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mardi 19 mai 2009

Jeunes homos: Le Refuge lance un SOS


"N'abandonnez pas les jeunes gays". Le président de l'association Le Refuge à Montpellier a interpellé la ministre de la Santé dans "Libération" du 19 mai 2009 pour protester contre la suppression de la subvention dont bénéficiait ce lieu d'accueil et de logement des jeunes rejetés par leur famille du fait de leur orientation sexuelle.

"Pourquoi fragiliser, au lieu d'accompagner, la seule structure en France conventionnée pour l'accueil d'un jeune public victime d'homophobie et en situation de profond mal-être?", interroge Nicolas Noguier.

"Que répondre, après cette Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, à nos six jeunes actuellement hébergés qui risquent demain de se retrouver à nouveau à la rue faute de courage politique de l'Etat et d'abandon par votre ministère?" Le président du Refuge de Montpellier demande à Roselyne Bachelot de "faire preuve d'un vrai courage politique et de soutenir les acteurs de terrain qui oeuvrent au quotidien pour la tolérance".

Nicolas Noguier rappelle que la ministre de la Santé a présenté le 27 février 2009 des mesures de protection de la santé des jeunes incluant le repérage et la prévention de la crise suicidaire chez les jeunes homosexuel(le)s. Elle citait alors le rapport du docteur Shelly selon lequel, d'après une étude réalisée en 2005, les jeunes lesbiennes et gays présentent entre 7 et 13 fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les hétérosexuel(le)s de leur âge. "Libération" avait consacré un long reportage au Refuge il y a un an, sous le titre "Réfugiés de l'homophobie"

Début 2009, Le Refuge a ouvert une antenne à Paris, avec une permanence sociale à la mairie du IVe arrondissement, pour proposer un accueil, une orientation, une aide et un accompagnement dans toutes les démarches de droit commun.

samedi 16 mai 2009

"Ce n'est pas l'homosexualité qui est immorale, c'est l'homophobie"


(article actualisé après annonce française sur la transsexualité)

"Ce n'est pas l'homosexualité qui est immorale, c'est l'homophobie", écrit le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Terry Davis, dans un communiqué diffusé à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, plus particulièrement consacrée cette année à la transphobie.

Le ministère français de la Santé dirigé par Roselyne Bachelot a de son côté annoncé qu'il avait demandé à la Haute autorité de Santé (HAS) de retirer la transsexualité de la liste des maladies mentales. Louis-Georges Tin, président du Comité IDAHO (International day against homophobia and transphobia), a salué "cette décision historique" en soulignant que la France était le premier pays du monde à franchir ce pas.

"Je condamne les actes violents homophobes des skinheads, mais je m'inquiète plus encore des convictions des dirigeants de certains partis politiques", explique pour sa part Terry Davis, pour qui "on ne peut accepter que des personnes investies d'une autorité officielle ou morale en Europe se conduisent encore comme si la Convention européenne des droits de l'Homme ne s'appliquait pas aux homosexuels".

"Les auteurs de discrimination invoquent souvent les valeurs morales pour justifier leur comportement", poursuit le chef du Conseil de l'Europe, concluant que "c'est très bien de défendre les valeurs morales, mais ils se trompent complètement. Ce n'est pas l'homosexualité qui est immorale, c'est l'homophobie".

Terry Davis rappelle qu'"il a fallu attendre 1990 pour que l'Organisation mondiale de la santé retire l'homosexualité de sa liste des maladies mentales" et que, "il y a quelques années encore, l'homosexualité était toujours considérée dans plusieurs pays d'Europe comme une infraction criminelle".

Après la Deuxième guerre mondiale, souligne aussi M. Davis, des homosexuels revenus des camps de concentration nazis ont dû purger leur peine de détention après leur libération. "Cette réaction s'inscrivait dans la logique de la discrimination profonde dont étaient victimes les homosexuels à cette époque en Europe, discrimination qui a continué de s'exercer à leur égard pendant les décennies qui ont suivi". En France, l'homosexualité a été dépénalisée en 1982.

jeudi 5 février 2009

Lancement des états généraux de la bioéthique

C'est parti pour les Etats généraux de la bioéthique. La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a donné le coup d'envoi mercredi 4 février d'un grand débat national qui doit durer six mois et concerne directement les lesbiennes, puisqu'il doit notamment porter sur l'accès des homosexuelles aux techniques de procréation médicalement assistée.

La loi de bioéthique de 2004 réserve l'assistance médicale à la procréation (AMP) aux "couples constitués d’un homme et d’une femme", impose l'anonymat du don de sperme ou d’ovocytes et interdit la pratique des mères porteuses. Mais elle doit être revue par les parlementaires entre la fin 2009 et le premier trimestre 2010.

Les Etats généraux se dérouleront jusqu’en juin, et les citoyens sont invités à y participer, via des réunions régionales, l'envoi de contributions sur le site internet des états généraux, ouvert à partir du 16 février, ou en participant aux trois grands "forums citoyens".

L'un d'eux se tiendra au Triangle à Rennes le 11 juin et portera sur l’assistance médicale à la procréation: qui peut y avoir accès, faut-il que le don de gamètes reste anonyme, faut-il autoriser la "gestation pour autrui,...

Un colloque national fera la synthèse des débats le 23 juin, à la Maison de la Chimie à Paris, en présence de Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat donnera alors le ton du débat parlementaire à venir. Le pilotage de ces Etats généraux a été confiée à un comité de 6 membres, présidé par le député Jean Leonetti.

Dans un rapport publié en janvier, le Sénat rappelait que "la France fait partie des pays qui limitent le plus strictement l'accès à l'assistance médicale à la procréation". L'Allemagne, l'Italie et la Suisse sont en effet les seuls pays qui, comme la France, réservent l'assistance médicale à la procréation aux couples hétérosexuels, mariés ou non. En novembre 2008, un autre rapport parlementaire, rédigé par les députés Alain Claeys (PS) et Jean-Sébastien Vialatte (UMP), s'était prononcé pour l'ouverture d'un "débat" en ce qui concerne les couples homosexuels. Ils avaient aussi suggéré de "lever l’anonymat sur les dons de gamètes si l’enfant le demande".

En revanche, les parlementaires restaient hostiles à l'autorisation de la maternité pour autrui ("mères porteuses") en France. Pourtant, plus de la moitié des Français (55%) sont favorables à l'autorisation du recours à des mères porteuses pour les couples homosexuels, 62% pour les célibataires, et 87% pour les couples hétérosexuels, selon un sondage Ipsos pour "Top Santé" et France-5 publié récemment.

- Lire aussi sur LToutes: "La procréation médicalement assistée pour les lesbiennes?" (21/11/2008); "Petit tour d'Europe de la PMA" (22/01/2009) ; "PMA: la France, mauvaise élève de l'Europe" (22/01/2009)

mercredi 14 janvier 2009

Sénégal: Bachelot monte au créneau, Sarkozy s'émeut

Nicolas Sarkozy a fait part mercredi de son "émotion" après la condamnation de neuf homosexuels à huit ans de prison au Sénégal, sujet sur lequel Roselyne Bachelot a interpellé le Conseil des ministres.

La ministre de la Santé a "alerté" les ministres réunis à l'Elysée sur la situation de ces militants d'associations de lutte contre le Sida "emprisonnés au Sénégal au seul motif de leur homosexualité", selon le porte-parole du gouvernement Luc Chatel. "Elle a rappelé qu'au Sénégal l'homosexualité est pénalisée et même criminalisée", et demande la libération des neuf Sénégalais.

Après son intervention, Nicolas Sarkozy a exprimé "son émotion" et "sa préoccupation" sur la situation" de ces neuf militants emprisonnés, selon M. Chatel.

Neuf homosexuels ont été condamnés le 7 janvier 2009 à huit ans de prison et une amende chacun pour "acte impudique, acte contre nature et association de malfaiteurs" au Sénégal.

Dans un communiqué, Mme Bachelot précise avoir demandé au ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner "d'intervenir auprès des autorités sénégalaises, afin d'obtenir la remise en liberté de ces personnes".

- Lire aussi sur LToutes: "Sénégal: huit ans de prison pour neuf jeunes homos" (08/01/2009)