L'homophobie au travail a la vie dure. Un quart des homos (26%) ont été victimes ou témoins de comportements homophobes sur leur lieu de travail en 2010, selon une étude de l'association l'Autre cercle sur "la vie des LGBT au travail" réalisée auprès de 930 personnes.
34% des sondés en ont été les victimes directes et 51% les témoins direct. Dans 93% des cas, il n'y a eu aucune sanction. Il s'agit le plus souvent de moqueries (82%), de manque de respect (59%), mais aussi de délation et de propagation de rumeurs (29%), de mise à l'écart (24%) et même de harcèlement (17%).
Au total, près de 20% des gays, lesbiennes, bi et trans jugent le climat dans leur entreprise "hostile". Toutefois, 42% le qualifient de "neutre" et 39% "bienveillant".
Dans ces conditions, seuls 53% parlent librement de leur homosexualité (contre 54,2% en 2006). Ceux qui travaillent dans la fonction publique sont plus volontiers visibles (54%), à l'exception des enseignants. Depuis la précédente étude, réalisée en 2006, "peu de choses ont évolué", constate l'association. "Le chemin va être long pour arriver à faire tomber les préjugés et les tabous dans le monde du travail".
Sur le million de personnes pacsées en France au 1er janvier 2010, seuls 6% sont des homosexuels (selon les chiffres de 2009), dont un tout petit tiers (16.000) des lesbiennes, nous apprend l'Institut national des statistiques (INSEE).
Le constat est sans appel: après la ruée des couples lesbiens et gays qui a suivi la mise en place du pacte civil de solidarité fin 1999, le PACS est devenu une affaire d'hétérosexuels. En 2000, 42% des 22.500 PACS avaient été conclus par des couples homos mais "début 2004, seulement 5.000 de ces personnes étaient encore pacsées avec une personne du même sexe".
Certes, le nombre de gays et lesbiennes pacsés s'est multiplié par neuf les cinq années suivantes, mais dans le même temps le nombre de contrats signés par des partenaires de sexes différents a explosé. Résultat: au 1er janvier 2009, l'INSEE recensait 44.000 homos pacsés (16.000 femmes et 28.000 hommes). Et sur 195.000 PACS conclus en 2010, 95% l'ont été par des hétéros.
Si l'on considère qu'on compte aujourd'hui trois PACS pour quatre mariages, la conclusion s'impose: pour inverser la tendance, il faut légaliser le mariage homosexuel.
Trois associations ont lancé une pétition de soutien à Cathy, une enseignante victime selon elles de discrimination lesbophobe. Cathy, qui enseigne l'allemand depuis 25 ans, a croisé en 2003 certains de ses élèves à la Marche des fiertés LGBT de Strasbourg.
"Les élèves en parlent à leurs parents, le directeur est interpellé. Des échanges entre parents d’élèves et le directeur désignent le professeur comme une enseignante "particulière". Le directeur ira même jusqu’à écrire que Cathy était une "insulte aux valeurs de la communauté scolaire"", racontent les trois associations -le Collectif Festigays, que préside Cathy, La Lune, Le Nouveau Phare- dans un communiqué commun.
Les pressions se multiplient alors sur l'enseignante, ainsi que les inspections. Finalement, elle est "brusquement licenciée sans indemnités et sur des motifs peu crédibles". Cathy, présidente de Festigays, le collectif organisateur de la Marche des Visibilités de Strasbourg, se retrouve aujourd'hui sans emploi.
"Solidaires", les associations LGBTI de Strasbourg se disent prêtes à se constituer partie civile. Le procès devrait se tenir en mai à Nancy.
On s'y attendait même si un mince espoir subsistait: le Conseil constitutionnel a dit non au mariage homosexuel ce 28 janvier 2011.
Et ce, au moment où, selon un sondage, 58% des Français se déclarent favorables au mariage des couples lesbiens et gays (35% opposés), alors qu'une majorité (51% opposés, 45% favorables) était encore contre en 2006. Les plus enthousiastes: les femmes (63%), les moins de 35 ans (74%) et les sympathisants de gauche (72%).
Comme pour l'adoption et le partage de l'autorité parentale au sein du couple homosexuel, le Conseil constitutionnel a renvoyé le débat au Parlement. Traduction: rendez-vous en 2012, si la gauche remporte la présidentielle en 2012 et tient sa promesse de légalisation du mariage des couples gays et lesbiens.
C'est un couple de femmes pacsées, Corinne Cestino et Sophie Hasslauer, mères de quatre enfants, qui contestait les articles 75 et 144 du Code civil réservant le mariage aux couples composés d'un homme et d'une femme. Elles invoquent la liberté du mariage, le droit de mener une vie familiale normale et le principe d'égalité devant la loi. Mais les "Sages" ont déclaré que les articles incriminés étaient conformes à la Constitution. Le législateur, écrivent-ils, a tout à fait le droit d'estimer que "la différence de situation entre les couples de même sexe et les couples composés d'un homme et d'une femme (peut) justifier une différence de traitement quant aux règles du droit de la famille".
"Il n'y a pas de raison qu'on n'ait pas les mêmes droits que les autres et qu'on soit traitées comme des citoyens de deuxième zone", a réagi Sophie Hasslauer sur BFMTV. "La société française est prête, le blocage se fait au niveau des politiques", a estimé Corinne Cestino sur France Info, précisant qu'elles allaient poursuivre leur combat, ne serait-ce que pour la protection légale de leurs enfants.
Pour l'avocate Caroline Mécary qui représentait l'Association des parents gays et lesbiens (APGL) et SOS Homophobie intervenues pour soutenir le couple lesbien, "le Conseil constitutionnel vient de rater une occasion historique de mettre un terme à une discrimination devenue intolérable" pour les couples lesbiens et gays.
L'approche de l'élection présidentielle de 2012 devrait éviter que le débat ne sombre dans les marais de la politique française. Le président des socialistes à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a d'ailleurs annoncé qu'"avant l'été" son groupe inscrirait une proposition de loi reconnaissant le mariage homosexuel à l'ordre du jour des députés.
Le mariage homosexuel est légal dans sept pays d'Europe: Pays-Bas, Belgique, Espagne, Norvège, Suède, Portugal et Islande. En Grande-Bretagne, il existe un partenariat civil qui ouvre aux couples lesbiens et gays des droits similaires à ceux des couples hétérosexuels mariés.
(Le sondage TNS-Sofres pour Canal Plus a été réalisé mercredi par téléphone auprès d'un échantillon national de 950 personnes représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus et constitué selon la méthode des quotas.)
Deux femmes s'embrassant passionnément à la télévision française, à une heure de grande écoute. C'est un plaisir encore rare que nous offre l'opticien Krys dans une publicité diffusée à partir du 27 janvier sur les principales chaînes et au cinéma à partir du 2 février.
Selon l'agence H, chargée de cette campagne, il s'agit de "célébrer l'amour" en montrant des couples en train de s'embrasser: jeunes, âgés, hétéros mais aussi un couple lesbien, donc, tous "assumant leurs amours quelles qu’elles soient". L'audace de Krys a toutefois ses limites: il existe deux versions du spot. L'un, où on voit les deux femmes s'embrasser longuement en gros plan, ne sera diffusé qu'en seconde partie de soirée. En journée, il faudra se contenter d'un plan large. Un oeil averti pourrait aussi croire apercevoir un couple gay: deux laveurs de vitres s'embrassant sur une nacelle. Mais officiellement, il s'agit d'un couple hétéro. Une façon pour l'opticien, peut-être, de faire un clin d'oeil aux homos sans réellement l'assumer.
Actualisé avec décision attendue pour le 28 janvier, suppression de la mention du PACS sur l'acte de décès
La question du mariage homosexuel a été examinée le 18 janvier par le Conseil constitutionnel, interrogé sur la légalité des deux seuls articles du Code civil qui évoquent les époux comme "mari et femme" ou "homme et femme". La décision est attendue pour le 28 janvier. Si la réponse est non, les couples lesbiens et gays pourront enfin se marier en France, comme c'est déjà le cas dans sept autres pays européens. Mais les Sages, qui ont le dernier mot, pourraient aussi botter en touche.
C'est d'ailleurs ce que leur a demandé le représentant du gouvernement lors de l'examen, les appelant à renvoyer la question au législateur... lequel est majoritairement UMP à l'Assemblée. Un indice de ce que pourrrait donner ce débat au Parlement tel qu'il est constitué actuellement: l'UMP vient de faire suppprimer en commission de l'Assemblée l'inscription, décidée en décembre au Sénat, du partenaire d'un PACS sur l'acte de décès, qui devait faciliter de nombreuses démarches... pour les homos. Bref, rendez-vous après la présidentielle de 2012.
La question prioritaire de constitutionnalité (QPC) est soulevée par Corinne et Sophie, qui contestent les articles 75 et 144 du Code civil "en ce qu’ils limitent la liberté individuelle d’un citoyen français de contracter mariage avec une personne du même sexe".
La Cour de cassation explique sa décision de saisir le Conseil constitutionnel par le fait que "les questions posées font aujourd'hui l'objet d'un large débat dans la société, en raison, notamment, de l'évolution des moeurs et de la reconnaissance du mariage entre personnes de même sexe dans les législations de plusieurs pays étrangers" et que, dans ce contexte, ces questions "présentent un caractère nouveau" qui justifie de demander l'arbitrage des Sages.
- Lire aussi sur LToutes: "Mariage gay: et si les Sages disaient oui" (02/12/2010) L'affaire a commencé en août 2010 devant le tribunal de grande instance de Rheims, qui s'est tourné vers la Cour de cassation, laquelle s'en est remise au Conseil constitutionnel par un arrêt du 6 novembre 2010.
Les Sages pourraient déclarer que les articles 75 et 144 du Code civil sont contraires à la Constitution et les abroger immédiatement ou à compter d'une date ultérieure qu'ils fixeraient. Mais il est peu probable qu'ils légalisent le mariage homo.
Lors d'une précédente décision portant sur l'adoption de l’enfant du partenaire (6 octobre 2010), le Conseil constitutionnel s'était contenté de renvoyer le problème au Parlement et l'on voit mal pourquoi il agirait différemment cette fois. Mais au moins, pour la deuxième fois en quelques mois, le débat est ouvert, et la Cour de cassation semble avoir évolué, après avoir refusé en 2007 de reconnaître le mariage de deux hommes célébré en 2004. Les mariés de Bègles ont saisi la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).
Le mariage civil est déjà ouvert aux personnes de même sexe dans sept pays européens: Pays-Bas, Belgique, Espagne, Norvège, Suède, Portugal, Islande (le Royaume-Uni propose un partenariat qui ouvre des droits similaires). Il est légal aussi en Afrique du Sud, en Argentine, au Canada, à Mexico et dans certains Etats des Etats-Unis.
Jodie Foster présidera la cérémonie des César du cinéma français le 25 février. Il faut dire que l'actrice et réalisatrice américaine, qui est parfaitement francophone, jouera dans "Le Dieu du carnage", dont Roman Polanski commencera le tournage à Paris en février.
Icône lesbienne depuis de nombreuses années, Jodie Foster a longtemps refusé de répondre aux rumeurs sur son homosexualité ou sur la conception de ses deux enfants. Ce n'est qu'en 2007 qu'elle a fait son coming out public, en remerciant sa "magnifique Cydney" lors d'une cérémonie. La blonde star aux yeux bleus a toujours protégé sa vie privée, d'autant plus qu'elle a commencé très tôt sa carrière professionnelle, dans des publicités. A 14 ans, Foster était nommée aux Oscars pour son rôle de prostituée dans "Taxi Driver", et, quelques années plus tard, devenue adulte, elle remportait deux fois la fameuse statuette, pour "Les Accusés" puis "Le Silence des agneaux". Passée derrière la caméra, elle a notamment réalisé "Week-end en famille".
Antoine de Caunes animera la soirée des César aux côtés de Jodie Foster et toutes les fans pourront s'en régaler en direct et en clair sur Canal Plus, avant de retrouver l'actrice au cinéma.
Muriel Robin incarnera bientôt sur grand écran une lesbienne partie adopter un enfant en Thaïlande. A la fois coproducteur, réalisateur et acteur de "On ne choisit pas sa famille", dont il entamera le tournage le 9 mars prochain, Christian Clavier a expliqué sur RTL qu'il s'agirait d'abord d'un vaudeville, "un film le plus déconnant possible sur un sujet de société et d'aujourd'hui".
Clavier incarnera donc "un type au bord du dépôt de bilan", dont la soeur lesbienne (Helena Noguerra) accepte de le renflouer à condition qu'il aille jouer le faux mari de sa compagne (Muriel Robin) pour aller chercher une petite fille en Thaïlande. Evidemment, le faux couple va s'entendre très mal et tomber sur un os à l'orphelinat, en la personne de Jean Reno.
Il n'est donc pas certain que ce film, qui devait sortir à la fin de l'année, traite très finement le sujet de l'homoparentalité, mais il sera en tout cas grand public. Et on regardera de près la performance de Muriel Robin (Les visiteurs 2, Marie-Line), qui vit en couple depuis plusieurs années avec une femme.
Et de deux! La BBC vient d'annoncer que la série lesbienne "Lip Service" aurait une suite, les six épisodes de la première saison ayant réuni une audience moyenne de plus d'un demi-million de téléspectateurs, selon la télévision britannique.
La créatrice de "Lip Service", Harriet Braun ("Mistresses"), assure qu'elle a encore "de grands rebondissements et surprises dans (ses) manches" pour "faire progresser" Cat (Laura Fraser), Sam (Heather Peace, seule lesbienne out de la série), Frankie (Ruta Gedmintas) et Tess (Fiona Button) dans leurs aventures écossaises à Glasgow.
La BBC, qui vise la tranche des 16 à 34 ans, ne précise pas si toutes les actrices -et les acteurs- rempilent pour la deuxième saison de "Lip Service". La nouvelle d'une suite est unanimement applaudie sur les forums britanniques lesbiens, mais les avis restent divisés sur les interprétations, dialogues et scénario de la première saison, pas encore commercialisée en français. - Lire aussi sur LToutes: "Lip service: le L Word britannique?" (21/10/2009)