, en écrivant sur son blog que les derniers développements lui "font aujourd’hui très sérieusement envisager de quitter un parti qui n'a strictement plus rien à voir" avec le RPR qu'il a intégré en 1977.

Le cas Vanneste s'avère particulièrement épineux pour l'UMP, à l'heure où le candidat-président Nicolas Sarkozy fait de l'oeil aux plus conservateurs de sa majorité en rejetant le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, tout en assurant qu'il a l'homophobie "en horreur" (voir article LToutes).

Résultat: une semaine après avoir quasiment promis l'exclusion de Christian Vanneste devant le tollé déclenché par ses propos sur la "fameuse légende" de la déportation des homosexuels français pendant la Deuxième Guerre mondiale (voir article LToutes), le patron de l'UMP, Jean-François Copé, suspend la procédure quand le député promet de partir de lui-même.

"A partir du moment où il se retire de l'UMP, on ne va pas enclencher une procédure. Si jamais il apparaissait que, d'ici quelques semaines, il ne s'est toujours pas retiré de l'UMP, ben, on en tirera les conséquences, voilà", déclare Copé.

De son côté, Vanneste dénonce "un harcèlement systématique de la part du lobby gay" et le "prosélytisme homosexuel" de GayLib au sein de l'UMP, rappelant que la Cour de cassation a cassé sa condamnation pour homophobie fin 2008.

"On a cherché à faire croire que j'avais nié la déportation (des homosexuels français), alors que j'avais seulement limité celle-ci à son cadre réel, déjà évidemment inexcusable", écrit-il sur son blog, rejetant le terme de "négationnisme". Mais il est bien le seul à parler d'une déportation massive d'homosexuels français, comme l'expliquait encore récemment l'historien Mickaël Bertrand. Cette "fameuse légende", c'est lui qui l'invente.

lundi 29 juin 2009

Liza Minelli en tête de la Marche des Fiertés 2009 à Paris

La Marche des Fiertés LGBT 2009 a rassemblé entre 200.000 (selon la police, qui a aussi évoqué plus tard 500.000) et 700.000 lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels et leurs amis samedi 27 juin à Paris (voir nos photos). Avec une guest-star surprise: Liza Minelli.

Quarante ans après la naissance du mouvement d'émancipation gay dans les émeutes de Stonewall à New York, la parade était placée sous le double signe de l'anniversaire et de l'avenir, de la fête et de la revendication politique et citoyenne, avec pour mot d'ordre "1969–2009: Fier-e-s de nos luttes, à quand l’égalité réelle?"

Marraine imprévue de l'ex-Gay Pride, Liza Minelli a profité de ce qu'elle venait se produire à Paris pour donner le coup d'envoi de la manifestation, le poing levé, aux côtés d'un Bertrand Delanoë visiblement aux anges.

Les dizaines de chars colorés ont défilé de Montparnasse à la Bastille sous un soleil complice des torses nus et des corps bariolés dansant sur les rythmes pop ou technos des sonos saturées. L'ambiance et les rires n'ont pas éclipsé pour autant les revendications portées par les participants: reconnaissance de l'homoparentalité, lutte contre la lesbophobie et la discrimination des LGBT au travail, statut des trans, mariage homosexuel...



Seul à-coup dans le parcours: le blocage, comme l'an dernier, du char de GayLib par les Panthères roses, qui jugent incompatible la lutte pour l'égalité des droits LGBT et l'affiliation du mouvement à la très peu homophile UMP du président Sarkozy.

Des militants du groupe se sont assis devant le char dont la sono poussée à fond peinait à couvrir les sifflets, au grand dam d'Hervé Gasteau, vice-président de GayLib, qui, interrogé par LToutes, a souligné l'importance pour lui d'oeuvrer au sein même du parti au pouvoir. "Y a du travail à faire, on le fait", a-t-il expliqué.

Chez les Verts, ardents avocats des droits LGBT, la responsable de la commission féminisme a rappelé que l'autorisation de participer au défilé était donnée par la cinquantaine d'associations membres de l'Inter LGBT (dont les Verts). "A partir du moment où l'organisation de la manifestation a accepté GayLib, ce n'est pas à nous de dire oui ou non", a déclaré Arlette Zylberg à LToutes. Et d'ajouter qu'"il y a du travail à faire à l'UMP" pour l'égalité des droits LGBT, alors si des sympathisants de droite veulent s'y atteler, "qu'ils y aillent! Qu'ils y aillent!"


mardi 23 juin 2009

GayLib contesté à la Marche des Fiertés

Le char de GayLib participera bien à la Marche des Fiertés le 27 juin 2009 à Paris, placée sous le thème de "l'égalité réelle" pour les lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels. L'Inter LGBT n'envisage pas d'exclure de cette manifestation unitaire le mouvement associé à l'UMP, malgré les protestations des Panthères roses qui dénoncent dans une lettre ouverte l'homophobie et la transphobie de ce parti et du gouvernement qui en est issu.

"Aucune des 50 associations de l'Inter LGBT n'a avancé l'idée qu'on puisse exclure GayLib de la Marche", déclare à LToutes le porte-parole de l'organisation, Philippe Castel pour qui "l'association et le parti politique ne sont pas forcément la même chose", comme le montrent certaines déclarations critiques de GayLib sur les positions du gouvernement et de la majorité dans les questions LGBT.

Les Panthères roses, dont les militants avaient bloqué le char GayLib avec Act Up à la Gay Pride 2008, posent cependant "une question importante qui mérite qu'on en discute", ajoute Philippe Castel, "car GayLib et l'UMP ont un lien très fort" et que l'Inter LGBT "attend des annonces" du gouvernement après plusieurs rencontres ces derniers mois.

Doit-on exclure de la Marche tous les sympathisants de partis refusant l'égalité des droits LGBT mais représentant leurs aspirations dans d'autres domaines de la politique, ou faut-il lutter de l'intérieur?

La vice-présidente de GayLib, Anne Boring, défend la démarche de son mouvement, qui veut faire bouger l'UMP "petit à petit", "en travaillant au quotidien avec les élus qui font avancer la lutte contre l'homophobie". "On fait un travail assez important au sein de l'UMP, qui nous prend du temps, qui nous vaut parfois des insultes au sein de l'UMP, c'est frustrant de lutter pour se faire accepter par certaines associations LGBT", explique-t-elle, interrogée par LToutes.

"On est de droite et on veut l'égalité pour tous les LGBT", insiste Anne Boring, qui dit avoir lancé un appel à la discussion aux Panthères roses et à Act Up Paris. "On aimerait bien faire en sorte que la question LGBT ne soit plus une question de gauche ou de droite", ajoute-t-elle.

D'autres formations politiques sont elles aussi représentées à la Marche des Fiertés, mais toutes sont marquées à gauche et revendiquent, avec plus ou moins de fermeté, l'égalité des droits pour les lesbiennes et gays: le Parti socialiste, les Verts, le Parti communiste.

Toutes font en outre partie de l'Inter LGBT, contrairement aux Panthères roses et à GayLib, qui ont entamé les démarches d'adhésion par le passé mais ont été refusées ou ont renoncé avant le verdict. "Je pense que GayLib et les Panthères roses ont des choses à apporter à l'Inter LGBT", estime aujourd'hui Philippe Castel.

jeudi 30 avril 2009

Inceste: les homos "coupables mais pas responsables"?


Les familles homoparentales sont considérées comme telles quand il s'agit, à juste titre, de combattre l'inceste, mais pas quand il s'agit de leur reconnaître des droits, s'étonne Gaylib dans un communiqué publié jeudi 30 avril. "Coupables, mais pas responsables?", résume le mouvement de défense des droits des homosexuels à l'UMP.

Les députés ont approuvé mardi une proposition de loi qui inscrit l'inceste dans le code pénal. Or, ce texte précise dans son article 2 que les viols et agressions sexuelles constituent des incestes lorsqu'ils sont commis sur un mineur par un de ses parents, son oncle ou sa tante, son frère ou sa soeur, sa nièce ou son neveu et... "le conjoint ou le concubin" de son parent "ou le partenaire lié par un pacte civil de solidarité". Cela revient donc à reconnaître l'existence des familles homoparentales, constate Gaylib.

La députée socialiste Pascale Crozon est d'ailleurs arrivée à la même conclusion lors des débats à l'Assemblée nationale: la proposition de loi "reconnaît ainsi l’existence des 30.000 enfants vivant dans des foyers composés d’adultes du même sexe, et elle va même plus loin en reconnaissant que ces foyers – puisqu’ils sont susceptibles d’être incestueux – forment une famille", a-t-elle souligné.

Or, dans le même temps, le projet de loi sur le statut du tiers, qui mentionnait pour la première fois l'existence des familles homoparentales, est suspendu. Une "mission" a été confiée au député UMP Jean Léonetti, qui affiche son intention "d'éliminer" de ce texte le "sujet inutilement polémique" de l'homoparentalité.

Si Gaylib souligne que l'inceste doit être "sévèrement condamné", l'association dénonce cette "société française qui se dessine, où tous ont les mêmes devoirs et seulement une partie a des droits". Pour l'association, "plus rien ne s'oppose à l'inscription rapide" du projet de loi sur le statut du tiers à l'ordre du jour parlementaire.

lundi 16 février 2009

GayLib: et le "contrat d'union", M. Sarkozy?

Si elle se félicite de l'annonce par Nicolas Sarkozy d'un prochain projet de loi sur le statut des beaux-parents, l'association GayLib rappelle au chef de l'Etat une autre de ses promesses de campagne: la création d'un "contrat d'union" ouvert à tous et qui donnerait les mêmes droits que le mariage.

Dans un communiqué, le mouvement chargé de défendre les homosexuels au sein de l'UMP souhaite que la création du contrat d’Union "bénéficie de la même attention de la part du gouvernement" que le statut du beau-parent. Il est vrai que ce sujet-là a pour l'heure disparu de l'agenda gouvernemental.

GayLib se réjouit en revanche des annonces de Nicolas Sarkozy sur le futur statut du beau-parent: "avec ce projet de loi à vocation générale et universelle, les familles homoparentales vont ainsi voir leurs droits légitimes reconnus dans la société française".

L'organisation rappelle toutefois "que seul l’établissement de la filiation au profit du second parent, permettrait de protéger durablement les enfants n’ayant qu’une seule filiation".

mercredi 19 novembre 2008

Homophobie: GayLib dénonce "l'hypocrisie" de l'UMP


Christian Vanneste blanchi, Gérard Longuet qui assimile pédophilie et homosexualité... Trop, c'est trop, tonne GayLib dans une lettre ouverte adressée mercredi 19 novembre 2008 au secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian.

Le mouvement, qui tente de défendre les droits des homosexuels au sein du parti majoritaire, exige "que cesse l'hypocrisie" à l'UMP et que Patrick Devedjian mette le hola à une poussée homophobe qui risque de "submerger" le parti.

Poursuivi et condamné pour injure homophobe, Christian Vanneste a finalement été blanchi le 12 novembre 2008 par la Cour de cassation, qui a estimé que les propos incriminés entraient dans le cadre de la liberté d'expression. Cette décision ouvre "les vannes aux interventions les plus délirantes", constate GayLib. Son président Emmanuel Blanc (photo) dénonce en particulier les propos homophobes diffusés sur le blog de la "droite libre", le mouvement de Rachid Kaci associé à l'UMP.

Dans un billet daté du 16 novembre, l'auteur évoque rien moins que la "similitude d'intimidation entre les lobbys homosexuels et islamistes", voire leur "étrange proximité". Et d'asséner, reprenant justement les propos qui étaient reprochés à Christian Vanneste: "l'homosexualité, si elle était généralisée à l'ensemble de l'humanité, représenterait assurément un danger immédiat pour sa survie".

"Nous craignons qu'à défaut d'endiguer les paroles et les postures homophobes tenues sous ses couleurs, l'UMP se laisse submerger par ce genre de discours", s'alarme GayLib dans sa lettre ouverte. Son président rappelle qu'un certain Nicolas Sarkozy avait affirmé dans le mensuel Têtu de mars 2007, que "l'amour homosexuel n'était pas inférieur à l'amour hétérosexuel". Mais c'était pendant la campagne présidentielle. Le chef de l'Etat n'a pas réagi pour l'heure à la décision de la Cour de cassation.

"À qui l'UMP donne-t-elle donc raison sur ce point: à Nicolas Sarkozy ou à Christian Vanneste qui parle d’infériorité de l’homosexualité", écrit Emmanuel Blanc. "Sommes-nous des sous-femmes et des sous-hommes?".

Le président de GayLib dénonce aussi les propos tenus par le sénateur UMP Gérard Longuet, jugeant contradictoires des actions menées contre l'homophobie au sein des établissements scolaires et la nécessaire lutte contre la pédophilie. "Cet amalgame particulièrement douteux est inadmissible de la part d'un élu de la Nation".

Il faut "que cesse l'hypocrisie". GayLib exige donc que Patrick Devedjian "condamne les propos de Gérard Longuet" et "réaffirme que les
déclarations de Christian Vanneste
" entrent "en contradiction avec les valeurs défendues par l'UMP et Nicolas Sarkozy". Il demande aussi au secrétaire général de l'UMP de "veiller à ce que tout dérapage à caractère homophobe émanant d’élus membres de notre parti soient suivis de sanctions pouvant aller jusqu'à l'exclusion", et de s'engager, "au nom de l'UMP, à faire voter l'Union ouverte à tous les couples, mesure qui a été inscrite dans la plate-forme législative" du parti majoritaire.

De son côté, Christian Vanneste a réclamé dans l'hebdomadaire d'extrême droite "Minute" la "dissolution" de GayLib. "GayLib n'a rien à faire dans l'UMP et je vais entamer une demande de dissolution de ce mouvement auprès de Patrick Devedjian".